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2026, deuxième quinzaine de mai par Solene Fogret

15 mai 2026. Nigeria. Nouveaux enlèvements d’enfants. Des hommes armés ont simultanément attaqué ce jour l’école maternelle et primaire baptiste de Yawota et deux autres établissements à Esiele, dans l’Etat d’Oyo, dans le sud du pays. Ils ont enlevé 46 civils, principalement des enfants âgés de 2 à 16 ans. Le Nigeria fait régulièrement l’objet d’attaques par des gangs criminels, localement appelés « bandits », qui pratiquent des enlèvements contre rançon dans des régions rurales, principalement dans le nord et le centre du pays. Les enlèvements dans des écoles sont rares dans l’Etat d’Oyo. Le gouverneur de cet Etat a affirmé que sept enseignants faisaient partie des personnes enlevées et qu’un professeur d’études coraniques avait été tué pendant l’attaque. Selon lui, cette dernière a été organisée par « des groupes armés qui fuient leur fief du nord-ouest du pays », où ils subissent une intense pression de la part des forces armées nigérianes. Soutenues par les Etats-Unis, ces dernières ont mené le même jour des frappes aériennes ayant conduit au décès de plus de 175 membres de l’Etat islamique (EI). Parmi eux figurent plusieurs hauts responsables de l’EI, y compris Abu Bilal Al-Minuki, présenté comme « l’un des agents les plus importants de l’EI au monde », qui se trouvait alors dans un village isolé du nord-est. Depuis 2009, les attaques djihadistes menées par Boko Haram, puis par l’EI, ont provoqué la mort de plus de 40 000 personnes et le déplacement de 2 millions d’habitants dans le nord-est du pays. Ces groupes, auxquels se sont ajoutés des mouvements djihadistes locaux, étendent progressivement leur champ d’action vers le sud. Face à cette insécurité, le président nigérian avait déclaré, fin novembre 2025, l’état d’urgence sécuritaire au niveau national et le renforcement du nombre de militaires et de policiers. En conséquence également, les Etats-Unis avaient déployé dans le pays environ 200 militaires chargés d’assister l’armée nigériane dans sa lutte contre les djihadistes.

(https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/18/dans-le-sud-du-nigeria-46-personnes-enlevees-principalement-des-enfants-lors-de-l-attaque-d-ecoles_6691020_3212.html?search-type=classic&ise_click_rank=11)

(https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/05/19/au-nigeria-175-membres-de-l-etat-islamique-tues-dans-les-frappes-aeriennes-conjointes-avec-les-etats-unis_6691537_3212.html?search-type=classic&ise_click_rank=16)

 

16 mai 2026. Rwanda. Décès de Félicien Kabuga. Félicien Kabuga, accusé d’avoir financé la Radio-Télévision Libre des Mille Collines, qui a joué un rôle central dans le génocide des Tutsis en 1994, est décédé ce jour dans un hôpital de La Haye. Poursuivi pour génocide, complot en vue de commettre un génocide, incitation au génocide et crimes contre l’humanité, il avait été arrêté en 2020 en France et transféré à La Haye, où son procès avait débuté en 2022. Il avait plaidé non coupable. En 2023, les juges ont suspendu son procès, estimant qu’il était « inapte à participer » à la procédure. Il a toutefois été maintenu en détention dans l’attente d’une libération provisoire. Au moment de son décès, il attendait toujours d’être transféré vers un Etat disposé à l’accueillir.

(https://www.justiceinfo.net/fr/159302-ni-juge-ni-libere-kabuga-est-decede.html)

 

16 mai 2026. France. Affaire Khashoggi. A compter de ce jour, un juge d’instruction français va instruire la plainte pour « tortures et disparitions forcées » déposée par Trial International, Democracy for the Arab World Now (DAWN) – l’organisation qui employait Jamal Khashoggi – et Reporters sans frontières (RSF), dans le cadre de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018 au consulat saoudien d’Istanbul. Les services secrets américains avaient, à l’époque, affirmé que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane portait la responsabilité directe de cet assassinat. Trial International et DAWN avaient déposé une plainte en juillet 2022, à l’occasion d’une venue en France de Mohammed ben Salmane ; RSF avait par la suite déposé une plainte de son côté. Après plusieurs années de procédures, durant lesquelles le parquet s’est opposé à l’ouverture d’une enquête en France, la cour d’appel a fini par accéder à la demande de ces organisations le 11 mai 2026.

