Santé

Vous trouverez ici la vidéo de la soirée ainsi que les réponses et bibliographies associées à la deuxième session de questions du second semestre 2022


Micro-trottoir

Soirée


Vous pouvez retrouver ces vidéos en versions sous-titrées via les liens suivants : – Vidéo micro trottoir avec sous titres – Vidéo soirée avec sous titres


Réponses des experts


Maladies et causes


Pourquoi ce développement des épizooties et des pandémies ?

On parle de pandémie pour une maladie infectieuse qui se répand à travers le monde. C’est différent d’une épidémie, qui est généralement contenue au sein d’une région ou d’un pays.

 

Le développement du commerce mondial et les déplacements de personnes favorisent les pandémies. Plus il y a d‘échanges, plus le risque de survenance d’une pandémie augmente.

Une épizootie est une épidémie qui frappe une ou plusieurs espèces animales/ Si elle concerne aussi les humains, on parlera de zoonose, ce que cible sans doute cette question.

 

Les virus , les bactéries sont partout, certains dangereux pour les humains, d’autres inoffensifs. Prenons le cas des virus. Chez les animaux, certains sont des réservoirs de virus,  c’est à dire qu’un virus donné peut se développer dans leur organisme mais sans forcément donner de conséquence. D’autres animaux sont simplement des vecteurs, c’est à dire qu’ils collectent le virus au contact des réservoirs dans un environnement donné et ils les diffusent ailleurs.

Le développement de notre système immunitaire s’est effectué durant des millénaires. Il résulte d’un équilibre entre les agents pathogènes présents dans notre environnement, et auxquels nous sommes en contact, et notre corps.

L’envahissement des espaces naturels par les humains, la déforestation et le changement climatique vont modifier les équilibres des écosystèmes naturels, entraîner les relations entre prédateurs et proies, le déplacement des espèces qui vont parfois se rapprocher des humains pour trouver de la nourriture comme la souris à pattes blanches aux Etats Unis. Tous ces changements vont faire que nous serons au contact de virus que notre organisme ne sait pas combattre. D’où un risque accru d’épidémie, d’autant plus fort que la densité de population humaine est importante.

 

Tout cela est maintenant bien documenté, le nombre de zoonose a fortement augmenté depuis une cinquantaine d’années et, si nous continuons  à transformer les espaces naturels, les forêts, les zones humides, nous verrons le nombre de zoonoses encore augmenter, les échanges internationaux les transformerons en pandémies.

Quelques exemples :

1- l’épidémie du virus du Nipah qui provoque une maladie respiratoire. La déforestation en  Malaisie a poussé  une chauve-souris frugivore à chercher sa nourriture plus près des humains, et donc de leurs élevages de porcs. Les déjections des chauves-souris ont infecté  les porcs qui ont transmis le virus à des fermiers, des employés des abattoirs. Il a fallu abattre des millions de porcs.

2- Aux Etats Unis, la perte de grands prédateurs, comme le loup, a entraîné une augmentation de la population de certaines espèces de cervidés, comme le chevreuil. Or, de nombreux cervidés sont de très bons « hôtes » de la bactérie responsable de la maladie de Lyme tout en servant de repas aux tiques vectrices de la même bactérie. Sans régulation par les prédateurs, les hôtes intermédiaires se multiplient et les tiques avec, augmentant le risque pour les humains.

Publications de  Jean François Guegan, Serge Morand ou  Eric Leroy

Rapport  de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies octobre 2020

Michel Galliot

Michel Galliot est ingénieur de l’Ecole Nationale de la Météorologie

II a dirigé le centre météorologique de Limoges pendant 10 ans

Il a été chef de la mission scientifique française à Dumont d’Urville en Antarctique pour l’année 2000

Il a travaillé à l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) où il a coordonné le premier plan national d’adaptation au changement climatique

Michel Galliot est président de Limousin nature environnement, la fédération des associations de défense de l’environnement

On parle de plus en plus de One Health, qu’est-ce que cela définie exactement ?

La santé

La santé peut être défini (OMS) comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (1). Elle est la préoccupation majeure de l’humanité et reste majoritairement analysée sous le prisme des maladies touchant l’homme. Cependant le développement des connaissances en matière de maladies infectieuses, donc provoquées par la transmission d’un agent pathogène tels que les bactéries, virus, parasites, prions, champignons, a démontré la nécessité d’avoir une vision plus large de la dissémination de ces agents pathogènes. En effet, au moins 60% des maladies humaines infectieuses ont une origine animale.

Les épidémies et les pandémies (covid 19, Zika, Ebola, grippe aviaire, Sida), devenues récurrentes (au cours des 4 dernières décennies, on a constaté une pandémie émergente chaque année ) ont accrus la nécessité d’avoir une approche plus large qu’uniquement la vision des conséquences sur l’homme (la femme) si l’on voulait comprendre et circonscrire la propagation des maladies à la source, constatant que les interventions humaines, notamment sur l’environnement (déforestation, pollution), étaient suspectées de favoriser le passage à l’Homme d’agent infectieux animaux (4).

 

Une seule santé

Depuis une 20aine d’année, il est admis que la prise en compte de la santé des animaux sauvages constitue un pilier fondamental pour la surveillance, la prévention et le contrôle sanitaire international en santé humaine. Bien plus il est recommandé pour comprendre et prévenir le développement des maladies infectieuses émergentes et ré-émergentes, le développement d’approches proactives et intégratrices, en prenant mieux en compte toutes les interconnexions complexes qui existent entre les espèces dans les écosystèmes (2). L’association tripartite (OMS, OIE (santé animale) et FAO (Agriculture et alimentation) associées à l’UNICEF, à la banque Mondiale ont encouragé une approche globale, intégrative associant la santé humaine, animale et l’environnement pour inciter à prendre en considération tous les facteurs d’émergence des maladies (3). En 2009, le terme « One World, One Health » sera proposé.

 

Objectifs

Vision intégrative, le concept One health associe étroitement santé humaine, animale (dont la faune sauvage) et environnementale (y compris l’alimentation). Les objectifs sont (4) :

– Une vigilance à l’égard de maladies infectieuses émergentes (épidemio-surveillance)

– La lutte contre la résistance aux antiinfectieux.

– La reconnaissance des perturbations qui surviennent dans notre environnement et qui sont de nature à favoriser l’émergence de nouvelles maladies, infectieuses ou non, ou l’aggravation d’affections existantes

 

Applications

La pandémie liée au SarsCOV2 a fait prendre conscience de l’intérêt de passer à une approche univoque de la santé à une approche One-health même si le concept One Health va bien au-delà de la prévention des crises sanitaires et est étroitement lié à une vision holistique de la santé et aux liens entre santé, qualité de l’environnement (eau, air…), climat, alimentation et agriculture et biodiversité (1). Le conseil scientifique créé lors de cette crise a souligné la nécessité de cette approche visant notamment à la surveillance des émergences au niveau international, à la promotion de recherche transdisciplinaire et à une formation repensée.

L’approche sur la prévention de l’antibiorésistance portées en France par la feuille de route interministérielle publiée en novembre 2016 est construite selon l’approche One-health intégrant la surveillance en santé humaine, animale et en environnement sur la consommation d’antibiotiques (santé humaine et environnementale), sur la surveillance de eaux de surface, des eaux souterraines et des sols et sur l’apparition de résistance aux antimicrobiens dans ses trois secteurs (5).

 

Limites

La vision intégrative se heurte à de multiples difficultés, techniques, financières et humaines, l’approche One-health servant souvent de parapluie à des recherches trop souvent anthropocentrées.

Cependant des réseaux intersectoriels sont en développement en France (Amr-Env réseau Promise) et en Europe (JamraiII).

D’autres approches, également intégratives, sont développés (Planetary health, Ecohealth, Ecosystem health) avec des méthodologies plus ou moins avancées mais toutes considérant que le maintien de la qualité de l’environnement est un facteur majeur pour répondre aux enjeux sanitaires futurs.

1. Delfraissy et al. « One health » – Une seule sante sante humaine, animale, environnement : les leçons de la crise. Contribution du Conseil Scientifique COVID 19 2022

2. Morand et al. De One Health à Ecohealth, cartographie du chantier inachevé de l’intégration des santés humaine, animal et environnementale, Science Po, 2020

3. One Health, Anses, www.anses.fr 2022

4. Parodi A.L. Le concept « One Health », une seule santé : réalité et perspectives Bull Acad Natl Med 205 (2021) 659—661

5. SPF, Prévention de la résistance aux antibiotiques : une démarche “une seule santé” Novembre 2022

Christophe Dagot

Professeur à l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges en Génie de l’Eau & Environnement de l’Université de Limoges

Chargé de mission DD&RS

Chercheur dans l’UMR Inserm 1092 sur la contribution de l’environnement à la dissémination des bactéries résistantes aux antibiotiques

Pourquoi les rivières sont importantes pour la santé ?

L’eau est un élément essentiel à notre vie, et environ 71% de la surface de la Terre en est recouverte. Alors comment expliquer qu’on se sente mieux près d’un cours d’eau que dans une forêt ou dans un parc ? Si se trouver à proximité d’un ruisseau, d’un lac ou d’une étendue d’eau est si agréable, cela pourrait être lié au fait que les rivières contiennent non seulement des plans d’eau (c’est-à-dire des espaces bleus qui ont des effets salutogènes importants) mais sont presque toujours associés à une abondance d’arbres et de plantes (c’est-à-dire des espaces verts), ce qui conduit probablement à une agrégation des avantages associés aux espaces verts et bleus ». Un autre facteur d’explication pourrait être le fait que les canaux et rivières « abritent toute une série d’animaux sauvages, notamment des poissons, des canards, des hérons et d’autres espèces aquatiques ». Plusieurs études ont démontré un lien positif entre la rencontre avec la faune et le bien-être mental qui rend propices à la détente et au bien-être mental. En fait, nous sommes plus susceptibles de décrire l’environnement à proximité d’une rivière comme étant beau, historique, paisible et inspirant, et en revanche, moins susceptibles de se référer à des termes négatifs tels que laid, peu inspirant, sale et ennuyeux. Ça a une expérience positive pour les sentiments de sécurité et d’inclusion sociale par rapport à tous les autres types d’environnements (tels que l’intérieur, ou l’extérieur dans un environnement urbain, ou près d’espaces verts). De plus, une grande quantité d’espaces bleus dans une zone géographique est significativement associées à des niveaux d’activité physique plus élevés. Finalement, il semblerait que cela stimule la production des hormones anti-dépression (sérotonine, tryptamine et mélatonine) réduisant le stress. Cependant, et bien que cette prose soit jolie, on sait peu de choses sur les mécanismes et les voies qui relient les espaces bleus et la santé. Mais cela procure des bienfaits psychologiques qui durent pendant au moins de 24 heures donc autant ne pas s’en priver !!!!

Bergou N, Hammoud R, Smythe M, Gibbons J, Davidson N, Tognin S, et al. (2022) The mental health benefits of visiting canals and rivers: An ecological momentary assessment study. PLoS ONE 17(8): e0271306. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0271306 Ryan Jewell. Going with the flow: study shows canals help boost your mood. KING’S COLLEGE LONDON. 10.1371/journal.pone.0271306 Michail Georgiou, Gordon Morison, Niamh Smith, Zoë Tieges, Sebastien Chastin.  Mechanisms of Impact of Blue Spaces on Human Health: A Systematic Literature Review and Meta-Analysis. Int. J. Environ. Res. Public Health 2021, 18(5), 2486; https://doi.org/10.3390/ijerph18052486

Emmanuel Joussein

Laboratoire E2LIM

Qu’est-ce que le microbiote ?

Le microbiote représente l’ensemble des microorganismes (bactéries, parasites, virus et champignons microscopiques) qui vivent dans un écosystème donné c’est-à-dire qui colonisent une surface définie ou un espace anatomique. On distingue par exemple, le microbiote du sol, le microbiote des plantes ou le microbiote humain.

Lorsqu’il se réfère à un espace anatomique, le microbiote désigne l’ensemble des

microorganismes non pathogènes encore dits « commensaux » hébergés par l’hôte. Ces microorganismes forment une niche physiologique dynamique qui participe à l’équilibre de l’hôte et qui change dans l’espace et dans le temps, en réponse à de nombreux facteurs environnementaux.

La recherche biomédicale cherche ainsi à décrire cet équilibre dynamique en reliant les événements du microbiote à la biologie de l’hôte.

 

Le microbiote humain…

Le microbiote humain correspond aux microorganismes qui nichent dans ou sur les parties du corps en contact avec l’environnement, comme la peau, la cavité buccale, le tube digestif ou les voies uro-génitales.

Chez l’homme, le microbiote intestinal représente la plus importante communauté bactérienne du corps (environ 10.000 milliards de bactéries). Sa composition est modulée par le régime alimentaire, l’exercice physique, ou la prise de certains médicaments.

Le microbiote intestinal joue un rôle fondamental dans la digestion en participant au métabolisme des fibres végétales complexes contenues dans les fruits, les légumes et les céréales. Il assure également une protection contre les agents pathogènes en jouant un rôle de barrière. Il participe également à la maturation du système immunitaire. De nombreuses substances produites par le microbiote agissent localement ou à distance pour réguler le fonctionnement de différents organes (coeur, pancréas, système nerveux central). A l’heure actuelle, il a été établi un lien entre des altérations du microbiote intestinal et la survenue de certaines pathologies comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les maladies métaboliques (diabète de type 2), cardiovasculaires (hypertension artérielle) et auto-immunes.

Microbiome. Genome.gov. https://www.genome.gov/genetics-glossary/Microbiome. Accessed 21 Nov 2022.

Cresci GA, Bawden E. The Gut Microbiome: What we do and don’t know. Nutr Clin Pract. 2015;30:734–46.

Martin F-PJ, Dumas M-E, Wang Y, Legido-Quigley C, Yap IKS, Tang H, et al. A top-down systems biology view of microbiome-mammalian metabolic interactions in a mouse model. Mol Syst Biol. 2007;3:112.

Hooper LV, Littman DR, Macpherson AJ. Interactions between the microbiota and the immune system. Science. 2012;336:1268–73.

Dietert RR, Silbergeld EK. Biomarkers for the 21st century: listening to the microbiome. Toxicol Sci. 2015;144:208–16.

Le microbiote. https://www.leem.org/le-microbiote. Accessed 21 Nov 2022.

Roland Lawson

Laboratoire IPPRITT

Qu’est ce qui entraine la formation des boutons d’acné lors de l’adolescence ?

Qu’est-ce que l’acné ?

C’est une maladie inflammatoire chronique du follicule pilo-sébacé. Elle concerne 80 % des adolescents. Dans 15-20 % des cas, l’acné est dite sévère avec un risque important de lésions cicatricielles. Elle dure en moyenne 3 à 4 ans, puis le plus souvent disparait spontanément. On retrouve ces lésions principalement sur le visage, le dos, les épaules et le thorax.

L’hyperseborrhee ou peau grasse est la première manifestation associée a des pores dilates qui précèdent la survenue des boutons d’acné. La peau est alors brillante et grasse sur le front, la pointe du nez, les joues et le menton. Puis, les comédons apparaissent. Le comédon ouvert appelé communément ≪ point noir ≫ correspond à un bouchon. Le comédon ferme ou ≪ point blanc ≫ correspond à une accumulation de sébum et de kératine dans le follicule pilosébacé ferme. Ces comédons peuvent s’enflammer et devenir des lésions inflammatoires. Il existe deux types de lésions inflammatoires : les boutons rouges inflammatoires sans pus, qui sont parfois douloureux appelés papules et les boutons rouges inflammatoires à tête blanche avec pus appelés pustules. Il peut se développer également des lésions inflammatoires profondes, appelées nodules ou kystes qui peuvent être à l’origine de cicatrices temporaires (rouges ou pigmentées) ou définitives dues à une inflammation trop importante, persistante ou à des lésions manipulées.

 

Comment se forment les boutons d’acné ?

Le follicule pileux est composé d’une glande sébacée et d’un poil situe à sa base. La glande sébacée secrète du sébum qui s’écoule par les pores de la peau pour la protéger. Secrète en excès au cours de l’adolescence, le sébum devient épais, s’écoule moins bien et des cellules mortes (kératinocytes) obstruent les pores. Une inflammation se crée et déséquilibre la flore cutanée avec une multiplication anormale d’une bactérie, appelée le Propionibacterium acnés.

Ceci entraine l’apparition de lésions d’acné plus ou moins sévères.

Les causes de la formation de l’acné au cours de l’adolescence ?

Les hormones sexuelles et de croissance (Ju Q et al, 2017) : L’hypersécrétion de sébum est corrélée avec le pic hormonal habituellement observe à l’adolescence. La sécrétion des hormones de croissance et androgènes (hormones sexuelles) vont être impliquées dans l’augmentation de la synthèse du sébum. Les personnes qui développent de l’acné auraient une hypersensibilité de leur peau aux hormones masculines circulantes, c’est-à-dire que la réponse de la peau aux hormones serait exagérée. Il a été démontré qu’en période prémenstruelle, la sévérité de l’acné était plus importante.

Prolifération des kératinocytes et flore bactérienne (Dréno B, 2017) : Il existerait également un dysfonctionnement du processus de prolifération des kératinocytes folliculaires qui va être à l’origine de la formation des comédons. L’accumulation de sébum au niveau du canal excréteur de la glande sébacée ainsi que l’absence d’oxygène causée par l’obstruction des pores favorisent la prolifération des bactéries présentent naturellement et qui sont normalement libérées lors de l’excrétion du sébum. On observe ainsi une accumulation anormale de bactéries avec le développement de Propionibacterium acnés au niveau du follicule pilo-sébacé activant l’inflammation responsable de l’acné.

Composition du sébum et UV (Okoro OE et al. 2021) : Par ailleurs, des études comparatives entre le sébum d’individus sains et celui d’individus présentant de l’acné, ont mis en évidence une différence qualitative et quantitative au niveau de sa composition. Le squalène, compose lipidique du sébum, va s’accumuler dans le sébum et favoriser les réactions d’oxydation amplifiées par les rayonnements UV. L’augmentation des espèces réactives de l’oxygène due aux réactions d’oxydation amplifiées est responsable en partie de la réaction inflammatoire. La pollution extérieure (Dréno B et al, 2018) : Elle agresse la peau et favorise la production de sébum, participant ainsi à l’aggravation de l’acné.

La génétique (Szabó K et al, 2017) : Il existe des formes familiales. L’adolescent a plus de risque de développer si un ou deux de ses parents sont atteints. Certaines populations près du cercle polaire ou isolées sur des iles d’Amérique du Sud ne sont pas touchées par l’acné. On ne sait pas si c’est une protection due à l’hérédité ou due à leur environnement.

Le stress (Jović A et al, 2017) : Le stress augmenterait la sévérité de l’acné et pourrait favoriser le déclenchement de la formation de l’acné par des mécanismes impliquants des neuropeptides du stress. Par exemple, la substance P, neuropeptide libère sous l’effet du stress par les nombreuses cellules nerveuses qui entourent le follicule, peut stimuler la production du sébum.

Le tabac (Dréno B et al, 2018) : Il favoriserait l’acné.

L’alimentation (Di landra A 2016, Claudel JP 2018) : Une alimentation pauvre en fruit, légumes et poisson favoriserait l’acné selon Di Landra A et al 2016, mais des études seraient nécessaires pour mieux connaitre la réelle implication de l’alimentation dans l’acné.

Site internet

– Définition, symptômes et évolution de l’acné ; Site internet : ameli.fr, 2 Décembre 2021 [consulte le 12 Novembre 2022]

– Haute Autorité de la sante. Acné : quand et comment la traiter ? Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2015 [consulte le 12 Novembre 2022]

– Société française de dermatologie. L’acné. Site internet : Dermo-info. Paris ; 2019 [consulte le 12 Novembre 2022]

 

Publications scientifiques par ordre alphabétique

– Di landra A et al. Adult female acne and associated risk factors: Results of multicenter case-control study in Italy. J Am Acad. Dermatol, 2016, 75:1134-1141

– Dreno B. What is new in the pathophysiology of acne, an overview. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017 Sep;31 Suppl 5:8-12.

– Dreno B, Bettoli V, Araviiskaia E, Sanchez Viera M, Bouloc A. The influence of exposome on acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018 May;32(5):812-819.

– Claudel JP, Auffret N, Leccia MT, Poli F, Dreno B. Acne and nutrition: hypotheses, myths and facts. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018 Oct;32(10):1631-1637

– Jović A, Marinović B, Kostović K, Čeović R, Basta-Juzbašić A, Bukvić Mokos Z. The Impact of Pyschological Stress on Acne. Acta Dermatovenerol Croat. 2017 Jul;25(2):1133-141.

