Mobilité EUPeace – Pilsen, une expérience au-delà de la recherche pour Morgane

Morgane Brissaud, doctorante au sein du laboratoire Geolab est partie en mobilité du 5 janvier au 5 février 2026 à Pilsen et nous partage son expérience.

  • Pouvez-vous vous présenter?

Je suis géographe et urbaniste de formation, et actuellement doctorante en quatrième année au
laboratoire Géolab de l’Université de Limoges. Ma thèse porte sur l’application de l’objectif de Zéro
Artificialisation Nette, introduit par la loi Climat et Résilience de 2021, dans les documents
d’urbanisme locaux en Haute-Vienne.
Je m’intéresse à la fois aux effets sociaux de cet objectif, notamment sur l’accès à la propriété dans des
territoires peu soumis à la pression foncière, et au rôle des élus ainsi que des acteurs de l’urbanisme
chargés de le mettre en œuvre. Je cherche notamment à comprendre s’ils y sont favorables, et quels
facteurs (socioprofessionnels, politiques ou environnementaux) influencent leur perception.

 

  • Dans quelle université de l’Alliance EUPeace avez vous effectué votre séjour ?

University of West Bohemia in Pilsen

 

  • Quel était l’objet de votre séjour?

Mon séjour avait pour objectif de comparer les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire
en République tchèque et en France. En 2011, la Commission européenne a publié une « feuille de
route pour une Europe efficace dans l’utilisation de ses ressources », dans laquelle elle propose
l’objectif de « no net land take », destiné à limiter puis à stopper la consommation d’espaces naturels,
agricoles et forestiers. Bien que cet objectif ne soit pas juridiquement contraignant, ses déclinaisons
varient selon les États membres. Le Zéro Artificialisation Nette français en constitue une traduction
particulièrement ambitieuse, tandis que la République tchèque n’en a, à ce jour, proposé aucune
déclinaison. Cette différence offrait ainsi un terrain de comparaison pertinent pour analyser les
dynamiques sociopolitiques liées à cet enjeu.

 

  • Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en arrivant dans votre pays ou votre université d’accueil ?

Finalement, les températures négatives du mois de janvier à Pilsen ne se sont pas révélées si difficiles à
supporter !
À l’université, j’ai été très touchée par la qualité de l’accueil qui m’a été réservé, mais aussi par
l’investissement de chacun dans la préparation de mon séjour : ressources bibliographiques,
propositions d’entretiens, suggestions de terrains à visiter… et ce, alors même que je ne restais qu’un
mois. Les collègues de Pilsen étaient très enthousiastes à l’idée de cette collaboration et des
prolongements qu’elle pourrait avoir dans le futur.

 

  • Qu’avez vous le plus apprécié pendant votre séjour?

Il s’est avéré que le chercheur avec lequel j’ai le plus étroitement collaboré partageait son temps entre
l’université et l’Institut d’urbanisme et de développement de Prague (IPR). Ayant moi-même été en
contrat CIFRE au cours de mes trois premières années de thèse, j’étais particulièrement sensible à ce
type d’articulation entre monde académique et milieu professionnel. Cette collaboration m’a ainsi
donné l’occasion de passer beaucoup de temps à l’IPR de Prague à ses côtés, ainsi que d’échanger avec
ses collègues architectes et urbanistes. Au-delà des allers-retours entre Pilsen et Prague, j’ai
particulièrement apprécié de pouvoir évoluer entre milieu universitaire et milieu professionnel, comme
j’avais déjà eu l’occasion de le faire en France.

 

  • Un souvenir, un moment marquant de votre séjour à partager?

Lors de mes premiers jours en Tchéquie, je suis d’abord arrivée à Prague, avant de rejoindre Pilsen.
Martin, le collègue avec lequel j’ai le plus collaboré et avec qui je partageais un bureau, vivant à
Prague, m’a proposé de covoiturer pour que nous fassions le trajet ensemble. Comme il avait beaucoup
neigé la veille, le trajet (habituellement d’une heure) a finalement été un peu plus long, d’autant que sa
voiture est tombée en panne en chemin. Étant donné le temps passé ensemble, nous avons fini par
mener un premier entretien semi-directif dans la voiture. Le moment était assez amusant, et il illustre
bien le fait que la recherche peut se faire partout, à tout moment !

 

  • Comment décririez vous votre expérience de mobilité en 3 mots?

Enthousiasme ; Découverte ; Collaboration

 

  • Quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants en mobilité ?

Je conseillerais à celles et ceux qui envisagent une mobilité de préparer un programme clair, avec les
objectifs qu’ils souhaitent atteindre sur place, tout en restant ouverts à une part d’imprévu. Les
rencontres et les opportunités sur place peuvent en effet se révéler tout aussi enrichissantes pour la
recherche. Même sur une durée d’un mois seulement, une mobilité peut ouvrir des perspectives que l’on
n’avait pas nécessairement anticipées.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur les opportunités de mobilités proposées dans le cadre de l’Alliance EUPeace?

Email - Icônes multimédia gratuites