AAC Volume 8, n° 2/2019

couverture du numéro

Interfaces Numériques, volume 8, n° 2/2019

Parution en juin 2019

L’énonciation en acte ou comment la praxis énonciative opère au sein des espaces numériques

Dirigé par : Carine DUTEIL-MOUGEL, Christine FEVRE-PERNET

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Appel à contribution

Interfaces numériquesest la première revue scientifique francophone dédiée au design numérique. Née en janvier 2012, elle a pour objectif de faire coopérer des professionnels, des chercheurs universitaires et des chercheurs en école de design sur des problématiques liées au design numérique que les sciences humaines (Sciences de l’Information et de la Communication, Sciences du Langage, Anthropologie, Sociologie, Sémiotique, Histoire de l’Art, Philosophie…) traitent avec une ouverture pluridisciplinaire réelle.

La conception de l’énonciation oscille généralement entre une conception discursive et une conception linguistique. La première privilégie l’étude du contexte, de la scène d’énonciation, du genre de discours et de l’ethos. La seconde s’intéresse aux marques langagières de la mise en discours, aux procédés par lesquels le locuteur imprime sa marque à l’énoncé (déictiques, modalisateurs, subjectivèmes, etc.).

Sans chercher à concilier les différentes approches possibles ni à faire l’inventaire de toutes les définitions existantes de l’énonciation (en Pragmatique, en Sémiotique, en Sémantique, en Analyse du Discours, en Sciences de l’Information et de la Communication, etc.), nous interrogeons dans ce numéro l’énonciation en acte. Comment la praxis énonciative opère au sein des interfaces numériques et dans leur production même ?

Il s’agit ainsi, dans une perspective herméneutique, de problématiser le lien entre les performances sémiotiques (ou/et polysémiotiques) et leur entour social et historique, en s’intéressant notamment à leur caractérisation générique et discursive. Quelles normes sont à l’œuvre ? Dans quelle mesure les productions sont-elles configurées par les situations concrètes auxquelles elles participent ?

On adoptera une visée scientifique qui au-delà de la description comme le rappelle S. Moirand (2014) s’attache à « expliquer ». Les genres de discours apparaissent ou se transforment en lien avec l'évolution des pratiques sociales et avec l'apparition de nouvelles formes de communication et de participation, notamment et surtout dans le numérique. Pour « expliquer » ici le comment et le pourquoi il nous semble nécessaire à la fois de mobiliser des outils théoriques permettant de rendre compte de la construction du sens dans les faits de communication étudiés et à la fois de faire la part belle aux données (matériau langagier et polysémiotique), qu'elles prennent la forme de corpus (de différentes natures) ou d'enquêtes de terrain.

Ainsi le concept depraxis énonciative peut être interrogé de diverses manières et peut être travaillé avec les différentes théories émanant des champs disciplinaires des Sciences du langage et des Sciences de l'information et de la communication.  On pourra s'appuyer sur les travaux des analystes du discours, des interactionnistes, des spécialistes SIC et des sémioticiens pour analyser et « expliquer » les processus de communication en jeu. Sont également bienvenues les études en Marketing, Management, Sociologie et en Sciences de l'Education.

Dans le cadre de ce dossier, nous interrogerons les phénomènes d'énonciation en lien avec l'espace numérique, c'est-à-dire les productions qui circulent et les différents acteurs présents sur la scène numérique. Ce numéro accueillera des études abordant notamment les aspects suivants :

  • Quelles interactions pour quels acteurs ?
  • Comment fonctionnent les différents niveaux (technologiques, matériels, éditoriaux, d'usages) en matière d'énonciation dans le dispositif global d'interaction ?
  • Quels sont les différents rôles énonciatifs et comment sont-ils distribués ? Par quelle instance ?
  • En quoi le design de l'objet participe au projet d'interaction et s’inscrit dans l’espace énonciatif ?
  • Design UX, ergonomie, Design Thinking : comment créer et mesurer l’expérience utilisateur ?
  • Personas, scénarios d’usage et parcours utilisateurs (user flow) : ethos, types, archétypes ? Comment sont-ils construits ? Comment influencent-ils la prise de décision dans la conception des produits ?
  • Sur quoi repose le marketing expérientiel ?

Bibliographie à compléter

Amossy R., 2005, « De l'apport d'une distinction dialogisme vs polyphonie dans l'analyse argumentative », In J. Bres, P.P. Haillet, S. Mellet, H. Nølke, L. Rosier (éd.), Dialogisme et polyphonie : approches linguistiques, Actes du colloque de Cerisy (2-9 septembre 2004), DeBoeck-Duculot, pp. 63-73.

