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2026, Première quinzaine de mai par Solene Fogret

1er mai 2026. Israël. Propos appelant à « l’anéantissement » de Gaza diffusés sur une chaîne de télévision. Trois ONG israéliennes – le Bloc démocratique, Zulat et le Mouvement pour une réglementation équitable – ont déposé un recours devant la Cour suprême d’Israël après avoir enquêté sur la chaîne de télévision israélienne Channel 14. Elles ont recensé plus de 500 extraits de propos diffusés à l’antenne, sur le site ou sur les réseaux sociaux de la chaîne, entre octobre 2023 et mai 2025. Elles affirment que dès le 7 octobre 2023, la chaîne a diffusé « des déclarations qui constituent une incitation flagrante et grave au génocide, aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre à l’encontre des habitants de Gaza et, parfois, des Arabes de Cisjordanie également ». Ainsi, par exemple : « Tous les Gazaouis sont les méchants parmi les nations du monde. (…) C’est ce groupe barbare, cette foule, et ils n’ont pas le moindre droit d’exister. (…) La plus grande justice sera faite lorsque Gaza sera débarrassée des Gazaouis » ; « Il n’y a pas d’innocents [à Gaza]. En fait, quand on parle de « population », il n’y a pas de population. Il y a deux millions et demi de terroristes ». L’affirmation selon laquelle il n’y aurait pas d’innocents à Gaza est, d’après les ONG, le message le plus récurrent, « répété jour et nuit », et « en conjonction avec des appels à « l’anéantissement total », en réponse au massacre du 7-Octobre », tels que « détruisez, tuez et rasez tout ». Les ONG précisent que l’incitation au génocide est sanctionnée par le droit pénal israélien et dénoncent ainsi le fait que la police n’a pas immédiatement conduit d’enquête. Faisant référence à la jurisprudence du Tribunal pénal international pour le Rwanda, elles rappellent que la chambre d’appel avait alors estimé que « l’incitation au génocide ne nécessitait pas la preuve que l’incitation en question avait effectivement conduit à un génocide » et que « les expressions faisant référence à l’extermination de « l’ennemi » ou de ses « complices », des « rebelles » ou des « cafards » en tant que terme péjoratif constituaient toutes une incitation directe au génocide ».

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/01/il-n-y-a-pas-d-innocents-a-gaza-channel-14-la-chaine-de-television-israelienne-accusee-de-discours-genocidaires_6684704_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=10)

 

4 mai 2026. Burkina Faso. L’ONU dénonce des exactions contre les Peuls. Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale s’est récemment dit profondément préoccupé par les graves abus qui ont lieu à l’encontre des Peuls au Burkina Faso. « Souvent perpétrées par des forces armées nationales, des forces de sécurité intérieure et leurs auxiliaires, notamment les Volontaires pour la défense de la Patrie, ainsi que par des groupes armés non étatiques », dans le cadre des opérations militaires et sécuritaires menées contre les groupes djihadistes au Sahel, ces violences se caractérisent par des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des détentions arbitraires, des enlèvements et des disparitions forcées. Le Comité s’est également inquiété du « profilage ethnique » exercé à l’encontre des Peuls, systématiquement accusés d’association avec des groupes terroristes. Alors qu’il a enjoint le Burkina Faso à réprimer, de manière indépendante et impartiale, ces violences et à instaurer des mesures préventives, les autorités de l’Etat ont rejeté ces accusations, affirmant que leurs opérations de sécurité respectent les droits national et international et sont menées sans discrimination, ne ciblant aucune communauté.

