Principaux projets et thèses


Cette page vous présente les projets actuellement en cours de réalisation au sein du laboratoire HAVAE (EA 6310).

L’interférence cognitivo-motrice est encore mal connue dans l’AVC. Les études réalisées à travers l’IRMf ne sont pas naturelles, la marche étant simulée. La fNIRS est une technique d’imagerie récente qui permet d’évaluer les structures cérébrales impliquées dans les processus cognitifs pendant une tache de marche.

L’objectif principal de cette étude est d’évaluer chez des patients post-AVC l’activité hémodynamique du cortex préfrontal, par la fNIRS, lors de la marche dans différentes conditions de double tache.

Une meilleure compréhension des mécanismes d’activation cérébrale lors d’une situation de double tache chez les patients ayant présenté un AVC permettrait de proposer des protocoles de rééducation plus adaptés à ces patients en post-AVC.

L’AVC est la première cause de handicap acquis en France. L’activité de marche reste souvent limitée Cette limitation est en partie liée à une diminution de force associée à une spasticité plus ou moins importante (hémiparésie spastique).

Une revue récente montre que c’est la force des muscles fléchisseurs dorsaux de la cheville qui est la mieux corrélée à l’activité de marche évaluée par la vitesse de marche (Mentiplay et al., 2015). La perte de force dans l’AVC étant la conséquence d’une atteinte centrale, il semble pertinent de proposer un travail répétitif de mobilisation de la cheville dès la phase subaiguë pour favoriser dans un premier temps le réveil de la commande, pour limiter la perte de force musculaire et donc potentialiser la récupération d’une marche plus efficiente.

Quelques rares travaux montrent la faisabilité de ces programmes (Forester et al., 2011) et leur effet positif sur les déficiences, mais l’effet sur l’amélioration de l’activité de marche n’est pas clairement démontré. Seuls Forrester et al. en 2011 rapportent une amélioration de la vitesse de marche et concluent en 2016 qu’un travail analytique de la cheville peut optimiser les résultats d’un travail répétitif orienté sur la tâche de marche (Forrester et al, 2016). Ce type de travail est facilité par des techniques de rééducation robotisées. Nous proposons d’utiliser un dynamomètre isocinétique pour le réaliser. Il permet de placer tous les patients en condition pour réaliser des mouvements analytiques assistés, répétitifs, associés à l’intention d’une contraction volontaire maximale. Il est présent, mais peu utilisé avec des patients post-AVC, dans la plupart des services de MPR. Son utilisation précoce devrait favoriser un réveil de la commande motrice.

Le but final de la rééducation est de permettre une réintégration sociale réussie. Des travaux montrent un lien entre activité de marche et participation sociale chez les patients post-AVC (Kwong et al., 2017 ; Cohen et al., 2018). Ainsi, nous pensons que la mobilisation répétitive de la cheville favorisera le réveil de la commande motrice distale, ce qui devrait participer à améliorer la vitesse de marche et par là même placer le patient dans de meilleures conditions pour retrouver une participation sociale la plus proche de celle qu’il avait avant l’accident.

 

L’objectif principal de ce projet est d’évaluer l’impact d’un programme de mobilisation analytique et répétitive de la cheville (associé à une rééducation conventionnelle comprenant un réentrainement répétitif à la marche) sur la vitesse de marche après 6 semaines d’intervention.

Nous étudierons aussi l’impact de ce programme sur :

– la participation sociale à 6 mois et un an et son évolution.

– les paramètres spatio-temporels de la marche et leur évolution sur un an.

– l’évolution de la vitesse de marche à 6 mois et un an.

– la force des releveurs et son évolution sur une année.

– l’utilisation des aides techniques et sur le nombre de chutes au cours du suivi d’un an.

La relation entre la force des releveurs du pied, la vitesse de marche et la participation sociale sera analysée.

 

Pour les patients, les bénéfices directs attendus sont une diminution des séquelles sur le pattern de marche permettant une augmentation de la vitesse de marche afin de faciliter la réintégration sociale.

