EXPOSITION DES OEUVRES DE SOPHIE DESVILLES HELME-GUIZON

Du 16 au 27 juin 2026
Galerie 5
5 Bd Louis-Blanc

Sophie Desvilles Helme-Guizon

Créer est pour moi une nécessité vitale, aussi naturelle qu’une respiration. C’est un besoin que je n’ai jamais réussi à expliquer tout à fait rationnellement, mais que j’ai toujours ressenti, depuis l’enfance. Il s’est d’abord exprimé à travers la danse, que j’ai pratiquée puis enseignée, avant de trouver d’autres formes : la peinture, le dessin, le modèle vivant. Ce fil conducteur, c’est l’expression – la nécessité de donner corps à ce que je ressens intérieurement.
Je suis en recherche permanente. Ce qui m’attire, ce sont les méthodes alternatives, celles où le résultat échappe en partie à ma maîtrise et me réserve ses propres surprises. Ce dialogue avec l’imprévu est au coeur de ma pratique.
Mes thèmes de prédilection sont les personnages et la nature. Tout part de mon quotidien, de ce qui m’entoure et me touche. Pour le végétal, je puise abondamment dans mon jardin ; pour le reste, je capte des fragments de ce que je vois, ce qui provoque en moi une émotion, une vibration particulière. Ce n’est jamais un acte réfléchi à l’avance : c’est un regard qui s’arrête, quelque chose qui me retient. Ce moment d’attention, presque instinctif, est le point de départ de chaque oeuvre.

Personnages et végétaux, je les saisis dans leur singularité du moment. Parfois, c’est un personnage seul qui m’a retenu – une silhouette immobile, suspendue dans son propre silence – parfois un groupe, une scène, un geste précis, une posture qui portait quelque chose d’unique et d’éphémère. De même avec les végétaux : une fleur isolée qui concentre toute la lumière, ou un ensemble foisonnant ; une branche figée sous le givre, ou des feuilles bousculées par le vent, prises dans un mouvement qui ne durera pas. Ce qui m’intéresse, c’est cet instant exact, celui où quelque chose existe d’une manière particulière, et ne sera plus jamais tout à faitpareil. Peindre, c’est ma façon de l’attraper. Pas de le figer à l’identique, mais  d’en garder l’empreinte émotionnelle, ce frémissement que j’ai ressenti en le voyant.
Je prépare mes toiles et mes papiers avec beaucoup de collages. J’utilise ce que j’ai : des pages de revues, de journaux, des emballages récupérés. Ces matières hétérogènes deviennent un socle vivant, chargé de textures et d’histoires. Puis, une fois devant le sujet, je laisse aller. Si un  fragment de texte me parle, je l’intègre. Si une couleur s’impose, je la pose. J’ajoute de la matière, des motifs, des éléments que je n’avais pas prévus et qui surgissent parce qu’ils me semblent justes à cet instant précis. Les couleurs que j’emploie ne sont pas nécessairement celles que mes yeux perçoivent. Ce n’est pas la fidélité au réel qui me guide, mais ce que jeressens face à lui. Une fleur peut devenir ocre là où elle  tait blanche, un ciel se teinter de vert là où il était gris – parce que c’est cette couleur-là qui traduit ce que le sujet a provoqué en moi. La couleur transforme mon émotion avant d’être une description. Elle surgit avec la même spontanéité que le reste. Ce que je cherche avant tout, c’est l’expressivité : sublimer le sujet plutôt que le reproduire, l’entourer pour lui donner vie à travers mes yeux. C’est tel un parallèle profond entre ma manière de peindre et ce que je peins. Je représente ce qui m’entoure parce que cela crée une émotion. Je travaille comme je vis : en observant, en ressentant, puis en répondant à ce que mes émotions me dictent. Créer, c’est ma façon de les vivre pleinement, de les canaliser et de les figer par la matière.

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