TraHs N°3 | 2018
Mujeres y confinamiento en instituciones totales

Du point de vue sociologique on entend comme « institution totale » un « lieu de résidence ou de travail où un grand nombre d'individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées » (Goffman, 2001).

Ces institutions sont classées en cinq types principaux : 1) Celles qui hébergent des personnes jugées socialement incapables et inoffensives -­‐ maisons de retraite pour personnes âgées, orphelinats ou centres pour personnes aveugles ou indigentes 2) Celles réservées aux personnes jugées incapables de prendre soin d'elles-­‐mêmes et qui constituent un danger involontaire pour la communauté -­‐ hôpitaux psychiatriques et patient(e)s souffrant de maladies infectieuses. 3) Celles organisées pour protéger la communauté de certaines personnes qui représentent un danger -­‐ centres pénitentiaires et / ou prisons, camps de concentration. 4) Les institutions réservées à l'accomplissement d'un travail précis -­‐ casernes, bateaux, centres d’internement/de rétention, camps de travail et 5) les institutions qui servent à la formation religieuse -­‐ monastères, abbayes, couvents et cloîtres.

Le contact avec le monde extérieur où le quotidien se déroule sous les ordres d'une autorité unique et où l'ensemble des activités sont réalisées de façon homogène à partir d’une même logique, à savoir : règles formelles qu’un groupe de fonctionnaires (ou autres) est chargé de faire scrupuleusement appliquer, stratification entre ce groupe et les personnes internées, considérées comme inférieures ou indignes, constituent le dénominateur commun entre ces différentes institutions.

Quant aux femmes, et compte tenu des schémas de genre en vigueur, qui placent les femmes dans des conditions de handicap aussi bien au niveau social que culturel et économique, l'expérience de l'internement rend leur situation particulièrement grave.

Ainsi, ce troisième numéro de la revue TRAHs vise-­‐t-­‐il à analyser certains processus sociaux internes chez les femmes cloîtrées, enfermées, isolées, internées afin de produire des connaissances scientifiques qui permettent d’aborder des phénomènes sociaux que les murs empêchent de rendre visibles.

Sous la direction de Carlos Mejía Reyes

Publié en ligne le 22 mai 2018

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Couverture du numéro 3