Pour la pratique, ce protocole devrait participer à l’optimisation des pratiques en médecine physique et de réadaptation : l’utilisation plus systématique du dynamomètre isocinétique comme technique associée et intégrée au protocole de rééducation conventionnelle permettrait une évaluation objective des bénéfices rééducatifs et devrait accroître le gain rééducatif dans les pathologies neurologiques centrales.

L’oxygénothérapie de longue durée (OLD), comme les autres traitements actuellement proposés, revêt une importance particulière dans la prise en charge du patient IRCO. L’OLD contribue à atténuer les effets de l’hypoxémie, en se focalisant sur la normalisation de la PaO2. Il apparaît que les bénéfices de l’OLD sont obtenus qu’en cas de réglages optimums du débit d’oxygène prescrit au patient, fixé notamment pour permettre un maintien de la saturation artérielle en oxygène (SaO2) supérieure ou égale à 90%, dans des conditions normales de pH et de température.

Afin de permettre cet ajustement du débit d’oxygène, un test de marche de 6 minutes (T6M) est généralement utilisé, constituant ainsi le test référence. Malgré de nombreux avantages, le T6M présente plusieurs inconvénients, notamment une contrainte spatiale avec une recommandation quant à l’utilisation d’un couloir/terrain d’au moins 30 mètres pour la passation optimale du T6M. Dans le répertoire des différents protocoles d’exercice disponibles pour l’évaluation de patients présentant une BPCO, le test de step de 3 minutes (T3S), récemment proposé par Perrault et al. (2009), semble présenter des avantages intéressants, notamment par rapport aux contraintes spatiales. Toutefois, dans un objectif de proposer une alternative complémentaire au T6M et d’envisager une utilisation future du T3S dans l’ajustement de l’OLD, il n’existe actuellement que très peu de données disponibles pour le T3S dans la littérature scientifique. Si le T3S apparaît reproductible et sensible dans sa capacité à évaluer la dyspnée d’effort, notamment après une bronchodilatation aigue, aucune étude ne s’est spécifiquement focalisée sur la capacité du T3S à détecter des phénomènes de désaturation à l’effort, nécessaire à la prescription d’une OLD et à son ajustement.

Ainsi, ce projet vise à s’assurer de la capacité du T3S à détecter des phénomènes de désaturation à l’effort, en comparaison avec le test de référence (T6M). Ce projet devrait permettre de compléter les connaissances théoriques et pratiques en rapport avec le test de step de 3 minutes. En fonction des résultats obtenus à l’issue de ce projet, les perspectives de ce projet seront d’envisager une utilisation du test de step au-delà du contexte scientifique, notamment dans un contexte clinique.

Cette thématique s’intéresse aux spécificités biomécaniques, métaboliques des individus AVC (déconditionnement cardiorespiratoire majeur, économie énergétique de marche, perception de l’effort). Nous évaluons la validité des différents outils à notre disposition (capteurs portatifs, échelle de perception de l’effort). Nous travaillons sur des améliorations technologiques mieux adaptées aux spécificités des individus AVC. Nous évaluons le retentissement du déconditionnement cardio respiratoire, de la majoration du cout énergétique sur la réalisation des activités de vie quotidienne et sur la participation sociale des individus avec séquelles d’AVC.

 

Articles publiés ou acceptés sur la thématique :

Compagnat M, Mandigout S, Lacroix J, Vuillerme N, Salle Jy, Daviet Jc. Rating of perceived exertion with Borg scale in stroke over 2 common activities of the daily living. Topics in Stroke Rehabilitation 2017. doi: 10.1080/10749357.2017.1399229

 

Mandigout S, Lacroix J, Ferry B, Vuillerme N, Compagnat M and Daviet J.C. Can energy expenditure be accurately assessed using accelerometry-based wearable motion detectors for physical activity monitoring in post-stroke patients in the subacute phase? European Journal of Preventive Cardiology 2017. doi : 10.1177/2047487317738593

 

Compagnat M, Mandigout S, Chaparro D, Salle J.Y, Daviet J.C. Predicting the oxygen cost of walking in hemiparetic stroke patients. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine 2018. doi.org/10.1016/j.rehab.2018.03.001

 

Compagnat M, Daviet J.C, Mandigout S, Chaparro D, Salle J.Y. Validity of the Actigraph GT3x for the assessment of active energy expenditure during 4 activities of daily living in stroke subjects. Clinical Rehabilation 2018.

