2026, deuxième quinzaine de février par Solen Fogret
16 février 2026. Etats-Unis. Potentiels crimes contre l’humanité commis dans le cadre de l’affaire Epstein. Des experts de l’ONU ont affirmé ce jour que les « Fichiers Epstein » « contiennent des preuves inquiétantes et crédibles d’abus sexuels systématiques et à grande échelle, de trafic et d’exploitation de femmes et de filles », dont « l’ampleur, la nature, le caractère systématique et la portée transnationale (…) sont si graves, qu’un certain nombre d’entre elles peuvent raisonnablement respecter le seuil légal des crimes contre l’humanité ».
17 février 2026. Australie. Examen de l’Australie par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels. Le Comité a tout d’abord salué l’adoption par l’Australie d’un plan d’action dans le cadre de la Décennie mondiale pour les langues autochtones et d’une nouvelle loi contre les formes d’esclavage moderne. Il a également salué la promulgation, dans l’Etat de Victoria, en novembre 2025, du premier traité conclu avec les peuples autochtones, qui prévoit la création d’un nouvel organisme comprenant un organe représentatif élu déjà existant depuis 2018, l’Assemblée des Peuples Premiers de Victoria, ainsi que deux mécanismes : un chargé de surveiller l’impact des politiques gouvernementales sur l’amélioration des conditions de vie des Peuples Premiers et l’autre chargé de consolider le travail entrepris par la commission vérité et justice Yoorrook. Le Comité a toutefois regretté qu’il n’existe pas de mécanisme identique au niveau fédéral. Par ailleurs, il a constaté que les peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres sont surreprésentés à tous les niveaux du système pénal et désavantagés par les programmes pour l’emploi. Il a également noté des disparités en matière de santé mentale et physique, d’économie et d’inclusion sociale, au détriment des peuples aborigènes. La délégation australienne a affirmé que le gouvernement a renouvelé son engagement envers le cadre Closing the Gap, afin de lutter contre ces inégalités. Elle a par ailleurs assuré que les autorités australiennes respectent toujours le principe d’obtention du consentement éclairé des peuples aborigènes avant que des activités ne soient menées sur leurs terres.
17 février 2026. Azerbaïdjan. Condamnation d’un ancien chef du gouvernement du Haut-Karabakh. Au terme d’un procès entamé en janvier 2025, sept anciens dirigeants du Haut-Karabakh avaient été condamnés le 5 février 2026 par un tribunal militaire azerbaïdjanais. Ce jour, Ruben Vardanian, qui a été chef du gouvernement du Haut-Karabakh de novembre 2022 à février 2023, a été condamné à vingt ans de prison. Il a été reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation, dont franchissement illégal de frontière, financement du terrorisme et formation de groupes armés illégaux. Il avait été capturé, avec les autres anciens dirigeants, en septembre 2023, après l’offensive militaire qui avait conduit à la chute de la République autoproclamée, située en Azerbaïdjan mais jusqu’alors peuplée en majorité d’Arméniens.
