Dominique Gay-Sylvestre – Professeure des Universités émérite au laboratoire FRED


"La publication en ligne de revues par l’Université de Limoges permet une meilleure visibilité des recherches qui y sont effectuées"

Dominique Gay-Sylvestre, Professeure des Universités émérite au laboratoire FRED (Éducation et Diversité en Espaces Francophones – EA 6311).

L’Université de Limoges publie cinq revues en ligne, Dominique Gay-Sylvestre est Directrice de publication de la revue DIRE  (DIversités REcherches et terrains) et Directrice scientifique de la revue TraHs (Trajectoires Humaines Transcontinentales). Elle a été directrice du laboratoire FRED de 2010 à 2017.


Comment l’idée de ces revues en ligne est-elle née ? Quand ont-elles été créées ?

DIversités Recherches et Terrains (DIRE) est née en 2012 à la création du laboratoire FRED. La revue avait pour objectif de mettre en avant la pluridisciplinarité de nos recherches – en littérature francophone, sciences de l’éducation et en civilisation hispano-américaine, et de faire collaborer les enseignant.e.s-chercheur.e.s sur les thématiques de genre, d’éducation et des populations vulnérables sur plusieurs continents. Nous souhaitions une plus grande visibilité de nos recherches sur le terrain. Aujourd’hui, DIRE prend en compte le recentrage de FRED vers les sciences de l’éducation. Le dernier numéro publié, par exemple, traite des « Illustrations dans les manuels scolaires : approches descriptives, diachroniques et épistémologiques ».

Trajectoires Humaines Transcontinentales (TraHs) a été créée en avril 2017, au sein de FRED, dans le cadre du réseau international ALEC (Amérique Latine, Afrique, Europe, Caraïbes). Elle publie des travaux sur les territoires, les populations vulnérables et les politiques publiques. Son objectif est de permettre aux chercheurs dont les recherches portent sur ces thématiques de publier leurs investigations et de rendre visibles la transversalité et le caractère transcontinental de leurs recherches. Il va de soi que l’éducation y a une part importante.

Ces deux revues sont indexées.

Quel est votre rôle sur ces revues ? Quels sont les thèmes traités ?

J’ai pris la direction de DIRE qui est issue d’une réflexion collective au sein du laboratoire FRED.

J’ai créé la revue TraHs car je souhaitais faire le lien entre les recherches de FRED sur l’éducation, DIRE et le monde ibéro-américain. Il s’agit d’étudier, entre autres, le rôle de l’éducation sur les populations vulnérables (les femmes, les personnes âgées, les communautés indigènes…), en traitant de sujets de sociétés tels que la pauvreté, les territoires, les conflits, le genre, la diversité…

Les textes publiés dans la revue TraHs se font en français, espagnol, portugais et anglais. Cette ouverture linguistique offre la possibilité aux chercheurs de différents continents de tisser des liens et de conforter une dynamique scientifique avec les chercheurs des laboratoires de l’Université de Limoges.

Les thèmes traités sont proposés à l’issue de réunions organisées avec les membres du réseau ALEC. Pour le moment, les numéros sont coordonnés par des chercheurs du réseau mais nous sommes ouverts à toute proposition émanant de chercheurs n’appartenant pas au réseau ALEC, dans le cadre des thématiques que je vous ai citées précédemment. J’insiste aussi beaucoup, à travers cette démarche, sur la place et les opportunités de publication que nous devons donner à de jeunes chercheurs, à des doctorants. Tous les articles reçus sont évalués par des pairs.

Nous travaillons sur des thèmes profondément importants dans l’évolution des sociétés ibéro-américaines. Par exemple, un Hors Série publié le 26 septembre 2018 « Buen vivir (Bien Vivre) : bilans et expériences de 10 années de Constitution en Équateur » connaît un certain impact car il traite d’un moment historique particulièrement important dans le monde ibéro-américain : cette constitution confère, entre autres, des droits à la nature et instaure le régime du Buen Vivir.

Qui sont les publiants dans ces revues ?

Outre les enseignant.e.s-chercheur.e.s de Limoges, ceux de tous les continents et de toutes les institutions publient dans TraHs.

L’objectif est aussi de permettre à des étudiant.e.s de Master 2 et à des doctorant.e.s d’avoir un rôle dans TraHs, comme par exemple la coordination d’un numéro. Nous souhaitons favoriser les initiatives, valoriser le travail et l’autonomie de nos étudiants.

Cette façon de travailler permet à des chercheurs chevronnés et à des jeunes chercheurs de se rencontrer. Notre ouverture internationale est aussi un moyen pour des jeunes chercheurs de pays émergents, surtout africains, d’avoir un espace de publication et de mettre en avant leurs recherches.

Qui sont les lecteurs ?

Qu’il s’agisse de DIRE ou de TraHs, les premiers lecteurs sont principalement des universitaires, mais nous nous efforçons de toucher tous les publics, par les thèmes que nous abordons.

Comment travaillez-vous avec la Direction des Systèmes Informatiques (DSI) de l’Université de Limoges ?

Un travail remarquable de mise en page et d’indexation est effectué à la DSI par Laurent Léger dont les conseils et la technicité sont précieux.

Quel est l’intérêt pour l’université d’avoir des revues en ligne ?

Outre une meilleure visibilité des recherches de l’université, la publication en ligne de revues, permet, à un moindre coût, d’accélérer les temps de publication, et donc de compenser le manque de moyens des universités. Le monde a changé, nous allons au plus efficace, rapide et au moins cher, tout en veillant, bien sûr, à la qualité scientifique des articles. Je n’en oublie pas pour autant la collaboration de grande qualité que nous avons avec les PULIM.

Avez-vous un retour sur les taux de consultation de ces revues ?

La DSI nous envoie des statistiques chaque mois, le taux de consultation de TraHs progresse et en septembre 2018, nous avons eu 2378 visites.


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