Valeria de Luca


Interrogée lors de la cérémonie de remise des diplômes de doctorat 2017, elle revient sur son parcours de doctorante au CeRes

Valeria de Luca est d’origine italienne. Installée en France depuis 10 ans elle a préparé une thèse intitulée « Les univers sémiotiques de la danse. Formes et parcours du sens dans le tango argentin » au CeRes (Centre de Recherches Sémiotiques). Elle a été interrogée lors de la cérémonie de remise des diplômes de doctorat le 24 mars 2017.

Quel est le sujet de votre thèse ?

Je me suis penchée sur le tango argentin en tant que danse et musique à travers des outils sémiotiques qui m’ont permis de cibler la problématique, à savoir celle de relier entre eux différents niveaux d’expression du tango : l’interaction corporelle, les pratiques sociales dans lesquelles la danse s’effectue ainsi que les composantes culturelles et identitaires qui marquent les groupes, les collectifs en Argentine et dans le monde entier. La sémiotique appliquée à la danse est un champ d’étude assez peu exploré par rapport à d’autres domaines culturels. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu y apporter ma contribution. La danse était un peu déficitaire de ce point de vue.

J’ai commencé à pratiquer le tango en 2005. Mon mémoire de master en sémiotique portait déjà sur le tango. Il s’agissait donc pour moi de prolonger, d’approfondir mes recherches précédentes.

Je me suis inscrite en thèse à Limoges en 2012. Je connaissais déjà l’environnement et j’avais étudié les travaux de Jacques Fontanille qui est, par la suite, devenu mon directeur de thèse.

Qu’avez-vous découvert sur le tango ?

En examinant certains manuels de danse du début du 20ème siècle, j’ai pu découvrir que le tango n’était pas vraiment différent de celui d’aujourd’hui, malgré le fait que ce soit une pratique improvisée. Et pourtant, il est possible de repérer des formes et des figures de persistance, dont les danseurs ne sont pas forcément conscients.

Comment peuvent être réinvesties vos recherches ?

Elles peuvent servir à concevoir des dispositifs qui, comme en danse contemporaine, associent la création d’une chorégraphie et la réflexion sur le mouvement. Cela peut également servir à réfléchir sur le processus de patrimonialisation du tango. Le tango a été inscrit patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009.

Quelle est la suite des évènements au niveau professionnel ?

Je voudrais devenir enseignante-chercheuse bien que ce soit un chemin assez long. Malgré tout, c’est celui que je souhaite emprunter, d’autant plus que j’ai déjà une petite expérience dans l’enseignement.

Quelles compétences pensez-vous avoir développées durant votre doctorat ?

On apprend un métier même si on ne se rend pas compte. On développe des compétences de gestion, de planification, de rédaction. Je sais mieux structurer ma pensée. Et si je dois créer un projet de recherche, j’ai déjà des repères.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans une thèse ?

Il faut beaucoup de patience, de conviction et d’endurance. A mon avis, il faut savoir vraiment ce qu’on veut en termes de sujet. Chaque sujet reflète nos passions, nos problématiques scientifiques.

Quel regard portez-vous sur l’Université de Limoges ?

C’est comme à la maison ! Notre laboratoire est petit, on se connait vite. Je tiens à remercier Claire Buisson du collège doctoral qui était notre ange gardien, à notre écoute. Il y avait un réel accompagnement. Mon directeur était souvent disponible. J’ai été responsabilisée et j’ai eu une grande autonomie dans mes recherches.

Propos recueillis par Diane Daïan – Service communication