N° 84-85 | 1987
L'architecture du thé

L'analyse du lieu, dans le cas présent, le pavillon de thé, et l'analyse du faire, en l'occurrence un faire codifié par des préceptes explicites, ceux relatifs à la cérémonie du thé, sont les deux places indissociables d'une seule et unique entreprise : reconstruire et comprendre une certaine configuration spatiale qui, tout en réglant les relations entre des sujets, n'existe elle-même, en sa forme, qu'en fonction des règles syntaxiques et sémantiques immanentes au type d'interaction rituelle censée s'y dérouler. L'expression "architecture du thé" nous paraît, de ce point de vue, un raccourci heureux pour désigner l'objet syncrétique visé, à la fois dispositif topologique et régulation intersubjective relevant d'une anthropologie.
Sur un plan plus technique, le texte qu'on va lire contient en outre un certain nombre d'hypothèses et de propositions intéressant directement la problématique générale de l'analyse du discours. Ainsi par exemple des deux lectures, taxinomique et dynamique, du carré sémiotique ou, surtout, de ce qui concerne les procédures de la négation non verbale, comme de ce qui touche aux transformations que l'intervention du niveau énonciatif peut opérer sur un contenu énoncif débrayé, débouchant sur la production d'effets de sens les uns de type polémique, les autres de type contractuel.
Ce qui bien sûr n'exclut nullement, au contraire, quelques pas pour finir en beauté du côté de la dimension esthétique de la pratique et des objets étudiés.

  • Manar Hammad

    L'architecture du thé [article non publié en ligne]