Entre mémoires et oublis, la lente inscription d’un évènement traumatique dans l’histoire d’une Nation, le cas de l’incendie de la Triangle Shirtwaist Company, New-York, 25 mars 1911


Environnement, Territoires, Circulations

Thèse préparée par Malorie Guibaud-Perez sous la co-tutelle de  Soazig VILLERBU (CRIHAM, unilim) et Jean-Sébastien NOEL , (Université de La Rochelle)

Depuis 2011, année des célébrations du centenaire de la tragédie new-yorkaise de l’incendie de la Triangle Shirtwaist Company, une coalition d’hommes et de femmes de différents horizons se mobilisent au travers de diverses actions pour obtenir l’adjonction d’un mémorial à l’immeuble qui, 100 ans plus tôt, a été en partie ravagé par un incendie, qui plus est meurtrier. Pourquoi une telle latence ? Que signifie cette quête d’une reconnaissance si tardive du Asch building comme lieu de mémoire d’une tragédie familiale, politique, new-yorkaise, nationale ?

 

Les objectifs de l’étude sont de comprendre les mécanismes de survie et de diffusion spatiale comme temporelle de la mémoire de la tragédie de la Triangle Shirtwaist Factory, un évènement relayé par les médias américains du début du XXe siècle, intéressés, quelque temps, par le fait divers et par ses suites juridiques. Comprendre comment la presse a présenté cet évènement et quelle a été l’ampleur réelle qu’il a eu au sein des sociétés et des territoires est un premier objectif.  Sur un second plan, l’évènement en lui-même s’inscrit dans un contexte historique, culturel et social particulier donnant naissance à plusieurs types de mémoires qui s’inscrivent dans des dimensions particulières ou partagées, celles de la famille, de la communauté, de la camaraderie, de la nationalité notamment. Comment ces cercles mémoriels s’organisent, se rencontrent, voire s’opposent, s’incarnent et se diffusent au-delà des frontières mêmes de l’état new-yorkaise ou de la Nation américaine depuis le 25 mars 1911 est un deuxième objectif de l’étude. Enfin, au-delà de la construction d’une mémoire de l’évènement, l’objectif est également de comprendre comment cette tragédie intègre, malgré tout, le récit national américain, quels ont été les moments clés, les porteurs de mémoire essentiels, autant que les tendances encourageant ou s’opposant, à cette inscription, même partielle.

 

2011 marked several celebrations of a traumatic event that devastated, a century ago, the three top floors of the Asch building, workplace for the five hundred employees of the Triangle Company. For many years, men and women from different backgrounds, have been spending times and efforts to keep the spotlights on this tragedy. Their determination will soon lead to the adjunction of a new memorial to the frontage of the building.

The aims of our work is to analyze how a national common memory of a traumatic event has been built, how it has grounded into always larger social and territorial circles, despite the years passing by. Not only this event made the headlines of the main newspapers, especially the ones  published in New-York state, at first interested by a tragedy that cost the lives of 146 young migrants, mainly female workers, but also the news has been spread through the American territory and abroad. The fire, that is registered as one of the worst catastrophes occurred in the USA through the XXth century, step by step became an iconic event in American history, not only has an industrial disaster that lead to several improvements of working place safety laws, but also as an accident symbol of many causes, from the fight against sweatshop to the fight against gender inequalities.  Its recognition took times, had to overcome several oppositions, depending on the social and historical context of the American Nation.

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