19 février 2026. Palestine. L’ONU craint un « nettoyage ethnique » à Gaza et en Cisjordanie. Dans un rapport publié ce jour, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme s’est dit préoccupé par un possible « nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie », malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à Gaza, le 10 octobre 2025. Dans la bande de Gaza, le rapport dénonce « les massacres et les mutilations infligées en nombre sans précédent à des civils par les forces israéliennes » depuis le 7 octobre 2023 et la « propagation de la famine » et de la « malnutrition », qui « sont le résultat direct des mesures prises par le gouvernement israélien, telles que le blocage de l’entrée et de la distribution de l’aide humanitaire ». Le rapport dénombre 463 Palestiniens, dont 157 enfants, décédés des suites de la famine. Il affirme également que « la destruction des infrastructures civiles » – qui seraient potentiellement délibérément prises pour cible, tout comme les civils – contraint les Palestiniens à vivre dans « des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec leur maintien » dans la bande de Gaza. Le Haut-Commissariat conclut que ces actes, qui semblent « viser un changement démographique permanent à Gaza », sont susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, voire un génocide. En Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, le rapport dénonce « l’usage systématique et illégal de la force par les forces de sécurité israéliennes, les détentions arbitraires généralisées, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens en détention », ainsi que « la démolition illégale à grande échelle de maisons palestiniennes ». Il affirme que ces pratiques sont « utilisées pour discriminer, opprimer, contrôler et dominer systématiquement le peuple palestinien ». Par ailleurs, de manière générale, le rapport dénonce les « transferts forcés, qui semblent viser un déplacement permanent ». Il dénombre également, entre novembre 2024 et fin octobre 2025, 79 Palestiniens décédés alors qu’ils étaient détenus par Israël. Il dénonce enfin l’usage « excessif ou disproportionné » de la force par l’Autorité palestinienne et le fait que le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens « ont continué à détenir des otages israéliens et étrangers capturés le 7 octobre 2023 – ainsi que les corps de ceux qui sont morts ou ont été tués en captivité – comme monnaie d’échange », infligeant à certains « des violences sexuelles, tortures, passages à tabac, détentions souterraines prolongées, ainsi que des privations de nourriture, d’eau et de sanitaires ».
(https://news.un.org/fr/story/2026/02/1158439)
19 février 2026. Soudan. Preuves d’une « campagne génocidaire » dans El-Fasher. Après avoir déjà identifié des actes susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité – qualifications que la Cour pénale internationale a par ailleurs reconnues en janvier 2026 –, la Mission internationale indépendante d’enquête pour le Soudan a déclaré ce jour dans un nouveau rapport que les Forces de soutien rapide (FSR) ont mené « une campagne coordonnée de destruction contre les communautés non arabes dans et autour d’El-Fasher, dont les caractéristiques indiquent un génocide ». En effet, les multiples crimes commis lors la prise de contrôle d’El-Fasher et de ses environs avaient été précédés d’un siège de 18 mois, permettant d’affaiblir la population ciblée par la famine, la privation, le traumatisme et l’enfermement : « des conditions calculées pour provoquer leur destruction ». La Mission estime que « l’intention génocidaire est la seule inférence raisonnable qui peut être tirée du schéma systématique de meurtres ethniquement ciblés, de violence sexuelle, de destruction et de déclarations publiques des FSR appelant explicitement à l’élimination des communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Four ». Des survivants les ont ainsi cités : « Si nous trouvons des Zaghawa, nous les tuerons tous » ; « Nous voulons éliminer tout ce qui est noir du Darfour ». La torture et les traitements cruels, la détention arbitraire, l’extorsion et les disparitions forcées étaient également spécifiquement dirigés contre ces peuples, dans « l’intention de [les] détruire ». Le ciblage fondé sur le sexe était également généralisé : les femmes et les filles zaghawa et four ont été victimes de viols généralisés, systématiques et coordonnés – y compris souvent collectifs – et d’autres formes de violence sexuelle, pendant lesquelles les auteurs proféraient des insultes discriminatoires et ethniques ou disaient, comme s’en souvient une survivante, « Ce sont des esclaves. Tuez-les, détruisez-les, violez-les ». De plus, preuve que les FSR visaient spécifiquement les Zaghawa et les Four, la Mission rapporte que les femmes perçues comme arabes étaient souvent épargnées.
