digital labor
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Cet article reprend et commente certains points soulevés par S.I.Lex dans son billet de blog : Et si l’open access était une question de Digital Labor ?, du 03/02/2020. Dans l’article qui nous occupe, S.I.Lex, alias Lionel Maurel, s’intéresse à la perception du chercheur à propos du travail lié au dépôt de données en archive ouverte.
Le chercheur, en général, considère que ce type de tâche ne fait pas forcément partie de ses attributions, voire qu’il n’est pas lié à son travail de recherche. Le fait de déposer ses travaux en archive ouverte correspondrait souvent pour lui à une tâche administrative secondaire et pénible qui doit être rapide pour ne pas perdre de temps et pouvoir se consacrer à se qui importe : le cœur de son métier.
Le chercheur préfère donc, quand c’est possible, demander le recrutement d’un personnel, administratif ou du secteur des bibliothèques et de la documentation, dédié à la saisie des données sur archives ouvertes.
Or, on ne peut comparer les personnels administratifs et les personnels des bibliothèques (dont une partie fait partie du personnel scientifique) au sein d’une même université : ils ne font pas le même métier. Cependant, le métier de bibliothécaire est mal connu. C’est un problème.
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Les personnels des bibliothèques définissent leur travail avant tout comme un travail au service de : des lecteurs, des chercheurs, des enseignants, bref de la communauté universitaire dont eux-mêmes font partie, même s’ils sont souvent perçus comme « en dehors » de celle-ci.
Pourquoi cette perception tronquée ? Quelle est la matière du travail des bibliothécaires ? Sur quoi fondent-ils leur activité ? C’est avant tout un savoir-faire que les bibliothécaires parviennent à maîtriser pour ensuite l’inculquer et le transmettre aux usagers en général et aux chercheurs en particulier. Ils se mettent au service de ceux qui ont besoin de ce savoir-faire à un moment donné.
Ils sont spécialistes, non de l’information en elle-même, mais de la recherche d’information. Pour paraphraser la formule de Michel Melot, ancien directeur de la Bibliothèque publique d’information, sans être forcément bons nageurs, les bibliothécaires sont d’excellents navigateurs dans l’océan des savoirs.
Or, les professions des bibliothèques, de la documentation et de l’information scientifique et technique sont le sujet d’un débat qui est encore plus ouvert à l’heure du digital labor :  leur savoir-faire est il simplement au service du savoir, ou peut-il à bon droit être érigé au rang de science au même titre que les matières qu’enseignent et développent les chercheurs ?
En outre, à l’heure où l’on perçoit de manière de plus en plus tangible l’importance des enjeux liés aux données, qu’elles soient privées, données de la recherche, données publiques, données transmises et partagées, le bibliothécaire qui travaille avec la donnée, voit son destin de plus en plus intimement lié à celui de  l’informaticien, qui travaille sur la donnée.
Le bibliothécaire est donc de plus en plus perçu comme n’étant pas seulement là pour faire les emprunts, les retours de documents ; on découvre qu’il dispose d’un savoir faire dont le chercheur va avoir énormément besoin pour avancer.
Ce vieux débat qui a depuis longtemps émaillé l’histoire des bibliothèques resurgit donc dans des termes particulièrement tranchés à l’heure du digital labor, de l’open access, et au moment où la collaboration entre chercheurs et bibliothécaires devient absolument nécessaire.
Le point positif à l’heure actuelle est la mise en avant du savoir-faire bibliothéconomique pour aider les chercheurs. Il représente désormais l’une des justifications essentielles d’existence du bibliothécaire en bibliothèque universitaire.
Alors, vive la collaboration enseignants-chercheurs et bibliothécaires , tous au service du savoir, de son partage, sa propagation et de sa diffusion !
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          Mise à jour le 07/04/2020
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