Mardi

Ma chère Blanchette,

Pas de lettre encore aujourd'hui, c'est le troisième jour sans. Car il y a deux jours c'était une lettre qui était allée à un autre régiment qui m'est parvenue. Cela devient bon.... Heureusement que nous ne sommes pas allés jusqu'à Berlin. Car si à 100 kilomètres de l'ancienne frontière il y a trois jours de retard qu'est-ce que cela donnerait à 600 kilomètres ! Et nous voici de nouveau installés, le bureau dans une belle salle d'un casino et monsieur avec sa chambre en ville. Mais je ne vais pas y aller tard car on ne sait jamais si un poilu me la barbotait !. En attendant on travaille toujours dur car ces déplacements de nous mettent pas à flot naturellement : enfin il ne faut pas se plaindre on n'est pas mal. Espérons que bientôt on sera mieux et qu'on sera chez soi. Aujourd'hui nous avons eu le champagne et le cigare.. Tu te demandes en quel honneur ? C'est que le 1er janvier le ravitaillement n'en avait pas apporté, Et on l'a eu aujourd'hui avec un simple retard de sept jours, rien quoi ! A part cela, ma chère Blanchette, j'espère que tu vas toujours bien ainsi que les tantes et mes deux petites chéries dont je me désole de ne pas avoir reçu la lettre. Je t'embrasse ma chère femme, mille fois de tout coeur.

Ton mari qui t'aime.

Simon.

Cette fois nous avons quitté la vallée du Rhin pour la montagne.

Expéditeur/auteur :
Simon Jeanjean
Destinataire :
Blanche Jeanjean
Lieu d'envoi :
Edenkoben
Date :
07 janvier 1919 (?)

Images

  • Edenkoben - Villastrasse

  • Edenkoben - Villastrasse

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Pour citer ce document

SCD - Université de Limoges, Edenkoben - Villastrasse [En ligne]. Limoges : SCD Université de Limoges, 2010. Disponible sur <https://www.unilim.fr/jeanjean/959> (consulté le 11/12/2018)