(https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20260516-assassinat-khashoggi-journaliste-saoudien-juge-instruction-fran%C3%A7ais-enqu%C3%AAter-plainte-mbs-ben-salmane)

 

18 mai 2026. Iran. Création d’un organisme chargé de gérer le détroit d’Ormuz. L’Iran a annoncé ce jour la création de « l’Autorité du détroit du Golfe Persique », un organisme destiné à fournir « des mises à jour en temps réel sur les opérations » dans le détroit d’Ormuz et, selon la revue spécialisée dans le transport maritime, Lloyd’s List, à « approuver les transits de navires et percevoir des droits de passage ». La revue ajoute que les navires sont ainsi tenus de fournir des informations détaillées sur leur propriétaire, leur assurance, les membres d’équipage et leur itinéraire de transit prévu. Les Etats-Unis avaient annoncé le 12 avril débuter un « blocage » du détroit pour tous les navires « entrant ou sortant des ports et des zones côtières iraniennes ». A l’instar de ce blocus, l’instauration par l’Iran de droits de passage dans le détroit constitue une violation de la Convention internationale sur le droit de la mer, qui garantit le droit de passage en transit et le droit de passage inoffensif pour les détroits exclus du champ d’application du régime du passage en transit, qui s’appliquent donc aux navires dans les eaux iraniennes.

(https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20260518-iran-creation-organisme-charge-gerer-detroit-d-ormuz-petrole)

 

18 mai 2026. Territoires palestiniens occupés. L’ONU appelle Israël à empêcher un génocide. Dans un rapport publié ce jour, le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme conclut à l’existence de « signes de nettoyage ethnique » à Gaza et en Cisjordanie et exige, en conséquence, qu’Israël prenne « toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de génocide » – et respecte ainsi l’ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 qui le lui enjoignait déjà pour le territoire gazaoui. Il condamne en outre les « violations graves » commises par des groupes armés palestiniens pendant et après l’attaque du 7 octobre 2023, notamment les tortures et agressions sexuelles commises contre les otages alors qu’ils étaient détenus « dans des conditions inhumaines » pendant des mois. D’après le rapport, depuis le 7 octobre 2023, les attaques conduites « de manière systématique et répétée » par Israël à Gaza « contre des cibles civiles ou protégées », parmi lesquelles « des établissements de santé et des installations médicales », ainsi que contre des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, ont fait plus de 72 000 morts. Elles constituent des « violations flagrantes » du droit international s’apparentant, dans de nombreux cas, à des « crimes de guerre et autres atrocités ». Dans une grande partie du territoire, ces attaques ont rendu les conditions de vie « incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe ». De même, « le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie [a] conduit à des centaines de meurtres illégaux ». Dans les deux territoires, « l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle ». Le rapport souligne que, malgré l’accord de cessez-le-feu, conclu le 10 octobre 2025, « les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse ». En effet, d’après Human Rights Watch, alors même que les volumes d’aide n’ont jamais atteint le minimum jugé nécessaire par l’ONU, ils sont de nouveau particulièrement restreints depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran. Ainsi, le nombre de camions entrant à Gaza est passé d’une moyenne hebdomadaire de 4 200 avant le 28 février 2026 à seulement 590 aujourd’hui. De plus, d’après l’Organisation mondiale de la santé, les retards israéliens dans l’approbation d’équipements chirurgicaux spécialisés limitent les soins complexes, et au moins 46 % des médicaments essentiels sont en rupture de stock. L’ONG Gisha a en outre rapporté que les autorités israéliennes ont « catégoriquement empêché l’accès » des Gazaouis aux hôpitaux de Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et en Israël, depuis octobre 2023.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/18/gaza-le-haut-commissariat-des-nations-unies-aux-droits-de-l-homme-exige-qu-israel-empeche-un-genocide_6690923_3210.html?search-type=classic&ise_click_rank=4)

