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Benoît DROUILLAT

Publié en ligne le 07 mars 2019

Sommaire

Texte intégral

Capitalisme de plateforme, l’hégémonie de l’économie numérique

Nick Srnicek,

LUX, 2018

Google et Facebook, Apple et Microsoft, Siemens et GE, Uber et Airbnb : les entreprises qui adoptent et perfectionnent le modèle d’affaires dominant aujourd’hui, celui des plateformes pair-à-pair du capitalisme numérique, s’enrichissent principalement par la collecte de données et le statut d’intermédiaire qu’il leur confère.

Si elles prospèrent, ces compagnies peuvent créer leur propre marché, voire finir par contrôler une économie entière, un potentiel monopolistique inusité qui, bien qu’il s’inscrive dans la logique du capitalisme dit « classique », présente un réel danger aux yeux de quiconque s’applique à imaginer un futur postcapitaliste. Dans ce texte bref et d’une rare clarté, Nick Srnicek retrace la genèse de ce phénomène, analyse celui-ci de manière limpide et aborde la question de son impact sur l’avenir. Un livre essentiel pour comprendre comment les GAFA et autres géants du numérique transforment l’économie mondiale, et pour envisager des pistes d’action susceptibles d’en contrer les effets délétères.

En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic

Antonio A. Casilli,

Seuil, 2019


L’essor des intelligences artificielles réactualise une prophétie lancinante : avec le remplacement des êtres humains par les machines, le travail serait appelé à disparaître. Si certains s’en alarment, d’autres voient dans la « disruption numérique » une promesse d’émancipation fondée sur la participation, l’ouverture et le partage. Les coulisses de ce théâtre de marionnettes (sans fils) donnent cependant à voir un tout autre spectacle. Celui des usagers qui alimentent gratuitement les réseaux sociaux de données personnelles et de contenus créatifs monnayés par les géants du Web. Celui des prestataires des start-ups de l’économie collaborative, dont le quotidien connecté consiste moins à conduire des véhicules ou à assister des personnes qu’à produire des flux d’informations sur leur smartphone. Celui des microtravailleurs rivés à leurs écrans qui, à domicile ou depuis des « fermes à clic », propulsent la viralité des marques, filtrent les images pornographiques et violentes ou saisissent à la chaîne des fragments de textes pour faire fonctionner des logiciels de traduction automatique. En dissipant l’illusion de l’automation intelligente, Antonio Casilli fait apparaître la réalité du digital labor : l’exploitation des petites mains de l’intelligence « artificielle », ces myriades de tâcherons du clic soumis au management algorithmique de plateformes en passe de reconfigurer et de précariser le travail humain. Antonio A. Casilli est sociologue, enseignant-chercheur à Télécom ParisTech et chercheur associé au LACI-IIAC de l’EHESS. Il a notamment publié Les Liaisons numériques (Seuil, 2010) et, avec Dominique Cardon, Qu’est-ce que le digital labor ? (INA, 2015).

L'apocalypse numérique n'aura pas lieu

Guy Mamou-Mani,

L’Observatoire, 2019

Le numérique change notre vie : il est temps de nous en emparer pour construire le monde dans lequel nous voulons vivre ! Éducation, santé, intégration, emploi, service public, les nouvelles technologies sont partout, et cela effraie. Au point que la France, sous le coup d'angoisses irrationnelles, court un risque majeur : déserter le terrain numérique. La révolution numérique est peut-être la seule de l'histoire qui apporte une solution à chaque aspect de l'activité humaine. Encore faut-il mettre en place les politiques nécessaires à l'optimisation de ses bienfaits. Il n'est pas trop tard, mais il y a urgence. En replaçant l'homme au coeur de toute technologie, le numérique offre l'occasion d'améliorer l'existence non pas d'une poignée de personnes, mais de tous. Guy Mamou-Mani va encore plus loin : avec cette révolution, on ne change pas seulement d'outil, on change la condition humaine. Loin des discours catastrophistes, ce chef d'entreprise conscient des enjeux actuels brosse le tableau d'une industrie numérique par et pour l'homme et défend la vision optimiste d'une société portée par l'innovation.

