Geneviève Feuillade, professeure en Chimie de l’eau à l’ENSIL, dirige le département Culture, Sciences et Société de la Fondation partenariale. Elle est aussi à l’origine du projet Imaginex.

Geneviève Feuillade : «Imaginex, nous sommes les seuls en France à avoir développé ce modèle ».


Geneviève Feuillade, professeure en Chimie de l’eau à l’ENSIL, dirige le département Culture, Sciences et Société de la Fondation partenariale. Elle est aussi à l’origine du projet Imaginex.

Quel est l’objet du projet IMAGINEX ?

C’est de sensibiliser les jeunes aux sciences, de leur donner envie de venir à l’université et pourquoi pas de faire une carrière scientifique. Nous souhaitons leur apporter une culture scientifique en la mettant en application au travers du sport qu’ils pratiquent. C’est aussi leur faire appréhender qu’ils utilisent des matériaux, des technologies évolutives et innovantes qui s’appuient sur un savoir scientifique qui contribue à leur apporter du plaisir et à les rendre plus performants dans leur pratique.

Notre labellisation est due au caractère innovant et original du projet tant en termes d’envergure que de contenu et nous sommes les seuls en France à avoir développé ce modèle.

Pourquoi le sport ?

Nous avons souhaité ouvrir ce projet à un public inhabituel pour diffuser la culture scientifique à des jeunes en dehors de leurs temps d’enseignement et sur une activité qui leur plaît et qu’ils ont choisie. Cette année, nous avons opté pour le tennis, mais d’autres sports suivront.

Qui sont ces jeunes ?

Ce sont de jeunes amateurs et des grands sportifs qui jouent dans le cadre de clubs, de loisirs de vacances ou de temps scolaires dédiés.
Nous avons environ 200 jeunes impliqués en Creuse, Corrèze et Haute-Vienne. Nous sommes aussi associés à l’association « Fête le mur » dirigée par Yannick Noah qui permet à des jeunes de quartiers sensibles de découvrir le tennis, et dont la rencontre annuelle pour la région grand ouest a eu lieu à Limoges en avril 2016.

Comment êtes-vous organisés ?

Nous avons deux axes.

  • Un premier dédié à des ateliers organisés pendant les temps d’entraînement sur des thématiques précises par des étudiants encadrés par des enseignants-chercheurs ou des personnels d’IMAGINEX.Ils organisent des expériences où sont systématiquement réinvesties des notions scientifiques, comme :
    – le rebond ou la vitesse de la balle sur différentes structures
    – la composition des matériaux des cordages,
    – le transfert du signal entre la raquette intelligente
    – le bracelet connecté,…Les aspects santé et alimentation sont aussi abordés avec l’appui d’entreprises innovantes, notamment une, Gourmandise-Santé, qui est incubée à l’AVRUL. Elle développe des gourmandises sucrées et les fait tester aux jeunes afin de récupérer leurs impressions. Est-ce que cela leur donne un regain d’énergie, rend leur bouche trop pâteuse, les alourdit
    dans l’effort ?Une autre entreprise, FERLIM, scanne leurs mains afin de créer des grips pour les manches des raquettes adaptés à la morphologie de la main des joueurs. Une autre encore réalise des tests sur un prototype de casque relaxant développé dans un de nos laboratoires. C’est aussi un atelier développé sur le court de tennis du futur avec les formations de Génie civil d’Egletons. Lors de ces ateliers, les pratiquants sont accompagnés par leurs entraîneurs qui réinvestissent d’un point de vue tennistique ou technique toutes ces notions.
  • Un deuxième axe s’intéresse aux aspects art, sciences et sport.Nous avons créé une exposition à vocation nationale sous forme de panneaux interactifs qui circuleront dans les clubs participants ou lors événements. Nous avons aussi lancé un concours autour de la création d’un objet artistique qui devra représenter le lien entre le tennis et la science. Enfin, nous avons demandé à une entreprise locale, Dreamagine, de nous développer un quizz utilisable sur des grandes tablettes et qui sera mis en ligne sur notre site internet avec une aide qui pourra être apportée par un scientifique.

C’est un projet d’envergure. Combien d’acteurs sont impliqués ?

Une quarantaine d’étudiants (de bac+2 à bac+5, de l’ENSIL, de la Faculté des Sciences et Techniques et de l’IUT du Limousin), une dizaine d’entreprises locales, environ deux cent jeunes et bien sûr des enseignants-chercheurs.

Quels sont les retours des jeunes ?

Ils sont très positifs pour les jeunes, les étudiants, les enseignants-chercheurs et les entraîneurs et permettent de créer du lien.

Interview extraite de Limousin Université n°121


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