(https://www.hrw.org/fr/news/2026/05/20/gaza-israel-restreint-laide-humanitaire-et-tue-des-civils-pendant-le-cessez-le-feu)

 

22 mai 2026. Afghanistan. L’ONU condamne les retours forcés des réfugiés et demandeurs d’asile. Visant entre autres plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui projettent ou ont mis en place de telles mesures, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a condamné ce jour la « tendance persistante » des Etats d’accueil à renvoyer contre leur gré des réfugiés et des demandeurs d’asile afghans vers l’Afghanistan, en violation du droit international des droits de l’Homme et du droit des réfugiés. D’après lui, près de 270 000 Afghans ont été expulsés vers l’Afghanistan depuis le début de l’année 2026, principalement depuis l’Iran et le Pakistan ; en 2025, plus de 1,2 million avaient été expulsés d’Iran et 150 000 du Pakistan. A leur retour, ils sont exposés à « un grave risque de violations des droits humains », notamment des arrestations et détentions arbitraires, des tortures et des mauvais traitements infligés par les autorités de facto. Les femmes et les filles, les personnes affiliées à l’ancien gouvernement et à ses forces de sécurité, les professionnels des médias et les membres de la société civile et de la communauté LGBTIQ+ sont particulièrement exposés. En outre, le pays fait face à une insécurité transfrontalière, en particulier depuis le 9 octobre 2025. En effet, depuis cette date, les tensions avec le Pakistan se sont fortement intensifiées. Un cessez-le-feu avait été conclu le 19 octobre mais les attaques avaient repris le 22 février 2026, avant de connaître une nouvelle phase d’accalmie début avril. D’après Volker Türk, ce conflit a entraîné le taux de victimes civiles le plus élevé enregistré depuis la prise de pouvoir par les Talibans.

(https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2026/05/turk-states-must-halt-involuntary-returns-afghanistan)

 

22 mai 2026. Nigeria. Clôture par la CPI de la situation au Nigeria. En 2020, à l’issue d’un examen préliminaire de dix ans, le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) déclarait qu’il existait des preuves suffisantes pour ouvrir une enquête sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre présumés commis au Nigeria. Il estimait notamment que les membres de Boko Haram et d’autres membres de groupes islamistes jugés étaient des « auteurs de bas niveau » et que les autorités ne faisaient pas preuve d’un « engagement suffisant pour enquêter et poursuivre » les crimes présumés commis par leurs propres forces. Toutefois, il vient d’annoncer la signature d’un protocole d’accord avec le Nigeria, qui confie à l’Etat le soin de mener ses propres enquêtes. Le Procureur adjoint de la CPI assure que cet accord « prévoit une planification conjointe des actions, des examens périodiques et des visites de suivi. (…) L’objectif ultime est la responsabilisation. (…) Si le protocole contribue à la mise en place des procédures nationales crédibles, il sert alors l’objectif du système du Statut de Rome. Dans le cas contraire, le Bureau se réserve le droit de réévaluer sa position ». Mais, selon Valérie Gabard, co-directrice de l’ONG UpRights, cette décision est contraire au Statut de Rome dont l’article 15 impose d’ouvrir une enquête si les éléments sont suffisants pour le faire. Par ailleurs, le Procureur adjoint a assuré à Justice Info que la décision de ne pas poursuivre les enquêtes n’était pas motivée par des considérations financières. En revanche, d’après Chuka Arinze-Onyia, qui a travaillé comme avocat pénaliste au Nigeria, « si la CPI ouvrait une enquête, je soupçonne que le Nigeria se retirerait du Statut de Rome. Et si le Nigeria venait à menacer de se retirer, cela pourrait avoir des répercussions sur la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, la décision de ne pas ouvrir d’enquête pourrait, en fait, être stratégique ».