Mutation numérique et responsabilité humaine des dirigeants

Valérie JULIEN-GRESIN,

Yves Michaud, Odile Jacob, 2019

Le développement ultrarapide des technologies numériques est porteur du meilleur comme du pire. Les dirigeants, hommes et femmes en situation de responsabilité dans les entreprises, auront à répondre de plus en plus fréquemment des conséquences de ce développement qui affecte toutes les dimensions de la vie humaine et jusqu'à notre rapport au monde. L'ambition est d'ouvrir un espace de questionnement et de réflexion pour gérer avec humanisme et pragmatisme les impacts de cette mutation numérique. Sont réunies dam ce livre les contributions organisées et articulées de dirigeants et d'universitaires aux parcours divers pour nourrir un dialogue qui mette en évidence ce que pensée et pratique se doivent mutuellement pour orienter et éclairer l'action dans un monde devenu un vaste écosystème dont nous avons les uns et les autres à prendre soin. Ce livre n'est un ouvrage ni de recettes ni d'expériences du passé, mais une recherche tournée vers les défis d'un futur déjà en grande partie présent. Il a été conçu par des optimistes vigilants pour qui le pire n'est jamais sur tant que la lucidité et la bonne volonté prévalent. Il souhaite contribuer ainsi à la réflexion sur le développement responsable.

Les nouveaux territoires du numérique - L'univers digital du sur-mesure de masse

Pierre Beckouche,

Sciences Humaines, coll. Petite bibliothèque des sciences humaines, 2019

Un livre facile d'accès faisant le point sur la révolution digitale et les incidences qu'elle a sur le territoire français, européen et mondial. Des pistes pour comprendre et réagir face à l'invasion du numérique dans nos vies.

Il devient chaque jour plus évident que le tournant digital est loin de se limiter à une révolution technologique. Depuis quelques années, les recherches se multiplient pour montrer les liens entre la numérisation et l'économie collaborative, et leur impact social. Qu'elles insistent plutôt sur l'aspect technique (Henri Verdier et Nicolas Colin), sur le changement économique (Gilles Babinet, Jeremy Rifkin), sur les aspects sociaux (Dominique Cardon), politiques (Evgeny Morosov) ou anthropologiques (Pierre Sillard de manière optimiste, Eric Sadin ou Antoinette Rouvroy plus critiques), toutes relèvent que cette révolution est pluridimensionnelle. Ce petit livre, pédagogique et réflexif, clarifie les raisons pour lesquelles il faudrait aller jusqu'à parler de tournant anthropologique. Son premier objectif est de montrer que le numérique s'impose rapidement comme le théâtre d'opérations qui relevaient naguère de domaines différents : domestique, politique, entrepreneurial, urbain, artistique, médiatique, social, médical. en somme, de tous les domaines de la vie, publics comme privés. Le second objectif est de montrer l'intérêt de l'approche géographique de la révolution digitale. D'abord parce que cela donne un tour concret à ces transformations multiformes, qui donnent le tournis. Ensuite parce que les territoires restent un domaine dans lequel le discontinu et la limite – vitesses plus lentes, caractère physique et engageant des relations humaines, possible représentation politique d'une société délimitée dans le temps et l'espace – peuvent s'inscrire, alors que le monde digital est celui de la continuité, de l'exhaustif et du sans limite, pour le meilleur : la créativité, ou pour le pire : la totalisation. 

L'éthique en contexte info-communicationnel numérique : Déontologie, régulation, algorithme, espace public

Ghislaine Chartron, Evelyne Broudoux, Laurence Balicco, Viviane Clavier, Isabelle Pailliart (dir.),

De Boeck, 2018

Depuis 2006, la conférence « Document numérique et société » se donne pour mission d’apporter des éclairages sur les transformations des dispositifs d’information à l’ère numérique, en privilégiant la dimension sociale. La 6e édition s’est tenue à l’Institut de la Communication et des Médias (Échirolles) en septembre 2018 et a été co-organisée par le Dicen-IDF (Cnam) et le Gresec (Université Grenoble Alpes), laboratoires en Sciences de l’information et de la communication. L’éthique était au c ur des questionnements, qu il s’agisse d’évoquer les pratiques de recherche, l’édition de documents ou les logiques d’acteurs. Les actes de ce colloque se répartissent entre algorithmes et éthique, régulations et auto-régulations, production d’informations sur les plateformes et accès aux documents. Pour les professionnels de l’information ; pour les chercheurs, enseignants et étudiants en information, communication, documentation et humanités numériques. Avec les contributions de : Béa Arruabarrena, Patrick Cansell, Camille Capelle, Stéphane Chaudiron, Anne Cordier, Franck Cormerais, Lucile Desmoulins, Jean-Claude Domenget, Julien Falgas, Bernard Jacquemin, Eric Kergosien, Alexander Kondratov, Anne Lehmans, Zineb Majdouli, Joachim Schöpfel, Brigitte Simonnot, Carsten Wilhelm et Tiphaine Zetlaoui.

