20 mars : Journée internationale de la Francophonie


Francophonie Université de Limoges

Chaque année depuis 1988, la « Journée internationale de la Francophonie » est célébrée le 20 mars, en référence au 20 mars 1970 marqué par la création à Niamey (Niger) de l’Agence de coopération culturelle et technique, aujourd’hui devenue l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Cette journée dédiée à la promotion et à la mise en valeur de la langue et de la culture françaises unit 220 millions de locuteurs dans le monde et rassemble les 870 millions de personnes des 70 États et gouvernements de l’OIF.

Tout au long du mois de mars et dans le monde entier, les publics francophones fêtent leur langue commune ainsi que la diversité de la francophonie, à travers de nombreux événements festifs (concours de mots, spectacles, festivals de films, rencontres littéraires, rendez-vous gastronomiques, expositions artistiques…).

Symbole d’union, espace de solidarité et facteur de paix, la francophonie est un atout original constitutif de l’identité singulière de l’Université de Limoges. L’établissement a toujours été investi dans l’aire francophone, au travers, entre autres, la création de partenariats de recherche ou de formation noués avec des universités ouest et nord-africaines, d’Asie du Sud-Est ou du Québec.

 

Loic Artiaga Université de LimogesCette « Journée internationale de la Francophonie » est donc l’occasion de découvrir plus en détails la mission « Développement des réseaux francophones » assurée par Loïc Artiaga, Maître de Conférences en Histoire, membre du laboratoire EHIC (Espaces Humains et Interactions Culturelles) et Responsable du Master « Création Contemporaine et Industries Culturelles » (CCIC) à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Limoges.

 

Pouvez-vous nous présenter votre mission ?

J’ai la charge de l’animation des réseaux francophones. Cette mission est un bel héritage, puisque l’Université de Limoges a toujours fait de la francophonie un atout. La mondialisation de l’enseignement supérieur oblige cependant à envisager ce domaine particulier des relations internationales à nouveaux frais : il n’est plus l’exclusivité de la francophonie littéraire, mais est associé à de nombreux secteurs de recherches de notre établissement (management, épidémiologie tropicale, problématiques éducatives, pour ne citer que quelques exemples). La francophonie est devenue un enjeu dans des contextes de diversité linguistique, hors de ses bases historiques et géographiques, qui embrassaient l’ancien empire colonial et des espaces où l’élite sociale pratiquait le français. Nous prônons une francophonie sans centre(s) et donc sans périphéries, ouverte à la diversité, curieuse de l’usage de notre langue dans des contextes où elle est éventuellement minoritaire. Embrasser la francophonie est également un moyen de travailler à notre développement avec les réseaux diplomatiques et les institutions de recherches que la France administre autour du globe.
La francophonie est par ailleurs une question centrale pour les opérateurs culturels de notre Région, avec lesquels nous travaillons étroitement. Le réseau de l’enseignement et de la culture a institué la francophonie comme un « bien commun » et l’Université doit constituer un lieu de réflexion et être une force d’impulsion dans cette initiative.

 

Quelle corrélation peut être établie entre l’internationalisation de la recherche et la francophonie ?

La recherche est, par essence, internationale. Les premières universités suscitaient déjà au Moyen Age une circulation des hommes et des savoirs. Les chercheurs de notre Université vivent cette internationalisation qui a, évidemment, changé de dimension, et travaillent quotidiennement avec des collègues du monde entier. Nos étudiants, par leur grande diversité d’origines, en sont aussi les acteurs.
La francophonie permet de poser la question des cercles et périmètres des collaborations internationales. La dimension finalement modeste de notre établissement ne l’empêche pas de mener des projets à l’échelle continentale (voir les deux projets H2020 décrochés cette année). La francophonie offre une échelle supplémentaire pour penser notre internationalisation. Celle-ci apparaît donc à la fois comme une réalité et comme une ambition – celle de concrétiser dans des programmes internationaux ce que nous faisons déjà quotidiennement et de tisser des liens solides avec des laboratoires étrangers.

 

Quels sont les enjeux pour l’Université de Limoges ?

L’enjeu international est central pour Limoges – mais ce constat est une évidence pour l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur. Notre recrutement, nos financements, notre rayonnement dépendent désormais en large partie de la qualité de notre projet international.
De façon plus spécifique, notre Université doit affirmer dans le contexte de la Nouvelle-Aquitaine qu’elle compte comme un acteur incontournable dans l’entretien et la fabrique de liens nouveaux avec l’extérieur : nous devons prendre part à l’animation du territoire auquel nous appartenons, ainsi qu’à sa nécessaire ouverture au monde. Notre action a des conséquences très concrètes sur la vie de nos étudiants, dont l’expérience Erasmus+ constitue bien souvent la première confrontation longue avec une autre culture.

 

Comment allez-vous procéder et sur quelles ressources allez-vous vous appuyer ?

L’Université bénéficie d’un pôle des Relations internationales qui a développé des compétences dans le montage de projets internationaux, l’accueil d’étudiants étrangers, l’animation de réseaux. Mon rôle est d’accompagner cette unité et de faciliter son travail auprès des collègues. Nous expérimentons notamment des formes nouvelles d’organisation, à travers des « groupes pays » qui rassemblent des représentants de toutes les composantes.

 

Quels objectifs souhaitez-vous atteindre ?

Pour la mission qui m’incombe, asseoir la place de l’Université de Limoges au sein des réseaux internationaux francophones, et faire en sorte que l’ensemble de notre communauté se sente concernée par la francophonie.