La Conjoncture religieuse : 1598-1685


L'action conjuguée des ultra-catholiques et de la royauté

Héritier des ligueurs, le parti dévot a toujours voulu servir le roi et favoriser la religion catholique.

Sous Henri IV, il s’organise autour de personnalités charismatiques (François de Sales, Bérulle, les Marillac, Soeur Jeanne de Chantal, Vincent de Paul), de congrégations (Carmel, Visitation, Jésuites, Sulpiciens et Lazaristes) et d’organisations plus ou moins secrètes comme les Dames de la Charité et la Compagnie du saint Sacrement.

De par sa centralisation, le pouvoir monarchique rejoint un temps leurs préoccupations : de 1620 à 1628 – année du siège de La Rochelle – cinq campagnes militaires vont réduire la superficie des terres protestantes et aboutir à la paix d’Alès (1629) qui met fin au parti protestant en supprimant les places de sûreté et les assemblées politiques. Seules les clauses religieuses de l’Edit de Nantes sont maintenues.

 

Siège de la Rochelle
Henri Motte, 1881, Musée d’Orbigny Bernon, La Rochelle, France

De 1630 à 1660 suit une période de chicanes juridiques orchestrées en particulier par les Marillac et avalisées par Richelieu et Mazarin. Face à un clergé catholique conquérant, les protestants défendent le gallicanisme et son culte monarchique, se soumettent aux décisions royales.

L'affimation de la monarchie et le sort des protestants

Toutefois, Richelieu, défendant les intérêts de la France contre les Habsbourg d’Espagne et d’Autriche, s’allie avec les puissances européennes protestantes. Il se brouille ainsi avec le parti dévot, délaissant un peu trop, au goût des Marillac, la lutte contre les protestants à l’intérieur du royaume. Après la journée des Dupes (1630), Louis XIII fait arrêter Michel de Marillac, décapiter son frère Louis, maréchal de France, et exile la reine mère Marie de Médicis également nièce par alliance de ce dernier : le parti dévot à la cour est décimé.


Louis XIV, attribué à Charles Le Brun, 1661/1662
Château de Versailles

         

Sous l’impulsion de Vincent de Paul, une fraction des dévots – dont Louise de Marillac – accepte l’épreuve en bons  chrétiens et délaisse l’action politique pour concentrer ses efforts sur la promotion et la défense de la Contre-Réforme à Paris.

En 1666, Mazarin obtient la dissolution par Louis XIV de la Compagnie du Saint Sacrement dont il craignait le pouvoir occulte. Cette dernière travaillait à christianiser le corps social et attribuait tous les désordres à l’apparition du protestantisme.

Vincent de Paul en avait été membre.

Toutefois, c’est l’évolution intime de Louis XIV qui explique la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 par l’Edit de Fontainebleau.

Son règne personnel (1660-1715) marque dans tous les domaines le triomphe définitif de la Contre-Réforme en France.