Orianne Crouteix - doctorante geolab : « A bord du catamaran, nous avons vu des paysages exceptionnels »

Orianne Crouteix : « A bord du catamaran, nous avons vu des paysages exceptionnels »


Orianne est doctorante au sein du laboratoire de Géographie physique et environnementale (GEOLAB). Elle est la seule étudiante en Sciences Humaines et Sociales à bénéficier d’une bourse CIFRE – financée par le Conservatoire du Littoral d’Aix-en-Provence – pour effectuer sa thèse. Elle nous raconte son parcours qui l’a conduite jusque dans les petites îles de Méditerranée.


Quel est votre parcours universitaire ?

Après une école d’ingénieur agronome à Montpellier, l’idée de faire une thèse me trottait dans la tête ! J’ai trouvé cette offre proposée par GEOLAB et le Conservatoire du Littoral à pourvoir dans le cadre d’une bourse CIFRE. Mon sujet porte sur la protection des îles méditerranéennes : qui s’intéresse à leur protection ? Qui plaide pour leur protection ? Pourquoi ? Sur quoi repose-t-elle ? Est-elle réglementaire…?

A quoi ressemble votre quotidien ?

A celui d’une chargée de mission ! Je suis salariée du conservatoire et dois également me dégager du temps pour ma recherche. Il me faut trouver un équilibre entre le travail opérationnel pour le Conservatoire du Littoral, le terrain qui m’apporte de la matière et mon travail de recherche avec mes directeurs de thèse à Limoges.

Dans le cadre de votre thèse, vous avez été amenée à partir en expédition sur un catamaran !

Ce n’était pas prévu lorsque j’ai postulé ! Il a été envisagé que je parte quelques jours puis deux semaines. Je suis finalement partie un mois dans le cadre de l’expédition Sillage Odyssée. Cette expédition avait la particularité de ne compter que des femmes parmi son équipage. Nous étions 8 à bord : une historienne, une écologue, une biologiste marine, une artiste, une médiatrice, une camérawoman et la capitaine.

Quel était le but de cette expédition ?

Notre but était d’avoir un regard pluridisciplinaire sur les petites îles méditerranéennes : des sciences humaines en passant par la biologie. Nous sommes parties de Marseille jusqu’à Naples en passant par l’archipel toscan, l’île d’Elbe, les îles Pontines…

Comment se passaient vos journées ?

Pendant les traversées, nous participions toutes à la navigation : régler les voiles, barrer… S’il n’y avait pas de vent, nous étions au moteur. J’avais pourtant peu de notions de navigation, en tout cas, pas sur un si gros bateau. Nous suivions un itinéraire précis et nous nous arrêtions sur chaque île avec un programme bien défini. Nous collections alors des données en menant des enquêtes sous forme de questionnaire auprès des habitants et des touristes. Nous rencontrions des gestionnaires d’aires marines protégées. Sur certaines îles, nous avons dû relever des indices de présence d’espèces de gastéropodes, tarentes, insectes ou encore espèces invasives comme les rats.

Comment avez-vous vécu cette expérience ?

C’est une expérience humaine très forte et très intéressante. J’ai échangé avec des personnes issues de domaines très différents mais nous nous sommes toutes retrouvées sur l’importance de protéger l’espace Méditerranéen, la mer, le littoral et les petites îles. A bord du catamaran, ce n’était pas le grand luxe mais nous avons eu la chance de voir des paysages exceptionnels. Cette expédition a renforcé mon envie de m’investir dans la protection de l’environnement.

Quel souvenir marquant garderez-vous de cette expédition ?

L’île de Palmarola m’a particulièrement marquée. C’est une île volcanique assez haute avec un ou deux restaurants et quelques maisons secondaires. Nous nous y sommes rendues mi-octobre, la saison touristique était complètement terminée. Nous avons rencontré le seul habitant à l’année de cette île ! C’était un vieux monsieur très surpris de voir arriver 8 femmes sur un grand catamaran, il ne comprenait vraiment pas ce que nous venions faire là !