 

Compagnat M, Mandigout S, David R, Lacroix J, Daviet JC, Salle JY. Compendium of physical activities strongly underestimates the oxygen cost during activities of daily living in stroke patients. Am J Phys Med Rehabil. 2018 Oct 24. doi:10.1097/PHM.0000000000001077.

 

 

Articles en cours de publication :

 

Compagnat M, Mandigout S, David R, Salle J.Y, Daviet J.C. Quantification of energy expenditure during daily living activities after stroke by multi-sensor. Brain Injury 2018

 

Compagnat M, Mandigout S, David R, Salle J.Y, Daviet J.C. Estimation of walking distance by pedometer and accelerometers in stroke. Sensors 2019

 

Compagnat M, Daviet J.C, Mandigout S, Chaparro D, Salle J.Y. New strategy to estimating energy expenditure by accelerometers during walking of the hemiparetic stroke subject. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine 2019

 

Compagnat M, Mandigout S, David R, Salle J.Y, Daviet J.C. Subjects with cerebellar stroke have the highest oxygen cost of walking. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine 2019

HEMIPASS est une équipe mobile de rééducation pour le suivi spécialisé à domicile des patients victimes d’AVC du CHU de Limoges. L’objectif de l’équipe est l’amélioration du retour et du maintien à domicile pour limiter les hospitalisations non programmées et les institutionnalisations. Cette équipe est composée d’un médecin, une infirmière coordinatrice, un ergothérapeute et une neuropsychologue. Elle intervient à domicile sur demande du patient ou de son entourage personnel ou professionnel (médical, paramédical, social). La cohorte de patients suivi permet d’alimenter une base de donnée sur les processus de constitution du handicap selon les domaines de la CIF : déficiences, limitations d’activité, restriction de participation, facteurs personnels et environnementaux et qualité de vie. 

Actuellement deux analyses rétrospectives sur la base de données sont en cours

·       Fardeau de l’aidant : étude des facteurs liés au fardeau et des actions pouvant le diminuer

·       Participation sociale du patient : étude des facteurs liés à la participation sociale et actions pouvant l’améliorer

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) affecte plus de 14 millions de personnes chaque année. C’est la troisième cause de mort et la principale cause d’handicap chez l’adulte. Environ 80%, des victimes d’AVC ne pourront réintégrer leur travail et seront en situation de perte d’autonomie cela générant un coût humain et financier considérable. Afin de limiter au maximum cette perte d’autonomie, il est nécessaire de développer des techniques de rééducation neurologique et de suivi qui se poursuivent lors du retour à domicile du patient.

 

Dans ce contexte, le projet RGS@HOME, s’appuie sur la technique du RGS, un système de réhabilitation par jeux-vidéo combinant réalité virtuelle et intelligence artificielle, pour une mise en place au domicile du patient. Ce système a déjà fait l’objet d’une évaluation médicale montrant que son utilisation en centre de santé permet un diagnostic en continu et une solution thérapeutique pour traiter les suites d’un AVC. L’objectif principal du projet est de tester la prise en charge par RGS au domicile des patients ainsi que les adaptations qui ont été envisagées (les objets connectés et l’application mobile).

 

L’évaluation clinique sera réalisée dans 3 centres européens auprès de 90 personnes (San Boi-Espagne ; Upsalla-Suède, Limoges-France) des aidants et professionnels de santé sur une durée de 12 mois. La Fondation de l’Avenir coordonne l’activité du projet en France. Ce projet a été sélectionné par EIT Health, l’institut européen d’innovation et de technologie en santé, afin de mieux accompagner et aider les patients victimes d’un AVC , dans plusieurs régions d’Europe ayant différents systèmes de santé et de remboursement.