19 février 2026. Venezuela. Adoption d’une loi d’amnistie. Sous pression des Etats-Unis, l’Assemblée nationale vénézuélienne a adopté ce jour à l’unanimité une « loi d’amnistie pour la cohabitation démocratique » permettant la libération de détenus politiques. Elle couvre treize périodes précises entre 1999 et 2026, incluant donc les présidences d’Hugo Chávez (1999-2013) et de Nicolás Maduro mais ne les couvrant pas dans leur intégralité : selon l’ONG Foro Penal, elle couvre « à peine vingt mois des vingt-sept années de pouvoir chaviste ». S’agissant des faits visés, en plus des « faits violents », l’opposition a fait intégrer à la loi la participation à des « manifestations ». En revanche, la loi ne bénéficiera pas aux personnes coupables de « violations graves des droits de l’Homme, crimes contre l’humanité et crimes de guerre (…), homicides (…), trafic de drogue (…), infractions prévues dans la loi contre la corruption ». Des experts regrettent toutefois que ces exclusions concernent également des policiers et des militaires impliqués dans des activités qualifiées de « terroristes ». La loi exclut également les personnes ayant « promu, instigué, sollicité, invoqué, favorisé, facilité, financé ou participé » à des « actions armées » contre le Venezuela, ce qui pourrait exclure de nombreux membres de l’opposition, dont sa cheffe, Maria Corina Machado, qui ont soutenu l’agression du pays par les Etats-Unis, le 3 janvier 2026. Le collectif Surgentes craint que ces restrictions excluent également des « personnes injustement condamnées pour avoir défendu leurs droits sociaux ou critiqué le pouvoir, ou dénoncé des cas de corruption ». Enfin, Foro Penal a noté que l’amnistie n’est « pas automatique » : une procédure judiciaire est nécessaire pour en bénéficier. Des experts des droits de l’Homme de l’ONU ont estimé que la loi devait s’appliquer à toutes les victimes de poursuites illégales et être intégrée dans un processus global de justice transitionnelle devant « également impliquer des réformes institutionnelles et juridiques visant à démanteler l’appareil qui a permis ces violations ». Selon Foro Penal, si 450 prisonniers politiques ont été libérés, plus de 600 sont encore emprisonnés.
20 février 2026. Haïti. Hausse du recrutement d’enfants dans les gangs. Alors qu’Haïti est confronté à une grave crise sécuritaire, humanitaire et de gouvernance, au moins 26 gangs opèrent à Port-au-Prince, la capitale, et dans ses environs. D’après un rapport de l’ONU publié ce jour, ces gangs forcent des familles à se déplacer et limitent l’accès aux écoles, aux soins de santé et aux services essentiels. De nombreux enfants, ainsi poussés par la faim, le manque d’éducation, la précarité économique et les sentiments d’appartenance et de protection que leur inspirent les gangs, rejoignent ces derniers ; d’autres y sont enrôlés de force ou sous la menace. Dans de nombreuses régions, le recrutement est « systématique ». Les enfants servent de guetteurs, de messagers et d’informateurs, mais sont également souvent directement impliqués dans des affrontements armés, des barrages routiers et des enlèvements contre rançon. Les filles sont confrontées à des risques accrus d’exploitation sexuelle, de viol et de relations forcées avec des membres de gangs. Ces violences sexuelles aggravent leurs traumatismes, mais également leur exclusion de la société et amenuisent donc leurs chances de réinsertion sociale.
