Trayectorias Humanas Trascontinentales est la revue numérique scientifique du Réseau International Amérique latine, Afrique, Europe, Caraïbes (ALEC) “Territoires, Populations Vulnérables et Politiques Publiques” dont le siège se trouve à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université de Limoges (France).

Derniers numéros

HS N° 8 | 2022
Movilidad humana
Human mobility

Sous la direction de Ángeles SOLANES CORELLA, María SUÁREZ LUQUE, Emilio OSORIO A. et Mauricio PHELAN C.

Publié en ligne le 04 juillet 2022

De nos jours, à l'échelle mondiale, les mouvements migratoires constituent l'un des sujets de grande préoccupation en raison des implications qu’ils supposent. Les migrations, d’origine et de destination des plus diverses, se sont considérablement accrues. Au cours du XXIe siècle, les mouvements migratoires se sont accélérés et ont adopté de nouveaux modes de fonctionnement. Bien que le motif premier des migrations internationales contemporaines ait un caractère économique certain, il n’en est pas moins vrai qu’au cours des deux dernières décennies, le nombre de migrants forcés, déplacés pour diverses raisons et de personnes obligées de fuir, en quête de protection, pour toutes sortes de persécution, a également augmenté. Cela révèle non seulement que les mouvements migratoires sont en constante augmentation, mais aussi l’aggravation des conditions qui en sont à l’origine et qui font qu’il s’agit d’un phénomène dont l’impact est mondial.

Dans les mouvements migratoires on inclut les demandeurs d'asile et les réfugiés, ainsi que les personnes forcées de se déplacer pour des raisons environnementales, des catastrophes ou des conflits de guerre en tous genres. C’est la raison pour laquelle, des auteurs tel que Zygmunt Bauman affirment que l'augmentation de déplacements massifs de réfugiés et de demandeurs d'asile est due à la liste croissante d’« États sur le point de s’effondrer » ou qui se sont déjà effondrés, de territoires sans État, sans loi, de scènes de luttes tribales (de cartels) et sectaires, de meurtre de masse.

Dans les sociétés de destination, les migrants, les réfugiés ou les bénéficiaires d’une protection internationale ont tendance à être considérés comme des étrangers générant différentes formes de réaction, allant des plus favorables à celles d’un rejet extrême comme la xénophobie, l’aporophobie et autres formes de discrimination. Assez souvent, dans les pays d’accueil et leurs sociétés respectives, il n’existe pas de consensus sur la façon de traiter et de gérer l’arrivée de cette population étrangère. Pour les États d’accueil, ce phénomène peut représenter une situation inédite envers laquelle les institutions ne sont pas préparées, tandis que pour les habitants, cela peut signifier des changements dans leur vie quotidienne. Il est bien connu que les pays les plus pauvres sont ceux qui génèrent le plus de déplacements migratoires, mais en même temps, paradoxalement, ce sont aussi généralement ceux qui accueillent le plus d’immigrants, de réfugiés et de personnes déplacées.

Bien qu’il existe une littérature considérable traitant des migrations et mouvements migratoires, ce hors- série s’intéresse tout particulièrement à l’analyse des motivations qui pourraient être à l’origine de l’expulsion massive de population. En d’autres termes, il s’agit de donner ici une vision globale qui tente d’expliquer et de comprendre ce phénomène, à la fois à partir des expériences des migrants et des réfugiés et du point de vue de la population d’accueil.

N° 13 | 2022
Posnormalidad: el mundo que fue y el que vuelve
Post-normality: the world that used to be and the world that is coming back

Sous la direction de Abraham Sánchez Ruiz, Paulo Celso Silva da Silva et Carlos Mejía Reyes

Publié en ligne le 06 mai 2022

Le 11 mars 2020, la flambée du virus du SRAS Cov2 oblige l’Organisation mondiale de la Santé  à déclarer l’état de pandémie. Celui-ci suppose alors la définition d’une série de recommandations adressées aux pays pour limiter la circulation du virus et donc la contagion, sans pour cela établir de contrôle aux frontières. Les mesures choisies sont celles de la distanciation sociale, l’utilisation de masques, éviter tout contact physique entre les personnes, le confinement, la cessation totale de toute activité impliquant des conglomérats dans des espaces clos, etc.

La transformation soudaine de l’ordre des choses implique alors de considérer le phénomène de la Covid-19 d’un point de vue sociologique et anthropologique afin d’analyser les nouvelles formes d’ajustement et d’adaptation des relations sociales, ainsi que l’ensemble des pratiques collectives dans chaque contexte. De nombreux travaux tels que Wuhan Soup, The Cruel Pedagogy of the Virus, en particulier, sont publiés, qui analysent et fournissent des clés susceptibles de rendre compte des transformations et des crises de la "normalité".

Aujourd’hui, au bout d’un an et demi de fluctuations entre récupérations et confinements, nous reprenons certains des questionnements posés par des œuvres telles que Posnormales"  d’Esteban Rodriguez et d’autres qui proposent des réflexions légitimes sur les scénarios postquarantaine; de même, l’ouvrage de Miguel Wiñazki La posnormalidad: Filosofía y esperanza del fin del mundo nous invite à réfléchir sur ce que sera le monde de la nouvelle normalité.

Cette position a été reprise par des institutions telles que l’UNESCO, l’OIT et certaines Organisations internationales des droits de l’homme afin de rendre visibles les nouvelles conditions, favorables, ainsi que les nouveaux risques, dans le contexte de crise post-COVID19, que nous connaissons. La particularité de cette approche repose sur un retour imposible à un passé immédiat d’avant la crise. Que ce soit en raison de l’explosion de nouveaux risques, de l’aggravation d’anciens conflits ou de l’émergence de nouvelles opportunités, il existe un consensus plus ou moins structuré sur de nouveaux scénarios, qui doivent être discutés.

Dans ce numéro de TraHs, nous nous posons les mêmes questions avant même d’entrevoir une organisation sociale post-pandémique définitive. Nous concentrerons notre attention sur trois scénarios: les Droits de l’Homme, l’Emploi et les Territoires.