Pouvoirs, Institutions, Conflits


L’axe « Pouvoirs, institutions, conflits » rassemble des chercheurs et chercheuses qui travaillent les formes et pratiques des pouvoirs, à travers les institutions qui les incarnent, politiques, religieuses, judiciaires, économiques, culturelles, mais aussi à travers les conflits que génèrent ces pouvoirs. Les recherches de l’axe PIC s’entendent de l’Antiquité à l’époque contemporaine, à des échelles d’observation très diverses, des acteurs singuliers aux groupes sociaux, et dans des cadres géographiques d’ampleur spatiale variable. Elles intègrent donc les apports de la micro-histoire comme ceux de l’histoire globale.

 

La question des formes, des pratiques, des acteurs et actrices des pouvoirs, tant profanes que religieux, tant politiques qu’économiques est au cœur de cet axe du Criham : étude des divers types de légitimation des pouvoirs, des fonctionnements des distinctions sociales, des hiérarchies sociales (des processus électoraux, par exemple, entendus au sens le plus large).

 

L’axe s’attache également à la dimension idéologique et symbolique des pouvoirs : représentations des pouvoirs, usages des biens symboliques et des sacralités, des mémoires collectives et des lieux de mémoire. Il inclut l’étude des conflits associés à ces usages symboliques : fonction des ruines, usages mémoriaux des paysages, appropriations politiques du sacré (des reliques aux pèlerinages), écrits du for privé comme prêches, discours publics ou productions journalistiques, images comme productions audiovisuelles contemporaines.

 

Les conflits sociaux sont, comme l’indique le nom de l’axe, une dimension structurante : au niveau de micro sociétés, des corps de métier, des ordres religieux, des assemblées d’élus et d’élues comme des académies, des syndicats, des associations ou partis politiques contemporains. Cette approche est transversale à bien des historiographies, milieux naturels, forêts, littoraux, bocages, etc. Les refus d’obéissance, les révoltes, les rébellions et les révolutions sont évidemment objets d’analyse de l’axe.

 

Les institutions, produit de la résolution des conflits et source de conflits, constituent le troisième point fort de l’axe PIC. L’axe propose de développer des réflexions sur ces cadres réglementaires organisant la vie collective, aussi bien au niveau de la société tout entière (les productions de l’État, des institutions religieuses, culturelles, économiques nationales ou internationales) qu’à celui de groupes institutionnels au pouvoir plus réduit (pouvoirs locaux, institutions religieuses, corps de métiers, syndicats, partis politiques, institutions sportives, associations…). La compréhension des interactions entre les différentes institutions, les effets et les limites des pouvoirs institutionnels face aux transformations économiques et sociales est un autre domaine de recherche de l’axe PIC.

 

Les activités de l’axe ont mis l’accent sur les formes de représentation « solennelles » du pouvoir ainsi que sur les usages politiques des biens symboliques et des pratiques sacrales (plusieurs colloques ont été consacrés en 2015 aux reliques). Au cours des années 2016-2018, les activités de l’axe ont connu une polarisation sur les questions de la surveillance, et, en 2018, le colloque de l’axe a choisi de se porter sur les formes concrètes et les justifications idéologiques du contrôle et de la surveillance. Dans la suite de ces travaux, une partie des activités de PIC sera focalisée sur le rôle des institutions comme formes de pouvoir, dispensatrices de normes et, à partir de là, sur les formes et les pratiques d’exclusion. Cela pourrait tout d’abord être envisagé au sein des institutions religieuses dont les organes de contrôle et de répression ont précisément le rôle de surveiller les fidèles en écartant les déviants, mais en disposant aussi des moyens qui permettent de réintégrer certaines des brebis perdues. Les coordonnateur et coordonnatrice de l’axe proposent que la question du rapport aux normes sociales, les procédures d’exclusion, de marginalisation, mais aussi les possibles résorptions des conflits par les réintégrations soient un des moteurs de l’activité collective de l’axe au cours de 2019 et 2020.