Un projet H2020 pour le SPCTS


Fabrice Rossignol – Directeur de Recherche CNRS au laboratoire SPCTS coordonnera le projet « AMITIE » (Additive Manufacturing Initiative for Transnational Innovation in Europe) d’un montant de 900 000 €. C’est une reconnaissance pour l’excellence et le caractère innovant des travaux effectués par le SPCTS quand on sait que le taux de réussite  est de 20% pour les projets RISE (Échange de personnel dans la recherche et l’innovation). Ce consortium regroupe l’ensemble des usages et des acteurs impliqués dans le domaine des technologies addictives (ou impression 3 D) pour lequel le SPCST avait été le précurseur dans les années 90. Ce projet est au coeur de la révolution numérique actuelle. Il permettra au SPCTS de se positionner comme le leader européen des matériaux céramiques.

Interview de Fabrice Rossignol – Responsable de l’axe « Procédés céramiques » du SPCTS

Quelle est la finalité du projet AMITIE ?

Un programme RISE est un programme d’échange de personnels permanents et non-permanents (chercheurs, ingénieurs, managers, etc.) entre des entreprises et des institutions académiques. Sont ainsi détachés pour des durées s’étalant typiquement de 1 à 6 mois, tout un contingent d’acteurs académiques vers des acteurs industriels et inversement. Les détachements ne sont autorisés qu’entre des partenaires académiques et des partenaires industriels afin de promouvoir les transferts de technologies, de savoir-faire, etc. De plus, l’échange ne peut être que transnational.

Le projet AMITIE tourne autour du développement de technologies de fabrication additive adaptées aux produits céramiques, essentiellement pour différents secteurs d’activités que sont les technologies de l’information et de la communication, l’énergie, les transports et les biomatériaux.

L’idée de ce projet est de développer les technologies de fabrication existantes et de les hybrider pour répondre à un grand nombre de besoins industriels dans les différents secteurs d’activités précédemment mentionnés.

Qui sont les partenaires ?

10 partenaires académiques sont associés au coordinateur qui est l’Université de Limoges :

  • l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon (FR),
  • l’Université de Valenciennes Haut-Cambresis (FR),
  • l’Université d’Erlangen (DE),
  • l’Institut Fédéral BAM pour la Recherche et la Normalisation des Matériaux (DE),
  • l’Université de Padoue (IT),
  • l’Institut Polytechnique de Turin (IT),
  • l’Imperial College de Londres (GB),
  • l’Université Polytechnique de Catalogne (ES),
  • le Belgium Ceramic Research Center (BE).
  • Un autre partenaire académique qui n’appartient pas à la zone Europe, l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs de Rabat au Maroc, est également associé au projet.

7 Partenaires industriels sont également bénéficiaires du projet :

  • 3DCeram (FR)
  • Saint-Gobain (FR)
  • Noraker (FR),
  • Anthogyr (FR),
  • Bosch (DE),
  • HC Starck (DE),
  • Desamanera (IT)

Le projet comprend donc au total 18 partenaires dont 7 industriels venant de 6 pays européens et d’un pays tiers. L’idée est d’avoir un panel large et représentatif des acteurs majeurs de la fabrication additive céramique en Europe.

Il va donc y avoir des échanges entre tous ces partenaires ?

Oui, nous allons avoir des échanges de doctorants et post-doctorants, de chercheurs, ingénieurs et personnels techniques expérimentés, ainsi que de managers pour résoudre des problématiques ciblées. Par exemple, un doctorant a besoin de tester une technologie chez un partenaire industriel, il y partira pour la durée nécessaire déterminée. Donc l’un des critères de réussite de ce programme est le taux de réalisation des détachements prévus en amont, c’est à dire la somme totale des échanges en personne/mois.

Le but est que toutes les activités couvertes par AMITIE prennent de la valeur ajoutée dans un cadre européen. Il s’agit réellement de promouvoir les interactions, la transmission de savoirs, de savoir-faire avec une problématique sous-jacente qui est le respect de la Propriété Intellectuelle (PI).

 Quel est le niveau de financement ?

Le financement est d’environ 900 000 euros. Ce n’est pas un budget très important considérant le nombre élevé de partenaires. Il s’agit avant tout d’une action de réseautage qui renforcera le positionnement de l’Université de Limoges dans le domaine de la fabrication additive céramique, le tout en phase avec l’une des priorités affichées de la nouvelle Région autour de l’Usine du Futur.

 C’est-à-dire ?

Tout ce qui est impression 3 D est dans une logique de développement de nouveaux procédés d’élaboration de matériaux complexes, 3D. Ceci nous permet de nous positionner comme leader de cette thématique. Je coordonne ce projet international structurant et gage de visibilité accrue pour l’Université de Limoges, non seulement au titre du SPCTS mais aussi et surtout au titre du Labex Sigma-Lim avec le soutien actif de nos collègues d’XLIM.

Il faut bien comprendre que ce que nous faisons là va plus loin que le projet AMITIE. En effet, à titre d’information, nous sommes également promoteurs d’un autre réseau européen, cette fois-ci placé directement sous l’égide de l’European Ceramic Society (Société Savante) et appelé Europe Makes Ceramics (EMC). EMC est un cluster d’académiques européens travaillant tous sur la fabrication additive céramique. Au-delà des échanges internes au réseau, l’une des activités principales d’EMC est l’organisation de sessions spécifiques à la fabrication additive céramique lors de conférences. Les actions menées dans le cadre d’AMITIE, notamment avec la présence d’industriels, seront donc complémentaires de celles d’EMC, les deux réseaux se consolidant l’un l’autre. A travers le leadership d’AMITIE et d’EMC, Limoges apparaît comme un leader européen incontournable sur la thématique concernée.


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