Hélène Pauliat nommée Présidente du jury national d’agrégation dans la discipline droit public
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace a nommé Hélène Pauliat, Professeure de droit public, Présidente du jury national d’agrégation dans la discipline droit public
Comment sont choisis les présidents de jury ?
Il s’agit d’un processus relativement long. La personne doit avoir une ancienneté dans le grade importante (en général, il s’agit d’une personne qui est pratiquement en fin de carrière), être d’une discipline du droit public différente de celle du président du jury précédent et évidemment être reconnue pour ses travaux scientifiques, son rayonnement et son activité au service de l’enseignement supérieur et de la recherche.
La coutume a imposé une forme d’alternance : le jury est présidé par un professeur de Paris I, deux ans après par un professeur d’une université de province, deux ans après par un professeur de Paris II, et deux ans après par un professeur d’une université de province (le concours a lieu tous les deux ans).
Une fois un vivier de collègues identifié, le processus de désignation fait intervenir le président de la section CNU concernée (02 pour le droit public), le président ou la présidente du jury du concours précédent et enfin le ministère, qui désigne la personne.
En quoi consiste le rôle de Présidente du jury national d’agrégation pour le recrutement des professeurs des universités ?
Le Président du jury doit constituer le jury du concours dans un premier temps, en respectant un certain nombre d’équilibres : la parité entre femmes et hommes, l’équilibre entre les universités parisiennes et provinciales, la représentativité des disciplines, l’obligation de désigner une personnalité extérieure (pour le droit public, le plus souvent un membre du Conseil d’Etat), et un membre d’une autre discipline (science politique, histoire du droit par exemple).
Dans un deuxième temps, il établit, avec le jury, le règlement intérieur du concours (organisation des épreuves, déroulement du concours…). Il organise la réunion d’information des candidats, fait tirer au plus jeune des candidats la lettre qui déterminera l’ordre de passage des candidats lors des épreuves. Il attribue les dossiers aux membres du jury (2 rapporteurs par candidat pour appréciation des travaux pour la première leçon) ; il organise le déroulé des épreuves (jour et heure de passage). Au fur et à mesure des épreuves, il établit avec le jury la liste des candidats sous-admissibles (après la première épreuve sur travaux), puis la liste des candidats admissibles (après la première épreuve dite en loge, en 8 heures), enfin la liste des candidats admis (après les deux dernières épreuves, leçon libre en 24 heures et leçon en loge en 8 heures).
En quoi est-ce une reconnaissance forte pour vous et pour la filière droit public de l’Université de Limoges ?
Il est toujours important d’être reconnu dans son métier ! Je crois que l’Université de Limoges et principalement la faculté de droit et des sciences économiques est reconnue en droit public à l’extérieur depuis longtemps (ce qui ne veut pas dire que les autres disciplines juridiques ne le sont pas !). L’essentiel est que l’Université de Limoges soit identifiée : cela implique que, quelle que soit la taille de l’université dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle peut être reconnue au plan national. Le jury du concours national d’agrégation permet le recrutement direct de professeurs d’université, selon un mécanisme qui n’existe pas dans les autres domaines (le concours existe encore pour le droit public, le droit privé, l’histoire du droit et les sciences de gestion). Il a donc une réelle portée !