(https://www.justiceinfo.net/fr/159548-pourquoi-la-cpi-enterre-le-dossier-du-nigeria.html)

 

22 mai 2026. Libye. Affaire El Hishri. Khaled Mohamed Ali El Hishri, également connu sous le nom d’Al-Buti, arrêté en Allemagne en juillet 2025 et transféré à La Haye en décembre de la même année, a comparu entre le 19 et le 21 mai 2026 devant la Cour pénale internationale (CPI) pour une audience de confirmation des charges. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité – notamment des actes de torture, des violences sexuelles, de l’esclavage, des persécutions et des meurtres – présumés commis en Libye entre mai 2014 et juin 2020. Il est soupçonné d’avoir été un haut responsable de la Force spéciale de dissuasion, ou « Rada », une milice qui s’est imposée comme force d’opposition à l’ancien dirigeant, Mouammar Kadhafi. Elle aurait mené « des attaques généralisées et systématiques dirigées contre la population civile » et aurait « violemment arrêté, détenu et systématiquement maltraité au moins 5 140 personnes », y compris des enfants et des non-Libyens – notamment des migrants d’Afrique subsaharienne –, dans la prison de Mitiga, à l’est de Tripoli. Dans ce cadre, El Hishri aurait participé à l’emprisonnement extrajudiciaire de milliers de civils et aurait personnellement torturé, réduit en esclavage, agressé sexuellement et assassiné au moins 159 détenus. Il aurait ordonné aux gardiens de faire de même et aurait eu le pouvoir de défier les ordres du procureur général libyen. Le Bureau du Procureur de la CPI a qualifié ces crimes de « délibérés, généralisés et systématiques ». D’après ce dernier, « certaines cellules étaient tellement surpeuplées que les détenus devaient dormir à tour de rôle à même le sol », tandis que « d’autres étaient isolés dans des cellules si petites qu’ils pouvaient à peine bouger, ce qui entraînait une atrophie musculaire ». La nourriture et l’eau étaient rares, et les mauvaises conditions sanitaires ont permis la propagation de maladies telles que la tuberculose et le VIH. Le Bureau du Procureur affirme que l’accusé s’en est servi comme d’une arme, « en plaçant les détenus qu’il voulait punir dans des cellules où ils risquaient d’être infectés ». L’avocat de la défense a rejeté la qualification de crimes de guerre au motif que les crimes commis n’ont pas de « lien suffisant » avec le conflit armé, et celle de crimes contre l’humanité au motif que « la population civile n’a jamais été une cible directe de la Rada », ajoutant : « Tout ce qu’ils ont fait, ce sont des opérations de maintien de l’ordre qui étaient légitimes et menées sous la supervision du procureur général et du ministère de la Justice ». Il affirme également que l’accord acceptant la compétence de la CPI, signé en 2025 par le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, est « nul », la loi libyenne ne conférant pas à ce dernier le droit de signer des accords. La situation en Libye avait été renvoyée à la Cour par le Conseil de sécurité de l’ONU en février 2011, suite aux attaques contre des civils perpétrées par le dirigeant de l’époque, Mouammar Kadhafi. Quatorze mandats d’arrêt ont depuis été émis, y compris contre Mouammar Kadhafi, décédé en octobre 2011 ; huit suspects sont toujours en fuite.

(https://www.justiceinfo.net/fr/159601-el-hishri-un-accuse-symbole-devant-la-cpi.html)

 

25 mai 2026. Hongrie. Maintien comme Etat partie à la CPI. La Présidence de l’Assemblée des Etats parties à la Cour pénale internationale a salué ce jour l’annonce du gouvernement hongrois affirmant que la Hongrie met fin au processus de retrait du Statut de Rome.