– Ju Q, Tao T, Hu T, Karadağ AS, Al-Khuzaei S, Chen W. Sex hormones and acne. Clin  Dermatol. 2017 Mar-Apr;35(2):130-137.

– Okoro OE, Adenle A, Ludovici M, Truglio M, Marini F, Camera E. Lipidomics of facial sebum in the comparison between acne and non-acne adolescents with dark skin. Sci Rep. 2021 Aug 16;11(1):16591.

– Szabo K, Kemeny L. Studying the genetic predisposing factors in the pathogenesis of acne vulgaris. Hum Immunol. 2011 Sep;72(9):766-73.

Claire Demiot

Maitre de Conférence en Pharmacologie à l’UFR de Pharmacie de Limoges

Vice-présidente du CPP SOOM IV (Comité de protection des personnes qui rentrent dans des essais cliniques)

Étude de l’effet de modulateurs du système rénine angiotensine dans la prévention des neuropathies périphériques toxiques (douloureuses) en préclinique et en clinique
Mise en évidence de nouvelles voies pharmacologiques neuroprotectrices : de l’expression des gènes aux études précliniques
Étude de l’effet neuroprotecteur de nouvelles thérapeutiques innovantes dans les neuropathies périphériques douloureuses en partenariat avec l’industrie
Étude de l’interaction bénéfique entre les petites fibres nerveuses et la peau au cours de situation de stress cutané (Pression induisant une Ischémie/reperfusion [escarre], incision)

Rôle des guerres et des destructions des infrastructures dans le développement des épidémies ?

Question complexe selon qu’on la considère d’un point de vue du droit, de l’historique, de la philosophie, de la politique ou de la technologique. N’étant pas spécialiste de tous ces domaines, mes réponses ne seront que partielles et j’encourage le lecteur à consulter les ouvrages spécifiques pour chacune de ces approches, et notamment l’article de P. Zylberman, considérant que les conflits armés d’aujourd’hui sont essentiellement des guerres menées contre la santé publique.

Guerre et santé publique

Pour résumer, il faut considérer que les maladies infectieuses, telles que rougeole, typhoïde, dysenterie, diphtérie et autres, si elles sont considérées comme maladies hydriques, sont traditionnellement attachées à la guerre, tuant plus d’hommes que les combats eux-mêmes : les hommes mouraient six fois plus de maladie que des fureurs de la bataille. La typhoïde, la variole, la méningite, la dysenterie et même le tétanos ont éradiqués pas mal de forces armées.L’impact de la guerre sur la santé au travers la destruction des infrastructures s’illustre par une multiplication par 100 des maladies précitées lors de la guerre civile en Syrie en 2011 avec, selon un décompte de l’UNICEF arrêté au mois de mars 2014, 60 à 70 % des hôpitaux et dispensaires syriens détruits ou endommagés.

La destruction des infrastructures sanitaires est finalement récurrente dans les conflits : P. Zylberman rappelle qu’à partir de la mi-juin 2014, l’État islamique en Irak et en Syrie (ISIS) n’a pas hésiter à bombarder écoles, maisons de retraite, infrastructures sanitaires (eau potable) et centres de santé, à assassiner médecins et infirmiers et à capturer des convois d’aide humanitaire. Fin juin 2014, plus aucun service de traumatologie, de chirurgie ou des urgences ne fonctionnera dans le gouvernorat de Deir Ezzor en Syrie. D’autres chiffres, cités dans le même article, font état de 652 centres de santé détruits sur les 1 919 que comptait le pays (en 2013) ou fermés pour cause de manque d’électricité ou de problèmes de sécurité, de la non vaccination de la moitié des enfants et de l’emprisonnement de médecins, provoquant la ré-émergence de la poliomyélite dans un pays déclaré zéro polio en 1995.

De plus le gonflement des flux migratoires a entrainé la dissémination des maladies et des infections mettant les habitants des pays voisins en danger, comme lors des migrations de très grande ampleur en 1914 depuis la Russie aboutissant à l’établissement d’un cordon sanitaire. Nous ne reviendrons pas sur le développement des armes biologiques depuis la seconde guerre mondiale qui a militarisé certaines maladies (certainement le paludisme ou le typhus), militarisation souvent étroitement liée à la guerre des races, le typhus par exemple, devenant la pierre angulaire de l’idéologie raciste dans les territoires d’Europe de l’Est occupés par les Nazis lors de la clôture du ghetto de Varsovie pour des raisons médicales invoquées.

Infrastructure et santé publique

Dernièrement plusieurs épidémies liées à la destruction des infrastructures ont été signalées. Au Liban, l’OMS a signalé plus de 1400 cas suspects de cholera avec 381 cas confirmés et 17 décès (AFP Nov 2022) avec une propagation rapide liée à un système d’assainissement médiocre et des infrastructures en ruine, nécessitant la mise en place de campagnes de vaccination. Rappelons que le choléra est une maladie hydrique, contractée par ingestion d’eau ou d’aliments souillés. La Syrie a subi la même épidémie, liée à la destruction totale ou partielle de 2/3 des usines de traitement de l’eau, de la moitié des stations de pompage et d’1/3 des châteaux d’eau (Nation Unies). Plusieurs cas de choléra ont été détectés en Haïti récemment, sachant que l’épidémie il y a 3 ans avait causé la plus de 10000 décès entre 2010 et 2019, liée à l’introduction du virus par des casques bleus de l’ONU déféquant dans le fleuve Artbonite, seule source d’eau accessible et gratuite des communautés riveraines.

La relation entre santé publique infrastructure et développement économique n’est plus à démontrer. Les organismes pathogènes (virus, bactéries, protozoaires, métazoaires) véhiculés par l’eau sont responsables d’un grand nombre de maladies endémiques, telles que les maladies diarrhéiques, de la typhoïde, du choléra, de fièvres, d’infections diverses et variées. Le premier objectif de la production d’eau potable est la protection de la santé publique, celui de l’assainissement est et le maintien de la salubrité publique et la protection de l’environnement. Ainsi le niveau d’hygiène aujourd’hui atteint dans les sociétés occidentales nous paraît naturel, mais il repose sur un équilibre fragile reposant sur des réseaux de surveillance, des technologies efficaces, des procédures à respecter, mais tout dérèglement, guerres, changement climatique est susceptible de le modifier entrainant la recrudescence des maladies hydriques.

A contrario, la guerre et notamment la Seconde Guerre mondiale a été un catalyseur pour les avancées médicales. Ainsi, la pénicilline, découverte en 1928 par Alexander Fleming et purifiée par Ernst Boris Chain en 1940, est considéré en 1943 comme un remède miracle à l’entrée en guerre des États-Unis, et profite du modèle économique et commercial américain pour être produit en masse. Les investissements massifs de l’industrie dans la recherche de nouvelles molécules et leur développement se révèlent alors d’une efficacité remarquable.

Si les antibiotiques ont été et restent un moyen essentiel de lutte contre les infections, avec la problématique de l’antibiorésistance, rappelons que la vaccination permet encore la préservation d’une santé collective et la limitation des épidémies et des pandémies, palliant bien souvent, notamment dans les pays en développement ou en crise, aux déficits d’infrastructures.

1. Zylberman P., Les conflits armés d’aujourd’hui sont essentiellement des guerres menées contre la santé publique, Pandémies et épidémies, 19, 21 2. Andremont A., L’industrie antibiotique, du miracle à l’inefficacité, Après-demain 2012/2 (N ° 22, NF), pages 11 à 13

Christophe Dagot

Professeur à l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Limoges en Génie de l’Eau & Environnement de l’Université de Limoges Chargé de mission DD&RS Chercheur dans l’UMR Inserm 1092 sur la contribution de l’environnement à la dissémination des bactéries résistantes aux antibiotiques

Quelles sont les différences entre anxiété et stress ?

Le concept de stress est polysémique, il possède plusieurs sens et partage avec l’anxiété le fait de pouvoir qualifier l’état d’une personne agitée et tendue et de qualifier une situation d’inconfortable et malaisante. Toutefois le stress se démarque par son origine et son rôle de mécanisme d’adaptation dont il garde la définition qu’on lui accorde le plus souvent : la référence à une cascade de réaction du corps face à une situation de danger (libération de cortisol, augmentation du rythme cardiaque…)

De son côté l’anxiété dans la recherche fait référence elle aussi à au moins deux concepts. Dans un premier cas, on parle de niveau d’anxiété et on distingue l’anxiété trait de personnalité (nous présentons un haut ou bas niveau d’anxiété dans un grand nombre de situation) ou en référence à un état momentané (nous présentons un haut ou bas niveau d’anxiété dans cette situation précisément).

Dans un autre cas qui lui est spécifique, l’anxiété fait aussi référence aux troubles anxieux qui forment une catégorie de troubles psychiatriques dans lequel on retrouve par exemple « le trouble anxieux généralisé » dont les critères inclus notamment une persistance des symptômes pendant au moins 6 mois.

Il est vrai que ces concepts sont parfois confondus dans le langage commun c’est pourquoi il est d’autant plus important de chercher à comprendre à quoi fait référence une personne lorsqu’elle utilise ces mots, que ressent-elle, à quelle fréquence et dans quelle situation afin de mieux l’orienter.

–         Servant, D. (2022). Gestion du stress et de l’anxiété. Elsevier Masson.

–         American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and statistical manual of mental disorders (5th ed.). https://doi.org/10.1176/appi.books.9780890425596

–         Gauthier, J., & Bouchard, S. (1993). Adaptation canadienne-française de la forme révisée du State–Trait Anxiety Inventory de Spielberger [A French-Canadian adaptation of the revised version of Spielberger’s State–Trait Anxiety Inventory]. Canadian Journal of Behavioural Science / Revue canadienne des sciences du comportement, 25(4), 559–578. https://doi.org/10.1037/h0078881

–         Canini, F. (2019). Éléments de physiologie et de physiopathologie du stress. Revue de neuropsychologie, 11, 251-258. https://doi.org/10.1684/nrp.2019.0520

Zhor Raimi

Exerce en tant que Neuropsychologue à l’établissement de réadaptation professionnelle EPNAK Limoges

Doctorante en 2ème année de Psychopathologie Cognitive au laboratoire C2S de l’Université de Reims

Où en sont les recherches contre le cancer ?

Nous pouvons ressentir à la fois de l’espoir et du doute lorsque l’on pose cette question. Du doute car les cancers sont la première cause de mortalité prématurée en France et dans l’imaginaire collectif, ils représentent une maladie effrayante. De l’espoir, car l’issue n’est plus uniquement fatale : aujourd’hui, ils peuvent se soigner, voir même se guérir…

 

Nos connaissances ont bondi avec les technologies de séquençage du génome qui ont permis d’identifier et de comprendre les anomalies génétiques responsables de la transformation d’une cellule saine en une cellule cancéreuse.

 

La recherche contre le cancer n’est plus l’apanage des médecins. Des chercheurs de plusieurs disciplines œuvrent au quotidien pour comprendre, prévenir et guérir ce fléau. Des biologistes, chimistes, pharmaciens, médecins, physiciens. Des femmes et des hommes trop nombreux pour être cités, mais dont le travail est essentiel. De cette émulsion collective mondiale a émergé le développement de marqueurs précoces de la maladie et de cibles thérapeutiques inédites.

 

En effet, ces vingt dernières années ont inauguré une nouvelle ère dans les stratégies cliniques. Nous disposons d’un arsenal thérapeutique grandissant qui a su innover avec les informations génétiques directement collectées sur les tumeurs. Les traitements ont évolué d’une utilisation empirique de drogues cytotoxiques à un catalogue de thérapies dites « ciblées » dirigées spécifiquement contre des anomalies génétiques. Il existe aujourd’hui une cinquantaine de thérapies, entre celles qui visent à corrompre les signalisations de survie cellulaire ou les immunothérapies qui aident le corps à se défendre lui-même, chaque patient reçoit le traitement le plus adapté à son cancer.

 

Il y a 20 ans, 1 cancer sur 3 se guérissait. À présent, nous avons réussi à monter cette statistique à 1 cancer sur 2. Et dans 20 ans, que pouvons-nous espérer ? Dans 20 ans, nous avons bon espoir d’atteindre un objectif thérapeutique prometteur en développant des thérapies toujours plus innovantes et efficaces pour les amener jusqu’au lit des patients.

–         Hanahan D, Weinberg RA. Hallmarks of cancer: the next generation. Cell. 2011 Mar 4;144(5):646-74. doi: 10.1016/j.cell.2011.02.013. PMID: 21376230.

–         Manon Dubois, Camille Ardin, Fanny André, Arnaud Scherpereel, Laurent Mortier. L’immunothérapie, une révolution en oncologie Revue de l’efficacité des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, Med Sci (Paris) 2019 ; 35: 937–945, https://doi.org/10.1051/medsci/2019225

–         Patrice Dubreuil. Inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK), un concept et une abréviation en devenir. Med Sci (Paris) 2003 ; 19 : 133–135. https://doi.org/10.1051/medsci/2003192133

–         Ligue contre le cancer : https://www.ligue-cancer.net/

–         Institut national du cancer : https://www.e-cancer.fr/

–         Fondation pour la Recherche sur le Cancer : https://www.fondation-arc.org/

Thomas Naves

Laboratoire CAPTur

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur notre santé ?

Elles sont nombreuses tout en variant suivant les régions.

Les canicules ont un impact direct par l’effet des très fortes chaleurs. Certains organismes ne peuvent supporter des températures dépassant les 40 ou 50°C.

De plus les fortes températures favorise la production d’ozone et accentuent le caractère agressif des polluants. En 2003 la moitié des 15 000 décès en France était due à la pollution. Les périodes de pollution seront plus précoces et plus nombreuses dans l’année.

Notons cependant que les hivers devenant moins rigoureux, la mortalité due aux grands froids va baisser. Il est cependant probable que cette baisse sera plus faible que la hausse de mortalité d’été.

Les fortes précipitations, inondations torrentielles ou submersions marines peuvent entraîner des pertes humaines ou des blessures. 53 décès de la tempête Xinthia en 2010. Il faut y ajouter tous les problèmes liés à la contamination éventuelle des eaux, la persistance de mares résiduelles favorisant le développement de pathogènes. Les incendies de forêt produisent des particules dommageables pour les asthmatiques. Tous les événements extrêmes entraînent du stress et des angoisses entraînant une surconsommation de médicaments, parfois sur de longues périodes après l’événement.

La modification de la phénologie des plantes entraîne des productions de pollen plus précoces, et plus abondantes, augmentant les allergies. Des indices concordants plaident en faveur d’une augmentation de la quantité de pollen émis dans l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle.

Le déplacement des espèces végétales et leur acclimatation dans de nouvelles aires de répartition peut aussi augmenter les allergies. On peut citer le cas de l’ambroisie en France.

L’élévation de la température permettra aussi l’arrivée de nouvelles maladies, en particulier les maladies à vecteurs. Ce sont des maladies apportées par les animaux qui colonisent de nouveaux territoires. L’exemple le plus connu est celui des moustiques tigres qui transmettent la dengue ou le chikungunya.

Le changement climatique s’ajoute aux autres causes de bouleversement de la biodiversité, modifiant les écosystèmes et donc les équilibres qui existaient entre notre système immunitaire et les pathogènes présents dans notre environnement. La circulation des pathogènes est modifiée et leur possibilités de transmissions aux humains également. Il augmente donc le risque de zoonoses, épidémies transmises par les animaux.

L’augmentation de la température de l’air augmente la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Cela peut favoriser le développement de moisissures et de champignons.

Le réchauffement des eaux de surface favorisera le développement d’algues et la baisse de la teneur en oxygène (eutrophisation) des eaux de baignade. Dans les régions tropicales, là où le traitement de l’eau est peu efficace ou inexistant, cela sera un facteur d’augmentation des infections microbiennes.

Dans le cas des pays les plus pauvres, l’impact du changement climatique sur la production agricole entraînera des risques de malnutrition.

Pour terminer on peut signaler que les pays développés ont les moyen d’avoir une médecine préventive et curative qui peut limiter sensiblement les effets du changement climatique sur la santé.

Rapport de l’ONERC 2007 sur les risques sanitaires, rapport du GIEC 2022

Publications de Jean-Pierre Besancenot

Michel Galliot

Michel Galliot est ingénieur de l’Ecole Nationale de la Météorologie

II a dirigé le centre météorologique de Limoges pendant 10 ans

Il a été chef de la mission scientifique française à Dumont d’Urville en Antarctique pour l’année 2000

Il a travaillé à l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique (ONERC) où il a coordonné le premier plan national d’adaptation au changement climatique

Michel Galliot est président de Limousin nature environnement, la fédération des associations de défense de l’environnement

Quels sont les impacts de la santé mentale sur notre corps ?

Les réactions du corps en réponse au mental où comment l’on passe de la production de liquide lacrymal (larme) lorsque l’on est triste à des risques cardio-vasculaires associés lorsqu’on le souffre d’une dépression diagnostiquée. Voici donc les deux angles pour aborder cette question ; le quotidien et la maladie.

Dans le quotidien, nos émotions ressenties et les changements du corps qui les accompagnent sont le meilleur exemple du lien corps-esprit. Ces changements sont ponctuels, minimes et ne représentent pas de facteurs de risque pour notre santé. Chercher à revoir un ami que l’on apprécie pour la sécrétion de dopamine (transmetteur entre les neurones) associée ou ne pas craindre de pleurer devant un film triste sont autant d’impact positifs et fonctionnels du mental sur notre corps.

Là où cela devient problématique et avant de parler de maladie, c’est l’impact de réaction du corps inappropriée face à ce que l’on vit qui parait plus dangereux que de fait. C’est le cas du stress chronique. Celui-ci va de la libération hormonale excessive de cortisol aux contractures musculaires en passant par les changements de la peau ; des cheveux, de la digestion, du sommeil, de la vision et du rythme cardiaque et représente une dérive corps-mental qui devient néfaste pour notre santé.

Enfin, parlons de maladies, et c’est la notion de comorbidité qui va nous intéresser. Les comorbidités sont définies comme les associations de deux maladies, psychiques ou physiques, fréquemment observées dans la population (sans causalité établie, contrairement aux complications). Les facteurs associés aux maladies psychiatriques vont parfois être des facteurs de risques de maladies physiques notamment la pauvreté et l’exclusion sociale, la génétique, les comportements à risques et les choix de vie, les traitements et leurs effets secondaires et de manière plus importante la difficulté d’accès au soin.

Heureusement des impacts positifs existent et notamment dans l’autre sens, l’activité physique et ces bienfaits sont de bons exemples pour améliorer nos états mentaux.

–         Doherty, A. M., & Gaughran, F. (2014). The interface of physical and mental health. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 49(5), 673–682. https://doi.org/10.1007/s00127-014-0847-7

–         Sartorius N. Physical illness in people with mental disorders. World Psychiatry. 2007 Feb;6(1):3-4. PMID: 17342212; PMCID: PMC1805725.

–         Larousse ; définition comorbidité

Zhor Raimi

Exerce en tant que Neuropsychologue à l’établissement de réadaptation professionnelle EPNAK Limoges

Doctorante en 2ème année de Psychopathologie Cognitive au laboratoire C2S de l’Université de Reims


Santé générale et publique


Ça veut dire quoi aujourd’hui être en bonne santé ?

La notion de santé est débattue depuis que l’humanité s’en préoccupe – donc, probablement depuis toujours.

L’Organisation Mondiale de la Santé en donne une définition qui n’a

pas changé depuis 1946 :

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne

consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

C’est cette conception globale et élargie de la santé qu’une société doit ou devrait permettre . Mais cela suppose d’agir fortement et ensemble sur les très nombreux déterminants de santé que sont l’éducation, la culture, la qualité de vie au travail, l’emploi, l ‘environnement, le lien social, les transports, la prévention, l’accès aux soins, ect qui sont marqués par une très fortes inégalités

sociales et territoriales.

La véritable bonne santé, c’est d’être en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels, sans avoir à prendre de précautions autres que celles exigées par un mode de vie sain.

En effet, une telle dénomination peut être valable à 20 ans et l’être sans doute un peu moins à 70 ; il convient donc de la moduler. Vivre vieux ne veut pas dire être en bonne santé L’espérance de vie en bonne santé définit une existence sans limitation d’activité dans les gestes de la vie quotidienne, donc sans incapacité.

Cette notion d’« incapacité » permet de mesurer les difficultés et les limitations rencontrées dans les activités du quotidien (au travail, au domicile, pour les soins personnels, etc.) à cause d’un problème de santé.