(https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158778)

 

4 mai 2026. Cisjordanie. Nombre de déplacements sans précédent. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), plus de 620 Palestiniens ont été déplacés dans toute la Cisjordanie depuis le début de l’année 2026, soit une moyenne de 160 personnes déplacées par mois. L’OCHA affirme que ce chiffre est le plus élevé enregistré depuis que le Bureau a commencé à recenser les déplacements en 2009, et qu’il représente le double de la moyenne mensuelle des déplacements dans ce contexte en 2022. Cette tendance semble se poursuivre : entre le 21 et le 27 avril 2026, l’OCHA a recensé au moins 100 raids et des opérations de perquisition menées par les forces israéliennes, entraînant « des détentions massives, des évacuations temporaires de logements et des restrictions de circulation, notamment dans les gouvernorats de Jérusalem et de Naplouse ». De nombreuses personnes déplacées ont en outre vu leurs maisons détruites. Enfin, d’après l’OCHA, les attaques des colons contre les établissements scolaires accentuent la pression exercée sur les familles rurales pour qu’elles quittent leur foyer.

(https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158779)

 

4 mai 2026. Chine. Effacement de la langue tibétaine. Depuis la loi de 1984 sur l’Autonomie régionale au niveau national, la Chine impose progressivement l’enseignement du chinois dès le plus jeune âge. Une directive du ministère chinois de l’Education – le Plan d’harmonisation linguistique pour les enfants – impose depuis 2021 l’utilisation du mandarin standard dans l’ensemble de l’enseignement et de l’encadrement préscolaires, y compris dans les régions où vivent des minorités ethniques. Enfin, le 12 mars 2026, a été adoptée une loi relative à la Promotion de l’unité et du progrès ethniques, qui sanctionne toute personne jugée coupable d’« entraver » l’apprentissage et l’utilisation du chinois. Ainsi, les autorités exigent que les écoles maternelles encouragent, voire incitent, les parents et les enfants à parler chinois entre eux et à leur envoyer des vidéos qui l’attestent. Des évaluateurs désignés par le gouvernement ont en outre testé les compétences en mandarin des enfants d’âge préscolaire, malgré une réglementation qui interdit les examens ou toute autre forme de pression scolaire dans les écoles maternelles. Bien que la maternelle ne soit pas formellement obligatoire en Chine, Human Rights Watch a constaté que, dans les régions tibétaines, elle l’est dans les faits. De plus, les écoles primaires des zones urbaines exigent de plus en plus souvent une attestation de fréquentation de la maternelle au moment de l’inscription. Cette politique linguistique s’accompagne d’un endoctrinement accru : les programmes préscolaires dans les régions tibétaines mettent progressivement l’accent sur « l’éducation patriotique », la loyauté envers le Parti communiste chinois et l’identification des enfants comme « membres de la nation chinoise ». D’après Human Rights Watch, cette politique, qui vise à « assimiler de force les Tibétains à une identité nationale centrée sur la culture de l’ethnie Han, et ce dès leur plus jeune âge », accélère « l’effacement de la langue et de la culture tibétaines », notamment en diminuant la communication entre les enfants et leurs aînés, et contrevient ainsi aux obligations qui incombent à la Chine en vertu du droit international relatif aux droits de l’enfant.

(https://www.hrw.org/fr/news/2026/05/04/chine-un-plan-dharmonisation-efface-la-langue-tibetaine)

 

5 mai 2026. Afghanistan. Nouvelle attaque contre les Hazaras. Le 10 avril 2026, dans le village de Dahmiri, dans le district d’Injil, dans la province d’Hérat, des hommes armés ont tué et blessé, sans distinction, des dizaines de civils. L’Etat islamique au Khorassan (EI-K) a revendiqué l’attaque, comme il le fait depuis des années après chaque massacre de chiites et, en particulier, d’Hazaras. Ces derniers sont victimes des politiques d’Etat depuis plusieurs siècles. A la fin du XIXème siècle sont lancées « des campagnes de conquête et de pacification » du Hazarajat qui aboutissent à des massacres, des déportations, de l’esclavage et la confiscation massive de terres. Aujourd’hui, les chiites, et en particulier les Hazaras, sont relégués dans les régions centrales pauvres, sous‑représentés dans l’armée, l’administration et la diplomatie, et régulièrement victimes de discriminations et de violences ciblées. A partir de sa pleine implantation en Afghanistan en 2015, l’EI‑K fait des chiites d’Afghanistan, et en particulier des Hazaras, une « cible privilégiée » de ses massacres. Durant la première année qui suit le retour des Talibans au pouvoir en août 2021, au moins 222 chiites sont tués dans des attentats, selon l’Afghanistan Analysts Network, notamment lors des attaques contre des mosquées chiites à Kunduz et Kandahar en octobre 2021. En septembre 2022, la frappe contre un centre éducatif situé dans le quartier majoritairement hazara de Dasht‑e Barchi à Kaboul fait plus de 50 morts, pour la plupart des jeunes filles. Le nombre de chiites tués ou blessés depuis le retour au pouvoir des Talibans est aujourd’hui d’environ 700, pour les seules attaques revendiquées ou attribuées à l’EI‑K. Ainsi, l’attaque de Dahmiri s’inscrit dans un schéma de violences visant une minorité religieuse et ethnique, qualifiées par le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Afghanistan, Richard Bennett, de « systématiques » et susceptibles de constituer des crimes contre l’humanité.