(https://news.un.org/fr/story/2026/02/1158445)
22 février 2026. Pakistan. Conflit à la frontière avec l’Afghanistan. Le Pakistan a annoncé ce jour avoir mené des frappes aériennes à la frontière avec l’Afghanistan « contre sept camps et refuges de terroristes appartenant aux talibans pakistanais ». D’autres frappes, dont la localisation n’a pas été précisée, ont ciblé un groupe affilié à l’Etat islamique (EI). D’après l’Afghanistan, ces frappes ont fait des « dizaines » de morts et de blessés civils dans les provinces de Nangarhar et de la Paktika (est du pays). Le conflit entre les deux Etats s’explique par le fait que le Pakistan accuse l’Afghanistan d’abriter des groupes terroristes, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), ce que l’Afghanistan dément. Ce mouvement, formé au combat en Afghanistan et qui se revendique de la même idéologie que les Talibans afghans, est accusé d’avoir tué des centaines de soldats pakistanais depuis 2021. Les deux Etats étaient déjà entrés à nouveau en conflit le 9 octobre 2025 avant de conclure un nouveau cessez-le-feu le 19 octobre. Par ailleurs, l’attaque contre le groupe affilié à l’EI s’explique par le fait que ce dernier a, le 6 février 2026, revendiqué une attaque dans une mosquée chiite d’Islamabad, la capitale du Pakistan, qui a fait au moins 31 morts et 169 blessées. D’après la Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA), au cours des trois derniers mois de 2025, 70 civils ont été tués et 478 blessés en Afghanistan par des actions attribuées aux forces pakistanaises. En réaction, le 26 février, l’Afghanistan a annoncé des « attaques massives » à la frontière. Le Pakistan a riposté le 27 février en bombardant Kaboul, la capitale afghane, et en déclarant une « guerre ouverte » aux autorités talibanes qui ont assuré vouloir « le dialogue » et « une solution pacifique ».
24 février 2026. Ukraine. 211 000 crimes de guerre en quatre ans. Ruslan Kravchenko, le procureur général d’Ukraine, a indiqué que « 211 000 crimes de guerre ont été répertoriés à ce jour, sur 241 000 délits impliquant la Russie ». Jusqu’à présent, 800 actes d’accusation ont été émis et 240 individus ont été condamnés par contumace pour crimes de guerre par des tribunaux ukrainiens.
24 février 2026. Soudan. Potentiels crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre des personnes handicapées. Les Forces de soutien rapide (FSR) ont exécuté et maltraité des personnes en raison de leur handicap lors de leur prise de contrôle d’El-Fasher, le 26 octobre 2025. D’après des survivants et des témoins, ils auraient accusé des hommes présentant un handicap physique d’être des combattants blessés et en auraient qualifié d’autres de « folles » et d’« incomplètes ». Des combattants des FSR les auraient également dépouillés de leurs équipements d’assistance ou de leur seul moyen de mobilité, comme les brouettes utilisées par leurs familles pour les transporter. Des témoins rapportent ainsi que des familles tentant de fuir ont été contraintes d’abandonner leurs proches handicapés. Leur exécution sommaire, leur détention arbitraire et les potentiels traitements cruels, inhumains ou dégradants qui leur ont été infligés sont susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Par ailleurs, des personnes handicapées ont subi un double ciblage, en raison de leur origine ethnique (non arabe) vraie ou supposée.
25 février 2026. Cameroun. Abus après l’expulsion par les Etats-Unis de ressortissants de pays tiers. Entre janvier et février 2026, les Etats-Unis ont expulsé vers le Cameroun 17 hommes et femmes, dont des demandeurs d’asile et une personne apatride, originaires de neuf pays africains (Angola, République démocratique du Congo, Ethiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Sénégal, Sierra Leone et Zimbabwe). Les autorités camerounaises les ont immédiatement placés en détention, malgré l’absence de base juridique pour le faire. Depuis plusieurs années, certaines régions du Cameroun sont ravagées par la violence et les conflits armés, le gouvernement réprime l’opposition et les médias, et les groupes armés et les forces gouvernementales commettent des exactions généralisées, notamment des actes de torture en détention. Un avocat qui assistait certaines des personnes expulsées a rapporté que ces dernières se sentaient « contraintes » de retourner dans leur pays d’origine. Un tel retour forcé ou contraint d’une personne vers un pays dans lequel elle risque d’être persécutée constitue une violation de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et du droit international coutumier.
