ECIR

Epilepsy Cambodia Intervention

L’épilepsie est un désordre neurologique majeur, sévissant dans tous les pays du monde ; sa prévalence, bien que variable, est plus élevée dans les pays tropicaux où elle pose de nombreux problèmes difficile à résoudre, en raison des contextes culturels et socioéconomiques de ces pays. En collaboration avec les experts Cambodgiens, l’institut d’Epidémiologie neurologique et de Neurologie Tropical (IENT) a effectué une série de recherches au Cambodge au cours des dernières années qui a été reconnue comme un «model for investigation of epilepsy in developing countries». Au cours de ces recherches, les chercheurs ont pris plus particulièrement conscience des difficultés existantes pour faciliter l’accès des patients au traitement, et ainsi réduire le déficit thérapeutique. Après étude et analyses, il est apparu qu’il existait d’abord une difficulté à identifier les patients, tout particulièrement dans les campagnes, loin des centres médicaux urbains, et ensuite lorsqu’ils étaient identifiés, qu’il fallait s’assurer qu’un traitement pouvait réellement être mis en œuvre et poursuivi.

Le groupe de recherche a donc eu l’idĂ©e de proposer le concept de Domestic Health Visiting (DHVs) : il signifie qu’une personne peut ĂŞtre un intermĂ©diaire entre les structures de soins institutionnelles et la population gĂ©nĂ©rale, pour fournir des services liĂ©s Ă  la santĂ©, Ă  intervalles pĂ©riodiques fixes, et directement au domicile de patients.

Au Cambodge, le groupe de recherche a déjà pu constater que les difficultés d’accès au diagnostic comme au traitement (et au suivi clinique) s’expriment par un déficit thérapeutique supérieur à 66%. La prévalence de référence est de 5,8‰ soit une estimation de 86 000 personnes vivant avec une épilepsie dans le pays. Le programme ECIR s’engage donc dans une approche comparative (entre une zone d’intervention et une zone contrôle) permettant d’évaluer l’efficience de nouvelles pratiques territoriales : dans la chaîne d’accès aux soins, l’identification des personnes vivant avec une épilepsie et la dispense des médicaments sont optimisées par la présence de Domestic Health Visitors (DHV) dans les villages, statut accessible aux volontaires villageois de santé , après une formation spécifique. Cette pratique territoriale implique un encadrement fonctionnel par un nombre réduit des personnels des centres de santé primaire, à la recherche du coût-efficacité optimal.

L’objectif principal du programme est de baisser le dĂ©ficit de traitement de l’épilepsie de 25% dans la zone d’intervention par rapport Ă  la zone contrĂ´le. Le critère principal de jugement est l’Ă©volution du nombre de patients sous traitement après 12 mois d’intervention. Les objectifs secondaires sont de rĂ©duire le stigma, d’amĂ©liorer les connaissances, les attitudes et les pratiques. Les critères secondaires de jugement sont l’Ă©volution du stigma par l’échelle de Jacoby, l’Ă©volution des connaissances, des attitudes et des pratiques

Notre recherche interventionnelle doit permettre d’évaluer de nouvelles modalités d’accès au diagnostic et aux traitements de l’épilepsie adaptées au système de soins contemporain en vigueur dans le pays (infrastructure et démographie médicale, législation, pratiques traditionnelles, etc.). Dans le système de soins actuel du Cambodge, une intervention impliquant des volontaires villageois ou VHSG (Voluntary Health System Group) permet d’intervenir en mobilisant un acteur permanent dans le village. C’est donc les acteurs cibles (les VHSG) qui suivent une formation leur permettant d’acquérir le statut de DHV Epilepsy. Une fois formés et dotés d’outils spécifiques d’Information, Education & Communication (IEC), ils assurent des missions de sensibilisation et d’aide à l’accès aux soins dans leur village respectif. Au cours de cette formation, ils acquièrent également les compétences pour identifier des personnes suspectées d’épilepsie. Ce processus d’identification implique des contacts réguliers avec les personnes référentes (chef du village, chef religieux, instituteur) et la communauté villageoise. Les DHV Epilepsy consignent leurs bilans d’activité (sous forme de questionnaires et formulaires à remplir) et les transmettent chaque mois aux personnels des centres de santé. Ces derniers rencontrent périodiquement les médecins des hôpitaux de districts pour établir le lien entre le suivi mensuel à domicile et le suivi thérapeutique.

——————————————————————————————————————————————– Mots-clĂ©s : Epilepsie, stratĂ©gie d’intervention, Cambodge

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Programmation : 2015 – 2017

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Productions scientifiques

Publications Colloques Posters

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Coordination

Pierre-Marie PREUX

Référent scientifique
PU PH

Chercheur(euse)s impliqué(e)s

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En partenariat avec :

SCN

Société Cambodgienne de Neurologie

Nos collaborateurs sur site
Pr Samleng CHAN (Principal investigateur), Pr. Sina ROS (superviseur clinique), Pr. Navuth CHUM (superviseur clinique), Dr. Channara CHHOUR (Coordinateur principal), Dr. Kimly CHEA (assistant), Dr. Chamroeun HUN (assistant), Dr. Lykénhg HENG (assistante), Dr. Tola HOK (Comptabilité), Dr. Vichea CHAN (assistant), Dr. Pheany PHENG (assistant), Dr. Sovannrith TUON (assistant), Dr. Somuth SA (assistant).

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