Cyberstructure : L'Internet, un espace politique

Stéphane Bortzmeyer,

C&F Editions, 2018

Les outils de communication ont d'emblée une dimension politique : ce sont les relations humaines, les idées, les échanges commerciaux ou les désirs qui s'y expriment. L'ouvrage de Stéphane Bortzmeyer montre les relations subtiles entre les décisions techniques concernant l'Internet et la réalisation ― ou au contraire la mise en danger ― des droits fondamentaux. Après une description précise du fonctionnement de l'Internet sous les aspects techniques, économiques et de la prise de décision, l'auteur évalue l'impact des choix informatiques sur l'espace politique du réseau. Un ouvrage pour appuyer une citoyenneté informée, adaptée aux techniques du xxi' siècle et en mesure de défendre les droits humains.

Neurocapitalisme : Pouvoirs numériques et multitudes

Giorgio Griziotti,

C&F Editions, 2018

Produire, vivre, s'organiser : la numérisation de la société provoque des changements majeurs dans le système capitaliste comme dans la subjectivité ou la résistance des dominés. Giorgio Griziotti brosse la fresque de l'évolution fondamentale du capitalisme, depuis la production des objets jusqu'à celle de l'économie de l'attention, de la connaissance et des affects. Il montre comment, après avoir mis en place la connexion permanente, la numérisation gagne aujourd'hui les corps, sinon le code génétique de la vie même. Avec le biohypermédia, nos vies sont prises dans un réseau dominé par quelques acteurs qui accaparent toute l'énergie collective.

Expert du numérique, épris de politique, Giorgio Griziotti nourrit sa réflexion d'exemples pertinents et explicites, nous guidant dans les ramifications de cette économie en mutation, offrant le recul nécessaire pour penser les formes actuelles de production, de vie et d'organisation. Le lieu central des affrontements n'est plus l'usine, mais la ville ; ce n'est plus le monde des appartenances, mais celui des traversées. Il s'agit dès lors de mobiliser la force du commun pour tracer des perspectives d'émancipation.

Les imaginaires et les techniques

Marina Maestrutti, Fabian Kröger,

Presses des Mines, 2018

Les apports sur les imaginaires et les techniques présentés dans cet ouvrage offrent des approches différentes et variées, parfois en contraste et néanmoins en dialogue, sur le rôle de l’imaginaire dans la construction de nos représentations sociales des techniques. Ils montrent concrètement comment l’imaginaire, loin de se cantonner à jouer un rôle fonctionnel pour faire avancer ou accepter l’innovation, contribue à un questionnement profond et parfois contradictoire des évolutions technologiques dans toute leur complexité. Les différentes contributions analysent les transformations des imaginaires des objets techniques dans les différentes étapes de l’innovation (avion, robots, voitures autonomes, imagerie médicale, etc.), retracent la mise en imaginaire des objets techniques dans la culture visuelle (affiches, cinéma) et littéraire, interrogent le rôle de l’imaginaire dans la conception et le design, questionnent la relation entre mythes et techno-imaginaires ainsi que la métaphorisation des catastrophes techniques. Ce volume dresse un panorama actuel des recherches sur l’imaginaire des techniques en croisant la socio-anthropologie, la philosophie, l’histoire des techniques, les sciences de l’information et de la communication, tout comme la littérature. En s’intéressant au symbolisme des techniques à travers l’histoire et les contextes culturels, l’ouvrage contribue à « mettre en culture » et « en société » les techniques anciennes, contemporaines et émergentes.

Algorithmes et décisions publiques

Sous la direction de Gilles Rouet,

CNRS Éditions, 2019

Les algorithmes, nourris par des masses de données de plus en plus importantes, sont désormais au coeur de nombreux dispositifs susceptibles d’orienter, voire de prendre des décisions publiques. Le recours aux algorithmes permet d’envisager de réels progrès dans la qualité et l’adaptation des services publics aux besoins des citoyens/usagers, par ailleurs eux-mêmes producteurs de données nécessaires à leur fonctionnement. Tous les secteurs, ou presque, sont déjà concernés : santé, justice, police, sécurité, éducation, etc. Mais à quel prix et avec quels risques ?