(https://www.icc-cpi.int/fr/news/la-presidence-de-lassemblee-des-etats-parties-se-felicite-de-la-decision-de-la-hongrie-de)

 

26 mai 2026. Ukraine. Confiscation de biens civils par la Russie. Depuis son invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie a progressivement mis en place, dans les zones de cet Etat qu’elle occupe, une procédure administrative – formalisée par la loi fédérale n° 518-FЗ, signée le 15 décembre 2025 par Vladimir Poutine – permettant de désigner des biens civils privés comme étant « sans propriétaire » et ainsi de transférer leur propriété à la municipalité. Une fois que les autorités identifient un bien immobilier comme présentant des « signes d’absence de propriétaire », parmi lesquels figure leur absence de réenregistrement conformément à la législation russe, elles affichent un avis à l’entrée du bien ou sur le site web de l’administration locale. Dès lors, le propriétaire dispose de 30 jours pour se présenter devant les autorités russes afin de confirmer sa propriété. Or, l’accès à ces sites web peut être impossible depuis le territoire contrôlé par l’Ukraine en raison des restrictions internet imposées par les autorités ukrainiennes. De plus, bien que la loi ne l’impose pas, en pratique, les Ukrainiens sont contraints de détenir la citoyenneté russe pour confirmer leur propriété ou contester les saisies. De même, seule la présence d’un représentant légal titulaire d’un passeport russe et agissant sur la base d’une procuration délivrée par un individu également titulaire d’un passeport russe est autorisée. En outre, les Ukrainiens qui souhaitent entrer dans les territoires occupés doivent transiter par la Russie, où ils sont soumis à des contrôles intrusifs par les gardes-frontières du Service fédéral de sécurité ; selon l’organisation de la société civile ukrainienne East SOS, seule une personne sur quatre soumise à ces contrôles est autorisée à poursuivre son voyage. Alors que la loi fixait à janvier 2028 la date limite pour ces réenregistrements, les autorités ont, à la fin de l’année 2025, avancé cette échéance au mois de juillet 2026, affirmant que les résidents avaient déjà eu « largement le temps » de réenregistrer leurs biens immobiliers. Par ailleurs, les autorités d’occupation russes ont encouragé l’installation de citoyens russes à Marioupol par le biais de campagnes médiatiques et de prêts immobiliers à faible taux d’intérêt. A l’instar de l’annexion des régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia, ces mesures sont illégales au regard du droit international. En effet, ce dernier interdit à la Russie, en tant que puissance occupante, de confisquer ou de s’approprier des biens privés dans les territoires occupés, ainsi que d’y transférer sa propre population civile – de tels transferts constituant un crime de guerre –, sauf si cela est strictement nécessaire pour des raisons militaires.

(https://www.hrw.org/fr/news/2026/05/26/ukraine-la-russie-saisit-illegalement-des-biens-dans-les-zones-occupees)

 

26 mai 2026. Iran. Retour limité d’internet. Les autorités iraniennes ont amorcé ce jour un retour partiel d’internet pour leurs citoyens, tout en les avertissant que toute collaboration avec des médias étrangers fera l’objet d’accusations d’espionnage. Il en était déjà de même de la détention de paraboles Starlink, interdites dans le pays. Après une première coupure d’internet à compter du 8 janvier 2026 en raison des manifestations qui traversaient le pays, une nouvelle coupure avait été imposée le 28 février en raison de la guerre avec les Etats-Unis et Israël, alors que la première faisait tout juste l’objet d’un assouplissement partiel. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 8 avril, certaines catégories professionnelles – enseignants, avocats, médecins, entrepreneurs – ont pu demander un accès partiel à internet, soumis à l’approbation préalable des services de renseignement. D’après l’entreprise Kentik, spécialisée dans l’analyse du trafic internet mondial, le trafic internet en Iran représente environ 40 % du volume enregistré avant les manifestations de janvier.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/29/en-iran-le-retour-progressif-et-limite-d-internet_6694675_3210.html)

 

27 mai 2026. Espagne. Arrestation de membres d’un réseau de trafic de migrants. La police nationale espagnole, soutenue par Europol et les autorités serbes, a démantelé ce jour un réseau criminel transnational impliqué dans le trafic de migrants cubains vers l’Espagne à travers la région des Balkans occidentaux. Huit personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles deux dirigeants présumés du réseau. Ce dernier a profité du régime d’exemption de visa en vigueur jusqu’en avril 2023 entre Cuba et la Serbie : les ressortissants cubains se sont rendus par avion de La Havane à Belgrade, transitant généralement par Francfort. Ils ont ensuite été transportés par voie terrestre jusqu’en Espagne, traversant, entre autres, la Macédoine du Nord et la Grèce. Les enquêteurs ont relié ce réseau à près de 30 opérations de trafic de migrants menées depuis 2021. Par ailleurs, en 2023, une enquête d’Europol avait conduit à l’arrestation de 62 membres d’un réseau utilisant la même route et le même mode opératoire.

