Jihane Ismaïli - doctorante en co-tutelle Université du Québec Trois Rivières : « Il est beau d’apprendre toutes les nuances du français »

Jihane Ismaïli : « Il est beau d’apprendre toutes les nuances du français »


Doctorante québécoise au sein du Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles (LCSN) de l’Université de Limoges, Jihane Ismaïli nous parle de son parcours mêlé d’anglais et de français. Elle nous explique qu’il est un devoir de préserver la langue française au Québec. Cernée par les anglophones, la francophonie y est un véritable symbole identitaire !


Comment êtes-vous arrivée à l’Université de Limoges ?

J’ai eu la chance qu’une de mes professeurs connaisse bien le Pr. Rachida Zerrouki qui travaille au LCSN. Je suis venue dans le cadre d’un stage volontaire de 4 mois subventionné par le Québec. Je me suis plue ici et j’ai accepté un sujet de thèse en co-tutelle entre l’Université de Limoges et l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ma thèse porte sur les semiconducteurs organiques et plus précisément sur l’électronique organique et le papier afin que cela soit le plus recyclable possible.

Comment se passe votre thèse en co-tutelle ?

Je fais la moitié de ma thèse ici et l’autre moitié au Québec. Je voyage tous les 6 mois ! Depuis mon premier déplacement, l’Université et la Ville de Limoges sont maintenant très connues à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ces deux villes se ressemblent beaucoup – par leur taille, leur géographie et leur démographie – et rencontrent des problématiques de recherche communes. Cela s’est notamment traduit par la création d’une chaire d’excellence internationale ressources forestières et usages du bois. Il y a de plus en plus d’échanges. Je pense que ces deux universités ont beaucoup à faire ensemble – parler la même langue est un atout supplémentaire. Je voulais aussi remercier l’Université de Limoges car j’ai pu bénéficier d’une bourse de co-tutelle attribuée par l’université et la Région Limousin.

Quelle est votre conception de la francophonie ?

La francophonie est avant toute chose une langue qui tire sa richesse de sa diversité culturelle. Nous en rigolons d’ailleurs. Depuis, j’ai un peu perdu mon accent mais je ne me faisais pas bien comprendre. Nous parlons pourtant la même langue ! Il existe aussi beaucoup de traduction franco-française entre le français québécois et celui d’ici. Par exemple, il y a certaines expressions que l’on a dû me traduire comme pousser mémé dans les orties ! Nous avons aussi des expressions très marrantes. Les québécois ont la réputation de faire beaucoup d’anglicisme pourtant nous parquons dans un stationnement quand vous stationnez dans un parking. Il est beau d’apprendre toutes les nuances du français.

Que pensez-vous du carrefour des francophonies – initiative portée notamment par l’Université de Limoges ?

C’est une très bonne initiative car cela serait bien que la France rayonne en termes de francophonie. Au Canada, il existe des conflits entre francophones et anglophones dans le milieu secondaire. Je me rappelle d’étudiantes issues d’une minorité francophone qui subissaient même des représailles. Nous avons le devoir de préserver et privilégier le français. Au Québec, tout est francophone. Par exemple, les magasins n’ont pas le droit de porter un nom anglais. Les publicités en français portent beaucoup plus que celles en anglais. Nous en sommes très fiers. C’est une question d’affirmation identitaire.