On peut donc décompter les années de vie avec et sans « limitations dans les activités usuelles ».

La différence calculée entre l’espérance de vie à la naissance et l’espérance de vie en bonne santé mesure le nombre d’années, le plus souvent les dernières de l’existence, pendant lesquelles un individu peut voir survenir la maladie.

À l’heure actuelle, une grande quantité d’individus meurt encore, sinon d’une maladie, du moins atteint d’une ou plusieurs maladies, qui pourraient, dans leur majorité, être supprimées ou atténuées par le dépistage, la prévention et la bonne hygiène de vie.

Il n’y qu’une seule et même santé pour le vivant : un bien commun à entretenir et préserver pour les générations d’aujourd’hui et de demain.

Eric Brunie

Représentant CFDT

Guy Gabriel

Représentant association La Marguerite

Qu’est ce que le One Health ?

Contrairement à sa dénomination anglophone, le concept « One health » (Une seule santé) est connu depuis les années 70 sous le terme de zoonose. Les zoonoses sont des affections transmissibles de l’animal à l’homme et réciproquement, selon l’OMS. La spécialisation médicale en particulier en infectiologie a favorisé une approche réductrice de l’épidémiologie, en séparant l’homme des autres mammifères, qui sont souvent des réservoirs infectieux. Le concept « One health » prend en compte toutes les conditions de développement des maladies, principalement infectieuses. Le comportement humain, entre autres à travers la mondialisation, favorise les rapprochements entre l’homme et l’animal, qu’il soit domestique, familier ou sauvage. La mondialisation favorise aussi la circulation des micro-organismes par le déplacement des espèces animales et végétales. L’approche « One health » prend en compte l’ensemble des paramètres en relation avec les contacts homme-animal.

Gilles Dreyfuss

Parasitologue, Institut de Neuroépidémiologie et parasitologie tropicale

Il n’est pas possible de connaitre les effets à long termes des médicaments au moment de l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché. Quels protocoles de surveillance ont été mis en place et qui est l’autorité responsable de ces suivis ?

Il est en effet impossible de présager des effets à très longs terme des médicaments au moment de leur commercialisation initiale. Les essais réalisés durant les phases pré-clinique évaluant la toxicité chronique (chez l’animal) ne dépasse pas 6 mois. Les essais cliniques réalisés durant le développement en phase 3 (chez des personnes malades) ne dépassent généralement pas un an.

Néanmoins la surveillance ne s’arrête pas à la commercialisation du médicament.

Le suivi de la population traitée à long terme s’effectue lors de ce qu’on appelle la phase 4. C’est une étude en « vraie vie » avec des effectif immense. La phase 4 permet de vérifier la sécurité du médicament au cours de son usage réel, de détecter des effets indésirables rares ou survenant lors d’une utilisation prolongée. Le système en charge de cette surveillance est la pharmacovigilance.

En France, ce système a été mis en place au début des années 1970.

Il est décentralisé (31 centres régionaux), médicalisé (le directeur d’un centre de pharmacovigilance est toujours un médecin pharmacologue). Les centres régionaux de pharmacovigilance fonctionnent en réseau, coordonné par la Direction de la Surveillance de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Ils documentent les effets indésirables, jugent de l’imputabilité du médicament, informent le professionnel de santé (ou le particulier) et implémentent la base de données nationale de pharmacovigilance. Ils peuvent aussi être saisi par l’ANSM pour réaliser des enquêtes ciblées pour certains effets indésirables jugés inquiétants.

La pharmacovigilance est de plus en plus organisée au niveau européen, avec un comité spécifique depuis 2012 (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee ou PRAC). Le PRAC donne des avis sur la sécurité de tous les médicaments ayant une AMM européenne, mais aussi de tout médicament commercialisé dans plus d’un pays de l’Union européenne. (lien avec http://www.ema.europa.eu/ema/index.jsp?curl=pages/about_us/general/general_content_000537.jsp&mid=WC0b01ac058058cb18).

 

Nicolas Picard

Pharmacologue CHU Limoges

Marylène Viana

Laboratoire IRCER

Pourquoi c’est aussi long d’avoir un rdv chez un spécialiste de la santé ? (gynéco, ophtalmo, allergologue, …)

A cela plusieurs éléments de réponse :

 

1/ La pratique, pendant 50 ans, d’une gestion régulée de la formation aux études médicales avec la mise en place du numerus clausus a participé à développer les déserts médicaux en réduisant le nombre de praticiens formés chaque année.

En effet, dans les années 60, le nombre de bacheliers augmente considérablement. Il en va de même pour les étudiants en médecine dont le nombre passe de de 35 000 en 1963 à près de 70 000 en 1968[1].

Un numerus clausus (« nombre fermé ») a été instauré par une loi de 1971[2] qui permet aux ministres de la santé et de l’enseignement supérieur de fixer des quotas d’étudiants admis en deuxième année de médecine. Ce numerus clausus existe également pour les étudiants en maïeutique, odontologie et pharmacie.

L’effectif était déterminé en fonction du nombre accessible dans les hôpitaux formateurs. Par la suite, les besoins de la population ont davantage pris en compte.

Ce quota, extrêmement rigide, à la place près, a baissé continuellement pour atteindre un niveau très bas dans les années 90 (3 500 en 1993), pour remonter à 9 314 en 2019.

La réforme du premier cycle des études de santé, inscrite dans la loi santé de 2019[3], supprime le numerus clausus à compter de la rentrée 2021. Le nombre de médecins à former est désormais déterminé au niveau régional, en fonction notamment des capacités d’accueil des universités et des besoins des territoires.

Cependant, au regard de la durée des études, il est important de souligner que la suppression du numerus clausus ne produira ses effets que dans 8 à 10 ans.

 

2/ Liberté d’installation qui induit une répartition territoriale très inégale de l’offre médicale

Au sein du système de santé français, coexistent deux secteurs d’activité, historiquement construit sur une gestion différenciée entre établissements (hôpitaux publics, mais aussi établissements privés à but lucratif ou non) et médecine de ville ambulatoire ; l’un étatisé et planificateur et l’autre de nature libérale.

La liberté d’installation s’inscrit dans la tradition libérale de la médecine française. Elle trouve sa source dans la Charte de la médecine libérale, élaborée en 1927 par les principaux syndicats médicaux.

Ainsi, chaque médecin de ville peut s’installer et exercer là où il le souhaite sur l’ensemble du territoire national et ce dès la fin de ses études, indépendamment de la répartition de la population et de l’offre médicale.

Cette possibilité entraîne de nombreuses conséquences en termes de démographie médicale.

Dans certains territoires, peu attractifs en termes de situation géographique, de contexte économique et d’offre de services et de loisirs, il est très difficile, voire impossible, de se faire soigner par un professionnel de santé de proximité. Ces zones géographiques, localisées aussi bien dans les territoires ruraux que périurbains, sont qualifiées de « déserts médicaux ».

Cette notion renvoie à une double dimension :

– une dimension spatiale liée à la densité de professionnels de santé sur un territoire

– une dimension temporelle liée au nombre de patients par médecin

Les conséquences sont les suivantes :

– Délais d’attente importants avant de pouvoir consulter un professionnel,

– Déport de consultations vers les urgences médicales et aggravation des problématiques de santé liées à l’absence de consultations régulières.

 

3/ Evolutions sociologiques des aspirations individuelles et collectives

Certains jeunes médecins aspirent à un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Ils souhaitent un exercice salarié afin de bénéficier de la durée légale de travail et de périodes de congés. Le salariat leur permet également d’exercer la médecine de manière moins isolée et de travailler en pluridisciplinarité.

 

[1] « Le Syndicat Autonome Des Enseignants En Médecine Réclame une Sélection Sévère à l’Entrée Des Facultés, La Création d’Un Secrétariat d’Etat Aux C.H.U. Et d’Universités Des Sciences Médicales » Le Monde.fr, 11 juillet 1969
[2] Art. 15 de la Loi n° 71-557 du 12 juillet 1971 aménageant certaines dispositions de la loi n° 68-978 du 12 novembre 1968 d’orientation de l’enseignement supérieur (JORF du 13 juillet 1971
[3] LOI n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé
[1] « Le Syndicat Autonome Des Enseignants En Médecine Réclame une Sélection Sévère à l’Entrée Des Facultés, La Création d’Un Secrétariat d’Etat Aux C.H.U. Et d’Universités Des Sciences Médicales » Le Monde.fr, 11 juillet 1969

[2] Art. 15 de la Loi n° 71-557 du 12 juillet 1971 aménageant certaines dispositions de la loi n° 68-978 du 12 novembre 1968 d’orientation de l’enseignement supérieur (JORF du 13 juillet 1971

[3] LOI n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé

–         https://www.lagazettedescommunes.com/779389/deserts-medicaux-la-fin-du-numerus-clausus-un-impact-a-long-terme-sur-les-territoires/

–         https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Les_conditions_d_installation_des_medecins_en_ville_en_France_et_dans_5_pays_europeens.pdf

–         https://www.vie-publique.fr/fiches/le-systeme-de-sante

Laurent Fourcade

Chirurgien pédiatrique CHU

Nathalie Perpinial

Représentante AFP France handicap

Pourquoi la prévention n’est pas investie par les français alors qu’elle est gratuite ?

Le système de santé français est historiquement bâti et centré sur l’hôpital ,dans une logique curative qui a toujours considéré comme secondaires la prévention mais aussi la promotion de la santé et l’éducation à la santé . Cela peut expliquer pourquoi plus de la moitié des Français (54 %) ne savent pas ce qu’est la prévention-santé. Même une fois précisé qu’il s’agit de «l’ensemble des actions préventives menées dans le but d’éviter ou de réduire l’apparition, le développement et la gravité des accidents, maladies et handicaps, pouvant toucher tout ou une partie de la population. C’est le résultat le plus étonnant du sondage* réalisé en juin dernier par Odoxa pour Le Figaro Santé, Nehs, la chaire santé Sciences Po et France info.

D’autres pays tels que le Canada, la Suède, le Danemark , la Finlande , ont fait un autre choix et ont accordé une importance particulière à la prévention en partant de l’idée que chaque individu doit être acteur de sa santé et doit prendre soin de lui mais aussi des autres dans une logique de santé communautaire .Il est aujourd’hui démontré que de nombreuses maladies chroniques peuvent être évitées ou retardées par des actions de prévention et d’éducation à la santé (cancers, diabète, hypertension , ect )

Ces actions probantes seraient ainsi bénéfiques tant en terme de santé publique qu’en terme d’économie de la santé.

Le fait que pour la première fois ,le Ministre de la Santé porte le titre de Ministre de la Santé et de la Prévention est peut être un signe positif de changement des mentalités collectives, des pratiques et des priorités de l’Action Publique , et donc d’un principe de prévention en santé qui gagne du terrain.

Eric Brunie

Représentant CFDT

Guy Gabriel

Représentant association La Marguerite

Nutriscore et Applications de notation de produits, est-ce crédible ou FAKE ?

Le Nutriscore est aujourd’hui très contestable. C’est un outil qui part d’une bonne intention : celle d’orienter les consommateurs vers une alimentation saine mais il a très vite montré ses failles. Beaucoup d’aliments industriels ultra-transformés (qui ont des conséquences néfastes sur la santé comme celle de favoriser le diabète et l’obésité) sont notés « A » ou « B », alors que des aliments simples et qu’on peut considérer comme bons pour la santé (comme l’huile d’olive) sont notés « C ».

 

La limite du Nutriscore est qu’il ne prend absolument pas en compte les aliments dans leur ensemble. Le score attribué repose leur composition nutritionnelle.

 

« L’huile d’olive ? C’est du gras. Le gras mérite un C ».

« Des céréales bourrées de sucres mais enrichies en fibre ? Grace aux fibres, elles reçoivent un B ».

Les industriels ont compris l’algorithme derrière ce score et sont ainsi tenter de reformuler leurs produits pour avoir une bonne note. Il n’est pas normal que des « céréales » pour enfants (qui sont pour la majorité d’entre elles des bombes de sucre dès le petit déjeuner) obtiennent un score qui fasse penser que ce sont des produits bons pour la santé.

Le Nutriscore est devenu clairement un argument marketing, au détriment de la santé.
Le géant du fast-food américain est d’ailleurs très fier de l’afficher : un comble !

Il y a d’autres applications disponibles. On peut opter pour OpenFoodFacts qui affiche différentes notations (dont le Nutriscore), comme la NOVA qui permet de repérer les aliments ultra-transformés. Il existe aussi Siga qui est très complète et prend en compte à la fois la composition nutritionnelle des aliments ainsi que leur degré de transformation.

– https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/articles/nutri-score

– Bande dessinée : « La malédiction du cordon bleu – Une incroyable histoire au royaume de la malbouffe. » Vrob. Editions Thierry SOUCARD

Avec son crayon, une solide connaissance du sujet et une pointe d’humour, VROB nous raconte comment les industriels réussissent le tour de force de fabriquer des aliments à bas prix qui ressemblent à des aliments, qui ont le goût d’aliments… mais qui n’ont plus rien d’un vrai aliment

L’histoire pourrait sembler amusante si ces aliments  » ultra-transformés  » n’étaient pas devenus en l’espace de quelques années la première cause de maladies chroniques et de décès. Mais alors que manger pour être en bonne santé ?

Tout simplement une alimentation plus naturelle, plus vraie, et VROB nous en donne les clés.

– https://fr.openfoodfacts.org/

– https://siga.care/indice-siga/

Nicolas Picard

Pharmacologue CHU Limoges

Pourquoi l’homéopathie n’est-elle plus remboursée ?

Rappelons d’abord que l’homéopathie est un concept qui repose sur l’administration de principes actifs dilués à des doses extrêmement faibles (« infinitésimales ») en partant de l’hypothèse que qu’une substance qui peut « rendre malade », provoquer une toxicité ou des symptômes à forte dose peut guérir ou soulager les mêmes symptômes à très faible dose (principe de similitude).

 

L’homéopathie est apparue en 1807 sous l’impulsion d’un médecin allemand (Samuel Hahnemann) et a été inscrite à la pharmacopée française en 1965. Certains médicaments homéopathiques étaient remboursés à hauteur de 30% par la sécurité sociale lorsqu’ils étaient prescrits par un médecin. Ce n’est plus le cas depuis le 1er Janvier 2021.

 

Pourquoi son déremboursement ?

En France, c’est la commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) qui évalue les médicaments en vue leur remboursement. Elle est composée de médecins, de pharmaciens, de spécialistes en méthodologie et épidémiologie. Elle tient compte d’une part du « service médical rendu (SMR) » au regard de la gravité de la pathologie, de l’efficacité et des effets indésirables du médicament mais aussi de sa place dans la stratégie thérapeutique. Elle tient compte d’autre part de « l’amélioration du service médical rendu (ASMR) » (en d’autres termes, le médicament fait-il mieux que les traitements déjà disponibles).

 

En Mars 2019, la commission a été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé pour se prononcer sur le bienfondé de la prise en charge par l’assurance maladie des médicaments homéopathiques (hors préparations magistrales particulières ou certaines spécialités ayant une AMM). Elle a émis un avis défavorable à sa prise en charge. L’évaluation a concerné de très nombreux domaines d’utilisation (la pédiatrie, les douleurs diverses, la grossesse, etc.). Elle a reposé sur les données d’une revue systématique de la littérature réalisée par le service documentaire de la HAS mais également d’une consultation large des parties prenantes (représentants de professionnels de santé, associations de patients et des usagers, laboratoires pharmaceutiques commercialisant de l’homéopathie).

 

Ce qui est ressorti de cette évaluation est que l’homéopathie vise des affections ou des symptômes bénins, qu’il n’y a pas de démonstration formelle d’efficacité (en termes de morbidité et/ou de qualité de vie), pas de démonstration d’un intérêt clair en termes de santé publique (comme celui de réduire la consommation d’autres médicaments) et pas non plus de positionnement dans les stratégies thérapeutiques. La commission a rappelé qu’à ce jour, aucun mécanisme d’action complémentaire à celui de l’effet placebo n’a été démontré afin d’expliquer la réponse clinique pouvant être observée avec l’homéopathie.

 

Cette analyse objective, qui est la même utilisée pour tout médicament, ne permettait pas, selon la Haute Autorité de Santé de justifier une prise en charge particulière par l’assurance maladie de l’homéopathie. L’avis formulé a été suivi par le ministère en charge des solidarités et de la santé.

Avis du 26 juin 2019 de la commission de la transparence : évaluation des médicaments homéopathiques soumis à la procédure d’enregistrement prévue à l’article L.5121-13 du Code de la Santé Publique

Nicolas Picard

Pharmacologue CHU Limoges

Marylène Viana

Laboratoire IRCER

Comment peut-on expliquer la nécessité de rappeler en 2021 à la population générale de respecter une bonne hygiène des mains en permanence, et en particulier au cours des épidémies, et a fortiori en cas de pandémie ? La société occidentale compte un nombre élevé d’installations sanitaires à disposition de la population.

Une nouvelle étude de l’Ifop met en lumière les progrès réalisés depuis les années

1950 en terme de propreté en France. Elle souligne néanmoins que certaines règles d’hygiène ne sont pas respectées par tout le monde.

Le cliché selon lequel les Français auraient une hygiène douteuse serait-il fondé ? Une étude de l’Ifop pour Diogène-France 2020 réalisée au cours du mois de février révèle que l’hygiène globale des Français s’est nettement améliorée depuis les années 1950, mais que certains Français ne respectent pas toutes les règles de propreté : notamment parmi les hommes, les personnes âgées et les personnes isolées.

Si l’étude révèle que 76% des Français ont pour habitude de se laver tous les jours, 24% ne le font pas de manière quotidienne. Se laver un jour sur deux, cela peut surprendre, mais la douche quotidienne n’est pas forcément conseillée par les dermatologues. Et récemment, certains médecins tentent même de lutter contre l’idée qu’il faut nécessairement prendre une douche par jour, et mettent en garde contre le lavage à outrance, soupçonné de dégrader la barrière cutanée.

Mais de manière générale, les Français ne sont pas tous très regardant sur l’hygiène de leurs mains au cours de la journée. 29% des Français reconnaissent ne pas se laver les mains systématiquement après être allés aux toilettes. 33% des Français ne se lavent pas systématiquement les mains avant de cuisiner, et près de 50% ne se les lavent pas avant de manger.

(source: Diogène France, crédits: Freepik, Flaticon)

 

Pire encore, seuls 3 Français sur 10 se nettoient les mains avant de s’occuper d’un bébé (38%), après avoir pris les transports en commun (37%) ou encore après avoir été au contact d’un animal (30%). Et plus surprenant, nos concitoyens ne sont « que » 25% à se laver les mains après s’être mouchés.

 

Des pratiques très genrées

De manière générale, les chiffres révèlent des disparités importantes entre les genres. Sur l’hygiène globale, 81% des femmes procèdent à une toilette complète tous les jours, contre 71% des hommes. Si la quasi-totalité des femmes (94%) changent de sous-vêtements tous les jours, seuls 73% des hommes font de même.

 

Les femmes plus propres que les hommes?

… changeant de sous-vêtements tous les jours

Femmes 94%

Hommes 73%

… se lavant les cheveux tous les deux jours

Femmes 62%

Hommes 51%

… se lavant le corps et le visage tous les jours

Femmes 81%

Hommes 71%

(source: Diogène France)

 

Une différence qui se retrouve aussi dans l’application des règles de base édictées par les pouvoirs publics en matière d’hygiène. À peine 68% des hommes se lavent les mains systématiquement après être allés aux toilettes, alors que les femmes sont 75% à le faire. Enfin, 31% des hommes se lavent les mains après avoir pris les transports en commun, contre 42% des femmes.

La seule exception entre les hommes et les femmes concerne le lavage des cheveux. 35% des hommes disent se laver les cheveux tous les jours, alors que 8% des femmes se shampouinent quotidiennement, ce qui n’est d’ailleurs pas recommandé. Celles-ci se lavent plutôt les cheveux tous les deux jours, ou deux fois par semaine.

Chez les femmes, les pratiques ont considérablement évolué entre 1951 et 2020. Les résultats de l’enquête de 1951, réalisée par le magazine Elle, montrent qu’à  l’époque, seule une femme sur deux (51%) se lavait quotidiennement, en raison d’un manque d’accès au confort sanitaire de base (eau chaude, accès à une douche, un bain, une salle de bain).

