Elsa Molina : « Je ne peux qu’encourager les étudiants à partir à l’étranger »



Elsa Molina Université de Limoges

Elsa Molina à Federation University Australia

Elsa Molina a effectué sa Licence et son Master 1 à l’Université de Limoges. Aujourd’hui chercheure à La Jolla Institute for Allergy and Immunology à San Diego (Californie, USA), elle revient sur ses expériences à l’étranger qui ont jalonné son cursus universitaire et qui lui ont permis d’embrasser une carrière à l’international.

 

Quel a été votre parcours universitaire ?

Je suis originaire du Cher et j’ai grandi à Bourges. J’ai ensuite obtenu ma Licence et mon Master 1 à l’Université de Limoges, mon Master 2 à l’Université de Poitiers, et ma thèse en Australie à School of Applied and Biomedical Sciences, Federation University Australia (FedUni) située dans l’État du Victoria.

 

 

Pour quelle.s raison.s avez-vous choisi de poursuivre vos études supérieures à l’Université de Limoges ?

Avant tout parce que l’on m’a personnellement recommandé l’Université de Limoges pour la qualité des enseignements et la proximité des enseignant.e.s avec les étudiant.e.s. De plus, quand je suis allée aux portes ouvertes, j’ai beaucoup apprécié la ville de Limoges ainsi que sa région que j’ai trouvée plus « nature » que celle d’Orléans-Tours d’où j’étais originaire. Sans compter que j’étais très excitée de partir à l’aventure dans une nouvelle ville et une région que je ne connaissais pas encore !

 

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai réalisé mon stage de recherche de Master 1 (2 mois) en Australie à FedUni (Mount Helen Campus, Ballarat, Victoria) dans le laboratoire du Professeur Fadi Charchar, celui de Master 2 durant 6 mois dans le laboratoire EA3842, dirigé par le Professeur Marie-Odile Jauberteau, à la Faculté de Médecine/Pharmacie de Limoges, et ma thèse de nouveau dans le laboratoire du Professeur Charchar en Australie pendant 3 ans et demi. Depuis novembre 2016, j’entreprends un post-doctorat de 5 ans au sein du laboratoire du Professeur Catherine Hedrick à La Jolla Institute for Allergy and Immunology à San Diego (Californie, USA).

 

Pourquoi avoir choisi d’effectuer votre stage de Master 1 en Australie ? Que vous a apporté cette expérience ?

J’ai décidé de partir en Australie pour mon stage de Master 1 car j’ai toujours eu envie de réaliser une partie de mes études à l’étranger, et précisément dans un pays anglophone, sans toutefois avoir d’attrait particulier pour l’Australie au départ. C’est ensuite grâce à cette fantastique expérience que j’ai pu postuler pour des bourses universitaires australiennes, que j’ai finalement obtenues de FedUni, afin de faire ma thèse en Australie. Après la soumission de ma thèse, j’ai décidé de tenter l’expérience aux États-Unis. J’ai postulé pour un poste de Postdoctoral Fellow dans un domaine de recherche qui m’intéressait particulièrement à La Jolla Institute, et j’ai eu la chance de l’obtenir.

 

Quel.s conseil.s donneriez-vous aux étudiant.e.s et doctorant.e.s qui hésiteraient à partir à l’étranger ?

Au regard de mon expérience, je ne peux qu’encourager les étudiant.e.s à partir à l’étranger, que ce soit pour un stage ou pour leurs études. Je leur dirais entre autres que cette expérience ouvre l’esprit avant tout, et leur permet de voir le monde, les gens et les scientifiques (dans mon cas par exemple) autrement, de découvrir comment à l’étranger l’on enseigne la science ou comment l’on mène les expériences scientifiques en comparaison avec la France. Au final, cela permet de réfléchir autrement, de voir et d’appréhender la science autrement, ce qui est une démarche essentielle à mes yeux quand l’on est scientifique et chercheur. De plus, partir à l’étranger va indubitablement les sortir de leur zone de confort, ils vont donc être amenés à fournir plus d’efforts à tous niveaux. Au final, ils gagneront en confiance en eux et appréhenderont les futures difficultés autrement. A travers ma propre expérience et celles des différent.e.s étudiant.e.s que j’ai pu accompagner jusqu’ici, globalement l’expérience à l’étranger est largement positive.