  

Le projet RGS@Home est un projet européen, établi sur la base d’un consortium de plusieurs pays européens tels que l’Espagne, la Suède et la France. Le consortium est initié par le Professeur Paul VERSCHURE, Directeur de l’IBEC et rassemble la Fondation de l’Avenir, ainsi que le BIST,  l’Excelencia Severo Ochoa, Medtronic, le complexe hospitalier San Joan de DeuRégion Uppsala et le laboratoire HAVAE/CHU Limoges. 

 

Plus d’informations sont disponibles sur le site http://rgs-at-home.eu/about/ 

 

Contact : Stéphane Mandigout ()


Projets doctoraux

Place de la déficience motrice dans la mobilité en vie réelle chez le patient post-AVC

Selon la Haute Autorité de Santé, l’AVC est la première cause de handicap acquis en France. La déficience la plus fréquente est l’hémiparésie spastique, responsable d’une limitation d’activité de marche. Si 90% des patients récupèrent l’activité de marche, celle-ci reste souvent limitée avec une vitesse de marche stabilisée autour de 0.7m/s (Von Schroeder, 1995 ; Baer, 2001). Cette limitation d’activité de marche est en partie liée à la diminution de force associée à la spasticité plus ou moins importante. Les revues les plus récentes semblent indiquer que c’est la force musculaire des fléchisseurs dorsaux de la cheville qui est la mieux corrélée à la vitesse de marche, devant (dans l’ordre) les fléchisseurs du genou, les extenseurs du genou, les extenseurs, les fléchisseurs puis les abducteurs de la hanche (Mentiplay, 2015). Par ailleurs, quelques rares travaux tendent à montrer que la participation sociale pourrait être très corrélée à l’activité de marche, mais aussi à la capacité à s’équilibrer et à la force des muscles fléchisseurs dorsaux de la cheville (Kwong, 2017).

Le concept de « mobilité en vie réelle » est important car il permet d’étudier l’aspect de la vie quotidienne des patients post-AVC sur lequel l’activité de marche est importante, en intégrant alors l’influence des facteurs physiques mais aussi contextuels.

L’objectif du travail de thèse est de déterminer la place de la déficience motrice dans la mobilité  en situation de vie réelle des patients post-AVC. Pour atteindre cet objectif, nous proposons 2 types d’approches :

–       Une approche transversale permettant de mettre en lien les déficiences motrices, les limitations d’activités et la mobilité en vie réelle.

–       Une approche longitudinale permettant d’évaluer le rôle prédictif de la déficience motrice dans le niveau de participation sociale au retour à domicile

Encadrement

M. Jean-Christophe Daviet, PU/PH, co-directeur

Mme Béatrice Ferry, PhD, MCU, co-directrice

Projet INCOME (Interférence Cognitivo-Motrice Exercise) : Efficacité d’un programme simultané d’AP et d’entrainement cognitif chez la personne âgée

Contexte

La chute de la personne âgée est une problématique de santé publique majeure, car elle est fréquente et induit des conséquences de diverses gravités. Les causes sont nombreuses : physiques, cognitives, pathologiques, médicamenteuses … La difficulté à réaliser deux tâches simultanément, ou « interférence cognitivo-motrice », fait partie de ces risques de chute. Dans ce contexte, nous proposons un programme d’entrainement afin d’améliorer la capacité des personnes à réaliser deux tâches simultanément. Nous savons que pour rendre ce type de programmes ludiques et améliorer l’adhésion des participants, l’entraînement en groupe et le passage par le jeu sont de bons outils ; nous parlons d’« exergame ».

 

L’objectif principal de ce projet est d’évaluer l’efficacité d’un programme simultané d’activité physique et d’entrainement cognitif reposant sur un exergame diffusé par jeu vidéo, sur le risque de chute et les capacités cognitivo-motrices chez la personne âgée, en comparaison à une intervention conventionnelle. Les objectifs secondaires sont d’évaluer la faisabilité, la sécurité, l’adhésion, et le maintien des performances à moyen terme de ce programme.

 

Calendrier

Avril 2019 – Avril 2022

 

Encadrement

M. Stéphane Mandigout, PhD, MCU, HDR, co-directeur et co-encadrant

M. Anaick Perrochon, PhD, MCU, co-directeur

Mme Elisabeth Digbeu-Labbé, co-encadrante