Brown T., 2014, L'Esprit design: Comment le design thinking change l'entreprise et la stratégie, Pearson Education.

Bakhtine M., 1978, Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard.
— 1984,  Esthétique de la création verbale, Paris, Gallimard.

Berger E., 2014, « La démarche design, entre projet et expérience - Une poïétique qui hybride penser et faire », Communication & Organisation, (46), pp. 33‑42.

Charaudeau P. et Maingueneau D., 2002, Dictionnaire d’analyse du discours, Paris, Le Seuil.

Kerbrat-Orecchioni C., 2001, Les Actes de langage dans le discours, Paris, Nathan.

Maingueneau D., 1998, Analyser les textes de communication, coll. « Lettres sup », Dunod, Paris, p. 40.

Mitropoulou E., 2012, « Les Organisations interactives : quelle innovation pour la communication ? », Communication & Organisations, N°39, « Les applications de la sémiotique à la communication des organisations », Presses Universitaires de Bordeaux, pp. 37-58.

Moirand S., 2014, « L’hétérogénéité énonciative au fil du texte : la représentation des controverses dans les genres de l’information de la presse quotidienne », Arena Romanistica - Journal of Romance studies, University of Bergen, Department of Foreign Languages, Dialogisme, hétérogénéité énonciative et polyphonie, pp.140-165.

Pignier N., 2009, « Sémiotique du webdesign : quand la pratique appelle une sémiotique ouverte », Communication & langages, (159), pp. 91‑110.
2014, « Questionner le sens du lien entre supports numériques des textes, dispositifs d’information-communication et styles d’usage. » in Eleni Mitropoulou et Nicole Pignier (coord.), Former ou formater ? Les enjeux de l’éducation aux médias, Editions Solilang, collection « Solilingui », p. 39-66.

Vial S., 2014, « ‪De la spécificité du projet en design : une démonstration‪ », Communication & Organisation, (46), pp. 17‑32.

Rastier F., 2000, « Philologie numérique », Tyvaert, J.-E. (éd.), Philologie électronique et assistance à l’interprétation des textes, Recherches en Linguistique et Psychologie cognitive, 15, pp. 117-149.
—  2001, Arts et sciences du texte, Paris, PUF.
— 2003, « Parcours de production et d’interprétation », Ouattara, A. (éd.), Parcours énonciatifs et parcours interprétatifs, Ophrys, pp. 221-242.

Organisation scientifique

La réponse à cet appel se fait sous forme d’une proposition livrée en fichier attaché (nom du fichier du nom de l’auteur) aux formats rtf, doc ou odt. Elle se compose de deux parties :

  • Un résumé de la communication de 4 000 signes maximum, espaces non compris ;
  • Une courte biographie du (des) auteur(s), incluant titres scientifiques, le terrain de recherche, le positionnement scientifique (la discipline dans laquelle le chercheur se situe), la section de rattachement.

Le fichier est à retourner, par courrier électronique, pour le 15 septembre 2018, à :

carine.duteil@ensil.unilim.fr ; christine.fevre-pernet@univ-reims.fr

Un accusé de réception par mail sera renvoyé.

Calendrier prévisionnel

  • 15 septembre 2018 : date limite de réception des propositions ;
  • 30 septembre 2018 : avis aux auteurs des propositions ;
  • 15 janvier 2019 : date limite de remise des articles ;
  • Du 16 janvier au 15 mars 2019 : expertise en double aveugle, navette avec les auteurs ;
  • 30 mars 2019 : remise des articles définitifs ;
  • juin 2019 : sortie du numéro en versions numérique et papier.

Modalités de sélection

Un premier comité de rédaction se réunira pour la sélection des résumés et donnera sa réponse le 30 septembre 2018.

L’article complet, écrit en français ou en anglais, devra être mis en page selon la feuille de style qui accompagnera la réponse du comité (maximum 25 000 signes, espaces compris). Il devra être envoyé par courrier électronique avant le 15 janvier 2019 en deux versions : l’une entièrement anonyme et l’autre nominative.

Un second comité international de rédaction organisera une lecture en double aveugle des articles et enverra ses recommandations aux auteurs au plus tard le 15 février 2019.

Le texte définitif devra être renvoyé avant le 30 mars 2019.

Les articles qui ne respecteront pas les échéances et les recommandations ne pourront malheureusement pas être pris en compte.

Contacts : carine.duteil@ensil.unilim.fr ; christine.fevre-pernet@univ-reims.fr

Interfaces Numériques est une revue scientifique publiée chez Hermès-Lavoisier sous la direction de Benoît Drouillat et Nicole Pignier.

Présentation de la revue classée par l’HCERES (Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) : https://www.unilim.fr/interfaces-numeriques/