(https://lalettrehebdo.com/dahmiri-nest-pas-une-exception-les-hazaras-face-a-une-guerre-dextermination-lente/)

 

6 mai 2026. Rwanda. Annulation du non-lieu contre Agathe Habyarimana. La cour d’appel de Paris a infirmé ce jour le non-lieu prononcé le 21 août 2025 contre Agathe Habyarimana. Veuve de l’ancien Président hutu, elle est accusée d’avoir joué un rôle majeur dans la planification du génocide des Tutsis, ce qu’elle réfute. Exfiltrée en Europe avec sa famille quelques jours après le début du génocide à la demande du Président français François Mitterrand, proche de son mari, elle réside en France depuis 1998. Depuis 2007, elle y est poursuivie pour « complicité de génocide » et est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le Rwanda, vers lequel la France refuse de l’extrader. Alors que les juges d’instruction avaient estimé qu’il « n’existe pas de charges suffisantes », la chambre de l’instruction de la cour d’appel estime que les juges d’instruction devraient « demander, si ce n’est déjà fait en tout ou partie, à la justice rwandaise ou à toute autorité officielle internationale (…) la remise des procès-verbaux » de témoins déjà entendus dans le cadre de procédures menées contre Agathe Habyarimana. Elle préconise ainsi la délivrance de commissions rogatoires internationales aux autorités judiciaires canadiennes et américaines. Agathe Habyarimana va se pourvoir en cassation avec demande d’examen immédiat.

(https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/06/rwanda-la-cour-d-appel-annule-le-non-lieu-prononce-contre-agathe-habyarimana-poursuivie-en-france-depuis-2008-pour-complicite-de-genocide_6686116_3212.html?search-type=classic&ise_click_rank=2)

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/14/ce-que-preconise-l-arret-qui-a-infirme-le-non-lieu-d-agathe-habyarimana-accusee-de-complicite-de-genocide-des-tutsi-au-rwanda_6689110_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=4)

 

6 mai 2026. Russie. Non-coopération du Tadjikistan dans la remise de Vladimir Poutine. La Présidence de la Cour pénale internationale a transmis ce jour à la Présidente de l’Assemblée des Etats parties la décision rendue le 19 mars 2026 par la Chambre préliminaire II qui constate la non-coopération du Tadjikistan, en violation de ses obligations internationales, à la demande de la Cour concernant l’arrestation et la remise de Vladimir Poutine alors que celui-ci se trouvait sur le territoire du Tadjikistan. Un représentant de cet Etat a par conséquent été invité à la réunion du Bureau de l’Assemblée qui a eu lieu ce jour. Le Bureau soumettra, lors de la prochaine session de l’Assemblée, un rapport sur les mesures prises, accompagné, le cas échéant, des recommandations qu’il jugera appropriées.

