Une avancée mondiale en cryptographie : l’ADN au service de la sécurité des communications
Une collaboration internationale de haut niveau impliquant l’Université de Limoges
L’Institut de Recherche XLIM de l’Université de Limoges s’inscrit au cœur d’une avancée scientifique majeure à l’échelle mondiale : l’utilisation de l’ADN pour sécuriser les communications numériques.
Ces travaux, menés dans le cadre d’une collaboration internationale, réunissent des institutions de premier plan, telles que le CNRS, l’Université de Tokyo, IMT Atlantique et l’ESPCI Paris – PSL. Ils bénéficient également du soutien de l’ANR et du plan France 2030.
Cette innovation a été testée en conditions réelles le 1er avril 2026, à l’occasion d’un déplacement officiel du Président de la République, Emmanuel Macron, au Japon, confirmant son potentiel stratégique et opérationnel.
Une innovation de rupture : utiliser l’ADN pour chiffrer les données
À l’heure où la protection des données est un enjeu majeur, les méthodes de chiffrement actuelles reposent principalement sur des hypothèses de puissance de calcul limitée.
La nouvelle approche développée par les chercheurs propose un changement radical : utiliser des séquences d’ADN synthétiques pour générer des clés de chiffrement parfaitement aléatoires.
Concrètement :
- des fragments d’ADN sont synthétisés avec un ordre de bases aléatoire (A, T, C, G) ;
- ces fragments sont dupliqués et partagés entre deux correspondants ;
- ils permettent de générer des clés identiques, utilisées une seule fois pour sécuriser un message.
Cette méthode s’inscrit dans la lignée du chiffrement dit « inconditionnel », comme le protocole One-Time Pad (OTP), considéré comme théoriquement inviolable.
Une technologie fiable, performante et indépendante de la distance
L’utilisation de l’ADN présente des avantages exceptionnels :
- Sécurité maximale : les clés sont parfaitement aléatoires et non prédictibles ;
- Inviolabilité du système : toute tentative d’interception est détectable ;
- Indépendance géographique : la distance entre les correspondants n’impacte pas la sécurité ;
- Capacité de stockage inégalée : quelques milligrammes d’ADN peuvent contenir des volumes massifs de données.
Des perspectives stratégiques pour les communications du futur
Cette avancée ouvre des perspectives considérables dans des domaines où la sécurité est critique :
- communications diplomatiques et militaires ;
- infrastructures numériques sensibles ;
- échanges scientifiques confidentiels ;
- communications spatiales (Terre-Lune et au-delà).
À plus long terme, cette technologie pourrait transformer en profondeur les systèmes de cybersécurité, en rendant accessibles des méthodes de chiffrement jusqu’ici limitées par des contraintes techniques majeures.