 

Une question de moyens

Les chiffres de cette étude rappellent par ailleurs que l’hygiène corporelle est étroitement liée à l’âge et à l’isolement social. Par exemple, les hommes âgés de 65 ans et plus sont 36% à se doucher quotidiennement, et les femmes 46%.

Ce sondage de l’Ifop souligne enfin que les Français sont désormais 88% à avoir accès à une douche dans leur résidence principale. Néanmoins, une étude réalisée par ce même institut révélait en mars 2019 que 3 millions de Français n’avaient toujours pas les moyens de conserver une hygiène correcte, n’ayant pas accès aux produits de première nécessité (savon, lessive, dentifrice, papier toilette).

Il convient de redéfinir ce qu’est :une bonne hygiène afin que chacun citoyens/professionnels s’approprient les fondamentaux de base qu’ils convient de pratiquer.

 

Guy Gabriel

Représentant association La Marguerite

Comment fonctionne la recherche dans le domaine de la santé ?

La recherche dans le domaine de la santé à la particularité de devoir faire appel à une recherche sur la personne humaine. Elle est donc particulièrement encadrée (1).

En amont de cette recherche sur l’homme qualifiée de « clinique », il est nécessaire de disposer d’éléments solides permettant d’envisager une première intervention chez l’homme.

Dans le cas de la recherche sur le médicament des essais précliniques sont conduits afin d’obtenir les éléments jugés indispensables avant une première administration à l’Homme (toxicité aiguë, toxicité chronique, muatgénicité, génotoxicité, etc.).

 

Lorsque ces données sont rassurantes, les « essais cliniques » peuvent débuter. Ils ont pour objectif d’apporter la preuve scientifique de l’efficacité clinique des traitements et permettent donc de mettre en place thérapeutiques sur la base de faits avérés et non pas sur des hypothèses ou des raisonnements théoriques. Ils vont aussi permettre de déterminer comment utiliser le médicaments (en particulier la dose à utiliser), d’identifier les risques associés à l’usage du médicament (effets indésirables, interactions médicamenteuses, etc.)

Un essai clinique doit respecter un protocole de recherche clinique. Il doit être rédigé avant de débuter l’essai. Il définit avec précision la question à laquelle l’essai doit répondre ainsi que le plan expérimental (modalités pratiques de l’essai) et les techniques d’analyse des données qui seront utilisées.

Pour un médicament en développement, la recherche clinique est découpée en 4 phases :

– la phase 1 correspond à la première administration à l’homme. Les personnes impliquées sont des sujets sains. Les objectifs concernent la sécurité d’emploi et la dose maximale tolérée.

– La phase 2 implique des sujets sains ou des sujets malades en petit nombre (10 à 100). Ils visent à étudier la sécurité d’emploi à court terme, l’effet sur la maladie le cas échéant, la dose efficace etc.).

– La phase 3 impliquent cette fois-ci uniquement des personnes malades, en plus grand nombre (plusieurs centaines) qui seront suivies plusieurs mois pour préciser le rapport bénéfice risque du médicament et surtout le comparer aux traitements de référence.

– La phase 4 débute après la commercialisation du médicament, elle concerne la population traitée. C’est une étude en « vraie vie » avec des effectif immense. La phase 4 permet de vérifier la sécurité du médicament au cours de son usage réel, de détecter des effets indésirables rares et d’optimiser l’utilisation du médicament. La pharmacovigilance est le système clé de l’évaluation de phase 4. En France, ce système a été mis en place au début des années 1970. Il est décentralisé (31 centres régionaux), médicalisé (le directeur d’un centre de pharmacovigilance est toujours un médecin pharmacologue).

Les Centres régionaux de Pharmacovigilance (CRPV) documentent les effets indésirables, jugent de l’imputabilité du médicament, informent le professionnel de santé (ou le particulier) et implémentent la base de données nationale de pharmacovigilance. Ils peuvent aussi être saisi par l’ANSM pour réaliser des enquêtes ciblées pour certains effets indésirables jugés inquiétants (2).

(1)    Code de la santé publique, partie législative. Livre 1er de la première partie : titre II : Recherches impliquant la personne humaine (Articles L1121-1 à L1128-12)

(2)    https://pharmacomedicale.org/

Nicolas Picard

Pharmacologue CHU Limoges

Comment sont organisées les réflexions autours de la fin de vie ?

Plusieurs débats traversent régulièrement la société à propos de la fin de vie ; ils soulèvent toujours beaucoup d’émotions tant le sujet est sensible et les histoires de vie à chaque fois, singulières ; aussi il conviendrait de parler non de la fin de vie mais des fins de vie du fait de temporalités différentes (court, moyen, long terme), de contextes médico-sociaux peu comparables (âge du patient, maladie chronique, maladie dégénérative, certaines pathologies associées au vieillissement, souffrance physique, psychique ? etc.), mais aussi de la possibilité ou non d’avoir recours à des soins palliatifs qualitatifs, de la présence d’un accompagnement socio-familial et médical.

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) depuis 1983, participe à cette réflexion sociétale en essayant de trouver une juste articulation des principes de liberté, de dignité de la personne, de solidarité, et de respect de l’autonomie. Les évolutions législatives successives tiennent compte de ces grands principes :

–         L’obstination déraisonnable est interdite

–         Le respect de la personne est garanti même si elle ne peut plus exprimer son avis, par le moyen des directives anticipées, de la désignation d’une personne de confiance et d’une procédure collégiale lors des décisions de fin de vie

–         Le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement

–         Le droit de refuser un traitement

–         Le droit à une sédation profonde et continue jusqu’au décès dans le cas d’une pathologie grave et incurable dont le pronostic est engagé à court terme.

 

En regard de ces droits, il apparait légitime d’interroger la connaissance de ces lois (et notamment de la dernière, la loi Claeys-Leonetti, du 2 février 2016) par l’ensemble de la société et …par les soignants, d’étudier la mise en œuvre de la loi, les moyens mis à disposition et leur répartition sur l’ensemble du territoire.

Cependant, et indépendant de ces considérations importantes pour évaluer la prise en charge des fins de vie en France en 2022, des demandes plus précises se font entendre concernant notamment des maladies graves et incurables à l’origine de souffrances réfractaires, des maladies neuro-dégénératives évolutives, des situations de dépendance extrême, autant de situations n’entrainant pas obligatoirement un décès à court terme, ce qui amène certains à rouvrir la réflexion sur l’aide active à mourir. Il est à noter que derrière ce mot « d’aide active à mourir », les intervenants du débat n’envisagent pas nécessairement la même chose, pour certains uniquement suicide assisté, pour d’autres, suicide assisté et euthanasie active ; pour la plupart il est considéré comme fondamentale, la demande réitérée et le consentement de la personne dans ces cas précis mais, quid de l’absence de demande chez une personne présentant des troubles neuro-cognitifs qui n’a pas rédigée (personnellement) de directives anticipées ?

 

En 2022, un débat national a été souhaité par le pouvoir exécutif (cf. communiqué de presse de l’Elysée du 13 septembre 2022) ; il a été anticipé par :

–         Proposition de loi déposée par un député le 8 avril 2021 sur le « droit à une fin de vie libre et choisie »

–         Création d’un groupe de travail sur la fin de vie, au sein du CCNE en juillet 2021 : près de 40 auditions ont été réalisées

–         Avis 139 du CCNE, paru le 13 septembre 2022

–         Communiqué de presse de l’Elysée (13/09/2022) qui souhaite des débats sur la fin de vie avec une feuille de route définie ainsi :

o   Une convention citoyenne qui s’est constituée en octobre et dont les conclusions seront rendues en mars 2023 ; elle est organisée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ; travaux et concertations de l’ensemble des parties prenantes.

o   Des débats publics organisés dans les territoires par les Espaces de réflexions éthique régionaux (ERER), afin d’aller à la rencontre des citoyens pour les informer et les aider à mesurer les enjeux autour de la fin de vie.

–         Dialogue avec les soignants et le Centre National des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV)

–         Groupes de travail sur l’effectivité des droits menés par les Conférences régionales de santé (CRSA) et les Conseils territoriaux de santé (CTS), en lien avec les ERER.

–         Un travail concerté avec les soignants, patients, associations et parlementaires, mené par la ministre déléguée en charge de l’organisation territorial et des professions de santé.

 

En conclusion, si le législateur décide de faire évoluer la loi actuelle, un certain nombre de critères éthiques devront être respectés ; de même le débat ne devrait pas se focaliser sur la question du droit et de la liberté individuelle, car la société française a du mal à parler de ce qui fait difficulté ! le vieillissement, la perte d’autonomie physique et psychique, la dépendance, la fin de vie qui « s’éternise » du fait de soins et de traitements plus performants, l’insuffisance de l’offre de soins palliatifs, dans une société qui renvoie à une vision de performance, de bonne santé et non de dépendance ou de sentiment d’indignité en regard de son apparence ou du poids qu’on ferait porter à autrui.

Restons sur ce sujet avec beaucoup d’humanité et de respect.

–         Avis 121 CCNE p 40 : définition des termes

–         Avis 139 « questions relatives aux situations de fin de vie : autonomie et solidarité »  https://www.ccne-ethique.fr

–         Loi n° 99-477 du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs

–         Loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie ; dite  « loi Leonetti »

–         Loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ; dite « loi Claeys-Leonetti »

–         Webinaire de l’Espace de réflexion éthique de Bourgogne-Franche Comté « Doit-on être libre de choisir sa fin de vie ? » (à voir sur le site internet de l’EREBFC)

–         www.parlons-fin-de-vie.fr  (site internet du Centre National de la fin de vie et des soins palliatifs)

–         https://www.admd.net (association pour le droit à mourir dans la dignité)

–         https://www.capalliatif.org (cellule d’animation régionale, soins palliatifs et accompagnement en Nouvelle Aquitaine)

Maryse Fiorensa Gasq

Le Dr Maryse Fiorenza-Gasq, est gynécologue-obstétricienne à l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant au CHU de Limoges

Elle exerce les fonctions de Directrice de l’Espace de Réflexion Ethique de Nouvelle Aquitaine (ERENA) et de Directrice de l’ERENA site de Limoges

Elle est aussi Coordinatrice de la Conférence Nationale des Espaces de Réflexion Ethique Régionaux (CNERER)

Est-ce-que l’IMC est fiable ?

Sa définition : poids (kg) / Taille (m)2

Il s’agit d’un indicateur, qui comme tout indicateur ne doit être interprété que dans ce qu’il propose.Il permet d’apprécier rapidement la corpulence et le statut nutritionnel d’un patient. Trop bas ou trop haut, il est associé à une augmentation de la mortalité (La mortalité totale augmente avec l’indice de masse corporelle (IMC) essentiellement à partir d’un IMC ≥ 28 kg/m2, sauf pour les patients âgés.)

La première fois qu’un patient est vu, on sait d’un coup d’œil où se situe le patient au sein des courbes d’IMC. C’est la répétition de son calcul lors des consultations qui est pertinente pour suivre son évolution.

 

Trop haut :

Le diagnostic de surpoids et d’obésité repose sur l’IMC

Au-dessus de 30 on parle d’obésité.

Mesurer l’IMC tout au long de l’enfance et de l’adolescence pour dépister et diagnostiquer précocement un surpoids ou une obésité

Le poids et la taille doivent être inscrits dans le dossier du patient pour calculer l’IMC et en surveiller l’évolution (changement de couloir).

 

Trop bas :

Le diagnostic de dénutrition est exclusivement clinique ; il repose sur l’association d’un critère phénotypique et d’un critère étiologique chez l’enfant comme chez l’adulte.

• L’albuminémie n’est pas un critère diagnostique ; c’est un critère de sévérité de la dénutrition.

• Le poids doit être mesuré à chaque consultation et/ou hospitalisation et  renseigné dans le dossier médical.

• Un indice de masse corporelle (IMC) normal ou élevé n’exclut pas la possibilité d’une dénutrition (ex. : une personne en surpoids ou obèse peut être dénutrie).

 

 

Ce qu’il ne fait pas :

Le plus pertinent est de ne pas l’utiliser seul : c’est associé avec l’évolution pondérale, avec la variation pondérale que son interprétation sera la plus pertinente. Une modification rapide dans un sens ou dans l’autre fera rechercher des facteurs confondants comme la déshydratation (en baisse) ou la présence d’oedèmes (en hausse).

 

 

Il ne répond pas aux problématiques de masse grasse ou de masse graisse qui nécessitent des outils complexes et couteux. Votre balance connectée (à qui ?), outre le fait de divulguer des données de santé à des inconnus, n’est absolument pas fiable pour répondre à cette question.

Dénutrition :

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-11/reco277_recommandations_rbp_denutrition_cd_2019_11_13_v0.pdf

 

Obésité :

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-09/2011_09_27_surpoids_obesite_adulte_v5_pao.pdf

Laurent Fourcade

Chirurgien pédiatrique CHU

Alimentation, nutrition et santé animale ?

La réponse proposée ne prend en compte que les conditions nutritionnelles des espèces élevées par l’homme. Les conditions d’élevage des animaux ont considérablement changé depuis quelques décennies, en particulier pour des raisons économiques. La surconsommation de viande de mammifères et de volailles, et de produits laitiers, a favorisé une standardisation des méthodes d’élevage pour des raisons de rentabilité, donc de coût à la consommation. L’animal doit être mis sur le marché dans les délais les plus brefs grâce à l’élevage en batterie (volailles) ou en stabulation (mammifères). La promiscuité qu’imposent ces méthodes favorise l’utilisation généralisée d’une alimentation souvent artificielle et l’emploi systématique de médicaments anti-infectieux en prophylaxie des épizooties. Le recours à la consommation de ces produits animaux par l’homme, indépendamment de leur qualité médiocre, conduit à l’ingestion de produits résiduels issus de l’alimentation et des traitements médicamenteux subis par l’animal. Le développement des méthodes d’élevage dites bio limite un peu ces effets induits, tout comme le retour aux méthodes d’élevage traditionnelles. En revanche, le prix de revient des produits d’origine animale est plus élevé, donc incompatible avec l’argument commercial du prix bas cher à la grande distribution en France.

Gilles Dreyfuss

Parasitologue, Institut de Neuroépidémiologie et parasitologie tropicale

Comment sont contrôlés les médicaments ?

Les médicaments sont des produits qui font l’objet de très nombreux contrôles afin de garantir leur qualité, leur sécurité et leur efficacité. Ces contrôles se situent à trois niveaux :

 

1-      Avant la mise sur le marché

Aucun médicament n’est autorisé à être fabriqué et commercialisé sans avoir été contrôlé par une autorité de santé, l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et produits de santé) pour la France. Le laboratoire pharmaceutique doit en effet déposer une demande d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) auprès de l’ANSM et fournir un dossier regroupant toutes les informations relatives au développement (essais in vitro, pré cliniques, formulation…), à la fabrication et au contrôle du médicament. C’est sur la base de ces données que les experts de l’agence vont juger de la sécurité d’utilisation du médicament, la maitrise de sa fabrication et son efficacité.

 

2-      Pendant la fabrication

Toutes les matières premières sont contrôlées avant utilisation afin de s’assurer qu’il s’agit des bons produits et qu’ils répondent aux critères de pureté requis.

Le bon déroulement des différentes étapes de fabrication est vérifié par le suivi des paramètres opératoires mais également par le prélèvement d’échantillons (contrôles sur produits semi-finis).

A la fin de la fabrication, des prélèvements sont à nouveau réalisés pour vérifier que leurs caractéristiques sont conformes à ce qui a été présenté dans le dossier d’AMM (contrôles sur produit fini).

L’ensemble des résultats ainsi que les enregistrements des paramètres opératoires sont consignés dans le dossier de lot. Ce dossier doit être conservé pendant toute la durée de validité du lot + 1 an. Des échantillons de chaque lot sont également conservés afin de pouvoir effectuer ultérieurement de nouveaux contrôles si besoin.

 

3-      Après la fabrication

Une fois que le lot de médicaments est mis sur le marché, il reste toujours sous la surveillance des autorités de santé. Il s’agit de la pharmacovigilance qui permet d’avoir connaissance de tout évènement susceptible de remettre en question les qualités du médicament et de prendre des décisions pour protéger les patients (suspension d’AMM, retrait de lot…).

Enfin des programmes de contrôle sont conduits par l’ANSM pour vérifier la qualité des médicaments présents sur le marché. Les analyses sont réalisées par les laboratoires de contrôle de l’ANSM et visent à s’assurer de la conformité des médicaments aux spécifications mentionnées dans l’AMM. Chaque année 200 à 300 médicaments sont contrôlés par l’ANSM.

Autorisation de mise sur le marché pour les médicaments, disponible sur https://ansm.sante.fr/page/autorisation-de-mise-sur-le-marche-pour-les-medicaments

 

Guide des Bonnes Pratiques de Fabrication, disponible sur https://ansm.sante.fr/documents/reference/bonnes-pratiques-de-fabrication-de-medicaments-a-usage-humain

 

Surveillance du marché : contrôle du médicament, disponible sur https://archiveansm.integra.fr/Activites/Controle-en-laboratoire/La-surveillance-du-marche/La-surveillance-du-marche/Surveillance-du-marche-Controle-des-medicaments

Marylène Viana

Laboratoire IRCER

Quels sont les dispositifs pour lutter contre les médicaments frauduleux ?

Les médicaments frauduleux, également appelés médicaments falsifiés ou faux médicaments, sont des médicaments dont l’identité, la composition ou la source est représentée délibérément de façon trompeuse.

 

Ces faux médicaments représentent plus de 10% du marché mondial du médicament en moyenne mais avec de grandes variations selon les pays :

–         Moins de 1% du marché de la plupart des pays industrialisés (néanmoins ce fléau prend de l’ampleur avec internet où 50% des ventes sont des faux médicaments)

–         10 à 40% dans les pays en voie de développement.

 

Ce marché des faux médicaments ne cesse de progresser car le trafic de médicaments est beaucoup plus lucratif que le trafic de drogue (x20). Il se concrétise par des flux physiques (via des conteneurs), à travers l’organisation d’activités illicites (reconditionnement et réintroduction dans le circuit légal) et de plus en plus via internet.

 

Si historiquement la falsification concernait essentiellement les médicaments contre le dysfonctionnement érectile, les anorexigènes et les dopants, aujourd’hui toutes les classes de médicaments sont touchées : antibiotiques (les plus falsifiés 28% des contrefaçons ce qui correspond à 5% des antibiotiques vendus dans le monde), antipaludéens, médicaments contre le sida, médicaments anti-cancéreux, médicaments pour l’hypertension, hypocholestérolémiants, hormones, stéroïdes…

 

Même si la France est relativement épargnée en raison de la sécurité du circuit du médicament, plusieurs saisies ont été réalisées sur le territoire français :

En 2013, saisie de 1,2 million de sachets d’aspirine de contrefaçon.

En 2014, les douaniers du Havre ont réalisé une saisie record de 2,4 millions de faux produits, (aspirine, anti-diarrhéiques et produits contre les troubles de l’érection en provenance de Chine).

En 2019, plus de 415 000 comprimés de diazépam (un anxiolytique) ont été saisis par les douanes à Calais.

 

Les médicaments falsifiés peuvent être classés en 4 catégories :

–         Médicament ne contenant aucun principe actif, à risque d’échec thérapeutique (32,1% des médicaments falsifiés)

–         Médicament contenant le principe actif sous ou sur dosé, à risque d’échec thérapeutique ou d’effet indésirable voire de toxicité

–         Médicament contenant des impuretés ou substances toxiques (mercure, arsenic, mort aux rats…), à risque majeure de toxicité inattendue

–         Médicament contenant un autre principe actif que le produit authentique, effet imprévisible, potentiellement toxique

L’apparence de ces médicaments est très proche de celle du médicament « original », l’emballage est pratiquement le même (il y a même du trafic d’emballage).

 

Pour lutter contre ce fléau, tous les acteurs concernés sont mobilisés :

–         En France, le LEEM (organisation professionnelle des entreprises du médicament) est très actif via notamment les actions de son comité anti contrefaçon mis en place dès 2003, la signature de plusieurs chartes de lutte contre la falsification avec les différents acteurs impliqués, et la réalisation de formations sur les médicaments falsifiés auprès des douaniers et gendarmes.

–         Au niveau européen, la sérialisation et l’authentification de chaque boite de médicament apportent une sécurité supplémentaire et la convention Médicrime constitue le 1er outil de lutte pénale contre la contrefaçon. La convention érige en infraction pénale les 4 actions suivantes : fabrication de médicaments contrefaits, fourniture et trafic de médicaments contrefaits, falsification de documents administratifs et infractions similaires menaçant la santé publique. Chaque état où l’infraction a été commise fixe les peines requises, selon sa législation. En France c’est le Code de la Santé Publique (article L.5421-13) et le code de la propriété intellectuelle (article L.716-9 et L.716-10) qui prévoient des sanctions spécifiques. Les peines maximales encourues sont de 7 ans d’emprisonnement et 750 000€ d’amende.