(https://www.europol.europa.eu/media-press/newsroom/news/8-arrested-in-hit-against-criminal-network-smuggling-cuban-nationals-spain)

 

27 mai 2026. Etats-Unis. Expulsion de milliers de Cubains vers le Mexique. Entre le 20 janvier 2025 et le 9 mars 2026, Human Rights Watch a constaté que les Etats-Unis ont expulsé plus de 18 000 ressortissants de pays tiers, dont près de 13 000 ont été envoyés au Mexique en vertu d’un accord entre les deux Etats, dont le contenu exact n’a pas été rendu public. Parmi ces individus figuraient 4 353 Cubains, dont de nombreuses personnes âgées souffrant de graves problèmes de santé qui vivaient aux Etats-Unis depuis des années. Ils les ont en outre expulsés sans papiers, sans argent et sans effets personnels. Le gouvernement mexicain ne leur offrant aucun moyen d’obtenir un statut juridique durable en dehors du système d’asile, beaucoup se sont retrouvés dans une situation incertaine, sans logement ni soin médical, et vulnérables face aux organisations criminelles. La procédure d’asile est elle aussi rendue complexe par les difficultés de gestion interne de l’Agence mexicaine d’aide aux réfugiés. Aucune des personnes interrogées par Human Rights Watch n’a eu la possibilité de contester son expulsion vers le Mexique, ce qui constitue une violation de leurs droits à une procédure régulière en vertu des droits national et international. En effet, la loi sur l’immigration et la nationalité (Immigration and Nationality Act) garantit à chaque personne une possibilité réelle de contester son pays de renvoi.

(https://www.hrw.org/fr/news/2026/05/27/etats-unis-expulsion-de-milliers-de-cubains-vers-le-mexique)

 

27 mai 2026. Liban. Adhésion à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel. Le 1er mai 2026, le Liban a adhéré à la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction de 1997, dite Convention d’Ottawa. Cette dernière entrera en vigueur pour le Liban le 1er novembre 2026 ; il est le 162ème Etat à y adhérer. En 2025, l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne en avaient annoncé leur retrait ; l’Ukraine avait amorcé une telle procédure. Au Liban, malgré le déminage en cours, au moins 15,79 kilomètres carrés de terres étaient toujours contaminés par des mines terrestres à la fin de l’année 2024, et 4,67 kilomètres carrés supplémentaires étaient contaminés par des armes à sous-munitions. En 2023, la Force intérimaire des Nations unies au Liban a estimé que cette contamination touchait au moins 200 000 personnes dans le pays. Entre 2015 et 2024, les mines ou les restes explosifs de guerre y ont tué au moins 167 personnes.

(https://www.hrw.org/fr/news/2026/05/27/le-liban-adhere-a-la-convention-sur-linterdiction-des-mines-antipersonnel)

 

28 mai 2026. France. L’ONU dénonce la surpopulation carcérale. A l’issue de sa première visite en France, du 17 au 23 mai 2026, le Sous-Comité des Nations unies pour la prévention de la torture a exhorté le gouvernement à prendre d’urgence des mesures structurelles pour remédier à la grave surpopulation carcérale. Il a estimé que, « dans certains des établissements visités [au nombre de 18], les conditions observées peuvent constituer un traitement inhumain ou dégradant au regard du droit international ». Il a en revanche salué « le travail du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en tant que mécanisme national de prévention ». Afin de concrétiser ce travail, le Sous-Comité a toutefois recommandé la mise en place « sans délai » d’un « mécanisme officiel de suivi des recommandations du CGLPL » et de veiller à ce qu’elles soient effectivement mises en œuvre. Il enverra prochainement à l’Etat un rapport confidentiel complet contenant ses observations et recommandations, et encourage sa publication afin de faciliter la mise en œuvre de ces dernières.

