AAP Nouvelle-Aquitaine - NAOM / La Nouvelle-Aquitaine et les Outre-Mers

Environnement, Territoires, Circulation

Programme 2017 - 2021


Le projet NAOM associe les cinq universités de Nouvelle-Aquitaine : Bordeaux (Caroline Le Mao, coordinatrice), La Rochelle (Mickaël Augeron), Pau  (Philippe Chareyre) et Poitiers (Thierry Sauzeau) et Limoges (Vincent Cousseau) pour le Criham.

Les cinq chantiers de recherche envisagent chacun une facette du rapport de la Nouvelle-Aquitaine aux Outre-mer, réunis pour un séminaire interdisciplinaire transversal, véritable colonne vertébrale de l’ensemble.

1°) Une approche renouvelée des logiques migratoires, au plus près des destins, qui procèdera à une analyse microhistorique, pour reconstituer des destins d’individus ayant vécu entre Nouvelle Aquitaine et outre-mer, avec un intérêt particulier pour les protestants, et pour voir si et comment l’ouverture ultramarine a provoqué des mouvements régionaux de population (migration vers les ports, rôle des fleuves dans les flux de population).

2°) Une étude scientifique et historique de l’esclavage, dans un cadre dépassionné, pour répondre à une demande sociale forte, en proposant une synthèse sur la question à l’échelle régionale et à destination du grand public, complétée par des reconstitutions de parcours individuels réalisées en collaboration avec de futurs enseignants, en vue d’élaborer un matériel pédagogique. On complètera les connaissances sur le sujet en travaillant sur un domaine peu exploré, l’étape que constituent les Mascareignes (actuelle île de la Réunion notamment) dans le trafic négrier, ce qui sera l’occasion d’interconnecter nos travaux et ceux menés dans le cadre de l’océan indien, mal connus en métropole.

3°) Le métissage des cultures matérielles : comment les produits importés d’outre-mer ont-ils façonné en profondeur le territoire néo aquitain ? Que serait aujourd’hui l’agriculture de la région sans l’introduction et l’expansion du maïs au XVIIe siècle ? Comment les produits de Nouvelle Aquitaine se sont exportés dans ces territoires, pour donner naissance, de part et d’autres, à des cultures matérielles métissées ? On étudiera ces phénomènes en exploitant notamment les actes notariés, en s’attachant aux rôles des fleuves dans la pénétration de l’influence ultramarine, et, dans le cadre d’une grande rencontre scientifique, on croisera le cas néoaquitain avec des exemples français et internationaux.

4°) Approche patrimoniale des influences croisées : dans la continuité de programmes lancés par les services de l’Inventaire, on procèdera, pour des raisons de faisabilité, à une recension thématique, centrée sur les traces patrimoniales protestantes, très présentes sur le territoire car la Région fut l’un des bastions du protestantisme à l’époque moderne. L’enquête sera menée en collaboration avec les associations historiques locales, dans le cadre d’une recherche participative, dont les résultats seront valorisés sous la forme d’une rencontre scientifique internationale et de parcours culturels (routes touristiques), avec une déclinaison numérique (web), en lien avec les masters pro Tourismes de Pau et La Rochelle.

5°) Le lien à l’outre-mer, un moteur de l’innovation pour, à travers une approche pluridisciplinaire, montrer en quoi le rapport à l’outre-mer fut pour la région un moteur de l’innovation, tout particulièrement dans le domaine maritime.

 

La cohérence de l’ensemble sera assurée par un séminaire interdisciplinaire semestriel sur le processus constitutif de l’identité néo-aquitaine à travers les siècles, pour voir comment les éléments identifiés dans le cadre des 5 thèmes contribuent à construire l’identité régionale. Ce séminaire sera un laboratoire d’une collaboration interdisciplinaire, prévoyant une confrontation des résultats obtenus avec les démarches des historiens du droit, des linguistes, des littéraires, des historiens de l’art, des géographes, des anthropologues et archéologues.

Environnement(s) – L’environnement tel qu’envisagé par les historiens et par les autres sciences humaines ne recouvre pas la seule nature, c’est un objet social pluriel. Il place au cœur de la démarche les notions d’interdépendance complexe dans le temps et les espaces entre les hommes, les sociétés, les êtres vivants et, de manière générale les composantes de la nature anthropisée.

