Prévenir les neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie


Le MMNP a mis en évidence une nouvelle cible thérapeutique pour prévenir les neuropathies toxiques

Prévenir les neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie

Les neuropathies périphériques, souvent douloureuses, liées aux chimiothérapies neurotoxiques et notamment à la vincristine – un médicament anti-cancéreux de référence, sont une des causes d’altération parfois conséquente de la qualité de vie chez les patients survivants à un cancer. Elles sont parfois irréversibles après l’arrêt de la chimiothérapie. Aucune prévention thérapeutique à ce jour ne permet d’éviter le développement de ces neuropathies toxiques, effets secondaires non anodins qui justifient parfois un changement de stratégie thérapeutique quand d’autres molécules sont disponibles ou une baisse de la posologie, limitant ainsi le gain de survie de ces patients.

Le Dr Claire Demiot – Maîtresse de conférence au laboratoire MMMP (Maintenance Myélinique et Neuropathies périphériques – EA 6309 – Directeur Franck Sturz) s’intéresse depuis quatre ans à la prévention thérapeutique des neuropathies périphériques douloureuses chimio-induites, spécifiquement celles induite par la vincristine. Ses recherches ont mis en évidence une nouvelle cible thérapeutique pour prévenir les neuropathies toxiques telles que celles induites par la chimiothérapie. En effet, la stimulation d’un récepteur nommé « ATR2 » de l’angiotensine II, peptide connu jusqu’alors pour contrôler la pression artérielle, a permis de prévenir la neuropathie sensitive pure induite par la toxine résinifératoxine (RTX) et par la vincristine chez la souris. Ses travaux ont donné lieu à une publication dans la revue Neuropharmacology (1) et ont fait l’objet d’une communication lors de l’International Symposium on Peripheral Nerve Regeneration 2017 (ISPNR).

Fort de ces résultats, une étude clinique nommée « Neupersart » débutera en octobre 2017 en collaboration avec le Pr Laurent Magy – PU/PH en neurologie et coordonnateur du Centre de référence national neuropathies périphériques rares du CHU de Limoges, pour vérifier l’effet neuroprotecteur du candésartan (médicament commercialisé actuellement en tant qu’antihypertenseur, stimulateur indirect du récepteur AT2R) chez des patients subissant une chimiothérapie neurotoxique à base de vincristine.

Le laboratoire pharmaceutique suédois Vicore Pharma s’est rapproché de MMNP afin de tester leur molécule C21, stimulant direct du récepteur ATR2, sur ses modèles animaux de neuropathies toxiques. Le C21 a prévenu les neuropathies induites par la vincristine, donnant lieu à un dépôt de brevet (MMNP – Vicore Pharma) pour une nouvelle indication du C21. Suite à ces résultats, le Dr Claire Demiot, Vicore Pharma et une équipe de recherche Danoise «Steno clinic Copenhagen» viennent de déposer un projet européen H 2020 « Eurostars », soutenu par l’Université de Limoges, avec pour objectif d’étudier en profondeur les effets neuroprotecteurs du C21 afin de débuter rapidement des essais cliniques.

(1) Flavien Bessaguet, Aurore Danigo, Laurent Magy, Franck Sturtz, Alexis Desmoulière, Claire Demiot, « Candesartan prevents resiniferatoxin-induced sensory small-fiber neuropathy in mice by promoting angiotensin II-mediated AT2 receptor stimulation », Neuropharmacology, 126 (2017), p. 142-150


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