Ce volume propose un panorama critique du recours aux algorithmes dans le secteur public, avec des focalisations sur des applications concrètes et une réflexion sur l’évolution de l’État, des administrations et de la communication entre les citoyens et les décideurs publics.

La loi pour une République numérique a instauré en 2016 un droit d’information spécifique pour les citoyens concernés par une décision individuelle fondée sur un algorithme. Il convient aujourd’hui non seulement d’envisager les modalités de mise en application de ce droit, mais aussi d’en considérer les aspects collectifs. Comment, dans ce contexte, maintenir et développer les conditions de liberté de choix et d’action des citoyens ?

Contre le totalitarisme transhumaniste. Les enseignements philosophiques du sens commun

Michel Weber,

FYP Editions, 2018

Le transhumanisme s’impose comme une nouvelle croyance à grand renfort de promesse de jeunesse éternelle et de conférences TED. Il préconise l’utilisation d’innovations technico-médicales, afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des humains, pour concrétiser l’espérance prométhéenne : guérir, améliorer, transcender.

Mais quels sont ses fondements idéologiques ? Pourquoi ses partisans veulent-ils l’installer comme une véritable croyance ? Quels sont leurs intérêts et motivations ? Michel Weber montre que même si ce courant de pensée est souvent présenté comme apolitique, une autre réalité se cache sous les prétextes émancipateurs d’outils techniques : la volonté de tout prévoir, de tout anticiper et de tout contrôler. Cette société fondée sur l’hypercontrôle et la maîtrise absolue du cours de nos vies nous plonge encore davantage dans l’hyperindividualisme, sous l’emprise quasi totale de la technologie. Cela conduit à une nouvelle forme de totalitarisme. Le transhumanisme apparaît alors comme l’aboutissement logique d’une doctrine technocapitaliste, terme d’un long processus de destruction des conditions de possibilité de la vie authentique en général et de la démocratie en particulier. À travers une approche philosophique, Michel Weber nous livre dans cet essai un solide contre-argumentaire aux thèses transhumanistes et interroge la place actuelle et future de la technique dans l’évolution de nos sociétés et de l’humanité.

La Grande Transition de l’humanité. De Sapiens à Deus.

Sous la direction de Christine Afriat et Jacques Theys,

FYP Editions, 2018

Nous sommes à l’âge des grandes transitions — numérique, écologique, démographique, économique, démocratique — et avec elles s’invente un nouveau futur. Ces transformations sont le fruit d’un mouvement comparable, dans son ampleur, au passage de l’homme nomade à l’homme sédentaire, puis au créateur de villes. Pour l’humanité, il s’agit de s’adapter à un basculement irréversible, de se métamorphoser, de passer de l’Homo sapiens à l’Homo deus. Les choix que nous devons faire dès aujourd’hui seront décisifs. Les auteurs, figures majeures de la prospective, expliquent la nature de cette Grande Transition et donnent les clés pour ne pas la subir. Ils fournissent les concepts et les outils pour que nous puissions négocier au mieux ce virage du temps et faire face à ces ruptures radicales. Cet ouvrage répond à trois objectifs : expliquer, inspirer et outiller. Au croisement de l’économie, de la sociologie, des sciences politiques et de la géographie, il révèle les trois nouveaux piliers de notre futur : la simplexité, l’empathie et la société organique, et permet de nous réapproprier notre propre histoire.

The Digital Street

Lane Jeffrey,

Oxford University Press, 2019

The social impact of the Internet and new digital technologies is irrefutable, especially for adolescents. It is simply no longer possible to understand coming of age in the inner city without an appreciation of both the face-to-face and online relations that structure neighborhood life. The Digital Street is the first in-depth exploration of the ways digital social media is changing life in poor, minority communities. Based on five years of ethnographic observations, dozens of interviews, and analyses of social media content, Jeffrey Lane illustrates a new street world where social media transforms how young people experience neighborhood violence and poverty. Lane examines the online migration of the code of the street and its consequences, from encounters between boys and girls, to the relationship between the street and parents, schools, outreach groups, and the police. He reveals not only the risks youths face through surveillance or worsening violence, but also the opportunities digital social media use provides for mitigating it. Granting access to this new world, Jeffrey Lane shows how age-old problems of living through poverty, especially gangs and violence, are experienced differently for the first generation of teenagers to come of age on the digital street.