–         Au niveau mondial, Interpol mène des opérations dans toutes les régions du globe pour saisir les faux médicaments et arrêter les trafiquants.

 

Sérialisation et authentification

Depuis le 9 février 2019, en application de la Directive européenne 2011/62 du 8 juin 2011 « médicaments falsifiés », chaque boite de médicament sur prescription doit disposer d’un N° de série permettant d’assurer la traçabilité. Cette sérialisation permet aux acteurs de la chaine de distribution de vérifier que chaque boite est bien enregistrée dans une base de données nationale et européenne. Concrètement chaque boite doit comporter un code barre « datamatrix » contenant les 3 informations obligatoires suivantes : code identifiant de présentation (CIP), N° de lot et date de péremption.

Par ailleurs, toutes les boites doivent disposer d’un dispositif d’inviolabilité permettant d’assurer que la boite n’a pas été ouverte, ainsi que d’un dispositif d’authentification du médicament (hologramme, marquage chimique, encre UV invisible à l’œil nu…) permettant de vérifier l’origine du médicament.

Lutter contre les faux médicaments : une urgence pour la santé publique mondiale, rapport du LEEM, novembre 2019, disponible sur https://www.leem.org/la-falsification-de-medicaments

 

Directive européenne 2011/62/UE du parlement européen et du conseil du 8 juin 2011, disponible sur https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:174:0074:0087:fr:PDF

 

Informations sur les règles de vente en ligne de médicaments : https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/vente-en-ligne-de-medicaments

 

OMS : Produits médicaux de qualité inférieure ou falsifiés, disponible sur https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/substandard-and-falsified-medical-products

Marylène Viana

Laboratoire IRCER

Quid sur la notion de consentement éclairé ?

La notion de consentement va de pair avec la notion d’information, ce sont des droits du patient et des obligations pour les professionnels de santé.

 

En effet, tout professionnel de santé doit délivrer une information claire, complète, compréhensible et adaptée à la situation de la personne qu’il prend en charge.

 

Cela signifie qu’il ne s’adressera pas de la même façon à un adulte, un enfant ou une personne en situation de handicap.

 

Donner son consentement éclairé implique de connaître les alternatives thérapeutiques envisageables, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

 

C’est sur la base de cet échange, que le patient pourra accepter ou refuser ce que préconisent les professionnels de santé. On parle de « co-décision ».

 

Le patient exprime alors son accord, ou son refus du projet de soins, ainsi que concernant les modalités de sa mise en œuvre.

 

La seule exception est le contexte de l’urgence : face à une situation de santé grave et urgente et dans l’incapacité d’expression du patient et de ses représentants, les médecins et les équipes soignantes doivent réaliser les soins nécessaires.

 

Le recueil du consentement concerne toute personne, avec des spécificités pour les enfants et les majeurs vulnérables, qui sont chacun associés à la décision en fonction de leur degré de maturité ou de leur capacité.

Pour les mineurs, le consentement des titulaires de l’autorité parentale sera recueilli et pour les personnes sous tutelle, leur tuteur co-signera les documents, avec validation par le juge des tutelles pour les actes invasifs et graves.

 

Pour l’aider dans sa prise de décision, le patient majeur peut se faire aider par sa personne de confiance.

 

Le patient doit donc donner son accord, appelé consentement, pour tout acte médical et soignant.

 

Le plus souvent le consentement est donné par oral, parfois par écrit, dans des conditions prévues par la loi comme pour la recherche biomédicale.

 

L’ensemble de ces informations sont tracées dans le dossier médical.

 

On recueille le consentement afin de respecter la personne, son corps et sa volonté.

1.      https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031972276/2016-02-04

2.      https://www.conseil-national.medecin.fr/medecin/exercice/recueillir-consentement-patient

3.      https://www.france-assos-sante.org/66-millions-dimpatients/patients-vous-avez-des-droits/consentement-aux-soins/

Sophie Trarieux Signol

Représentant ERENA – CHU


Soins et innovations


Peut on soigner des maladies en modifiant notre propre ADN ?

Oui on peut soigner des maladies en modifiant notre ADN et les premiers essais de thérapie génique chez l’Homme ont vu le jour dans les années 2000. Ces travaux pionniers réalisés par les Professeurs Alain Fischer, Marina Cavazzana et Salima Hacein-Bey-Abina à l’hôpital Necker des enfants malades ont permis de corriger un défaut génétique chez des bébés bulles, dont le système immunitaire était déficient (1). Cette thérapie génique a permis de guérir plusieurs enfants en reconstituant leur système immunitaire. Néanmoins, certains d’entre eux avaient développé des leucémies suite à des effets non maitrisés de cette thérapie génique. Depuis, les techniques de thérapie génique ont considérablement évolué et de nouveaux outils appelés « ciseaux moléculaires ou CRISPR/Cas » sont apparus dans les années 2010 (2). Un petit cocorico car la française Emmanuelle Charpentier a grandement contribué à la découverte de ces ciseaux moléculaires. Elle a d’ailleurs obtenu le prix Nobel de Chimie en 2020 conjointement avec sa collègue américaine Jennifer Doudna (3). Ces ciseaux moléculaires permettent de corriger des mutations et de modifier l’ADN de façon très précise. Ils sont désormais largement utilisés dans différents domaines. Cette généralisation s’accompagne bien évidemment d’un long débat éthique. Ce débat concerne surtout la manipulation du génome humain ayant pour but de modifier la descendance. Cette pratique n’est pas acceptée mais une expérience de manipulation d’embryons a été réalisée en 2018 par un chercheur chinois. Actuellement, de nombreuses thérapies utilisent ces ciseaux moléculaires pour corriger des mutations et soigner diverses maladies génétiques. Ces maladies touchent par exemple les globules rouges, le foie, la peau, les yeux et aussi des cancers. Les résultats sont très prometteurs et cet outil de thérapie génique représente l’avenir pour le traitement de nombreuses maladies génétiques et en cancérologie.
1.      Gene therapy of human severe combined immunodeficiency (SCID)-X1 disease. Cavazzana-Calvo M, Hacein-Bey S, de Saint Basile G, Gross F, Yvon E, Nusbaum P, Selz F, Hue C, Certain S, Casanova JL, Bousso P, Deist FL, Fischer A. Science. 2000 Apr 28;288(5466):669-72. doi: 10.1126/science.288.5466.669.

2.      A programmable dual-RNA-guided DNA endonuclease in adaptive bacterial immunity. Jinek M, Chylinski K, Fonfara I, Hauer M, Doudna JA, Charpentier E. Science. 2012 Aug 17;337(6096):816-21. doi: 10.1126/science.1225829.

3.       Pioneers of revolutionary CRISPR gene editing win chemistry Nobel. Ledford H, Callaway E. Nature. 2020 Oct;586(7829):346-347. doi: 10.1038/d41586-020-02765-9.

Laurent Delpy

Laboratoire CRIBL

Pourquoi certaines maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson n’ont pas de soin chimique permettant de supprimer totalement les symptômes, sans parler de guérir la maladie.

Cette question pose le problème majeur des maladies neurodégénératives, qui sont liées à la non capacité de régénération du cerveau. La perte de neurones, quelle que soit la voie, ou l’aire du cerveau concernée se traduit généralement par une perte irréversible de la fonction. Les traitements du futur seront peut-être à même de corriger cela. Mais c’est ainsi qu’évolue la maladie de Parkinson, et la perte d’efficacité du traitement à la L-DOPA. Véritable gain thérapeutique des années 1970; la lévo-DOPA ou L-DOPA, est une molécule précurseur de la dopamine. La dopamine, est le neuro-médiateur synthétisé par les neurones dopaminergiques qui contrôlent, entre autre, le tonus musculaire. Un neuromédiateur étant la molécule qui permet aux neurones de dialoguer entre eux. Dans le Parkinson, on observe une disparition progressive de ces neurones, et on donne aux patients de la L-DOPA par voie orale. Cette molécule, lorsqu’elle arrive dans le cerveau, est stockée par les neurones dopaminergiques pour être transformée en dopamine selon les besoins. Elle permet la prise en charge de la majorité des signes cliniques (l’akinésie, la rigidité et les tremblements). Elle permet un allongement significatif de la durée de vie du patient; mais progressivement, la maladie évoluant, et la perte des neurones dopaminergiques avançant, le patient perds en capacité de stockage et de transformation de la L-DOPA en dopamine, conduisant à une perte d’efficacité thérapeutique. Malheureusement, il n’est pas possible de donner directement de la dopamine aux patients par voie orale, car celle-ci n’arrive pas au cerveau. Concernant les traitements d’avenir, on évoque la thérapie cellulaire et l’utilisation de cellules souches, mais aussi l’utilisation de pompes intracrâniennes pour l’injection contrôlée non plus de L-DOPA, mais vraiment de la dopamine (projet DIVE).

Serge Battu

Laboratoire Captur

En quoi l’IA peut-elle permettre de créer de nouvelles molécules et élargir notre pharmacopée ?

Avant de répondre à cette question, il est important de redéfinir ce qu’est l’intelligence artificielle. C’est un vaste domaine dans lequel ont été développés des algorithmes permettant à la machine de « simuler l’intelligence humaine ». Il reste néanmoins à redéfinir certains aspects afin d’éviter de propager les grands fantasmes issus des univers de science-fiction. En pratique, et en simplifiant, dans un code informatique d’IA, la machine utilise les données pour améliorer elle-même son « interprétation » ou son « analyse » qui se traduit pour nous, en données de sortie.

 

En parallèle, il est important de noter que la pharmacopée est l’ensemble des matières premières à intérêt pharmaceutique ou médical, et non forcément un référencement des molécules.

 

En se focalisant sur la découverte/invention de nouvelles molécules, les outils d’IA disponibles permettent, à partir d’un grand, immense jeu de données initial, d’extraire des tendances pouvant apporter des explications donnant ce qu’on appelle un modèle. C’est d’autant plus important qu’humainement, quand les informations de départ sont trop nombreuses, il est difficile, voire impossible pour l’humain de ne pas s’imposer un biais d’interprétation, même inconsciemment.

 

Le but ultime des modèles d’IA dans le domaine de la « Drug Discovery » est avant tout d’être prédictif, i.e., d’être capable de connaitre à l’avance l’effet que pourrait avoir, par exemple une molécule, sur une cible donnée. Profitant des évolutions de ces dernières décennies concernant la puissance des ordinateurs, et surtout des superordinateurs, il est tout à fait possible d’envisager que l’IA pourrait permettre d’inventer/concevoir de nouvelles molécules ayant un effet donné.

 

Cependant, à mon sens, l’IA ne permettra pas, concrètement d’inventer de nouvelles molécules pour élargir la pharmacopée. Elle peut suggérer, uniquement et c’est d’ores et déjà le cas, de nouvelles structures. Cependant, pour qu’une molécule et ses effets puissent être envisagée concrètement hors de la recherche fondamentale et donc pour une possible phase de R&D voire clinique, il y a de multiples et nombreux paramètres à considérer autre que l’effet attendu sur une cible. L’IA peut aujourd’hui, difficilement prédire tout ce qui fait que seule une infime quantité de molécules arrivent sur le marché en tant que médicament. Ce tout inclue les effets indésirables, le comportement de la molécule dans l’organisme (la pharmacocinétique), la possibilité de mettre en forme la molécule pour l’administrer à un patient (pharmacotechnie) etc…

 

Envisager que l’IA, seule, permettrait d’inventer de nouvelles molécules est particulièrement optimiste aujourd’hui. Cela relève plus de la science-fiction. Cependant, ça ne reste pas moins qu’ un outil incontournable et indispensable pour accompagner les disciplines de la recherche plus « classique ».

Définitions IA :

Dictionnaire Larousse

https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_artificielle

CNIL – https://www.cnil.fr/sites/default/files/atoms/files/cnil_rapport_garder_la_main_web.pdf

Florent Di Meo

Laboratoire IPPRITT

Les compléments alimentaires probiotiques, c’est quoi ?

Un complément alimentaire est une denrée alimentaire dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constitue une source concentrée de nutriment ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, seuls ou combinés, commercialisés sous forme de doses (Article 2 du décret N°2006-352 du 20 Mars 2006).

La présentation sous des formes galéniques classiquement utilisées pour les médicaments peuvent susciter une confusion dans l’esprit du consommateur. Ainsi, l’étiquetage des compléments alimentaires, leurs présentations et la publicité qui en est faite ne doivent pas attribuer à ces produits des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, ni évoquer ses propriétés (Article 8 du même décret).

Un probiotique est un microorganisme vivant, qui lorsqu’il est administré en quantité adéquate, exerce un effet bénéfique sur l’hôte.

Ces microorganismes sont souvent des bactéries (Lactobacillus par exemple) qui n’ont aucun effet pathogène pour la santé humaine.

Il ne faut pas confondre probiotiques et prébiotiques. Un prébiotique est une substance fermentescible qui possède un effet bénéfique sur la flore intestinale. Ce sont par exemple des oligosaccharides ou des fibres.

L’effet de ces microorganismes probiotiques pour la santé humaine serait multiple. En effet des études ont démontrés que plus la diversité bactérienne du microbiote est importante, plus la réponse immunitaire (suite à un vaccin par exemple) sera efficace. A contrario, une diminution de la charge bactérienne intestinale est associée à des effets délétères sur la santé et favorise le développement de diarrhées, de diabètes de type 2 ou d’autre maladie chroniques.

Le monde du micro-organisme est particulièrement complexe, et le microbiote intestinal propre à chacun. Par conséquent, les données issues de décennies de recherches sur l’efficacité des compléments alimentaires probiotiques dans la prévention et le traitement des maladies demeurent contradictoires, controversées et déroutantes. Certaines personnes seraient par exemple “hospitalières” par rapport à certaines bactéries probiotiques, tandis que d’autres non.

Dictionnaire de l’académie de pharmacie (https://dictionnaire.acadpharm.org/)

E. Gulliver et al. Review article: the future of microbiome-based therapeutics; Aliment Pharmacol Ther. 2022, 56 :192-208

Lloyd-Price J. et al. The healthy human microbiome. Genome Med. 2016. 8(1) 51 (doi: 10.1186/s13073-016-0307-y)

Marion Millot

Laboratoire Labcis

Les huiles essentielles sont elles bonnes pour la santé ? Peuvent elles remplacer certains médicaments ?

Les huiles essentielles sont des produits odorants d’origine végétale, généralement de composition complexe, obtenus soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par un procédé mécanique (expression à froid dans le cas de l’épicarpe de fruits de Citrus), soit par distillation sèche.

Présentes dans de nombreuses plantes appartenant notamment à quelques familles (par exemple Apiaceae, Asteraceae, Lamiaceae, Myrtaceae, Rutaceae), elles sont localisées dans des organes spécifiques (poils et canaux sécréteurs, poches sécrétrices).

Liquides à température ambiante, volatiles (différence avec les huiles fixes), elles sont constituées de nombreux composés. Pour une espèce donnée, la composition chimique de l’huile essentielle est variable (partie de la plante considérée, existence de chimiotypes, influence du cycle végétatif, du procédé d’obtention, de facteurs environnementaux…).

Les huiles essentielles sont utilisées principalement en parfumerie, dans les produits d’hygiène, dans les industries agro-alimentaires comme aromatisants, mais également en pharmacie !

Par définition, toujours très concentrées en substances actives, les huiles essentielles possèdent des activités pharmacologiques diverses, dont des propriétés antiseptiques marquées (par exemple cannelle, eucalyptus, girofle, lavande, sarriette, thym), spasmolytiques ou encore sédatives (par exemple angélique, basilic, camomille, girofle, mélisse, menthe, thym). Souvent irritantes, elles peuvent être toxiques (par voies externe et surtout interne), en particulier chez l’enfant, et sont donc à utiliser en thérapeutique avec prudence.

Plusieurs huiles essentielles sont inscrites à la Pharmacopée Européenne et il existe sur le marché, plusieurs médicaments contenant des huiles essentielles. A titre d’exemple, on peut citer le BALSOLENE® sous forme de solution pour inhalation (huile essentielle d’Eucalyptus et de Niaouli), le COQUELUSEDAL® sous forme de suppositoires (Huile essentielle de Niaouli 40 mg) ou encore l’huile essentielle de Lavande SCHWABE® (capsule molle, 80 mg) pour traiter l’anxiété.

 

Attention, l’utilisation d’huile essentielle en automédication entraine des approximations quant à la quantité utilisée et la forme d’utilisation (pure ou diluée dans une huile végétale). Or cette notion de quantité est primordiale en thérapeutique. Il faut donc utiliser les huiles essentielles avec précaution (surtout chez les personnes âgées et les jeunes enfants), toujours de façon diluée dans une huile végétale et en prenant si possible conseil auprès de votre pharmacien !

Dictionnaire de l’académie de pharmacie : https://dictionnaire.acadpharm.org/

Dictionnaire VIDAL 2022

Kalenba D. and A. Kunicka, Antibacterial and antifungal properties of essential oil, Curr Med Chem, 2003 (10) 813-829.

Vigan M. Essential oils: renewal of interest and toxicity. Eur J Dermatol. 2010, 20(6) 685-692.

Marion Millot

Laboratoire Labcis

On dit qu’il faut remettre régulièrement de la crème solaire. Est-ce parce que le soleil a une réaction chimique avec la crème qui fait qu’elle se détériore ou est-ce que c’est parce que la peau absorbe la crème ? Si je mets de la crème solaire 2h avant de sortir mais que je reste à l’ombre/à l’intérieur sera-t-elle toujours efficace au moment de l’exposition au soleil ?

Outre la protection apportée contre les coups de soleil, plusieurs études proposent également que les crèmes solaires seraient efficaces contre les dommages photo-induits sur l’ADN et ses conséquences (mélanomes, vieillissement, etc…). L’intérêt de la crème n’est donc pas uniquement d’éviter les brulures…

 

L’efficacité reste très fortement dépendante de l’application en termes de fréquence mais également de quantité. Il s’avère qu’en général nous n’appliquons pas suffisamment de crème solaire lors de son utilisation, induisant inexorablement à une baisse de l’efficacité. En moyenne, une étude (170) aurait suggéré que moins de 50% de la dose idéale soit appliquée sur la peau.

 

Les besoins de renouvellement de la crème sont liés à différents facteurs physico-chimiques. Une crème solaire reste une émulsion, c’est-à-dire un mélange à base de corps gras et d’huile. Selon les marques et produits, le composant majoritaire peut être soit l’un, soit l’autre. Quoiqu’il en soit, l’impact de l’eau est une composante importante, car que ce soit en se baignant, ou simplement en transpirant, la quantité de crème présente à la surface de la peau sera éliminée au fur et à mesure, et ceci, même si nous ne nous exposons pas directement au soleil ou si nous ne nous baignons pas.

 

De plus, par sa teneur en corps gras, la crème sera en plus petit à petit absorbé par la peau. Il existe de nombreux composés protecteurs différents au sein d’une même crème solaire, ayant des actions différentes contre les UVA/B et C. Certains auront une protection plus « physique », de type barrière permettant la diffusion des rayonnements dans toutes les directions, diminuant alors la quantité de rayons atteignant les couches cellulaires, plus profondes.

 

D’autres molécules auront la capacité d’absorber les rayonnements UVs, mettant alors la molécule dans un état dit « excitée ». Il est important de garder à l’esprit que la nature peut-être souvent vue comme une flemmarde. Si une particule a « trop d’énergie », alors, elle tendra a se stabiliser en restituant le trop plein d’une façon ou d’une autre. Dans les filtres chimiques aux UV, les molécules tendent à retourner à leur état stable, en éliminant le surplus sous forme de « vibrations », c’est-à-dire de chaleur. Bien sûr, pas suffisamment pour entrainer des brulures ! Par contre, il peut également arriver que certaines molécules subissent une transformation chimique à l’état excitée, on parle de photo-réactivité. Ceci peut alors modifier la molécule initiale, qui peut être transformée en une autre molécule qui ne possède pas nécessairement la capacité d’absorber les rayonnements.  Quoiqu’il en soit, ce type de phénomène doit être relativement mineur pour assurer l’efficacité d’une crème.