(https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2026/05/france-prison-overcrowding-may-amount-inhuman-or-degrading-treatment-un)

 

28 mai 2026. Israël. Annonce d’une nouvelle avancée militaire dans la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré ce jour à la télévision israélienne avoir donné l’ordre à l’armée de ne pas respecter le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre 2025, et de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, affirmant en contrôler jusqu’à présent 60 %. La première phase du cessez-le-feu avait permis la libération des derniers otages enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l’armée israélienne de la bande de Gaza, est bloquée depuis des semaines. Plus de deux millions de Palestiniens de Gaza résident désormais dans la zone sous le contrôle du Hamas, où la situation humanitaire est « catastrophique » d’après de nombreuses ONG et organes de l’ONU.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/28/gaza-benyamin-netanyahou-dit-avoir-donne-l-ordre-a-l-armee-israelienne-de-prendre-70-de-l-enclave-palestinienne_6694495_3210.html)

 

28 mai 2026. Israël et Russie. Inscription sur la liste de l’ONU sur les violences sexuelles dans les conflits. Dans son rapport annuel de 2025, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait mis en garde Israël et la Russie contre leur possible inscription sur la liste des parties suspectées ou responsables de violences sexuelles en temps de guerre, sur laquelle figure déjà le Hamas. Cette liste, publiée chaque année par l’ONU, répertorie des dizaines de groupes étatiques et non étatiques soupçonnés « de manière crédible » de s’être livrés « de façon systématique » à des violences sexuelles. Notant que « les incidents et caractéristiques de violences sexuelles ont continué à être enregistrés par les Nations unies » dans le contexte de la guerre en Ukraine et dans les territoires palestiniens occupés, et que les inspecteurs de l’ONU se voient toujours opposer « un refus d’accès » par les autorités des deux pays, le dernier rapport du Secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits – qui n’a pas encore été rendu public mais a été présenté aux Etats concernés – inscrit les armées israélienne et russe sur cette liste. En réaction, Israël a annoncé ce jour la suspension de ses relations avec António Guterres et donc le « gel » de ses relations avec le Bureau du Secrétaire général jusqu’à la fin de son mandat, le 31 décembre 2026.

(https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/28/liste-noire-sur-les-violences-sexuelles-israel-suspend-ses-relations-avec-le-secretaire-general-de-l-onu_6694518_3210.html)

 

29 mai 2026. Liban. Israël franchit le fleuve Litani. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé ce jour que les forces israéliennes avaient traversé le fleuve Litani, dans le sud du Liban, à 30 km de la frontière avec Israël. Malgré le cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Liban depuis le 17 avril 2026, les combats se sont intensifiés ces derniers jours. Le 27 mai, Israël a appelé les Libanais à évacuer au nord du fleuve Zahrani, dont l’embouchure se situe à environ 23 km au nord de celle du fleuve Litani. Par ailleurs, d’autres frappes continuent de toucher des villes plus au nord. Au moins 3 355 personnes ont été tuées, et 10 095 blessées, depuis le 2 mars 2026 au Liban, d’après le ministère libanais de la Santé. D’après l’UNICEF, 11 enfants ont été blessés ou tués par Israël chaque jour de la semaine écoulée.

(https://www.lemonde.fr/international/video/2026/05/29/benyamin-netanyahou-annonce-en-images-que-l-armee-israelienne-a-franchi-le-fleuve-litani_6694810_3210.html)

 

29 mai 2026. Espagne. Arrestation de membres d’un réseau de trafic de migrants. Soutenues par Europol, les autorités espagnoles ont mené une opération qui a conduit à l’arrestation de neuf personnes et au démantèlement d’un réseau de trafic de migrants, qui opérait dans la province d’Almería, en Espagne, et permettait l’arrivée de migrants en provenance d’Algérie vers la France et d’autres pays européens.

(https://www.europol.europa.eu/media-press/newsroom/news/operation-against-criminal-network-smuggling-migrants-between-algeria-and-spain-nine-arrests)

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