Robotics Through Science Fiction

Robin Murphy,

The MIT Press, 2019

This book presents six classic science fiction stories and commentary that illustrate and explain key algorithms or principles of artificial intelligence. Even though all the stories were originally published before 1973, they help readers grapple with two questions that stir debate even today: how are intelligent robots programmed? and what are the limits of autonomous robots? The stories—by Isaac Asimov, Vernor Vinge, Brian Aldiss, and Philip K. Dick—cover telepresence, behavior-based robotics, deliberation, testing, human-robot interaction, the “uncanny valley,” natural language understanding, machine learning, and ethics. Each story is preceded by an introductory note, “As You Read the Story,” and followed by a discussion of its implications, “After You Have Read the Story.” Together with the commentary, the stories offer a nontechnical introduction to robotics. The stories can also be considered as a set of—admittedly fanciful—case studies to be read in conjunction with more serious study.

The Deep Learning Revolution

Terrence J. Sejnowski,

The MIT Press, 2019

How deep learning—from Google Translate to driverless cars to personal cognitive assistants—is changing our lives and transforming every sector of the economy.

The deep learning revolution has brought us driverless cars, the greatly improved Google Translate, fluent conversations with Siri and Alexa, and enormous profits from automated trading on the New York Stock Exchange. Deep learning networks can play poker better than professional poker players and defeat a world champion at Go. In this book, Terry Sejnowski explains how deep learning went from being an arcane academic field to a disruptive technology in the information economy.

Sejnowski played an important role in the founding of deep learning, as one of a small group of researchers in the 1980s who challenged the prevailing logic-and-symbol based version of AI. The new version of AI Sejnowski and others developed, which became deep learning, is fueled instead by data. Deep networks learn from data in the same way that babies experience the world, starting with fresh eyes and gradually acquiring the skills needed to navigate novel environments. Learning algorithms extract information from raw data ; information can be used to create knowledge ; knowledge underlies understanding ; understanding leads to wisdom. Someday a driverless car will know the road better than you do and drive with more skill ; a deep learning network will diagnose your illness ; a personal cognitive assistant will augment your puny human brain. It took nature many millions of years to evolve human intelligence ; AI is on a trajectory measured in decades. Sejnowski prepares us for a deep learning future.

The Problem with Software. Why Smart Engineers Write Bad Code

Adam Barr,

The MIT Press, 2018

An industry insider explains why there is so much bad software—and why academia doesn't teach programmers what industry wants them to know.

Why is software so prone to bugs ? So vulnerable to viruses ? Why are software products so often delayed, or even canceled ? Is software development really hard, or are software developers just not that good at it ? In The Problem with Software, Adam Barr examines the proliferation of bad software, explains what causes it, and offers some suggestions on how to improve the situation.

For one thing, Barr points out, academia doesn't teach programmers what they actually need to know to do their jobs : how to work in a team to create code that works reliably and can be maintained by somebody other than the original authors. As the size and complexity of commercial software have grown, the gap between academic computer science and industry has widened. It's an open secret that there is little engineering in software engineering, which continues to rely not on codified scientific knowledge but on intuition and experience.

Barr, who worked as a programmer for more than twenty years, describes how the industry has evolved, from the era of mainframes and Fortran to today's embrace of the cloud. He explains bugs and why software has so many of them, and why today's interconnected computers offer fertile ground for viruses and worms. The difference between good and bad software can be a single line of code, and Barr includes code to illustrate the consequences of seemingly inconsequential choices by programmers. Looking to the future, Barr writes that the best prospect for improving software engineering is the move to the cloud. When software is a service and not a product, companies will have more incentive to make it good rather than “good enough to ship."

Robot Rights

David J. Gunkel,

The MIT Press, 2018

A provocative attempt to think about what was previously considered unthinkable : a serious philosophical case for the rights of robots.

