Rémi Tache : « Je voulais donner la chance à un étudiant de voir et d’apprendre autre chose »



Remi Tache IUT Université de LimoesRégulièrement les étudiant.e.s de l’Université de Limoges se voient proposer de très belles opportunités de stages et d’emplois : au fil du temps, l’établissement est en effet parvenu à tisser un maillage étroit et solide avec nombres d’entreprises basées en France et à l’étranger.
Rémi Tache, ancien étudiant de l’IUT du Limousin désormais chef d’entreprise à Singapour, revient sur son parcours et ses choix de carrière, et nous explique l’importance pour lui d’accueillir en stage une étudiante de l’Université.

 

 

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis originaire de Limoges. J’y ai grandi et fait toutes mes études. J’ai un parcours assez classique. Étudiant plutôt moyen et pas très bosseur, j’ai par contre toujours eu quelques facilités dans les domaines scientifiques et notamment en mathématiques. J’ai donc tout naturellement passé un baccalauréat scientifique suivi d’un DUT en informatique à l’IUT du Limousin. Suite à mon stage de fin d’année effectué en Angleterre, j’ai commencé à m’intéresser aux études à l’étranger et à l’apprentissage des langues. J’ai donc par la suite fait une Licence à l’Université de Teesside en informatique et imagerie 3D.

 

 

Quels souvenirs gardez-vous de vos études à l’Université de Limoges ?

Les promotions dans chaque département des IUT sont assez petites : tout le monde se connaît et les relations avec les professeurs sont, je pense, beaucoup plus humaines.

 

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Les Licences en Angleterre permettent de réaliser un an de césure entre la deuxième et troisième année. J’en ai profité pour avoir ma première expérience professionnelle dans une entreprise de jeux vidéos en tant que développeur.
Après l’obtention de mon diplôme, j’ai passé une année en tant qu’assistant de recherche dans un laboratoire de mon université anglaise. J’ai ensuite eu l’opportunité de partir à Singapour afin d’occuper le même poste pendant deux ans pour travailler sur la réalité augmentée ainsi que les sciences cognitives liées aux mondes virtuels.
Après trois ans de recherche, j’ai voulu goûter à autre chose et j’ai rejoint différentes start-up et agences digitales pendant trois années. J’y ai fait pas mal de choses comme des applications mobiles, des applications web, des murs interactifs et de la 3D. Après six années à Singapour et quelques échecs dans le monde des startups, j’ai pu me créer de nombreux contacts professionnels notamment grâce au football. J’ai eu la chance d’y rencontrer un mentor qui m’a aidé à me lancer dans la création de Pixium Digital.

 

 

Pour quelle.s raison.s avez-vous créé votre propre structure ? Pouvez-vous nous présenter Pixium Digital ainsi que le secteur dans lequel vous évoluez ?

Je pense que les choses se sont faites naturellement. Après avoir été employé dans des startups, j’ai eu envie de me lancer aussi. J’ai dans un premier temps créé une entreprise avec quatre amis qui n’a finalement pas fonctionné. Mais nous avons tout les cinq beaucoup appris malgré l’échec.
J’ai fondé Pixium Digital il y a deux ans, une entreprise de développement informatique aujourd’hui en pleine croissance. Notre fond de commerce repose pour le moment sur la réalisation de sites web, d’applications web et mobiles ou de projets digitaux plus complexes comme des murs interactifs et de la réalité virtuelle/augmentée. Nous travaillons actuellement sur des projets plus conséquents qui demanderont beaucoup de maintenance et d’itérations, ce qui devrait permettre à la compagnie de devenir un fournisseur de solutions technologiques dans des domaines spécifiques et pour certains clients précis. En Asie, nous sommes en compétition avec la main d’œuvre bon marché que l’on trouve en Chine, en Inde, au Vietnam ou autres. Il est donc essentiel pour nous de fournir avant tout un travail de qualité.

 

 

Quel accueil réserve-t-on aux Français en Asie ?

Les « Westerns » sont plutôt bien accueillis et appréciés s’ils possèdent des compétences spécifiques. Nous avons une éducation beaucoup plus ouverte et moins robotisée qui nous permet de développer certaines capacités telles que la logique, la prise d’initiatives ou même notre côté « franc parlé » qui permet parfois de faire avancer les choses. Notre franchise peut-être bien reçue mais il faut savoir l’utiliser à bon escient.

 

 

Vous avez encadré cette année une étudiante de l’IUT : avez-vous l’habitude d’accueillir des étudiant.e.s de l’Université de Limoges et en quoi cette démarche est-elle importante pour vous ?

C’est la première année que je prends un stagiaire avec moi. Par le passé j’ai souvent essayé de le proposer dans les anciennes compagnies pour lesquelles j’ai travaillé mais cela n’a jamais pu se concrétiser pour diverses raisons.
Je voulais pouvoir donner la chance à un étudiant de voir et d’apprendre autre chose. Il était important pour moi d’être reconnaissant envers l’IUT : j’ai moi-même pu profiter de cette expérience à l’étranger, ce qui a grandement contribué à mon évolution professionnelle. C’est une façon de boucler la boucle.
Suite à cette expérience positive, je compte bien accueillir de nouveau des étudiant.e.s si l’opportunité se présente ou même contribuer à leur formation professionnelle d’une façon ou d’une autre. Il est important de pouvoir transmettre ce que l’on apprend.

 

 

Que vous ont apporté vos expériences à l’international ?

Sur le plan personnel, c’est déjà avant tout une expérience humaine incroyable qui vous ouvre l’esprit et vous remet à votre place. Être confronté à différentes cultures, traditions, langues et mentalités vous enrichit énormément. Je me souviens avoir eu quelques camarades étrangers au lycée et jamais je ne me suis rendu compte de la difficulté à s’intégrer dans un nouveau pays et de ce que cela pouvait représenter que de sortir de sa zone de confort.

 

 

Vous semble-t-il indispensable aujourd’hui qu’un.e étudiant.e possède une expérience à l’étranger ? Pensez-vous que la mobilité améliore l’employabilité ?

Je pense qu’il est important de vivre une expérience comme celle-ci. Être touriste et vivre dans un pays n’a rien à voir, les difficultés et les objectifs ne sont pas les mêmes. Chacun doit avoir ses objectifs professionnels et familiaux et y trouver son équilibre. Une personne mobile aura beaucoup plus d’opportunités mais faut-il encore savoir les saisir.

 

 

Quel.s conseil.s donneriez-vous aux étudiant.e.s qui hésiteraient à partir à l’étranger pour un stage ou un séjour d’études ?

Je leur conseillerais de foncer : à leur âge, on n’a rien à perdre ! Même si l’expérience ne se passe pas bien, cela permet aussi de se découvrir soi-même. Certaines personnes font l’expérience et n’aiment pas. La famille, les amis ou la nourriture française leur manquent et ils rentrent au pays. Mais aucun ne regrette d’être parti.

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