25 février 2026. Tanzanie. Rapatriement forcé et mauvais traitements à l’encontre de réfugiés burundais. Fin novembre 2025, plus de 140 000 réfugiés burundais se trouvaient en Tanzanie. De nombreux ont déjà été réfugiés après avoir fui la guerre civile burundaise des années 1990 et du début des années 2000, avant de retourner au Burundi, puis de fuir à nouveau en 2015 alors que le pays traversait une période de troubles politiques. En 2017, tandis que le retour des réfugiés burundais dans leur pays d’origine était jugé sûr, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a conclu un accord avec les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie en vue de rapatriements volontaires. La pandémie de COVID-19 ayant entraîné une baisse des rapatriements pendant quelques années, ils sont repartis à la hausse à la suite de la fixation d’un objectif de 3 000 réfugiés par semaine, convenu fin 2025 dans le cadre d’une actualisation de l’accord. Ainsi, au cours des deux premiers mois de 2026, plus de 28 000 réfugiés burundais sont rentrés de Tanzanie. Toutefois, le HCR note que l’objectif hebdomadaire est actuellement largement dépassé et que « des abris pour réfugiés ont été démolis, contraignant les personnes à se réfugier temporairement dans des centres de départ déjà surpeuplés et aggravant encore les conditions de vie sur le terrain ». De plus, « les réfugiés expriment de plus en plus d’inquiétudes face aux retours forcés et aux mesures coercitives » et certains auraient subi des « mauvais traitements ».
(https://news.un.org/fr/story/2026/02/1158468)
26 février 2026. République démocratique du Congo. Potentiels crimes de guerre contre des défenseurs des droits de l’Homme. D’après des experts de l’ONU, entre novembre 2025 et février 2026, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plusieurs défenseurs des droits humains ont été pris pour cible par des membres et des partisans du M23, en raison de leur travail. Ils auraient notamment été victimes de tentatives d’assassinat, d’enlèvements répétés, de torture, de violences sexuelles et de menaces de mort, susceptibles de constituer des crimes de guerre. Une défenseuse œuvrant pour les droits des personnes LGBT aurait ainsi été « enlevée à plusieurs reprises », torturée et serait toujours portée disparue. Un autre défenseur des droits humains aurait fait l’objet de menaces de mort et été « contraint d’entrer dans la clandestinité » ; des hommes armés auraient enlevé et violemment agressé sa femme, afin de « la forcer à révéler où il se trouvait ».
26 février 2026. France. Condamnation de Mahdieh Esfandiari. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce jour l’Iranienne Mahdieh Esfandiari à quatre ans de prison, dont un ferme, assortis d’une interdiction définitive du territoire français, pour apologie du terrorisme, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme, injure publique en ligne en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, et association de malfaiteurs. Elle avait publié en ligne, en 2023 et 2024, des textes faisant l’apologie de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive. Quatre hommes ont aussi été condamnés dans la même affaire. Dans la mesure où le ministre iranien des Affaires étrangères avait confirmé, fin novembre 2025, que Mahdieh Esfandiari devrait être « échangée » contre Cécile Kohler et Jacques Paris et puisqu’elle n’a pas été renvoyée en détention à l’issue de l’instance, elle a immédiatement fait l’objet d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance. Ses avocats ont interjeté appel de sa condamnation, suspendant sa peine d’interdiction définitive du territoire français qu’ils estiment « disproportionnée » au regard des faits et sachant que « le tribunal n’a pas réussi à prouver qu’elle était l’autrice de 80 % des propos qui lui sont attribués ».
