Troubles gynécologiques et précarité menstruelle : réécoutez la table ronde R’Libres
Endométriose, syndrome prémenstruel, douleurs invalidantes, tabous persistants : les troubles gynécologiques concernent des millions de personnes, mais restent encore trop peu discutés dans l’espace public. Le 19 mars 2026, dans le cadre du projet R’Libres porté par l’Université de Limoges, experts, professionnels de santé et étudiantes se sont réunis à l’Espace Simone Veil pour une table ronde sans filtre. L’enregistrement est désormais disponible à l’écoute.
Écouter la table ronde R’Libres
Plongez directement dans les échanges de la soirée : témoignages, éclairages médicaux, questions de l’audience. Un format long qui prend le temps d’aller au fond des sujets trop souvent expédiés.
Ce que vous allez y découvrir
La table ronde aborde plusieurs questions souvent peu abordées dans le débat public :
- Reconnaître les troubles gynécologiques : quels symptômes ne sont pas « normaux » et doivent alerter ?
- Le parcours de soin : pourquoi tant de femmes attendent encore 7 à 10 ans avant d’obtenir un diagnostic d’endométriose ?
- Précarité menstruelle et santé : en quoi l’accès aux protections influence-t-il directement la santé gynécologique ?
- Briser les tabous : comment faire évoluer les représentations culturelles et professionnelles autour des règles ?
R’Libres : le projet qui fait bouger les lignes à l’Université de Limoges
La précarité menstruelle touche près d’une étudiante sur trois. Face à ce constat, l’Université de Limoges a lancé le projet R’Libres de janvier à mars 2026, avec trois objectifs clairs :
- favoriser l’accès à des protections menstruelles durables, saines et gratuites ;
- sensibiliser aux enjeux de santé intime et d’écologie ;
- déconstruire les tabous et les stéréotypes de genre liés aux menstruations.
Porté par le Service de Santé Étudiante (SSE) et le Pôle Vie Étudiante, le projet a sillonné les campus de Limoges, Brive, Égletons, Guéret et Tulle, touchant plusieurs milliers d’étudiants lors d’une tournée de dix étapes à travers les campus.
Les chiffres qui rappellent l’urgence
Les données restent alarmantes :
- 1 personne sur 3 a renoncé à l’achat de protections périodiques pour des raisons financières au cours de l’année
- 1 étudiante sur 10 est encore contrainte de fabriquer des protections de fortune (tissus, papier toilette, coton) par manque de moyens
- 53 % des femmes déclarent des douleurs menstruelles si intenses qu’elles les empêchent d’étudier ou de mener une vie normale
- Le coût des menstruations est estimé entre 8 000 et 23 000 € sur une vie entière
Ces chiffres rappellent que la question dépasse largement le cadre universitaire : elle est sanitaire, sociale, économique et écologique.
Les ambassadrices du projet
Deux étudiantes ont porté R’Libres sur le terrain tout au long du projet :
Lida Sekou, étudiante en Master 2 Droit Privé et Droit européen des Droits de l’Homme à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques.
Maude Agoussou, étudiante en 3e année de médecine à la faculté de médecine.
Leur engagement a permis de créer un espace d’échange bienveillant, sans jugement, où la parole s’est libérée.