(https://www.icc-cpi.int/fr/news/renvoi-par-la-presidence-de-la-cour-penale-internationale-de-la-non-cooperation-du-tadjikistan)

 

7 mai 2026. France. Risque d’atteinte au droit à l’autodétermination des Kanak. Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, agissant dans le cadre de sa procédure d’alerte précoce et d’action urgente, a récemment exhorté la France à veiller à ce que toute mesure législative, constitutionnelle ou administrative concernant le processus de décolonisation et d’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie soit menée avec la participation effective du peuple Kanak, c’est-à-dire fondée sur son consentement libre, préalable et éclairé. En effet, le Comité a noté que des récentes initiatives visant à modifier le cadre politique créé par l’Accord de Nouméa auraient été engagées sans consultation préalable ni participation effective des Kanak, « notamment en excluant le Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie et les Conseils coutumiers des huit aires coutumières ». L’Accord de Nouméa, signé en 1998, a établi le cadre du processus de décolonisation progressive de la Nouvelle-Calédonie, comprenant la reconnaissance de l’identité kanak, une plus grande autonomie et une voie permettant à ce peuple de décider de son avenir politique. Ce faisant, le Comité a estimé que la France risque de porter atteinte au droit à l’autodétermination des Kanak. Par ailleurs, le Comité s’est dit préoccupé par des allégations d’usage excessif et disproportionné de la force, y compris meurtrière, par les forces de l’ordre lors des manifestations de mai 2024 liées aux réformes précédemment dénoncées. Il s’est également dit préoccupé par les informations faisant état du transfert non consensuel de plusieurs défenseurs des droits de l’Homme kanaks liés au mouvement indépendantiste vers des prisons situées en France métropolitaine.

(https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2026/05/france-risks-undermining-kanak-indigenous-peoples-self-determination-new)

 

8 mai 2026. Haïti. Violences continues dues aux gangs. Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti a estimé dans un rapport publié récemment que la situation des droits humains dans le pays demeure « extrêmement préoccupante » alors qu’au moins 1 642 personnes ont été tuées et 745 blessées entre janvier et mars 2026. D’après le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, « malgré des avancées sécuritaires dans certaines zones du centre-ville de Port-au-Prince, l’insécurité est quotidienne et intenable pour un grand nombre d’Haïtiens ». La violence continue également de s’étendre au-delà de la capitale, notamment dans les départements du Centre et de l’Artibonite. En effet, entre le 29 et le 31 mars 2026, les violences ont atteint un nouveau seuil dans ce dernier département : des gangs ont lancé des attaques coordonnées contre 16 localités du Bas-Artibonite, ciblant notamment des groupes d’auto-défense ; au moins 83 personnes ont été tuées et 38 blessées. Certaines victimes ont été sorties de leur maison en pleine nuit avant d’être exécutées devant leur domicile. Selon le rapport, les gangs sont responsables de 27 % des morts et blessés enregistrés durant le trimestre. Les groupes d’auto-défense seraient, quant à eux, responsables de 4 % des morts et blessés, visant des membres présumés de gangs ou leurs supposés collaborateurs. Enfin, plus de 69 % des victimes ont été tuées ou blessées lors d’opérations conduites par les forces de sécurité contre les gangs, parfois avec l’appui d’une société militaire privée utilisant des drones. Les gangs sont également impliqués dans de nombreuses violences sexuelles, ayant fait plus de 292 victimes, principalement des femmes et des adolescentes âgées de 12 à 17 ans. Le rapport souligne que les viols collectifs et l’exploitation sexuelle sont utilisés comme des instruments de terreur et de contrôle des populations vivant sous l’emprise des gangs. La traite d’enfants demeure également une pratique préoccupante.

(https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158809)

 

11 mai 2026. Cisjordanie occupée. Sanction par l’UE d’organisations de colons israéliens. Le Conseil de l’Union européenne a adopté ce jour des sanctions contre quatre organisations de colons israéliens et trois de leurs responsables pour les violences infligées aux Palestiniens de Cisjordanie. Ainsi, il leur sera interdit d’entrer sur le territoire de l’UE et leurs potentiels avoirs y seront gelés. Cette mesure, attendue depuis longtemps, a pu être adoptée grâce au changement de Premier ministre en Hongrie, qui a levé le veto opposé par le précédent gouvernement. L’identité des colons sera officiellement dévoilée lorsque la décision sera publiée au Journal officiel de l’UE. Mais, selon le quotidien israélien Haaretz, il s’agit de : Amana, la plus importante entreprise de construction de colonies en Cisjordanie ; le mouvement de colons d’extrême droite Nachala et sa présidente, Daniella Weiss ; l’organisation de protection des colonies Hashomer Yosh et son ancien responsable, Avichai Suissa ; et l’organisation d’extrême droite Regavim et son directeur, Meir Deutsch. Le Conseil de l’UE a en outre adopté de nouvelles sanctions « contre des figures de premier plan du Hamas ».