 

Elsa Molina Université de Limoges

Rencontre entre Federation University Australia et l’Université de Limoges (de g. à d. : trois représentantes de FedUni, Laurent Bourdier et Elsa Molina)

Vous avez activement contribué au renouvellement de l’accord entre Federation University Australia et l’Université de Limoges, partenariat qui a notamment permis l’accueil de plusieurs étudiant.e.s français.e.s en stage. En quoi a consisté votre mission plus précisément et en quoi prendre part à ce partenariat vous semblait-il important ?

A travers ma propre expérience que j’ai trouvée très enrichissante, j’ai voulu au départ encourager les étudiant.e.s de l’Université de Limoges intéressé.e.s par un stage à l’étranger, particulièrement en Australie, à se lancer dans l’aventure. De plus, ayant rencontré des problèmes de logement et de transport lors de mon arrivée en Australie pour mon stage de Master 1, j’ai voulu aider au mieux les étudiant.e.s afin de leur éviter ces mêmes situations. Pour cela, je n’ai pas hésité à correspondre par e-mail avec eux pour répondre à leurs questions et les conseiller afin qu’ils se préparent au mieux pour ce long voyage. En outre, comme nous avions une chambre d’amis disponible chez nous, mon mari et moi avons accueilli des étudiantes lors de leur stage de deux mois en laboratoire : Cécilia Bassalert de la Faculté des Sciences en 2014, ainsi qu’Ophélie Mazeau et Clara Lapeyre de l’IUT du Limousin en 2015.
Par ailleurs, j’ai participé à la mise en place du partenariat entre l’Université de Limoges et Federation University Australia signé en avril 2016 à Ballarat en facilitant la communication entre les deux universités.
En juin dernier, j’ai aussi aidé une étudiante australienne de FedUni, Nkumbu Sikanyika, à partir en stage de recherche de deux mois à la Faculté de Médecine/Pharmacie de Limoges dans le laboratoire EA3842 au sein de l’équipe du Professeur Danielle Troutaud.
Désormais, grâce au travail de partenariat effectué entre la France et l’Australie, j’ai intégré le réseau « FRAN » (French Researchers in Australia Network) de l’Ambassade de France en Australie. Cela m’a notamment permis de faire la rencontre de chercheur.e.s français.e.s travaillant dans le Victoria (Melbourne et ses environs) et ainsi leur parler de possibles échanges d’étudiant.e.s grâce à une future collaboration avec l’Université de Limoges. Suite à ces discussions, deux post-doc de Monash University à Melbourne étaient très intéressés. Je les ai donc mis en relation en septembre dernier avec Laurent Bourdier, chargé de mission « Partenariats anglophones » pour l’Université de Limoges, et je crois savoir qu’au moins deux étudiantes de la Faculté des Sciences vont partir en stage à Monash University en avril prochain !

 

Désormais installée aux États-Unis, vous avez quitté la sphère universitaire. Pensez-vous continuer à entretenir des relations avec l’Université de Limoges ?

La Jolla Institute relève en effet du secteur privé. Bien sûr, je souhaiterais continuer à entretenir des relations avec l’Université de Limoges. Le travail de recherche à La Jolla Institute est incroyable, il y a d’énormes potentiels et moyens, ainsi que de grand.e.s chercheur.e.s. renommé.e.s en immunologie. Par ailleurs, La Jolla Institute promeut la place des femmes en science. Si des étudiant.e.s de l’Université de Limoges venaient, ce serait réellement une grande opportunité pour eux, que ce soit pour leur CV du fait de la réputation internationale de La Jolla Institute, comme pour leur intérêt personnel de découvrir le travail de recherche entrepris au sein de cet institut. Avec Laurent Bourdier, nous allons essayer de mettre cela en place pour l’année universitaire 2017-2018.
Pour les instituts privés, le partenariat avec des universités dans le but d’échanger des étudiant.e.s est un peu compliqué à organiser car cela engendre des frais. De plus, l’échange ne se fait que dans un sens : les étudiant.e.s viennent travailler pour l’institut mais l’institut, en retour, ne peut pas fournir d’étudiant.e.s aux laboratoires des universités. J’espère que nous y parviendrons tout de même, affaire à suivre donc !

 

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