Depuis le début des années 2010, le Criham a développé une expertise sur les littoraux, les espaces-limites et les milieux extrêmes du Sahara et des oasis, et sur une comparaison entre espaces maritimes et désertiques. Dans tous ces cas, il s’est agi de prêter attention aux mutations, aux fragilités et aux ressources de ces espaces. Le donné, le perçu et le vécu s’y entremêlent ; les notions de contraintes et de risques sont étudiées, par exemple, dans le cadre des événements climatiques exceptionnels touchant le littoral atlantique et de leurs conséquences.

A l’échelle régionale, le Criham a aussi contribué à l’histoire de l’écologie et des pollutions en Limousin, participant en cela au renouvellement de l’histoire environnementale. Il étend aujourd’hui sa réflexion à l’étude des ressources dans une acception extensive et inclusive. A partir de quand un élément (naturel, information, technique, disponibilité humaine) devient-il une ressource ? pour quels usages ? comment les ressources font-elles système ? pour quelle durée et avec quels effets ? comment circulent-elles, au sein de l’espace régional néo-aquitain et de manière générale à différentes échelles de lieux et de temps ?

 

Territoires – On entend par « territoire » une « portion de la surface terrestre, appropriée par un groupe social pour assurer sa reproduction et la satisfaction de ses besoins vitaux »[1]. La dimension territoriale des rapports des sociétés à l’espace qu’elles occupent est le deuxième angle développé dans l’axe ETC. Elle est étudiée sous ses différentes facettes : politique, économique, sociale et culturelle, à plusieurs échelles et selon plusieurs angles. Celui de la gouvernance des territoires (ports et espaces maritimes, marges désertiques, campagnes et villes), de la limite et de la frontière (Maghreb et Egypte), des maillages politiques (« campagnes rouges » du Limousin et de la Toscane), ou encore le territoire de la mémoire et de la mise en patrimoine (champ de bataille).

Le récent redécoupage régional invite à réfléchir à nouveaux frais aux découpages administratifs précédents, aux manifestations de leur adoption ou rejet, aux effets réels qu’ils produisent en termes d’identités nouvelles ou cumulées. Quels sont les éléments qui font les identités territoriales ? Comment s’articulent-ils aux identités politiques ?

 La question de l’éloignement, de la distance à l’endroit du pouvoir central et de la manière dont elle pèse sur les identités locales et les contestations nourrit une réflexion transversale aux différents espaces d’études. Cet angle se nourrit d’autre part de la réflexion menée sur les environnements, leur perception et leur construction par les sociétés humaines : comment territoire, territorialisation, et environnement s’articulent-ils, dans les faits et dans les représentations ? Quelles formes de recouvrement, quelle disjonction entre territoire et environnement, observe-t-on chez les acteurs ?

Circulations– Le troisième angle est celui de la connectivité des territoires étudiés : elle est abordée au travers des itinérances et des circulations des individus, des idées, des pratiques, et de l’information ; au travers des interactions sociales, politiques et culturelles. Cette problématique donne lieu à un programme de recherche sur les voyages, les médiateurs et les instances de médiation, sur les communautés étrangères installées sur les territoires et les correspondances entre communautés. La question de la circulation des matériaux et celle des échanges culturels et techniques est abordée par les historiens, les historiens de l’art et les musicologues à l’instar de l’étude des routes musicales. Cet angle de la recherche est pensé en relation avec les chantiers relatifs aux environnements et aux territoires : voyageurs, immigrants, marchandises, circulent à travers des territoires aux contraintes multiples, d’origines naturelles et humaines, et participent de leur modelage.

 

Les Atlas historiques numériques du Limousin et de la Nouvelle Aquitaine développés au sein du CRIHAM sont destinés entre autres à accueillir les résultats synthétiques et cartographiés des travaux de chercheurs et d’étudiants s’inscrivant dans les pistes et problématiques de l’axe Environnement(s), Territoires et Circulations.

