Gaëtan Ligat – Docteur de l’Université de Limoges


"J’ai toujours été passionné par l’apprentissage, la compréhension et la découverte, et c’est pour ces raisons que j’ai voulu faire un doctorat"

Gaëtan Ligat a effectué son doctorat au laboratoire RESINFIT (Anti-Infectieux : supports moléculaires des résistances et innovations thérapeutiques – UMR Inserm 1092) et au sein de l’École Doctorale « Biologie Santé, spécialité Immunologie, oncologie, infectiologie sous la direction du Professeur Sophie Alain et du Docteur Sébastien Hantz. Il a soutenu sa thèse intitulée « Cytomégalovirus humain, mutations de résistance et nouvelles cibles thérapeutiques » le 1er décembre 2017.


Quel a été votre parcours avant le doctorat ? Pourquoi avoir choisi de faire un doctorat ?

J’ai un profil 100% Limougeaud. Après une licence en biologie parcours BBMCG (Biochimie, Biologie Moléculaire, Cellulaire et Génétique), j’ai décroché un master Recherche en Génétique et Physiologie.

J’ai toujours voulu faire de la recherche. Déjà petit, je suivais le Téléthon et j’aimais observer tout et n’importe quoi au microscope que l’on m’avait offert. J’ai toujours été passionné par l’apprentissage, la compréhension et la découverte, et c’est pour ces raisons que j’ai voulu faire un doctorat.

Pourquoi l’Université de Limoges ?

Tout d’abord pour la proximité, car je suis originaire de Châteauroux, et ensuite pour être avec mes amis qui s’étaient inscrits également à l’Université de Limoges.

Je ne regrette vraiment pas d’avoir fait ma thèse à Limoges – c’est une université à taille humaine dans un environnement de qualité. Lors de mon doctorat, j’ai été élu représentant des doctorants au sein de mon école doctorale. J’ai également participé à la création d’une association de doctorants (Association des Doctorants Pluridisciplinaires de Limoges – ADPLim), des opportunités que je n’aurais, peut-être, pas pu avoir dans une université plus importante.

Sur quoi portaient vos travaux de recherche ? Comment avez-vous été financé ?

Méconnu, le cytomégalovirus (CMV) appartient à une famille de virus bien plus connue : celle des herpès virus, qui compte parmi ses membres l’herpès simplex. Souvent latent, de nombreuses personnes ne savent pas qu’elles ont été en contact avec ce virus. Ce qui n’est pas si grave pour une personne en bonne santé. En revanche, chez les personnes immunodéprimées l’infection à cytomégalovirus peut être grave (atteinte de la rétine, inflammations au niveau digestif ou neurologique). Bien qu’efficaces, les antiviraux actuellement utilisés en clinique sont peu nombreux, présentent une toxicité et entrainent l’émergence de résistances. Ainsi, mes travaux de thèse ont porté sur l’étude structure-fonction de protéines virales dans le but d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Nous avons notamment déposé un Brevet auprès de l’Office Européen des Brevets en juillet 2017.

Ma thèse a été cofinancée par l’Inserm, le CHU de Limoges et le Centre Nationale de Référence des Cytomégalovirus. J’ai également enseigné à la Faculté de Pharmacie de Limoges au département de Microbiologie.

Comment s’est déroulée votre thèse ?

Ma thèse s’est très bien déroulée. J’ai eu la chance d’avoir des directeurs de thèse avec une formation médicale. Le regard clinique qu’ils m’ont apporté, et que je n’avais pas, a été très formateur. Quand on travaille dans le domaine de la santé, les interactions entre la recherche fondamentale et la recherche clinique sont essentielles. Mes directeurs de thèse m’ont laissé une grande liberté dans la direction que j’ai voulu donner à ma thèse. J’en profite pour les remercier encore une fois pour ce travail que nous avons accompli ensemble.

Que vous a apporté cette expérience ?

De l’autonomie, de la confiance en moi, de la rigueur – indispensable à un travail de thèse. C’est aussi une expérience humaine très riche liée au travail en équipe, aux échanges entre doctorants, et à des opportunités d’ouverture sur l’international. J’ai eu l’occasion de participer à plusieurs congrès nationaux et internationaux. Je suis notamment parti au congrès international sur les infections à cytomégalovirus à Brisbane en Australie.

Quels conseils donneriez-vous à un-e étudiant-e qui souhaiterait s’engager dans une thèse ?

Qu’il-elle soit sûr-e de vouloir faire une thèse car quand on s’engage dans cette expérience, il faut le faire en connaissance de cause, s’y consacrer et ne surtout pas se décourager. C’est très prenant, tant physiquement que moralement. Les doctorants appréhendent aussi souvent la phase de rédaction, je peux aussi leur conseiller de commencer le plus tôt possible ce travail d’écriture.

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel ?

Je suis actuellement en post-doctorat à l’Institut de Recherche sur les Maladies Virales et Hépatiques à Strasbourg. Mon domaine d’intérêt actuel est l’hépatite B chronique.

Par la suite, j’aimerais rester dans la recherche publique, dans le domaine de la virologie et concourir à des postes de maître de conférences ou de chargé de recherche.

Propos recueillis par Françoise Mérigaud – Pôle Recherche


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