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/11/union-europeenne-apres-des-mois-de-blocage-les-vingt-sept-sanctionnent-des-mouvements-de-colons-israeliens-en-cisjordanie-occupee_6688166_3210.html)

 

11 mai 2026. Philippines. Mandat d’arrêt contre Ronald Marapon Dela Rosa. La Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a levé ce jour les scellés sur un mandat d’arrêt émis contre Ronald Marapon Dela Rosa, initialement délivré le 6 novembre 2025. Ancien officier de police – et chef de la police de 2016 à 2018, soit pendant les deux premières années de la présidence de Rodrigo Duterte – devenu sénateur, Ronald Marapon Dela Rosa a été considéré par la Chambre comme pénalement responsable, en tant que coauteur indirect, de crimes contre l’humanité commis au moins entre le 3 juillet 2016 et la fin avril 2018. Durant cette période, au moins 32 personnes soupçonnées de crimes en lien avec la consommation, le trafic ou la production de stupéfiants ont été tuées dans le cadre de la « guerre contre la drogue » menée entre le 1er novembre 2011 et le 16 mars 2019 environ par le Président, Rodrigo Duterte, soupçonné par la Cour d’être l’auteur de ces crimes contre l’humanité. En conséquence, Ronald Marapon Dela Rosa s’est réfugié au Sénat philippin, qui lui a assuré sa protection. Son président a déclaré : « Nous autoriserons une arrestation à condition qu’elle émane d’un tribunal philippin ». Par la suite, le 14 mai, Ronald Marapon Dela Rosa a discrètement quitté le Sénat. Le 20 mai, la Cour suprême des Philippines a « rejeté la demande d’ordonnance de non-exécution provisoire ou d’ordonnance de statu quo déposée par le sénateur », permettant ainsi son arrestation lorsqu’il sera localisé.

(https://www.icc-cpi.int/fr/news/situation-aux-philippines-les-juges-de-la-cpi-levent-les-scelles-sur-un-mandat-darret)

(https://www.justiceinfo.net/fr/159023-nouveau-mandat-de-la-cpi-en-pleine-tempete-politique-aux-philippines.html)

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/20/aux-philippines-la-cour-supreme-n-empechera-pas-l-arrestation-d-un-ex-chef-de-la-police-recherche-par-la-cpi_6691699_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=3)

 

12 mai 2026. Israël/Gaza. Rapport sur l’ampleur des violences sexuelles commises par le Hamas. La Commission civile, une ONG israélienne, a publié ce jour un rapport qui documente la gravité des violences sexuelles commises par des membres du Hamas le 7 octobre 2023, puis pendant la période de captivité des 251 otages détenus à Gaza. Elle conclut que le Hamas a recouru « de manière délibérée et systématique à la violence sexuelle et sexiste », ainsi qu’à la « torture ». « Ces crimes se sont caractérisés par une cruauté extrême et d’immenses souffrances humaines, souvent infligées de manière à amplifier la terreur et l’humiliation ». Ainsi, sur les lieux du festival Nova, des survivants ont raconté : « J’ai entendu un viol où ils se la passaient de main en main. Elle était probablement blessée, à en juger par ses cris – des cris comme on n’en a jamais entendus nulle part (…). On entend les cris, puis le silence ». Dans les kibboutz, l’ONG rapporte qu’il n’existe aucun survivant des violences sexuelles et sexistes commises, à l’exception de ceux qui ont été enlevés par le Hamas. En s’appuyant sur des déclarations de témoins, elle a relevé « des schémas récurrents de violence extrême », notamment des mutilations de femmes. Enfin, plusieurs femmes otages – 80 sont revenues vivantes de captivité sur les 92 enlevées – ont fait part de violences répétées, y compris des viols, des attouchements et des menaces. Ce rapport corrobore ceux de nombreuses ONG et institutions internationales. Ainsi, lors de la délivrance en 2024 d’un mandat d’arrêt à l’encontre d’un des principaux dirigeants du Hamas, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale a estimé qu’il existait des motifs raisonnables de croire qu’il était responsable, entre autres, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre de viol et d’autres formes de violences sexuelles.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/12/7-octobre-un-nouveau-rapport-documente-l-ampleur-des-violences-sexuelles-commises-par-le-hamas_6688209_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=4)