 

 

 

 

Environnement(s) – L’environnement tel qu’envisagé par les historiens et par les autres sciences humaines ne recouvre pas la seule nature, c’est un objet social pluriel. Il place au cœur de la démarche les notions d’interdépendance complexe dans le temps et les espaces entre les hommes, les sociétés, les êtres vivants et, de manière générale les composantes de la nature anthropisée.

Depuis le début des années 2010, le Criham a développé une expertise sur les littoraux, les espaces-limites et les milieux extrêmes du Sahara et des oasis, et sur une comparaison entre espaces maritimes et désertiques. Dans tous ces cas, il s’est agi de prêter attention aux mutations, aux fragilités et aux ressources de ces espaces. Le donné, le perçu et le vécu s’y entremêlent ; les notions de contraintes et de risques sont étudiées, par exemple, dans le cadre des événements climatiques exceptionnels touchant le littoral atlantique et de leurs conséquences.

A l’échelle régionale, le Criham a aussi contribué à l’histoire de l’écologie et des pollutions en Limousin, participant en cela au renouvellement de l’histoire environnementale. Il étend aujourd’hui sa réflexion à l’étude des ressources dans une acception extensive et inclusive. A partir de quand un élément (naturel, information, technique, disponibilité humaine) devient-il une ressource ? pour quels usages ? comment les ressources font-elles système ? pour quelle durée et avec quels effets ? comment circulent-elles, au sein de l’espace régional néo-aquitain et de manière générale à différentes échelles de lieux et de temps ?

 

Territoires – On entend par « territoire » une « portion de la surface terrestre, appropriée par un groupe social pour assurer sa reproduction et la satisfaction de ses besoins vitaux »[1]. La dimension territoriale des rapports des sociétés à l’espace qu’elles occupent est le deuxième angle développé dans l’axe ETC. Elle est étudiée sous ses différentes facettes : politique, économique, sociale et culturelle, à plusieurs échelles et selon plusieurs angles. Celui de la gouvernance des territoires (ports et espaces maritimes, marges désertiques, campagnes et villes), de la limite et de la frontière (Maghreb et Egypte), des maillages politiques (« campagnes rouges » du Limousin et de la Toscane), ou encore le territoire de la mémoire et de la mise en patrimoine (champ de bataille).

Le récent redécoupage régional invite à réfléchir à nouveaux frais aux découpages administratifs précédents, aux manifestations de leur adoption ou rejet, aux effets réels qu’ils produisent en termes d’identités nouvelles ou cumulées. Quels sont les éléments qui font les identités territoriales ? Comment s’articulent-ils aux identités politiques ?

 La question de l’éloignement, de la distance à l’endroit du pouvoir central et de la manière dont elle pèse sur les identités locales et les contestations nourrit une réflexion transversale aux différents espaces d’études. Cet angle se nourrit d’autre part de la réflexion menée sur les environnements, leur perception et leur construction par les sociétés humaines : comment territoire, territorialisation, et environnement s’articulent-ils, dans les faits et dans les représentations ? Quelles formes de recouvrement, quelle disjonction entre territoire et environnement, observe-t-on chez les acteurs ?

Circulations– Le troisième angle est celui de la connectivité des territoires étudiés : elle est abordée au travers des itinérances et des circulations des individus, des idées, des pratiques, et de l’information ; au travers des interactions sociales, politiques et culturelles. Cette problématique donne lieu à un programme de recherche sur les voyages, les médiateurs et les instances de médiation, sur les communautés étrangères installées sur les territoires et les correspondances entre communautés. La question de la circulation des matériaux et celle des échanges culturels et techniques est abordée par les historiens, les historiens de l’art et les musicologues à l’instar de l’étude des routes musicales. Cet angle de la recherche est pensé en relation avec les chantiers relatifs aux environnements et aux territoires : voyageurs, immigrants, marchandises, circulent à travers des territoires aux contraintes multiples, d’origines naturelles et humaines, et participent de leur modelage.

 

Les Atlas historiques numériques du Limousin et de la Nouvelle Aquitaine développés au sein du CRIHAM sont destinés entre autres à accueillir les résultats synthétiques et cartographiés des travaux de chercheurs et d’étudiants s’inscrivant dans les pistes et problématiques de l’axe Environnement(s), Territoires et Circulations.

Voir ici le site