 

Pour résumer, il est important de se remettre de la crème toutes les 2h car :

Oui, il est possible que certaines réactions photo-induites dégradent petit à petit les composants filtrants mais surtout, il est important de rajouter la crème car, à la base, l’application est très rarement suffisante. Réappliquer permet de pallier un petit peu à ce manque. De plus, à l’ombre ou au soleil, la transpiration élimine petit à petit la crème présente sur la peau, diminuant la protection contre les UVs.

Isabelle Savoye. Exposition solaire, compléments alimentaires en antioxydants et risque de cancers cutanés dans la cohorte de femmes E3N.

Thèse d’Université, Santé publique et épidémiologie. Université Paris Saclay (COmUE), 2017. Français. NNT : 2017SACLS555.

 

Reich A, Harupa M, Bury M, Chrzaszcz J, Starczewska A. Application of sunscreen preparations: a need to change the regulations.

Photodermatol Photoimmunol Photomed. 2009;25(5):242–4.

 

Marie Lecureux. Modélisation électromagnétique pour le filtrage UV appliquée à la protection solaire.

Thèse d’Université, Optique / photonique. Ecole Centrale Marseille, 2014. Français. NNT : 2014ECDM0009.

Florent Di Meo

Laboratoire IPPRITT

Vous pensez qu’un jour on pourra réellement guérir les gens du cancer ?

Le cancer ou les cancers ? (source n°1)

Le mécanisme de cancérisation démarre avec une cellule dont l’ADN est fortement abimé. La lésion majeure de l’ADN conduit à une transformation de la cellule qui devient cancéreuse :

·        elle perd en partie son « caractère différencié » (ce qui la distingue des cellules d’un autre tissu ou organe ; une cellule du muscle n’a pas les mêmes propriétés qu’une cellule du cerveau),

·        elle acquiert la capacité d’échapper au processus de mort programmée (chaque cellule a une durée de vie limitée),

·        elle gagne la capacité à se diviser indéfiniment et elle perd sa capacité à être contrôlé par son environnement ce qui conduit à une multiplication anarchique,

·        elle fabrique des molécules qu’elle ne fabriquait pas jusqu’alors dont certaines provoquent l’angiogénèse c’est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, indispensables à l’irrigation de la tumeur et donc à son maintien et à son développement.

Dans certains cas, la cellule passe dans le sang ou la lymphe (un circuit constitué de vaisseau, parallèle à la circulation sanguine et présent dans tout le corps) et migre vers des endroits où elle s’installe donnant naissance à des métastases.

A noter que l’organisme dispose d’un système de surveillance et d’élimination des cellules cancéreuses : c’est le système immunitaire. Un système immunitaire défaillant ou épuisé favorise le développement des cancers.

 

Parce que le mécanisme de cancérisation est similaire pour les différents types de cellules composant l’organisme, il est d’usage de parler du cancer. Or, sur le plan médical, il existe de multiples formes de cancer en fonction de la localisation dans l’organisme (un cancer de la peau est différent d’un cancer du cerveau) et du type de cellule à l’origine du cancer. L’organisme comprend environ 200 types de cellules différentes ; chaque tissu et chaque organe comprend plusieurs types de cellules différentes pouvant être à l’origine de cancers différents. Par exemple, le « cancer de la peau » désigne tout autant le carcinome basocellulaire, le carcinome épidermoïde ou le mélanome, qui émanent de la transformation de types de cellules différentes. Pour répondre à la question posée, il est essentiel de parler des cancers et non pas du cancer.

 

Guérir du cancer (sources n°1, 2, 3)

Une guérison, c’est la disparition complète et définitive d’une maladie. En cancérologie, on parle de guérison dès lors que plus aucun signe de la maladie n’est détecté à l’issue d’une période, en général de 5 ans, de suivi de l’individu après la fin des traitements.

 

Guérir du cancer est une réalité, les données statistiques le montrent. L’Institut National du Cancer (INCA) indique sur son site qu’actuellement en France 1 cancer sur 2 se soigne. Mais les données statistiques montrent également que le taux de survie à 5 ans varie en fonction du type de cancer. Ainsi, en 2015, le taux de survie à 5 ans était de 93% pour le mélanome mais seulement de 11% pour le cancer du pancréas. Il est aussi important de prendre conscience que depuis de nombreuses années, le taux de survie à 5 ans augmente et le taux de mortalité tous cancers baisse tous les ans ; entre 2010 et 2018, le taux de décès a diminué tous les ans de 0,7% pour les femmes et de 2,0% pour les hommes. Ces données donnent de l’espoir qui est cependant terni par le constat que pour les adultes comme pour les enfants, la guérison du cancer va trop souvent de pair avec une qualité de vie amoindrie : 3 personnes sur 5 guéries d’un cancer déclaraient en 2015 avoir conservé des séquelles, en partie liées à la toxicité des thérapies anti-cancéreuses.

 

La recherche en cancérologie (sources n°1, 4, 5, 6)

Si de plus en plus de personnes guérissent du cancer, c’est notamment grâce à la recherche menée partout dans le Monde, y compris dans les laboratoires de l’Université de Limoges (CRIBL CNRS U7276 Inserm U1262, CAPTuR Inserm U1308, LABCiS, XLIM CNRS U7252). La recherche a permis de faire évoluer les techniques d’imagerie médicale et les tests en laboratoires (recherche de molécules « marqueurs » de cancer) qui apportent des solutions pour détecter précocement la présence d’un cancer ; le diagnostic précoce contribue à l’amélioration du taux de survie. La recherche en cancérologie a aussi permis de mieux comprendre le mécanisme de cancérisation et ensuite de proposer de nouvelles solutions thérapeutiques. A la chimiothérapie classique qui vise, grâce à l’administration de molécules, à détruire toutes les cellules qui prolifèrent dont les cellules cancéreuses, s’ajoute maintenant la chimiothérapie ciblée. La thérapie ciblée dispose actuellement de plus de 100 molécules qui détruisent uniquement les cellules cancéreuses sans toucher les autres cellules qui prolifèrent normalement dans l’organisme. La radiothérapie (irradiation des cellules) et la chirurgie ont aussi beaucoup évolué vers des méthodes beaucoup plus précises et moins invasives (qui impactent moins l’organisme). L’utilisation des thérapies ciblées ou précises devraient limiter leurs effets indésirables et réduire les séquelles médicamenteuses chez les patients.

 

De nombreuses autres solutions thérapeutiques sont à l’étude actuellement : les plus innovantes ciblent, non plus les cellules cancéreuses elles-mêmes, mais les vaisseaux sanguins des tumeurs ou les cellules du système immunitaire pour pallier leur défaillance ou régénérer leurs compétences anti-cancéreuses, comme la thérapie dite CAR-T cell. Cette thérapie révolutionnaire consiste à extraire les cellules du système immunitaire d’un individu atteint d’un cancer, à modifier in vitro (dans des tubes, en laboratoire) ces cellules de façon pérenne pour les rendre capables de reconnaitre et de détruire sélectivement les cellules cancéreuses, puis à administrer, en 1 unique injection, ces cellules modifiées. Les premiers résultats de traitement de malades avec cette thérapie CAR-T Cell viennent d’être publiés dans la revue scientifique Nature et sont encourageants.

 

Soigner un jour tous les cancers : rêve ou réalité ?

Les médecins oncologues disposent déjà d’un arsenal thérapeutique important qui permet la guérison d’1 cancer sur 2 en France. La recherche en cancérologie est extrêmement active et propose de nouvelles pistes thérapeutiques prometteuses qui associées à un diagnostic très précoce permettent d’envisager la possibilité de soigner, un jour, tous les cancers.

1)      site de l’Institut National du CAncer (INCA) de France : ce site est une mine d’informations fiables sur le cancer. A consulter sans modération !  https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer

2)      site du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lyon pour la définition claire de « guérison » en cancérologie : https://www.chu-lyon.fr/cancer-demeler-le-vrai-du-faux

3)      dossier pour tout savoir sur « Cancers de l’enfant, les promesses de la recherche » dans la revue Sciences & Santé de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), en accès libre en ligne sur : https://fr.calameo.com/read/005154450288d807ad9d3

4)      revue très récente en anglais sur les innovations thérapeutiques en cancérologie (pas d’équivalent en français) : Sharma P et collaborateurs, Medical Oncology (2022), vol 39 : p76, éd Springer, en accès à priori libre sur https://doi.org/10.1007/s12032-022-01677-0

5)      dossier sur l’immunothérapie, y compris la thérapie CAR-T cell dans le cancer, préparé par l’Inserm : https://www.inserm.fr/dossier/immunotherapie-cancers

article prépublié le 10 novembre 2022 par la revue Nature, en anglais, présentant les résultats de l’essai de thérapie CAR-T cell sur des patients atteints de cancer : Foy SP et collaborateurs, Nature (2022), https://doi.org/10.1038/s41586-022-05531-1 . L’information peut être lue dans certains quotidiens français.

Anne Druilhe

Chercheuse de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), spécialisée en physiopathologie animale, discipline qui s’attache à décrypter les mécanismes conduisant d’un état sain à un état malade

Est ce qu’on trouvera un moyen de prévention efficace afin que la maladie ne puisse pas se développer ?

Préambule

Répondre à la question en parlant de toutes les maladies n’est pas envisageable. La question faisant suite à une question sur le cancer, j’ai imaginé que les deux questions avaient été posées par la même personne. J’ai donc pris la liberté de parler des moyens de préventions efficaces afin que le cancer ne se développe pas.

 

Causes des cancers (source n°1)

Au cours de leur vie, les cellules de l’organisme subissent des lésions de leur ADN qui sont prises en charge par la cellule ; l’ADN lésé est réparé par le système de réparation que possède la cellule. Le mécanisme de cancérisation démarre avec une cellule dont l’ADN est fortement abimé et qui n’est pas réparé. La lésion majeure de l’ADN conduit à une transformation de la cellule qui devient cancéreuse. Contrairement à la cellule saine qui a une durée de vie limitée et est détruite suite à la mise en place d’un processus de mort programmée, la cellule cancéreuse échappe à ce processus. Elle échappe aussi au contrôle de sa multiplication par son environnement ce qui conduit à une prolifération anarchique. La transformation conduit aussi la cellule cancéreuse à produire des molécules qu’elle ne fabrique pas normalement et qui la distingue des cellules saines. Le système immunitaire surveille en permanence l’organisme et reconnaît les molécules anormalement produites et détruit les cellules cancéreuses qui les portent.

 

La cellule est donc fortement contrôlée. Pour qu’un cancer se développe, il est nécessaire que plusieurs facteurs agissent de concert en favorisant l’apparition des lésions de l’ADN tout en limitant ou en empêchant le bon fonctionnement des systèmes de contrôle. Les facteurs qui favorisent l’apparition du cancer sont de 2 types : facteurs externes et facteurs internes.

 

Plusieurs facteurs externes ont été identifiés ; ils sont liés à l’environnement dans lequel évolue l’individu (rayonnements solaires ou nucléaires, certaines bactéries et virus, exposition professionnelle à des produits cancérogènes comme l’amiante,…) ou à son mode de vie (tabac, alcool, alimentation, surpoids,…). Les 2 facteurs internes connus sont l’âge et l’hérédité. Le vieillissement a un effet majeur ; même si les cancers apparaissent à tout âge, ils sont beaucoup plus fréquents après 60 ans ce qui est expliqué par un cumul des agressions externes subies par les cellules et probablement une moindre efficacité des systèmes de réparation cellulaire et du système immunitaire. Dans moins de 10% des cancers, l’hérédité, appelée aussi prédisposition génétique, joue un rôle. Dans ce cas, la personne qui porte la prédisposition à un cancer a plus de risque de développer le cancer en question que les autres, parce que, à sa naissance, cette personne contient des cellules dont l’ADN présente des petites lésions héritées de leurs parents. Lors du vieillissement et en fonction de l’exposition aux facteurs externes, ces petites lésions précancéreuses peuvent évoluer vers des lésions majeures de l’ADN, mettant en branle le processus de cancérisation.

 

Les moyens de prévention (sources n°1, 2,  3, 4, 5)

Prévenir une maladie, c’est agir afin de diminuer la probabilité de survenue de la maladie en question ou de ses conséquences. Trois niveaux de prévention sont classiquement distingués : la prévention primaire qui cherche à éviter l’apparition de la maladie, secondaire qui vise à diagnostiquer et traiter précocement la maladie, et tertiaire dont l’objectif est de limiter les conséquences de la maladie dans le domaine social et psychoaffectif. Dans le cas des cancers, compte tenu des séquelles physiques que ressentent de nombreuses personnes guéries, nous traiterons dans la prévention tertiaire des moyens pour limiter les séquelles physiques.

 

La prévention primaire des cancers s’adresse aux facteurs qui causent, favorisent le développement de la maladie et donc aux facteurs externes connus qui sont tous évitables. Ainsi en ne fumant pas, en limitant sa consommation d’alcool, en évitant de s’exposer trop au soleil, en ayant une alimentation saine, en surveillant sa prise de poids, en ayant une activité physique adaptée, en se faisant vacciner contre les agents infectieux à risque lorsque le vaccin existe (cas des vaccins contre l’hépatite B et contre le papillomavirus, responsables pour le premier de cancers du foie et pour le second des cancers du col de l’utérus)… les scientifiques estiment que 40% des cancers pourraient être évités.

 

Il n’existe pas de moyens de prévention primaire qui s’adressent aux facteurs internes, qui sont inévitables. Par contre, les moyens de prévention secondaire sont efficaces pour les personnes exposées aux facteurs internes ; en effet plus un cancer est repéré tôt, avant qu’il n’évolue, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison. C’est ce constat qui conduit les pouvoirs publics à déployer des campagnes de dépistage ou une détection précoce pour les individus à risque (personnes âgées, membre d’une famille avec prédisposition génétique,…) et pour les cancers les plus fréquents. Le dépistage consiste à recherche un signe de la présence d’un cancer sur un individu qui se sent en bonne santé ; il existe 3 programmes de dépistage organisés en France qui concernent le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus. La détection précoce s’adresse à des individus présentant des signes d’alerte ; on parle par exemple de détection précoce pour le cancer de la peau.

 

Pour éviter les séquelles physiques, psychoaffectives et sociales, il existe des moyens de prévention tertiaires. Les séquelles physiques résultent en partie de l’utilisation de traitements efficaces contre le cancer mais toxiques pour le reste de l’organisme. La recherche en cancérologie a permis de développer des traitements ciblant uniquement les cellules cancéreuses sans altérer les cellules environnantes et des méthodes chirurgicales moins invasives (qui impactent l’organisme de façon minime). En France, les associations de malades, Fondation pour la recherche sur le cancer et La ligue contre le cancer, oeuvrent quotidiennement pour améliorer la qualité de vie des malades à travers l’accompagnement individuel psychologique, juridique, financier… et les campagnes de communication vers le grand public. Ces actions contribuent à limiter les effets psychoaffectifs et sociaux.

 

Les défis à relever dans la prévention

Il existe différents moyens de prévention qui sont efficaces pour les individus qui les appliquent : hygiène de vie, vaccination, dépistage. Pour que ces moyens de prévention soient efficaces à l’échelle de la population française, le défi de taille est de faire adhérer la population aux principes de précaution. Il faut également faire évoluer le regard de la population sur le cancer, encore trop souvent considéré comme incurable, ce qui explique en partie les conséquences sociales. L’amélioration de la prévention passera aussi par une recherche active sur les causes des cancers et sur le développement :

–         d’imagerie médicale performante pour repérer les petites masses tumorales,

–         de tests pour détecter dans le sang, dans la salive, dans les urines, dans les selles la présence de « marqueurs » très précoces des cancers,

–         et de thérapies ciblant exclusivement les cellules cancéreuses.

1)      site de l’Institut National du CAncer (INCA) de France : ce site est une mine d’informations fiables sur le cancer. A consulter sans modération ! Le site propose aussi de faire le test « réduire vos risques de cancer » ; oserez-vous ?

https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer  

https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/Reduire-vos-risques-de-cancer-faites-le-test

2)      article dans la revue Cairn sur la gérontologie qui donne une définition claire de la prévention en santé, en libre accès sur : https://www.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe-2008-2-page-11.htm

3)      dossier pour tout savoir sur « Cancers de l’enfant, les promesses de la recherche » qui fait état des séquelles,  dans la revue Sciences & Santé de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), en accès libre en ligne sur : https://fr.calameo.com/read/005154450288d807ad9d3

4)      site de Fondation pour la recherche sur le cancer (ARC) : https://www.fondation-arc.org/la-fondation-arc

site de la Ligue contre le cancer (La ligue) : https://www.ligue-cancer.net/

Anne Druilhe

Chercheuse de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), spécialisée en physiopathologie animale, discipline qui s’attache à décrypter les mécanismes conduisant d’un état sain à un état malade

Arrivera-t-on à cloner uniquement des organes pour une transplantation ?

Une des réponses à cette question tient en un mot; ou un acronyme plus exactement : hiPSC: pour human induced Pluripotent Stem Cells; ou cellules souches humaines pluripotentes induites. Qu’est-ce qu’une cellule souche? C’est une cellule qui a pour fonction spécifique de donner par division et par un processus de différenciation, les cellules qui constituent votre organisme. Par exemple, une cellule souche au niveau de l’intestin, va permettre le renouvellement de l’organe. Une cellule souche musculaire finira par donner une cellule du muscle etc… Les cellules souches pluripotentes sont des cellules présentes dans la blastula, une des toute premières étapes de notre développement embryonnaire. Elles sont à l’origine de tous nos tissus et organes. Depuis maintenant environ 15 ans, il est possible en prélevant des cellules de l’épiderme, des fibroblastes, d’induire chez ces cellules un processus de dédifférenciation pour les retransformer en cellules souches pluripotentes ! On transforme une cellule adulte, en une cellule de l’embryon! C’est un outil formidable dont les applications sont multiples. Une des futures applications concerne la greffe d’organe comme par exemple, une greffe du foie. On prélève quelques cellules de la peau du patient, que l’on transforme en hiPSC. Il existe plusieurs stratégies possibles selon l’origine de la pathologie et selon le mode de production. Par exemple, si la pathologie est d’origine génétique, il est possible de corriger le défaut dans les cellules hiPSC. Ces cellules sont alors utilisées pour le développement, soit in-vitro, soit in-vivo, d’un nouveau foie, dépourvu du défaut initial et totalement compatible avec le receveur, puisque le donneur et le receveur sont la même personne. Nous sommes qu’au balbutiements de cette technologie, on parle d’organoïdes par exemple, c’est-à-dire de mini-organes, mais qui sont déjà un support majeur d’étude des pathologies ou de la recherche pour de nouveaux traitements.

Serge Battu

Laboratoire Captur

Pourquoi la disparition programmée des herboristeries (au contraire de l’Allemagne) ?

La délivrance du diplôme d’herboriste a cessé depuis la loi du 11 septembre 1941, confirmée et validée par une ordonnance du 23 Mai 1945.

L’herboriste était un praticien d’une profession de santé anciennement régie par la loi du 21 germinal an 11, consistant à vendre au public des plantes ou parties de plantes médicinales, indigènes, et dépourvues de toxicité ainsi que certains mélanges. Des associations militent auprès des pouvoirs publics pour le rétablissement du diplôme d’herboriste et la reconnaissance de cette profession. Une proposition de loi allant dans ce sens a été présentée au sénat le 12 Juillet 2011. Une enquête public a été réalisée et les différents professionnels du secteur ont été entendus (petit producteur de plantes médicinales, école de plantes, enseignants chercheurs, pharmaciens,…)

Au niveau européen, il est rare que le statut de l’herboriste soit précisément encadré comme s’il s’agissait d’une profession réglementée. Lorsqu’il existe, le statut est parfois obsolète, L’absence de normes particulières à la profession laisse alors assez flou son statut juridique, ce qui motive des demandes récurrentes de reconnaissance de la part d’organisations professionnelles plus ou moins fortes et structurées.

En Allemagne, le métier d’herboriste tel qu’il est conçu en France peut être assimilé au Heilpraktiker, littéralement guérisseur, dont la profession est réglementée par la loi du 17 janvier 1939 sur l’exercice de la médecine sans titularisation.

L’activité de Heilpraktiker couvre le fait de soigner, de soulager ou de prévenir les maladies et les douleurs au moyen de fleurs, de racines ou de feuilles de plantes médicinales, de composants végétaux tels que des huiles essentielles ou de préparations de plantes médicinales telles que des extraits secs, des teintures ou jus pressés.

