Note Note

Dominique Gay-Sylvestre 

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Le numéro 12 de la revue Trajectoires Humaines Transcontinentales (TraHs) conclut les actes du IV Congrès du Réseau international ALEC. Les représentants de nombreux pays des continents américain, africain, européen, de l’Océan indien ont mis en avant les différentes représentations du « vieillir » en fonction des territoires et esquissé le chemin qui reste à parcourir pour que le « bien vieillir » et le « vivre ensemble » deviennent des réalités visibles et tangibles.

Note de bas de page 1 :

Human Rights Council, Forty-eighth session, 13 September–8 October 2021, Agenda item 3.

En octobre 2021, suite à la COVID-19, l’Assemblée Générale des Nations Unies, dans son article 3 relatif à la « Promotion and protection of all human rights, civil, political, economic, social and cultural rights, including the right to development »1 reconnaît que :

[…] older persons face a number of particular challenges in the enjoyment of their human rights, including, among others, in the areas of prevention of and protection against violence, abuse and neglect, social protection, food and housing, the right to work and access to the labour market, equality and non-discrimination, access to justice, new technologies, education, training, health support, long-term and palliative care, lifelong learning, participation, accessibility and unpaid care work.
Deeply concerned that older persons, in particular older persons with disabilities and those with underlying health conditions, have been disproportionally affected by the COVID-19 pandemic, which in addition to high morbidity and mortality has exacerbated pre-existing inequalities.

Cette recognition qui souligne en même temps l’inobservance des droits des aînés, montre bien que nous n’en sommes encore qu’au début de la nécessaire prise de conscience du rapport à l’autre vieillissant. Outre les séquelles physiques, l’impact psychologique de la distanciation sociale, l’isolement, la solitude subie, le sentiment d’abandon parfois et la stigmatisation qui ont modifié profondément les rapports humains qui pèsent encore lourdement sur le vécu quotidien ont changé notre regard sur la vie, sur la mort, même si « […] cette méditation sur la mort n’a pas d’autre but que d’apprendre à vivre, à vivre vraiment, à recevoir la « vie en abondance » (Aupetit, 2020 :9).

Le Réseau international ALEC s’est engagé dans la protection des populations vulnérables. Le Congrès réalisé en septembre n’est que le début des actions qu’il mène en leur faveur et qu’il entend poursuivre, notamment en ce qui concerne les personnes âgées. Mais il ne peut entreprendre seul ; les états, les territoires, la société toute entière ont le devoir d’agir et de mettre en œuvre les outils nécessaires à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2030, mais ils doivent aussi compter sur les voix et les aspirations des seniors.

Le temps passe vite mais les aînés n’ont pas le temps d’attendre ! Des décisions doivent être prises où toutes les compétences seront les bienvenues. Ce n’est qu’ensemble, dans l’action, que nous nous honorerons et que nous apporterons des débuts de réponses aux questions que nous nous posons sur le « vieillir ensemble » car « Les seules réponses intéressantes sont celles qui détruisent les questions » (Susan Sontag).