(https://www.civilc.org/silenced-no-more)

 

13 mai 2026. Nigeria. Civils touchés par des frappes aériennes contre des djihadistes. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé ce jour le Nigeria à mettre en place des enquêtes « indépendantes » après plusieurs attaques attribuées aux armées nigériane et tchadienne. Le bombardement d’un marché, le 10 mai 2026, dans l’Etat de Zamfara, dans le nord-est du Nigeria, aurait fait au moins 100 morts civils et de nombreux blessés. D’autres attaques menées depuis le 8 mai par des avions de combat tchadiens contre des camps de Boko Haram situés sur des îles isolées du lac Tchad, au nord-est du Nigeria, ont également fait de nombreuses victimes civiles. Ce lac abrite depuis 2009 des combattants de Boko Haram et de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest.

(https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158831)

 

13 mai 2026. Israël. Loi instaurant un tribunal militaire spécial pour juger les Palestiniens. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker Türk, a appelé ce jour à l’abrogation de la nouvelle loi israélienne – adoptée par la Knesset sans aucune abstention – créant un tribunal militaire spécial chargé de juger les Palestiniens accusés d’avoir des liens avec les attaques du 7 octobre 2023. Il estime que cette loi instaure « une justice à sens unique ainsi qu’une discrimination à l’encontre des Palestiniens », ce qui est contraire au droit international des droits de l’Homme. Il s’est aussi inquiété du fait que cette loi « permet une érosion accrue des garanties d’un procès équitable en introduisant des procès de masse », et du fait que subsistent des interrogations « quant à la possibilité que ce tribunal autorise l’admissibilité de preuves obtenues sous la contrainte ». En outre, il a insisté sur le fait que l’application de la peine de mort « aux résidents du Territoire palestinien occupé » par ce tribunal, comme l’y habilite cette loi, constituerait « un crime de guerre ».

(https://news.un.org/fr/story/2026/05/1158835)

 

13 mai 2026. Etats-Unis. Sanctions contre Francesca Albanese. Le 9 juillet 2025, le Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Marco Rubio, avait imposé des sanctions à Francesca Albanese, Rapporteure spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 « pour ses efforts illégitimes et honteux visant à inciter la Cour pénale internationale à agir contre des responsables, des entreprises et des dirigeants américains et israéliens ». Un juge américain a émis ce jour une injonction temporaire contre ces sanctions. Les Etats-Unis ont, par conséquent, levé ces sanctions le 20 mai, avant de les rétablir le 28 mai, à la suite d’une ordonnance rendue le 22 mai par une cour d’appel qui affirme que ces sanctions peuvent continuer à être appliquées tant que la justice ne s’est pas prononcée de manière définitive sur leur légalité.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/14/un-juge-americain-suspend-les-sanctions-imposees-par-la-maison-blanche-a-la-rapporteuse-de-l-onu-pour-les-territoires-palestiniens-francesca-albanese_6689028_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=14)

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/21/les-etats-unis-levent-les-sanctions-contre-francesca-albanese-la-rapporteuse-speciale-de-l-onu-pour-les-territoires-palestiniens_6691806_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=5)

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/28/les-etats-unis-retablissent-les-sanctions-contre-francesca-albanese-la-rapporteuse-speciale-de-l-onu-pour-les-territoires-palestiniens_6694271_3210.html)

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