 

Il n’existe pas de formation de Heilpraktiker reconnue par l’État allemand. Pourtant, ils sont estimés aujourd’hui à plus de 40 000 en Allemagne. D’après la presse, le décès en juillet 2016 de trois patients ayant suivi une thérapie contre le cancer dans un cabinet de guérisseur en Rhénanie du Nord-Westphalie, a conduit le ministre fédéral de la santé à se prononcer pour une révision du cadre de la loi de 1939, tandis que la ministre de la santé de Rhénanie du Nord-Westphalie a exigé que la formation des guérisseurs soit contrôlée et structurée par l’État. La société pour la phytothérapie soutient une initiative visant à créer au sein des universités publiques allemandes des instituts de recherche et des chaires de phytothérapie.

https://www.senat.fr/rap/r17-727/r17-72712.html

Marion Millot

Laboratoire Labcis

Que faut-il penser de la vaccination de masse pour les maladies sinon bénignes du moins peu graves, comme la grippe saisonnière et autres ?

La grippe est une maladie virale qui en France, chaque année, touche 2 à 6 millions de personnes avec 9’000 décès en moyenne et dans le monde de  5 millions de cas graves et entre 290’000 et 650’000 décès 1. L’ampleur de l’épidémie varie chaque année en fonction de la sévérité du virus. L’efficacité du vaccin contre la grippe dépend de l’adéquation entre la formule du vaccin élaborée et la nouvelle forme annuelle du virus. En effet, le virus peut évoluer entre la conception annuelle du vaccin et le début de l’épidémie en fin d’année ce qui conditionne l’efficacité du vaccin.

En France, la Haute Autorité de Santé est consultée pour chaque nouvelle politique vaccinale. En général, les campagnes de vaccination s’adressent d’abord aux personnes les plus à risques ou celles les plus exposées. Pour la grippe elle est recommandée à toutes les personnes de 65 ans et plus, aux femmes enceintes, aux personnes atteintes de maladies chroniques ou immunitaires et au personnel soignant2.

Selon les maladies, les campagnes peuvent être plus restreintes, comme la vaccination contre la tuberculose (BCG) recommandée pour les enfants et personnels soignants, ou plus larges comme l’a été la vaccination COVID-19 recommandée pour tous, avec une priorisation pour les personnes à risques ou très exposées et les onze vaccinations obligatoires pour les enfants.

Le principe qui prévaut est celui du rapport bénéfique/risque à la fois pour les individus et la collectivité. Les résultats des essais cliniques préalables à chaque campagne de vaccination peuvent par exemple orienter vers des profils de personnes qui supportent mieux la vaccination ou plus sensible face au pathogène.  Les vaccinations massives permettent d’éradiquer des virus à condition de maintenir une très haute couverture vaccinale. Ce type de campagne peut laisser craindre des possibilités d’effets secondaire.

Comme pour tous les médicaments, les vaccins font l’objet d’une surveillance accrue à travers la pharmacovigilance qui analyse tous les signalements de trouble suivant la prise d’un médicament, analyse leur fréquence dans la population générale et détermine si il peut être un évènement indésirable trop rare pour être observé en essai clinique3. Les autorités de Santé en tiennent compte pour arrêter des recommandations ou obligations vaccinales.

L’existence d’effets secondaires importants a été avérée par exemple pour les enfants après la campagne de vaccination contre H1N1 en 2013 (rares cas de narcolépsie chez l’adolescents) ou celui de la dengue en 2016 qui aggravait les infections chez les personnes vaccinées 4

1. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/grippe.

2. https://vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Grippe.

3. https://www.rfcrpv.fr/missions/.

Thomas Jové

Ingénieur de recherche INSERM depuis 2018

Il travaille dans l’unité RESINFIT (Institut OmegaHealth) sur les aspects génétiques de la résistance des bactéries aux antibiotiques en particulier dans l’environnement

Quel est le meilleur sport pour la santé ?

Avant de répondre à cette question, je tiens à rappeler que les bénéfices pour la santé de la pratique régulière d’une activité physique sont avérés, quels que soient l’âge et le sexe. Pourtant, moins de la moitié des Français âgés de 15 à 75 ans atteignent un niveau d’activité physique favorable à la santé.

Il est important de souligner que les relations entre l’activité physique et la sédentarité sont complexes. Pour agir sur l’état de santé, il faut agir sur les deux, à la fois augmenter le niveau de l’activité physique et limiter la sédentarité.

J’ai choisi de répondre à votre question en me posant moi-même des questions et en cherchant à y répondre :

 

Quel est le meilleur sport pour le corps humain ?

Il s’agit de sports qui jouent sur les capacités cardiaques, qui font travailler le cœur et permettent de le maintenir en forme. On retrouve principalement la marche, la course à pied, le vélo, la natation, l’aviron.

 

Quel est le sport le plus complet ?

La natation est considérée comme le sport le plus complet et constitue une excellente option pour faire de l’exercice tout au long de l’année.

 

Quel est le meilleur sport pour vivre longtemps ?

Une étude a révélé une réduction de 47 % du risque de décès prématuré pour les personnes qui pratiquent un sport de raquette.

 

En conclusion, quel sport tous les jours ?

Des exercices au poids de corps, de la marche, des étirements, de la gym douce, du jogging ou de la natation. L’Organisation Mondiale de la Santé préconise un minimum de 10 000 pas ou 20 minutes d’activité physique par jour.

 

Bertrand Liagre

Laboratoire Labcis

Découvre-t-on de nouveaux moyens de soigner ?

En effet, le domaine de la santé bénéficie du développement des nouvelles technologies apportant continuellement de nouveaux outils thérapeutiques (1). Sans être exhaustif on peut citer par exemple, l’utilisation de la robotique qui se généralise pour les interventions chirurgicales. Egalement, les imprimantes 3D et les biomatériaux qui permettent de créer des prothèses sur mesure adaptée à chaque patient (2). A cette médecine de précision, on peut aussi ajouter le domaine de la e-santé qui permet le suivi des patients grâce aux technologies connectées. D’un point de vue génétique et immunologique, les avancées technologiques permettent désormais de mettre au point des thérapies ciblées. On peut notamment corriger un gène par thérapie génique, utiliser des petits ARN appelés « ARN interférents » pour empêcher la production d’une mauvaise protéine (comme par exemple une protéine provoquant des dépôts dans le cœur dans le cas de l’amylose). La vaccination massive contre la Covid a aussi mis en évidence la rapidité de développement de vaccins en utilisant les stratégies à ARN messagers. En cancérologie, les stratégies d’immunothérapies basées sur l’injection d’anticorps ciblant spécifiquement la tumeur sont désormais largement utilisées pour éliminer les cellules cancéreuses en épargnant les cellules saines. De même l’immunothérapie à base d’anticorps permet de « réveiller » notre système immunitaire pour mieux lutter contre les cancers. Enfin, on peut aussi récupérer les cellules immunitaires d’un patient atteint de cancer pour les modifier génétiquement afin de reconnaitre plus efficacement sa tumeur, et ensuite les réinjecter chez le malade pour soigner son cancer (3). Pour conclure, les technologies pour la santé permettent d’améliorer grandement les soins apportés aux malades.
1.      https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/38509-nouvelles-technologies-sante

2.      https://www.primante3d.com/prothese-oeil-30112021/

3.      Les CAR-T cells, des cellules tueuses spécifiques d’antigènes tumoraux. Véronique Catros. Médecine/Sciences, Volume 35 / No 4 (Avril 2019), pages 316-326.

Laurent Delpy

Laboratoire CRIBL

Où sommes-nous au niveau du vaccin contre le VIH ? Pourquoi on a réussi à faire un vaccin COVID en peu de temps, alors qu’on traine par rapport au VIH ?

Les virus se comportent comme des parasites de cellules : pour se reproduire, ils rentrent dans des cellules humaines et les obligent à produire d’autres copies du virus jusqu’à la mort de la cellule qui entraîne le relargage de nombreuses autres particules de virus capables à leur tour d’infecter des cellules.

Les vaccins fonctionnent en exposant le système immunitaire à une forme inoffensive du virus (un virus atténué, une protéine mimant la surface du virus ou plus récemment, un ARN mimant un virus) pour qu’il prépare des cellules de défense immunitaires et puisse agir d’autant plus efficacement en cas d’infection par la forme pathogène du virus.

Le virus du SIDA s’attaque spécifiquement aux cellules du système immunitaire, les globules blancs, qui sont celles qui fabriquent les anticorps. De plus, selon un mécanisme encore mal connu, ce virus intègre son information génétique dans un chromosome de la cellule qui est alors utilisée pour produire d’autres particules de virus. Enfin le virus du SIDA mute et peut même se « transformer » par recombinaison comme le fait le virus de la grippe.  Ces raisons font que le SIDA n’est pas une maladie immunisante, c’est-à-dire que de l’avoir contractée et d’en avoir guéri ne protège pas d’une autre infection.

Ces propriétés rendent plus difficile la conception d’un vaccin contre ce virus3. Néanmoins beaucoup de programmes de recherche de vaccins contre le SIDA ont été lancés mais aucun ne s’est avéré suffisamment efficace à ce jour (25% pour l’essai Imbokodo en 2021, 31% pour l’essai Thai en 2020). Néanmoins une étude parue cette année a montré qu’il était possible chez la souris, en utilisant la technologie CRISPR, de faire produire des cellules immunitaires anti-SIDA ce qui ouvre la voie à des vaccins thérapeutiques1.

Le virus du SARS-CoV-2 responsable de la maladie du COVID n’intègre pas son information génétique, ne cible pas les cellules immunitaires et mute beaucoup moins que le virus du SIDA. La conception d’un vaccin contre ce virus était donc relativement plus simple d’autant que ce virus appartient à une famille de virus, les coronavirus, qui sont maintenant bien connus2. En revanche, ce virus est beaucoup plus contagieux que le virus du SIDA si bien que sa propagation et ses conséquences sur la Santé Publique peuvent être très spectaculaires, comme nous l’avons connu en 2020. Cette contagiosité implique des gestes barrières plus contraignants (port du masque, gel hydroalcoolique, distanciation sociale voire confinement) que pour le SIDA contre lequel le meilleur outil de prévention est le port de préservatifs, éventuellement combiné à certains traitements préventifs pour les personnes davantage exposées3.

1. Nahmad, A. D. et al. In vivo engineered B cells secrete high titers of broadly neutralizing anti-HIV antibodies in mice. Nat Biotechnol 40, 1241–1249 (2022).

2. Feraoun, Y., Maisonnasse, P., Le Grand, R. & Beignon, A.-S. COVID-19, des vaccins à la vitesse de l’éclair. Med Sci (Paris) 37, 759–772 (2021).

3. Barré-Sinoussi, F. L’infection VIH/sida : l’histoire exemplaire d’une épidémie qui résiste. Med Sci (Paris) 34, 499–500 (2018).

Cf aussi : Magazine Transversal édité par le Sidaction, avec beaucoup d’informations simples d’accès sur le SIDA (https://transversalmag.fr/

Thomas Jové

Ingénieur de recherche INSERM depuis 2018

Il travaille dans l’unité RESINFIT (Institut OmegaHealth) sur les aspects génétiques de la résistance des bactéries aux antibiotiques en particulier dans l’environnement

On a réussi le séquençage du génome humain : cela peut-il ouvrir la voie à de nouvelles thérapies , anti-cancers notamment ?

Le séquençage du génome humain (sources n°1 et 2)

Le monde vivant repose sur l’utilisation d’une molécule particulière, un acide nucléique, qui prend en général la forme d’un acide désoxyribonucléique ou ADN. L’ADN est composé de 4 éléments de base appelés A, T, G, C, qui s’enchainent dans un ordre particulier. Certains enchainements d’éléments de base constituent un code que la cellule sait lire et qui lui permet de fabriquer une protéine ; la protéine fabriquée peut avoir différentes fonctions et servir de briques de structure cellulaire, d’enzymes (capable de couper ou d’assembler des peptides, des lipides, des glucides), de transporteurs, de récepteurs… Les enchainements qui forment un code s’appellent des gènes. Les gènes sont séparés par des éléments de base qui s’enchainent mais sans former de code et que l’on appelle séquences non codantes. Les scientifiques s’accordent à dire que les séquences non codantes jouent un rôle, qu’il reste à bien préciser, dans le fonctionnement normal des cellules.

 

Au total l’ADN humain contient un peu plus de 3 milliards d’éléments de base, que l’on appelle génome. Le génome contient environ 20 000 gènes ce qui représente 2% des 3 milliards d’éléments de base. L’ADN dans une cellule n’est pas composée d’une molécule unique. Dans la plupart des cellules qui constituent l’organisme humain, il y a 46 molécules d’ADN appelées chromosomes ; 22 molécules sont présentes en 2 exemplaires identiques (23 paires de chromosome) auxquelles s’ajoutent soit 2 chromosomes dits X dans les cellules des femmes ou 1 chromosome X et un dit Y (différent du X) chez les hommes. Les gènes et les séquences non codantes se répartissent sur l’ensemble des chromosomes.

 

Le séquençage du génome humain permet d’établir l’enchainement des éléments de base dans chaque chromosome. En 2003, les scientifiques du projet Génome humain annonçaient avoir achevé le premier séquençage du génome humain… ce qui n’était pas tout à fait vrai puisqu’à l’époque près de 10% du génome, essentiellement des séquences non codantes restaient à séquencer. Le 31 mars 2022, la revue scientifique Science publiait un article dans lequel les auteurs indiquaient avoir réussi le séquençage complet d’1 génome humain… Là encore, pas tout à fait exact puisque la séquence complète du chromosome Y n’a toujours pas été résolue. Le séquençage a été possible grâce au développement parallèle de technologies dits de séquençage et à des outils informatiques capables de gérer une immense quantité de données.

 

Cancer et génome : actuellement (sources n°3, 4, 5, 6, 7)

Le mécanisme de cancérisation démarre avec une cellule dont la séquence de l’ADN est modifiée du fait de mutations (un élément de base remplacé par un autre) ou de pertes de parties de chromosomes. Ces lésions de l’ADN conduisent à la production de protéines anormales voire à l’absence de certaines protéines importantes ce qui perturbe fortement le fonctionnement de la cellule : celle-ci se transforme et devient cancéreuse. Elle se met notamment à proliférer de façon anarchique ; lors de la multiplication d’une cellule, les cellules qui en résultent ont le même ADN, incluant les mutations, que la cellule initiale et sont donc des cellules cancéreuses. La transformation conduit aussi la cellule cancéreuse à produire des molécules qu’elle ne fabrique pas normalement et qui la distingue des cellules saines ou qui lui permettent de pénétrer dans la circulation et de migrer vers d’autres endroits de l’organisme où la cellule cancéreuse va former des métastases (développement d’un cancer à distance du site d’origine). A noter que l’organisme dispose d’un système de surveillance et d’élimination des cellules cancéreuses : c’est le système immunitaire. Un système immunitaire défaillant ou épuisé favorise le développement des cancers.

 

Les traitements à base de molécules ou chimiothérapies ciblées visent à détruire les cellules cancéreuses sans affecter les cellules normales. Les chimiothérapies ciblées agissent en ciblant les anomalies engendrées par les lésions de l’ADN. Pour un même cancer, il arrive que la chimiothérapie soit moins efficace ou qu’elle produise des effets secondaires plus marqués chez certains individus. La différence de réponse à la chimiothérapie est en partie attribuée à des différences portant sur les lésions de l’ADN.

 

Les traitements les plus innovantes ciblent, non plus les cellules cancéreuses elles-mêmes, mais les cellules du système immunitaire pour pallier leur défaillance ou régénérer leurs compétences anti-cancéreuses, comme la thérapie dite CAR-T cell. Cette thérapie, encore à l’étude et très prometteuse si l’on en croit les derniers résultats publiés en novembre 2022, consiste à extraire les cellules du système immunitaire d’un individu atteint d’un cancer, à modifier in vitro (dans des tubes, en laboratoire) ces cellules de façon pérenne pour les rendre capables de reconnaitre et de détruire sélectivement les cellules cancéreuses, puis à administrer, en 1 unique injection, ces cellules modifiées.

 

En révélant les lésions de l’ADN des cellules cancéreuses, le séquençage donne accès à une meilleure connaissance des causes des cancers, ce qui permet d’envisager de nouvelles solutions thérapeutiques. De plus, le séquençage permet aussi de bien identifier, pour chaque individu, les anomalies présentes ce qui ouvre la porte à une chimiothérapie personnalisée, adaptée à chaque malade. La faisabilité de cette approche est démontrée ; un très bel exemple est celui de l’étude européenne sur les cancers pédiatriques MAPPYACTS à laquelle des équipes françaises ont contribué et qui a été publiée cette année dans la revue scientifique Cancer Discovery. Enfin, le séquençage est essentiel au développement des thérapies de type CAR-T cell.

 

Cancer et génome : le futur (sources n°1 et 8)

Le génome des cellules normales et des cellules cancéreuses n’a pas encore révélé tous ses secrets ; des preuves commencent à apparaitre montrant que les séquences non codantes pourraient jouer un rôle dans les mécanismes de cancérisation. Le séquençage de l’intégralité des séquences non codantes (à l’exception de celles du chromosome Y) pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans les thérapies anti-cancéreuses : celui des traitements agissant sur ces séquences.

1)      Un article dans le média de vulgarisation scientifique, The conversation, qui explique clairement ce qu’est le génome humain et en quoi consiste la découverte majeure du séquençage de la boîté noire du génome humain, en libre accès sur : https://theconversation.com/les-scientifiques-ont-complete-le-casse-tete-du-genome-humain-180630

2)      Autre article sur le même sujet que le précédent, mais un tout petit peu plus technique, en libre accès sur :  https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2022/06/msc220104/msc220104.html

3)      Les dossiers du site de l’Institut National du CAncer (INCA) qui expliquent les mécanismes de cancérisation et en quoi consiste la génomique des cancers et les perspectives qu’elle ouvre :  https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer et https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Comprendre-la-recherche

4)      Le site de France médecine génomique 2025, programme géré par l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) qui regroupe les grands acteurs de la recherche : https://pfmg2025.aviesan.fr/presentation/ . Le plan, rédigé en 2016, téléchargeable à partir du site présente également les perspectives de la médecine dite génomique.

5)      Un dossier sur l’immunothérapie, y compris la thérapie CAR-T cell dans le cancer, préparé par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) : https://www.inserm.fr/dossier/immunotherapie-cancers

6)      Un article prépublié le 10 novembre 2022 par la revue Nature, en anglais, présentant les résultats de l’essai de thérapie CAR-T cell sur des patients atteints de cancer : Foy SP et collaborateurs, Nature (2022), https://doi.org/10.1038/s41586-022-05531-1 . L’information peut être lue dans certains quotidiens français

7)      L’article sur le site de l’Institut Gustave Roussy, Villejuif, premier centre européen de lutte contre le cancer, montre, à travers un exemple concret, comment le séquençage du génome humain peut ouvrir la voie à de nouvelles thérapies : https://www.gustaveroussy.fr/fr/lespoir-de-nouvelles-therapeutiques-grace-au-sequencage-du-genome-tumoral

8)      Une revue de la littérature sur le rôle de certaines séquences non codantes dans le développement notamment des cancers, en accès libre sur : https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2014/08/medsci2014308-9p790/medsci2014308-9p790.html ; une revue en français pour compenser son ancienneté (2014).

Anne Druilhe

Chercheuse de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), spécialisée en physiopathologie animale, discipline qui s’attache à décrypter les mécanismes conduisant d’un état sain à un état malade

Comment fonctionne un antibiotique ?

Pour répondre à cette question, je vais prendre l’exemple de l’Amoxicilline, l’antibiotique le plus prescrit en France actuellement. Il fait partie de la famille des Béta-Lactamines où Pénicillines.

Pour comprendre ce mode d’action il faut examiner ce qu’est une bactérie en la comparant à nos propres cellules. Dans les deux cas vous allez trouver un milieu cellulaire, appeler cytoplasme dans lequel se trouve tous les éléments permettant la vie, et la multiplication de la cellule : ADN, ARN, protéines etc…. Une des différences majeures, dans le cas qui nous intéresse se situe au niveau de l’enveloppe de la cellule. Pour nous, qui somme composés de plusieurs milliards de cellules, chaque cellule est délimitée par une fine membrane composée de lipides et de protéines. Dans le cas des bactéries, qui ne sont composées que d’une seule cellule (être monocellulaire) directement exposé au milieu extérieur, cette membrane est complétée par une paroi externe, plus épaisse, constituée de lipide, de protéines et de glucides, constituant une sorte de coque protectrice. L’amoxicilline, va agir en s’associant à certaines protéines, des enzymes, qui ont pour rôle la fabrication de cette paroi. Cette liaison de l’amoxicilline va empêcher les enzymes bactériennes de fonctionner et de fabriquer cette paroi. Cela va fragiliser la bactérie et la tuer. Mais certaines bactéries développent des résistances aux antibiotiques, et aux pénicillines en particulier, en fabriquant des enzymes qui vont à leur tour casser la molécule de pénicilline. L’antibiotique ne peut alors plus se fixer et empêcher la synthèse de la paroi bactérienne. C’est pour cela que les antibiotiques, ce n’est pas automatique !