26 février 2026. Afghanistan. L’ONU dénonce un « apartheid de genre ». Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a dénoncé ce jour le fait que « les femmes et les filles d’Afghanistan sont confrontées à une discrimination et à une oppression extrêmes fondées sur le genre qui équivaut à une persécution. Le système de ségrégation rappelle l’apartheid, fondé sur le genre plutôt que sur la race ». Il rappelle en ce sens que les autorités de facto ont « criminalisé la présence de femmes et de filles dans la vie publique », qui se voient interdites d’enseignement secondaire et supérieur et de la plupart des emplois, et voient leur accès aux soins de santé largement affecté, sans parler de leur liberté d’expression et de mouvement. Il dénonce en outre l’exigence du port strict du hijab par les femmes et celle qu’elles soient accompagnées d’un mahram. Au-delà des restrictions visant les femmes, le Haut-Commissaire dénonce, entre autres, l’interdiction de la musique et des images des êtres vivants, la censure des médias afghans, les exécutions publiques et l’adoption du nouveau « Code de procédure pénale pour les tribunaux » début janvier 2026. Il a également exhorté les autres Etats à s’abstenir de renvoyer les réfugiés et les migrants en Afghanistan sans une évaluation individualisée de leur situation, soulignant que d’anciens responsables gouvernementaux et des membres des forces de sécurité qui sont rentrés en Afghanistan depuis le Pakistan et l’Iran ont été victimes de meurtres, d’arrestations et de détentions arbitraires, de torture et de mauvais traitements.
26 février 2026. Tchad. Rapport sur la lutte contre la traite des êtres humains. La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, Siobhán Mullally, a salué ce jour les progrès accomplis par le Tchad dans le renforcement de ses réponses législatives, institutionnelles et politiques à la traite des personnes, notamment : l’adoption d’une législation spécifique contre la traite des personnes, le lancement d’un plan d’action national et la création de la Commission nationale de lutte contre la traite des personnes. Elle a également salué l’accueil et l’hébergement par le pays de plus de 1,5 million de réfugiés. Toutefois, elle a regretté que la traite des enfants à des fins de travail forcé demeure répandue dans les secteurs à haut risque tels que l’agriculture, l’exploitation minière et le travail domestique. Les filles et les jeunes femmes sont victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle – qui est peu signalée en raison de la stigmatisation, de l’impunité et de l’accès limité à la justice – et de travail forcé dans des ménages domestiques, où elles subissent également des abus sexuels et des violences physiques. Les mariages précoces sont en outre courants, malgré leur interdiction constitutionnelle et les efforts législatifs et politiques déployés. Par ailleurs, les femmes migrantes et rurales sont exposées à des risques accrus, notamment la servitude pour dettes, les restrictions de mouvement et le contrôle par des tiers. L’insécurité persistante dans le pays contribue à aggraver les risques de traite des personnes.
27 février 2026. Rwanda. Condamnation en appel de Claude Muhayimana. La cour d’assises d’appel de Paris a confirmé ce jour la décision de la cour d’assises du 16 décembre 2021 et condamné Claude Muhayimana à 14 ans de réclusion criminelle pour complicité de génocide et de crimes contre l’humanité. Il a été reconnu coupable d’avoir transporté des miliciens hutu Interahamwe sur différents lieux de massacre en avril 1994, au début du génocide des Tutsi.
28 février 2026. Iran. Agression par les Etats-Unis et Israël. Les Etats-Unis et Israël ont annoncé ce jour avoir lancé plusieurs frappes sur l’Iran dans le cadre d’une « opération » nommée « Fureur épique ». Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a justifié ces « frappes préventives » par l’objectif de « défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes émanant du régime iranien ». Plus précisément, il compte « réduire à néant leur industrie de missiles » et s’assurer que l’Iran « ne pourra jamais posséder d’arme nucléaire ». En effet, il estime que le gouvernement iranien a « rejeté toutes les occasions de renoncer à [ses] ambitions nucléaires », développant « des missiles à longue portée » qui « pourraient bientôt atteindre le territoire américain ». Toutefois, tout comme de nombreux experts, le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président de la Commission spéciale sur le renseignement du Sénat, a déclaré qu’il n’y avait « aucune information indiquant que l’Iran était sur le point de lancer une quelconque attaque » contre les Etats-Unis. En outre, l’Iran et les Etats-Unis étaient en pleines négociations, Donald Trump ayant affirmé le 26 février qu’il laissait 10 jours à l’Iran pour conclure avec les Etats-Unis un accord sur le nucléaire. Par ailleurs, cette agression est aussi illégale au regard du droit interne des Etats-Unis qui confie au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre. Donald Trump a en outre affirmé qu’il veillerait à ce que « les groupes terroristes soutenus par le régime ne puissent plus déstabiliser la région ni le monde, ni attaquer nos forces, (…) [ni] tuer des milliers et des milliers de personnes, y compris de nombreux Américains ». Il a enfin appelé les Iraniens à prendre « le contrôle [du] gouvernement », affirmant : « Ce sera probablement votre seule chance pour des générations ».
