AAC Volume 9, n° 3 | 2020

Vol. 9, n°3 | 2020

Entre data journalisme et pratique infographique

Couverture du futur numéro

Sortie du numéro en décembre 2020

Date limite de remise des articles : 01 juin 2020

Entre data journalisme et pratique infographique

Sous la direction de Anne Beyaert-Geslin et Andrea Alexander

Le data journalisme et la pratique journalistique des infographies sont fréquemment confondus et leurs intitulés recouverts par des formulations plus générales, comme celles de visualisation ou de design d’information, par exemple. Ils renvoient pourtant à des pratiques très différentes. Celle du data journalisme se fonde sur l’analyse d’algorithmes, des données produites par des calculs statistiques, alors que celle des infographies consiste à donner une forme graphique aux données que le journaliste a discrétisées. Les deux pratiques journalistiques correspondent donc à un traitement a priori ou a postériori de l’information (Cardon 2010), à un façonnage quantitatif ou qualitatif, et saisissent d’autres faits pour lesquels le graphisme assume des fonctions distinctes vis-à-vis de la production du sens.

Mettre ces deux pratiques numériques en comparaison pour en saisir la spécificité doit permettre de reformuler quelques questions centrales pour le journalisme, à commencer par celle de l’objectivité. Cautionné par l’apparence d’objectivité des chiffres et prétendant à celle, instrumentale, des sciences naturelles (Daston & Galison 2007), le data journalisme impose d’emblée une confiance qui est susceptible, au contraire, d’être déniée à la pratique journalistique « traditionnelle », toujours plus ou moins soumise à l’accusation de subjectivité. Tout comme le texte « artisanal » du journaliste, les données sont pourtant des constructions qui ne sauraient revendiquer aucun accès privilégié à la « vérité ». La mise en comparaison des deux pratiques met donc en évidence un rapport distinct au croire (Greimas 1983).

L’examen de ces pratiques doit nous permettre de mieux saisir ce que « dit » (de plus ?) le graphisme et nous introduire dans l’intimité de la rhétorique journalistique. Il invite à observer l’enracinement des faits dans le « réel » et leur relation au référent (Eco 1968 et 1988), à reprendre la définition du signe pour nous concentrer sur son mode de production et préciser ses rapports à la signification. Quelle est la participation des figures et symboles à l’argumentation journalistique ? En quoi rénovent-ils les modèles argumentatifs du journalisme et le rapport au texte ? En opposant deux pratiques utilisant le graphisme, le journalisme fondé sur les statistiques et le journalisme « artisanal » ou « manuel », le dossier d’Interfaces numériques entend entrer dans la rhétorique journalistique par la porte de la signification, du croire et de la croyance.

Les propositions d’article seront faites sous la forme d’un résumé (4000 signes au maximum, espaces non compris) qui sera adressé aux coordinatrices du numéro avant le 1er janvier 2020. A ce résumé s’ajoutera une courte biographie du (des) auteur(s) incluant les titres scientifiques, le terrain de recherche, le positionnement scientifique (la discipline dans laquelle le chercheur se situe), la section de rattachement.

Le fichier est à retourner, par courrier électronique, pour le 1er janvier 2020, à anne.geslin-beyaert@u-bordeaux-montaigne.fr et andrea.alexander@u-bordeaux-montaigne.fr

Un accusé de réception par mail sera renvoyé.

Calendrier prévisionnel

  • 1er décembre 2019 : lancement de l'appel à articles ;

  • 1er janvier 2020 : date limite de réception des propositions ;

  • À partir du 5 février 2020 : avis aux auteurs des propositions ;

  • 1er juin 2020 : date limite de remise des articles ;

  • 15 juin au 30 septembre 2020 : expertise en double aveugle, navette avec les auteurs ;

  • 1er octobre 2020 : remise des articles définitifs ;

  • décembre 2020 : sortie du numéro en versions numérique et papier.

Modalités de sélection

Un premier comité de rédaction se réunira pour la sélection des résumés et donnera sa réponse en janvier 2020.

L’article complet, écrit en français, devra être mis en page selon la feuille de style qui accompagnera la réponse du comité (maximum 30 000 signes, espaces compris). Il devra être envoyé par courrier électronique avant le 1er juin 2020 en deux versions : l’une entièrement anonyme et l’autre nominative.

Un second comité international de rédaction organisera une lecture en double aveugle des articles et enverra ses recommandations aux auteurs à partir du 15 juin 2020.

Le texte définitif devra être renvoyé avant le 1er octobre 2020.

Les articles qui ne respecteront pas les échéances et les recommandations ne pourront malheureusement pas être pris en compte.

Contact : Anne Beyaert-Geslin <anne.geslin-beyaert@u-bordeaux-montaigne.fr> et Andrea Alexander andrea.alexander@u-bordeaux-montaigne.fr
Interfaces Numériques est une revue scientifique reconnue revue qualifiante en Sciences de l’Information et de la Communication sous la direction Nicole Pignier et de Benoît DrouillaT.
Présentation de la revue classée par l’HCERES (Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) : https://www.unilim.fr/interfaces-numeriques/