Serge Battu

Laboratoire Captur


Technologies


IRCER : les prothèses en céramique (grand progrès contre les rejets ?)

Le terme de rejet est n’est pas adapté dans le cadre des implants synthétiques. En effet, il fait référence aux réactions que l’organisme d’un receveur peut développer vis-à-vis d’un « transplant » (cœur, poumons, foie, reins) ou d’un « greffon » (cornée, moelle osseuse) venant d’un donneur. Afin de ne pas entraîner sa destruction complète, il sera nécessaire d’avoir recours, à vie, à un traitement immunosuppresseur. [1,2]

Les matériaux synthétiques utilisés pour faire des implants sont a minima biocompatibles, mais être « biocompatible » ce n’est pas être simplement non-toxique. Le matériau doit assurer une fonction, souvent structurelle ou mécanique, tout en n’induisant pas de réponse négative de la part des cellules et des tissus biologiques du patient. C’est donc l’ensemble de ces raisons qui amène à son choix. En revanche, si l’implant ne peut pas être rejeté par l’organisme du patient comme lors d’une greffe d’organes, il peut y avoir un échec de l’implant.

 

Dans le cas des substituts osseux, la pose d’un implant est une consolidation osseuse et l’échec de l’implant sera lié à un défaut d’osteointégration. L’ostéointégration est le processus de cicatrisation qui se met en place après implantation et qui dure plusieurs mois. Au cours de ce processus, les cellules du tissu osseux adhèrent à la surface du matériau, lequel présente une porosité propice à ce phénomène, conduisant au développement d’os à sa surface, on parle alors d’ostéoconduction.

Les substituts osseux étudiés à l’IRCER sont en céramique d’hydroxyapatite, un composé chimique très proche de la phase minérale des os. Utilisée en tant que substitut osseux depuis les années 80, l’hydroxyapatite a fait ses preuves. Elle est parfaitement reconnue par les cellules du tissu osseux et est ostéoconductrice. L’apport des travaux de l’IRCER dans le domaine de ces substituts se situe à deux niveaux.

D’une part, le savoir-faire en génie des procédés de mise en forme du laboratoire a permis en partenariat avec le Professeur Brie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Limoges d’élaborer des implants crâniens de grandes dimensions et sur-mesure par fabrication additive. Ces implants de composition très proche des os du crâne sont denses et présentent des macropores (quelques centaines de micromètres) à leur périphérie. Ces macropores permettent aux cellules osseuses de coloniser l’implant (ostéoconduction) à la jonction avec l’os natif du patient. Ainsi au bout de quelques mois l’implant est parfaitement intégré et est soudé aux os du crâne et donc d’assurer l’ostéointégration de l’implant.[3-5]

D’autre part, des études plus en amonts sont conduites à l’IRCER par l’équipe « Biocéramiques » afin de comprendre et stimuler les processus liés à l’ostéointégration, c’est-à-dire l’ostéoconduction et l’angiogenèse, processus de croissance de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants. En effet, il est essentiel d’alimenter les cellules osseuses. Pour se faire, le laboratoire affine la composition chimique des céramiques en hydroxyapatite en y ajoutant certains ions connus pour stimuler ces processus ou en modifiant la forme des macropores.[6,7]

En conclusion, les céramiques ne peuvent pas être rejetées par l’organisme. Les travaux aujourd’hui conduits à l’IRCER visent à améliorer l’ostéointégration des implants céramiques en hydroxyapatite en modifiant leur composition chimique et en utilisant les techniques de fabrication additive pour en optimiser l’architecture (forme de pores) et la forme (médecine personnalisée).

1.      https://www.dictionnaire-medical.fr/definitions/179-greffe/ (consultation le 17/11/2022).

2.      https://www.chu-poitiers.fr/pole-dune-nephrologie-hemodialyse-et-transplantation-renale/pole-coeur-poumons-vasculaire-dune-nephrologie-hemodialyse-et-transplantation-renale-definitions-definition-transplantation/ (consultation le 17/11/2022).

3.      « La fabrication additive : l’usine du futur », Livre « Voir l’Invisible », Edition du Puits Fleuri, 2019, pp. 110-111

4.      Thierry Chartier, Vincent Pateloup, Christophe Chaput. Obtention de pièces céramiques par fabrication additive. Les Techniques de l’Ingénieur, 2018, N4807, 1-27.

5.      Joël Brie, Thieery Chartier, Chirstophe Chaput, Cyrille Delage, Benjamin Pradeau, François Caire, Marie-Paule Boncoeur, Jean-Jacques Moreau. A new custom made bioceramic implant for the repair of large and complex craniofacial bone defects. Journal of Cranio-Maxillofacial Surgery, 41, pp. 403–407, 2013. DOI : https://doi.org/10.1016/j.jcms.2012.11.005

6.      Amandine Magnaudeix et Éric Champion. Développement de céramiques pour l’ingénierie tissulaire osseuse : de la synthèse de matériaux à l’évaluation biologique. Les journées de l’interdisciplinarité, Université de Limoges. URL : https://www.unilim.fr/journees-interdisciplinarite/301 ; DOI : 10.25965/lji.301

7.      Éric Champion, Chantal Damia, Patricia Pascaud-Mathieu, Amandine Magnaudeix. Les céramiques biomédicales. Arts et sciences. Numéro spécial : Formes vivantes. Volume 5, 2021/07/21. DOI : 10.21494/ISTE.OP.2021.0708 http://www.openscience.fr/Les-ceramiques-biomedicales

Thierry Chartier

LABEX ∑-LIM

Chantal Damia

Laboratoire IRCER

Pourquoi pour les IRM faut il une perfusion d’iode ?

L’IRM ou Imagerie par Résonnance Magnétique est un examen radiologique de plus en plus prescrit. Elle permet en fonction de la zone explorée de diagnostiquer ou suivre l’évolution de différentes pathologies. Ses principales applications sont le diagnostic d’AVC, de tumeurs cérébrales, le bilan de lésions du foie ou de la prostate, l’exploration de lésions ostéo-articulaires et bien d’autres. L’IRM est notamment très utilisée en pédiatrie car il n’utilise pas de rayons X contrairement au scanner ou à la radiographie.

Pour un examen IRM, différentes séquences sont utilisées en fonction de la pathologie à caractériser. Les principales séquences sont le T1, le T2, le FLAIR, le TOF qui permettent en fonction des champs magnétiques et des durées d’impulsion de faire varier la vitesse de mouvement des molécules d’eau des différents tissus. Grâce à l’impulsion du champ magnétique, les protons des molécules d’eau à l’intérieur des tissus sont déphasés. C’est le temps que mettent ces protons à revenir à leur point d’équilibre qui permet, grâce à des calculs mathématiques (transformée de Fourier), de générer des images. Contrairement au scanner qui utilise l’iode pour opacifier les vaisseaux, le produit de contraste utilisé en IRM est le Gadolinium, élément chimique faisant partie de la série chimique des lanthanides et des terres rares. Il n’y a cependant pas besoin d’injection pour voir les vaisseaux qui sont explorés grâce aux séquences dites “en temps de vol“ générées grâce à la vitesse du sang au sein des vaisseaux. Les produits de contraste avec gadolinium sont utilisés pour l’exploration de tumeur ou de processus infectieux notamment avec une prise de contraste de la lésion plus ou moins intense. Le produit de contraste gadoliné le plus utilisé est le Dotarem produit par le laboratoire français Guerbet.

1.    Kim HK, Lee GH, Chang Y. Gadolinium as an MRI contrast agent. Future Med Chem. 2018 Mar 1;10(6):639-661. doi: 10.4155/fmc-2017-0215. Epub 2018 Feb 7. PMID: 29412006.

2.    Huynh K, Baghdanian AH, Baghdanian AA, Sun DS, Kolli KP, Zagoria RJ. Updated guidelines for intravenous contrast use for CT and MRI. Emerg Radiol. 2020 Apr;27(2):115-126. doi: 10.1007/s10140-020-01751-y. Epub 2020 Jan 10. PMID: 31925592.

3.    Runge VM. Magnetic resonance imaging contrast agents. Curr Opin Radiol. 1992 Feb;4(1):3-12. PMID: 1739599.

4.    Wolf GL. Current status of MR imaging contrast agents: special report. Radiology. 1989 Sep;172(3):709-10. doi: 10.1148/radiology.172.3.2672095. PMID: 2672095.

Aymeric Rouchaud

Laboratoire XLIM

 

En quoi l’intelligence artificielle peut-elle apporter une avancée dans le diagnostic d’une pathologie ?

L’intelligence artificielle (IA) inclut plusieurs technologies dont la plus populaire aujourd’hui repose sur l’apprentissage. La machine apprend à diagnostiquer des pathologies en différenciant les données normales de celles anormales sur la base de règles qu’elle trouve toute seule. Elle cherche ainsi à mimer le comportement humain qui assoit sa prise de décision en se basant sur son expérience.

Si on montre à une IA un grand nombre d’exemples pathologiques et non pathologiques, on peut ainsi admettre que son expérience va être importante, et que la qualité de son diagnostic va être élevée. Elle permet potentiellement d’accumuler l’expérience de nombreuses personnes par apprentissage de ces cas cliniques, pathologiques ou non [1].

Elle permet également de voir des détails, des tendances, des indices dans des données médicales nombreuses, trop nombreuses pour être visibles à « l’œil nu ». Cela peut être des concentrations parfois subtiles dans des analyses sanguines, permettant de poser un diagnostic.

L’intelligence artificielle peut aussi nous indiquer les zones discriminantes dans les données, en d’autres termes, s’il faut privilégier telle ou telle analyse sanguine, ou telle ou telle modalité d’imagerie ou telle ou telle zone dans une image pour diagnostiquer une pathologie.

L’IA n’est pas capable de poser un diagnostic contextualisé pour chaque patient, ne pouvant travailler qu’avec un nombre de données figé. Elle ne sait pas exploiter les données cliniques en quantité variable d’un patient à l’autre recueillies par le médecin qui sait en outre en apprécier et en nuancer l’importance. Elle n’intègre souvent pas de méthodes de diagnostic explicite, non basée sur l’apprentissage, comme les médecins [2,3]. Elle n’est donc utilisée qu’en complément des diagnostics humains, en tant qu’outil d’aide à la décision.

 

[1] https://siecledigital.fr/2019/09/25/lia-peut-realiser-un-diagnostic-medical-avec-plus-de-precision-quun-humain/

[2] https://www.prevention-medicale.org/actualites-revues-de-presse-et-evenements/toutes-les-actualites/nouvelles-promesses-de-l-intelligence-artificielle-dans-le-diagnostic-medical

[3] https://france-science.com/lia-pour-le-diagnostic-medical-un-marche-en-croissance-exponentielle-mais-des-doutes-qui-restent-a-lever/

Frédéric Claux

Laboratoire XLIM

L’IRM est une solution d’imagerie médicale très utilisée en routine. Elle nécessite un champ magnétique fort de l’ordre du Tesla. Or, le champs magnétique terrestre est de l’ordre de 0,00005 tesla (50 microtesla). Il y a donc un facteur 1000000 (1 million) entre ces deux champs. Est-ce que l’impact du champs magnétique sur la santé est connu ? Quelles sont les études faites à ce sujet ?

Avant de parler des effets sur la santé des champs magnétiques en IRM, il faut rappeler qu’en opposition à l’imagerie par rayons X l’IRM est une imagerie non irradiante qui est basée sur un aimant au cœur du fonctionnement de l’appareil d’IRM. De par son côté non irradiant, l’IRM n’apporte aucun risque d’exposition aux radiations. Cependant en raison de l’utilisation d’un puissant aimant, l’IRM ne peut pas être pratiquée sur des patients porteurs de matériel implanté de type stimulateur cardiaque ou clip d’anévrisme intracrânien. Le risque étant le dérèglement de stimulateurs ou la mobilisation de matériaux ferromagnétiques.  Pour tout patient, il y a donc des procédures de vérification très strictes avant l’entrée dans l’IRM.

Concernant le champ magnétique de l’IRM il est pour la plupart des machines utilisées en France compris entre 1.5 et 3 Tesla. Des machines dédiées à la recherche peuvent même avoir des champs magnétiques de 7 T ou au-delà.  Le CMT est effectivement compris entre 33 000 et 70 000 nT. Le champ des IRM utilisées en pratique clinique est donc 100 000 fois supérieur. Cependant, les patients sont soumis à ce champ uniquement pendant la durée de l’examen qui excède rarement 20 minutes. Seules des études animales ont été réalisées et ont montré que l’exposition pour une durée limitée à des CM intenses comme les IRM n’ont jamais fait la preuve d’une quelconque toxicité sur l’organisme. L’IRM étant réalisée couramment depuis 1985 (40 ans bientôt !), sans qu’aucun effet préjudiciable n’ait été rapporté, permet d’affirmer la sécurité du champ magnétique. Une étude prospective sur ce sujet présenterait un problème éthique étant donné que ces outils d’imagerie contribuent à sauver des millions de vies.

Concernant les IRM à très haut champ (7T et au-delà) des études actuellement en cours rapportent des sensations d’inconfort transitoires tels que vertiges, étourdissements, fausses sensations de mouvement, nausées, nystagmus, magnétophosphènes et effets électrogustatifs qui sont plus fréquents et potentiellement plus prononcés à 7 T qu’à des intensités de champ plus faibles.

1. Safety Considerations of 7-T MRI in Clinical Practice. Michael N. Hoff, Alexander McKinney IV, Frank G. Shellock, Ulrich Rassner, Tobias Gilk, Robert E. Watson, Jr, Todd D. Greenberg, Jerry Froelich, and Emanuel Kanal. Radiology 2019 292:3, 509-518

Aymeric Rouchaud

Laboratoire XLIM

Comment fait-on pour compter les photons reçus lors d’examens d’imagerie cliniques ?

Pour un examen médical utilisant une onde lumineuse visible ou des rayons X, la mesure doit se faire à très faible flux. Cette situation résulte de l’atténuation de l’onde par les tissus ou/et de la limitation de la dose de radiation à laquelle on souhaite exposer le patient. Le flux lumineux à détecter atteint alors de très faibles niveaux conduisant à une détection en régime de comptage de photons. Un peu comme la pluie remplissant un réservoir, les échanges avec le détecteur sont quantifiés comme des gouttes. Chaque quantum est appelé un photon et a une énergie très faible de l’ordre de 10-19 J. C’est une énergie 10-19 fois plus faible que celle associé à une pomme élevée de 1m dans le champ de gravité terrestre ! Pour arriver à détecter une si faible énergie, le photon est utilisé pour générer une charge (le plus souvent un électron dans un matériau semi-conducteur). Le courant ainsi généré doit être amplifier par un facteur supérieur à un million pour devenir facilement observable. Chaque photon génère une impulsion électrique. Pour connaitre le flux lumineux observé il suffit donc de compter les impulsions.
https://www.photoniques.com › pdf › photon201364p52

https://www.youtube.com/watch?v=fmh0RQwP3uk

François Reynaud

Laboratoire XLIM

La 5G-quels risques pour la santé ?

Avant d’apporter des éléments de réponses à cette question, quelques spécificités de la cinquième génération de téléphonie mobile (5G) peuvent être notées.

En effet, la 5G n’est plus « simplement » un système de téléphonie mobile mais elle propose des utilisations dans un large panel d’applications tel que les domaines de la télémédecine, des media, des transports, de l’industrie de demain, etc.

L’apport technologique de la 5G s’appuie principalement sur le saut de performances proposé avec notamment, en comparaison à la 4G, une multiplication par 10 des débits de transmission et du nombre d’utilisateurs et une réduction par 10 des temps des réponses (latence du réseaux). Le déploiement de la 5G porte sur trois nouvelles bandes de fréquences à savoir 700 MHz, 3.5 GHz et prochainement la bande du 26 GHz.

Par rapport aux technologies actuelles, l’augmentation des usages et des équipements liés à la 5G pose toujours des questions sur l’impact énergétique et également sur l’exposition humaine.

En ce qui concerne l’exposition des individus aux signaux de la 5G, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié en 2021 un rapport d’expertise1,2 (actualisé en février 2022) sur les effets potentiels de la 5G sur la santé.

Les premières conclusions de ce travail d’expertise collective indiquent qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de preuve avérée d’effet sanitaire lié aux sources de champs électromagnétiques usuelles.

Concernant le déploiement de la 5G en particulier dans les bandes 3.5 GHz et 26 GHz, le rapport d’experts constate également le manque de données scientifiques.

Pour acquérir des nouvelles connaissances et répondre aux interrogations, 4 projets3 d’envergure sur les effets des ondes électromagnétiques de la 5G sur l’humain et l’environnement ont été lancés en 2022, dans le cadre du programme Horizon de l’Union Européenne ainsi que plusieurs projets soutenus par l’ANSES en France.

ANSES – Rapport d’expertise

[1] https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2019SA0006RA-2.pdf

[2]https://www.anses.fr/fr/content/5g-pas-de-risques-nouveaux-pour-la-sant%C3%A9-au-vu-des-donn%C3%A9es-disponibles

 

Europe – Projets européens

Environment and health (2021) (HORIZON-HLTH-2021-ENVHLTH-02)

[3]https://ec.europa.eu/info/funding-tenders/opportunities/portal/screen/opportunities/topic-details/horizon-hlth-2021-envhlth-02-01

Délia Arnaud Cormos

Laboratoire XLIM

Philippe Lévêque

Laboratoire XLIM

Peut on fabriquer des médicaments reposants sur des nanotechnologies ?

Les nanotechnologies et les nano-objets regroupent les techniques et les outils du monde de l’infiniment petit : le millionième de millimètre, 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu.

A l’échelle du nanomètre :

Virus 12-300 nm

Nanoparticules 0.01-100nm

Petit Liposomes : 10 nm

ADN : 2 nm

 

Travailler à une telle échelle ouvre d’énorme perspectives dans de nombreux domaines tels que l’informatique, la cosmétique, l’énergie…

La définition des nanotechnologies repose sur une notion commune de dimensions, il s’agit toutefois d’une famille très hétérogène en termes de nature des matériaux mis en œuvre.

Par exemple :

–         les nanotubes de carbone confèrent légèreté et résistance à des articles de sport,

–         les nanoparticules d’oxyde de silicium renforcent la brillance des vernis,

–         les particules de dioxyde de titane améliorent la filtration des UV dans les crèmes solaires

–         les liposomes entrent dans la  formulation de crèmes hydratantes…

 

La santé et la médecine n’échappent pas à cette dynamique :

 

La biologie humaine est un domaine d’application idéal pour les nanotechnologies.

Elles vont permettre de structurer des assemblages moléculaires destinés à interagir, traiter ou reconstituer un tissu ou un organe particulier dans le corps humain.

Le potentiel des nanotechnologies permet d’envisager la miniaturisation de dispositifs et le développement de nouveaux outils de diagnostic in ou ex vivo.

 

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière le formidable potentiel de cette approche dans le domaine de la santé à travers le développement des deux principaux vaccins à ARN messager contre le SARS-CoV‑2 : le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNtech et le vaccin Spikevax de Moderna.

La partie « nano » de ces vaccins correspond au vecteur dans lequel est inséré l’ARN messager qui code pour la protéine Spike et doit être acheminé jusque dans le cytoplasme des cellules pour y être traduit en protéine.

Pour ces deux vaccins, l’ARNm est transporté au sein d’une bulle de gras pleine (nanoparticules de lipides) ou creuse (liposome). Ils ont nécessité la mise au point d’assemblages de lipides aux propriétés physicochimiques adaptées.

 

Le développement technologique a permis de disposer de vecteurs stables et administrable qui protègent l’ARNm jusque dans les cellules et permettent de le libérer une fois la membrane cellulaire franchie.

 

https://www.inserm.fr/dossier/nanotechnologies : Nanotechnologies : Un nouveau pan de la médecine.

https://www.techniques-ingenieur.fr : Nanotechnologies et médecine : une révolution annoncée.

https://www.usinenouvelle.com/article/les-promesses-revolutionnaires-des-nanotechnologies-dans-la-sante.N114285 : Les promesses révolutionnaires des nanotechnologies dans la santé

Jean-François Boé

Représentant Catalent SAS Limoges