En réaction, l’Iran et les groupes armés qu’il soutient ont lancé de nombreux missiles contre Israël et des bases américaines de la région. Des ripostes ont ainsi été recensées en Arabie Saoudite, au Qatar, aux Emirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn, en Irak – où le groupe la Résistance islamique en Irak, proche des Gardiens de la révolution, a riposté contre les frappes ayant visé les brigades du Hezbollah irakien –, en Jordanie, en Syrie, en Israël, à Oman et dans le détroit d’Ormuz où transite 20 % du pétrole mondial. L’Iran a également visé des biens civils : des hôtels de Dubaï et son aéroport international, celui de Koweït City et des bâtiments résidentiels, ainsi que la raffinerie de Ras Tanura en Arabie saoudite – faisant quelques morts civils. Dans la nuit du 1er au 2 mars, plusieurs drones attribués au Hezbollah libanais ont visé la base militaire britannique d’Akrotiri, dans le sud de Chypre, après que le Premier ministre britannique a annoncé autoriser les Etats-Unis à utiliser les bases britanniques contre l’Iran.
L’armée israélienne a frappé, le 28 février au matin, des positions du Hezbollah dans le sud du Liban, « en réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu [conclus en novembre 2024] par le Hezbollah », constituant une énième violation du cessez-le-feu par Israël. Pourtant, dans la nuit du 1er au 2 mars, le Hezbollah a revendiqué « ses premières salves de drones et de missiles en direction d’Israël depuis l’accord de cessez-le-feu ». En réponse aux tirs du Hezbollah, l’armée israélienne a mené des frappes massives sur Beyrouth et dans le sud du pays, qui ont fait au moins 31 morts et 149 blessés.
Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a été tué par une frappe attribuée à Israël alors qu’il se trouvait dans un complexe gouvernemental à Téhéran, la capitale iranienne, où se tenait une réunion avec plusieurs responsables du régime. 40 hauts gradés et dignitaires iraniens ont également été tués, parmi lesquels figurent le chef d’état-major des forces armées, le commandant en chef des Gardiens de la révolution, le conseiller du Guide suprême et secrétaire du Conseil de défense, et le ministre de la Défense. Le centre de commandement des Gardiens de la révolution, des bases militaires majeures, des systèmes de défense antiaérienne et un important complexe militaire de stockage de missiles ont en outre été touchés. Les Etats-Unis et Israël ont également visé des biens civils : l’hôpital Ghandi, à Téhéran, a été gravement endommagé ; une école primaire, située à Minab, dans le sud du pays, près d’un complexe des Gardiens de la révolution, a fait l’objet d’une frappe attribuée aux Etats-Unis qui a conduit au décès de 168 personnes, dont des enfants ; une frappe a touché le lycée Hedayat, dans l’ouest de Téhéran, causant la mort de deux élèves. D’après le Croissant-Rouge, au 2 mars, au moins 555 personnes avaient été tuées en Iran depuis le début des bombardements.
Ne condamnant pas la grave violation de la Charte des Nations unies que constitue cette agression, ni les frappes susceptibles d’être qualifiées de crimes de guerre, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se sont dits prêts à protéger leurs alliés en vertu de la légitime défense collective. Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a condamné « l’escalade militaire au Moyen-Orient », et appelé à « l’arrêt immédiat des hostilités et à la désescalade ».
BP 23204
87032 Limoges - France
Tél. +33 (5) 05 55 14 91 00