Le BEGES s’articule avec le schéma directeur Transition Écologique et Sociétale (TES), qui structure et organise la transformation de l’université vers une université durable.
Le conseil d’administration de juin 2025 a approuvé le Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) portant sur les activités de l’année 2022 de l’université. Réalisé en interne, ce BEGES comporte un focus sur les activités de recherche au sein de l’université.
Conformément à la loi Grenelle de 2010 et aux divers textes législatifs ultérieurs, notamment le décret BEGES de 2022, le BEGES porte sur toutes les recettes et dépenses de l’université, soit les subventions qu’elle perçoit, sa consommation énergétique, l’immobilisation de ses bâtiments, les déplacements, tant quotidiens que professionnels de son personnel et des autres usagers (étudiants, intervenants, …) ainsi que les achats.
L'estimation de l'empreinte carbone de l'université
L’université de Limoges a estimé l’empreinte carbone de ses activités. Cet exercice va de pair avec l’élaboration d’un plan d’action. Ce dernier sous-tend la trajectoire de décarbonation, elle-même alignée avec les objectifs nationaux et européens, à savoir une diminution de 5% par an. Réalisé selon la méthodologie Bilan carbone® développée par l’ADEME, il permet d’identifier les principaux postes d’émissions afin de mieux orienter les actions de réduction à mettre en œuvre.
Actualisé tous les 3 ans, le Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) donne une cartographie à un instant « t » des émissions directes et indirectes de l’université. Le BEGES constitue un outil d’aide à la décision. Il permet de suivre l’impact des actions de réduction des émissions coconstruites et d’apporter des mesures correctrices si besoin.
Cette démarche structurante et collaborative implique toutes les structures de l’université et ses différents sites territoriaux : Tulle, Brive-La-Gaillarde, Égletons et Guéret.
L’élaboration du BEGES s’articule avec la politique de l’université en matière de développement durable, soit son schéma directeur Transition Écologique et Sociétale (SD TES). Ainsi, le développement des mobilités alternatives, l’amélioration du confort thermique dans ses différents bâtiments, la politique achats ou la démarche de numérique responsable participent de la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’université.
Elle va aussi de pair avec le tri des déchets et la maîtrise du volume généré. Surtout, elle est étroitement liée à l’approche en matière de préservation et de restauration des milieux naturels.
Convaincue de l’importance de former les étudiants aux enjeux des transitions, aux changements profonds qu’elles induisent et auront dans le monde socio-économique, l’université met à disposition de la communauté les données de son BEGES pour tout projet pédagogique.
BEGES 2022 : les résultats
Au global, les émissions de gaz à effet de serre de l’université sont évaluées à 16 817 tonnes équivalent CO2 (te CO2), soit près de 8 160 aller/retour en avion Paris/New-York.
En première position, se situent les émissions liées aux achats (35%). Les achats représentent un gisement d’actions majeur, notamment via la mise en œuvre d’une politique d’achats responsables.
Le poste déplacements (19%) n’intègre que les émissions liées au personnel. Les déplacements quotidiens (domicile-travail) représentent le second poste de nos émissions de gaz à effet de serre (2 466 teCO2 – ce qui équivaut à près de 331 000 aller/retour en train Limoges/Paris, soit 15% des émissions globales de l’université). Cette valeur s’explique par la pluralité des campus de l’université, implantée sur 3 départements et 5 villes, ainsi que sa position géographique (zone rurale, semi-rurale et peu pourvue en rotations ferroviaires). En outre, une enquête réalisée en 2025 auprès des étudiants et du personnel, évalue l’empreinte liée aux déplacements domicile/lieu d’études à 9 000 teCO2 pour les étudiants.
Suit en troisième position l’énergie (14%). Dans un contexte de sobriété énergétique, bien que plusieurs bâtiments aient été raccordés aux réseaux de chaleur urbains existants, des marges de manœuvre existent. Le développement des énergies renouvelables, le recours aux solutions fondées sur la nature et l’amélioration du bâti sont des voies de progrès.
Ce BEGES 2022 est le premier de cette ampleur au sein de l’université. Les prochains BEGES seront affinés, parallèlement à l’actualisation du plan de transition.
infographie à venir
Les ateliers Plan de transition
L’université a organisé 7 ateliers à l’attention tant des étudiants que du personnel afin que chacun puisse enrichir le plan d’action initial du BEGES. Ces ateliers se sont déroulés du mois de février 2026 à début juin 2026. Ils étaient structurés sur une journée complète, la matinée dédiée à l’état du monde, l’adaptation et l’économie du Donut, l’après-midi au SD, le BEGES et une phase d’émergence d’idées.
Ils ont mobilisé une quarantaine d’étudiants de différentes filières (pharmacie, médecine, STAPS, sciences et techniques, droit, sciences humaines, …) et de divers niveaux d’études (licence, master, doctorat) et une quinzaine de membres du personnel.
Près de 160 idées ont émergé des échanges et réflexions autour de 5 thèmes :
- mobilité,
- numérique,
- alimentation,
- immobilier et achats (uniquement pour le personnel)
Vous souhaitez en savoir davantage sur les émissions de gaz à effet de serre, définir ou prendre connaissance de pistes d’action pour réduire votre empreinte et celle de l’université ? Rejoignez-nous et participez aux ateliers, conférences et autres activités organisés sur les différents campus.
