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Dossier : Sous la procédure, l’épaisseur anthropologique des faits


L’exemple des archives des procès devant les Chambres spéciales pour crimes graves au sein du Tribunal du district de Dili – Timor oriental (affaire Carmona Carlos Soares)

 

Pascal Plas

Pascal Texier

(OMIJ – IiRCO – IAJ)

 

Les sources judiciaires ont toujours attiré l’attention des chercheurs, mais le développement de la micro histoire ajoute des raisons nouvelles d’y prêter une attention soutenue.

 

Cette remarque est particulièrement vraie des lettres de rémission des périodes médiévale et moderne qui constituent une documentation que l’on pourrait qualifier d’hybride, puisque fondée en équité et reposant sur l’énonciation d’un aveu ; elles proposent une narration discursive à partir de laquelle il est possible d’extraire, au-delà des faits, les paradigmes et représentations mis en oeuvre par le requérant dans son travail de justification. C’est à partir de ces sources que l’Institut Anthropologie juridique de Limoges a développé, depuis une trentaine d’années, des recherches sur le traitement de la conflictualité[1].

 

Pour des raisons différentes, la masse documentaire secrétée par la justice pénale internationale et rassemblée par l’IiRCO peut présenter un intérêt, non seulement pour l’historien ou l’anthropologie juriste, mais également pour tous ceux qui s’efforcent de rendre plus efficaces les mécanismes utilisés par la justice transitionnelle. En effet, en s’appliquant à restaurer un état de droit, elle se contente le plus souvent à répliquer un modèle étatique qui, aux yeux des populations victimes, a démontré son impuissance à juguler des conflits violents et massifs, quant il n’en a pas été la source même. Or, parce que réalisées le plus souvent dans le cadre d’une procédure largement inspirée par les principes de Common Law, plus sensible aux dimensions anthropologiques que le civil Law les archives de la JPIT fourmillent d’indications propres à nourrir une réflexion d’ordre anthropologique comme le montre bien l’affaire Carmona Carlos Soares (18/01/2001 – 25/04/2001).

[1] Voir par exemple, Pascal Texier « La victime et sa vengeance, Quelques remarques sur les pratiques vindicatoires médiévales », CIAJ, n°19,2008, « La victime. I Définition et statut », p.155-179.

 

 

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