We are in the midst of a robot invasion, as devices of different configurations and capabilities slowly but surely come to take up increasingly important positions in everyday social reality—self-driving vehicles, recommendation algorithms, machine learning decision making systems, and social robots of various forms and functions. Although considerable attention has already been devoted to the subject of robots and responsibility, the question concerning the social status of these artifacts has been largely overlooked. In this book, David Gunkel offers a provocative attempt to think about what has been previously regarded as unthinkable : whether and to what extent robots and other technological artifacts of our own making can and should have any claim to moral and legal standing.

In his analysis, Gunkel invokes the philosophical distinction (developed by David Hume) between “is” and “ought” in order to evaluate and analyze the different arguments regarding the question of robot rights. In the course of his examination, Gunkel finds that none of the existing positions or proposals hold up under scrutiny. In response to this, he then offers an innovative alternative proposal that effectively flips the script on the is/ought problem by introducing another, altogether different way to conceptualize the social situation of robots and the opportunities and challenges they present to existing moral and legal systems.

Designing for the User Experience in Learning Systems

Kapros, Evangelos, Koutsombogera,

Maria (Eds.), 2019

While the focus of the UX research and design discipline and the Learning Sciences and instructional design disciplines is often similar and almost always tangential, there seems to exist a gap, i.e. a lack of communication between the two fields. Not much has been said about how UX Design can work hand-in-hand with instructional design to advance learning. The goal of this book is to bridge this gap by presenting work that cuts through both fields. To illustrate this gap in more detail, we provide a combined view of UX Research and Design & Educational Technology. While the traditional view has perceived the Learning Experience Design as a field of Instructional Design, we will highlight its connection with UX, an aspect that has become increasingly relevant.

Our focus on user experience research and design has a unique emphasis on the human learning experience : we strongly believe that in learning technology the technological part is only mediating the learning experience, and we do not focus on technological advancements per se, as we believe they are not the solution, in themselves, to the problems that education is facing.

This book aims to lay out the challenges and opportunities in this field and highlight them through research presented in the various chapters. Thus, it presents a unique opportunity to represent areas of learning technology that go very far beyond the MOOC and the classroom technology. The book provides an outstanding overview and insights in the area and it aims to serve as a significant and valuable source for learning researchers and practitioners.

The UX Book: Agile UX Design for a Quality User Experience

Rex Hartson, Pardha S. Pyla,

Morgan Kaufmann, 2018

This comprehensive text on designing interaction to ensure a quality user experience combines breadth, depth, and practical applications, and takes a time-tested, process-and-guidelines approach that provides you with actionable methods and techniques while retaining a firm grounding in human–computer interaction concepts and theory.

The authors will guide you through the UX lifecycle process. Development activities are linked via handoffs between stages as practitioners move through the process. The lifecycle template concept introduced in this book can be tailored to any project environment, from large enterprise system development to commercial products. Whether a student or practitioner, you will come away with knowledge and understanding of how to create and refine interaction designs to ensure a quality user experience.

This comprehensive text on designing interaction to ensure a quality user experience combines breadth, depth, and practical applications, and takes a time-tested, process-and-guidelines approach that provides you with actionable methods and techniques while retaining a firm grounding in human–computer interaction concepts and theory.

The authors will guide you through the UX lifecycle process. Development activities are linked via handoffs between stages as practitioners move through the process. The lifecycle template concept introduced in this book can be tailored to any project environment, from large enterprise system development to commercial products. Whether a student or practitioner, you will come away with knowledge and understanding of how to create and refine interaction designs to ensure a quality user experience.

Emotionally Intelligent Design: Rethinking How We Create Products

Pamela Pavliscak ;

O’Reilly, 2018

As technology becomes deeply integrated into every aspect of our lives, we’ve begun to expect more emotionally intelligent interactions. But smartphones don’t know if we’re having a bad day, and cars couldn’t care less about compassion. Technology is developing more IQ, but it still lacks EQ.

In this book, Pamela Pavliscak—design researcher and advisor to Fortune 500 companies—explores new research about emotion, new technology that engages emotion, and new emotional design practices. Drawing on her own research and the latest thinking in psychology, neuroscience, and behavioral economics, Pamela shows you how design can help promote emotional well-being.

You’ll learn :

  • How design has transformed emotion and how tech is transforming it again

  • New principles for merging emotional intelligence and design thinking

  • How to use a relationship model for framing product interactions and personality

  • Methods for blending well-being interventions with design patterns

  • How emotional resonance can guide designers toward ethical futures

  • Implications of emotionally intelligent technology as it scales from micro- to mega-emotional spheres