Calculez votre empreinte carbone
Un·e Français·e émet en moyenne 9,8 tonnes de CO₂ par an. Les expert·es estiment qu’il faudrait se limiter à 2 tonnes de CO₂ par an pour atteindre la neutralité carbone et contenir le réchauffement de la planète. Découvrez où vous vous situez, ainsi que des gestes personnalisés pour diminuer votre empreinte carbone.
Ressources
C’est l’évaluation de la quantité de gaz à effet de serre émise dans l’atmosphère sur une année par les activités d’une organisation ou d’un territoire. (Définition ADEME)
Le bilan carbone permet de répondre à plusieurs questions essentielles :
- Quelles sont les principales sources d’émissions de carbone ?
- Où agir en priorité ?
- Quel plan d’action mettre en place pour réduire ces émissions ?
- Comment suivre l’évolution des actions engagées ?
Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) fournit une vision scientifique claire sur le changement climatique et ses impacts sur les milieux et la société. Son dernier rapport est formel : l’activité humaine est responsable « sans équivoque » du réchauffement climatique.
Les rapports du GIEC de 2021 et 2022 alertent particulièrement sur la vulnérabilité des territoires et notamment du réchauffement important que connait et connaîtra l’Europe.
Une hausse de 2 à 3°C provoquerait :
- Une chute de la biodiversité de 20 à 30 % ;
- Une réduction conséquente de la ressource en eau ;
- Une saturation des milieux aquatiques en CO2 et une augmentation de leur acidité, ce qui menacerait des pans entiers de la faune aquatique ;
- La migration des végétaux et la disparition de nombreuses espèces en région méditerranéenne ;
- L’augmentation du risque incendie et inondations avec de nombreuses conséquences sur la biodiversité et les écosystèmes.
L’atténuation c’est agir sur les causes du changement climatique d’origine anthropique. L’atténuation regroupe deux grandes familles d’actions : la réduction des émissions, via notamment le développement des mobilités douces, la réduction forte voire l’abandon des énergies fossiles, … d’une part et le stockage du carbone, en préservant les milieux naturels, dit « puits naturels de carbone » que sont les sols, les espaces arborés et l’océan, d’autre part. Elle a des répercussions à l’échelle mondiale. Elle comporte également des co-bénéfices à l’échelle locale ; A titre d’exemple la réduction de la pollution de l’air suite à la réduction des modes de déplacement thermiques au profit des mobilités douces.
L’atténuation suppose de profonds changements de notre mode de vie, de nos sociétés. En effet, les énergies fossiles y occupent une place centrale.
Les actions d’atténuation mises en place doivent se conformer à minima à la trajectoire de réduction des émissions inscrite dans La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) pour tendre vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Afin que ces changements soient viables, ces actions d’atténuation ne doivent pas se faire au détriment de la biodiversité, de l’épuisement des ressources ou encore de la justice sociale.
Afin de satisfaire à ses engagements européens et internationaux, la France s’est dotée d’une Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et d’une planification écologique. La SNBC fournit des objectifs de réduction, une trajectoire à l’échelle nationale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La planification écologique, déclinaison sectorielle de la SNBC, alloue à différents secteurs des budgets carbone et des trajectoires de réduction.
Un gaz à effet de serre (GES) est un gaz présent dans l’atmosphère qui retient une partie de la chaleur reçue par le soleil. Ces gaz sont d’origine naturelle et/ou issus des activités humaines. Ils jouent un rôle essentiel dans le maintien d’une température compatible avec la vie. Cependant, l’augmentation de leur concentration entraîne une hausse de la température moyenne et contribue au dérèglement climatique.
En s’appuyant sur les recommandations du GIEC, les états signataires s’engagent à faire les efforts nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici à 2100, par rapport à la période préindustrielle. Pour atteindre cet objectif, la France s’est engagée à devenir neutre en émissions nettes de carbone d’ici 2050.
L’adaptation c’est agir sur les conséquences du changement climatique (incendie, sécheresse, canicule, élévation du niveau de la mer, …) afin de réduire les pertes et les dommages. C’est « faire avec ». L’adaptation se distingue de l’atténuation qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces démarches sont complémentaires et indispensables !
L’adaptation est une démarche de transformation. Elle s’inscrit dans une perspective de long terme. En revanche, les retombées sont visibles à court terme et à l’échelle locale (exemple : la réduction des effets d’îlots de chaleur urbain due à des murs végétalisés).
Les mesures prises doivent tenir compte de la trajectoire de référence de réchauffement climatique, soit une France à +2,7°C en 2050 et à +4°C en 2100. Il importe également qu’elles n’amplifient pas les effets du changement climatique, qu’elles aient un impact neutre ou positif sur la biodiversité et n’aggravent pas l’injustice climatique et les inégalités.
Les conséquences du changement climatique se manifestent sur le territoire national et affectent la population, les milieux et les infrastructures. Parallèlement à son engagement en faveur de la neutralité carbone, la France s’est dotée d’un PNACC. Il définit une trajectoire de référence d’adaptation au changement climatique (TRACC). Ce PNACC impose également l’intégration de la dimension adaptation à tout document de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de planification.
Source Ministère de la transition écologique, aménagement du territoire, transports, ville et logement