2026, deuxième quinzaine de janvier par Solene Fogret
16 janvier 2026. Gambie. Procès de Sanna Manjang. Alors que Sanna Manjang avait été inculpé en décembre 2025 du meurtre de l’homme d’affaires Ndongo Mboob, en 2006, et du correspondant de l’AFP en Gambie, Deyda Hydara, en 2004, les procureurs ont, le 15 janvier 2026, remplacé ces accusations par celles de l’assassinat de Kajali Jammeh et de Samba Wurry. Ces deux victimes, à propos desquelles la commission vérité avait recueilli très peu d’informations, auraient été tuées par Sanna Manjang à Kanilai, dans le sud de la Gambie, en 2006. Ces accusations reposent uniquement sur le témoignage d’Ensa Keita, un ouvrier de Kanilai, qui aurait été témoin du meurtre de Kajali Jammeh alors qu’il était lui-même en détention pour s’être rendu à plusieurs reprises chez l’ancien président, Yahya Jammeh, en affirmant avoir participé à la construction de la résidence privée de ce dernier et n’avoir jamais été payé. L’accusé a plaidé non coupable devant la Haute Cour de Gambie pour ces deux nouveaux chefs d’accusation. Sanna Manjang est un ancien membre des Junglers, groupe au sein des forces armées gambiennes qui recevait ses ordres directement du dictateur Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie de juillet 1994 à janvier 2017. Il avait été cité dans les conclusions de la commission vérité pour « son rôle central dans les tortures, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires perpétrées par les Junglers ».
(https://www.justiceinfo.net/fr/154881-gambie-un-redoute-jungler-face-a-une-accusation-confuse.html)
16 janvier 2026. Israël. Rapports accusant Israël d’avoir « délibérément détruit le système de santé reproductive » de Gaza. Les ONG Physicians for Human Rights (PHR) et Physicians for Human Rights Israel (PHRI) ont chacune publié, le 14 janvier 2026, un rapport dénonçant les « violences reproductives » causées par Israël dans la bande de Gaza. Le ciblage des établissements de santé, les restrictions d’entrée de matériel médical essentiel, la famine et la malnutrition aiguë résultant des limitations imposées à l’aide humanitaire alimentaire, et les conditions de vie épouvantables auxquelles sont soumis des centaines de milliers de Gazaouis en raison de la destruction de près de 80 % des bâtiments de l’enclave : ces « politiques israéliennes » ont, d’après les rapports, « dévasté la capacité reproductive des Palestiniens de Gaza ».
En effet, d’une part, les complications durant les grossesses et les décès maternels et néonatals ont fortement augmenté depuis le 7 octobre 2023 : 2 600 fausses couches ont été signalées par le ministère de la Santé de la bande de Gaza, ainsi que 220 décès liés à une grossesse, 1 460 naissances prématurées, et plus de 2 500 nourrissons nécessitant des soins néonatals intensifs. De plus, d’après le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, environ 150 000 femmes enceintes et mères allaitantes ont été déplacées de force, privées d’accès aux soins de santé et aux services de soutien les plus élémentaires. De très nombreuses femmes ont été déplacées à plusieurs reprises, contraintes de marcher de longues distances et d’accoucher hors des structures médicales, dans des conditions extrêmement dangereuses. D’autre part, le nombre de naissances enregistrées au cours des six premiers mois de l’année 2025 – 17 000 – a chuté de 41 % par rapport à la même période en 2022. Le rapport de PHR rappelle également le bombardement, en décembre 2023, de la clinique Al-Basma, le plus grand centre de fertilité de Gaza, qui a entraîné la destruction de 4 000 embryons.
D’après PHR, les chiffres présentés dans les deux rapports sont largement sous-estimés en raison de la limitation de la collecte de données liée à « l’effondrement quasi total du système d’information sanitaire de Gaza après le 7 octobre 2023 ». PHRI affirme que ces violences reproductives infligées aux femmes de Gaza – qui perdurent malgré le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 – ne sont pas des dommages collatéraux de la guerre mais « révèlent une réalité orchestrée, conçue pour créer un cycle de souffrances en cascade qui prive toute possibilité de survie ou de rétablissement », constituant ainsi « l’un des aspects de la destruction délibérée de la vie palestinienne » dans l’enclave. Ces violences « relèvent de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’un génocide et de violations des droits de l’Homme, qui nécessitent une enquête approfondie et des poursuites judiciaires ». Les auteurs précisent que, contrairement à ce qu’a invoqué Israël à plusieurs reprises, aucun des cliniciens interrogés n’a signalé une quelconque utilisation des hôpitaux par des groupes armés palestiniens à des fins militaires.
16 janvier 2026. Pakistan. Examen du Pakistan par le Comité des droits de l’enfant. Le Comité a fait état de discriminations et de graves violations des droits fondamentaux des enfants appartenant à des minorités religieuses et ethniques, certaines de ces violations ayant été signalées par la Cour suprême pakistanaise dont les décisions de justice « ne semblent pas entraîner de modification des comportements sociaux ». La délégation pakistanaise a assuré que le gouvernement applique une politique d’intégration des enfants appartenant aux minorités. Le Comité a également jugé « alarmants » les chiffres en matière de violence à l’égard des enfants, et en particulier en matière de violence sexuelle contre les garçons. La délégation a affirmé que le gouvernement est engagé pour protéger tous les enfants contre toutes les formes de violence, y compris leur vente, leur prostitution et la pornographie les mettant en scène. Pour ce faire, le gouvernement met l’accent tant sur la répression que sur la prévention, en sensibilisant les parents, les enseignants et les chefs traditionnels et religieux. En outre, le projet de loi de 2025 sur la violence domestique établit un système complet de protection et de réadaptation des victimes de telles violences. Enfin, appelant à la nullité de tout mariage d’enfant de moins de 18 ans, le Comité a constaté des lacunes en la matière dans les législations territoriale et provinciale. La délégation a assuré qu’en 2025, les lois sur la restriction des mariages d’enfants dans le territoire de la capitale, Islamabad, et au Baloutchistan ont instauré des sanctions pénales strictes en cas de mariage de tout enfant de moins de 18 ans.
18 janvier 2026. Syrie. Fragile cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les FDS. Après une reprise des affrontements entre les forces de sécurité générales du gouvernement de transition et les Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes, le 6 janvier 2026, un accord de cessez-le-feu a été conclu entre les deux parties ce jour. Cet accord prévoit l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’Etat et la remise immédiate au gouvernement des provinces sous contrôle kurde de Deir ez-Zor et Raqqa. Il prévoit également la prise en charge par l’Etat des prisonniers membres présumés de l’Etat islamique (EI) et de leurs familles détenus dans des prisons et des camps contrôlés par les Kurdes. En outre, en raison de l’absence de sûreté de ces camps, les Etats-Unis ont annoncé, le 21 janvier, commencer à transférer près de 7 000 prisonniers de l’EI de la Syrie vers l’Irak. Par ailleurs, le 16 janvier, le président syrien, Ahmed Al-Charaa, avait adopté un décret reconnaissant les droits nationaux de la minorité kurde – estimée à 2 millions de personnes sur une population de 20 millions d’habitants –, affirmant qu’elle constitue « une partie intégrante » de la Syrie. Ainsi, selon ce décret, leur langue sera reconnue comme langue nationale et pourra être enseignée dans les écoles, et le nouvel an kurde, le Nowrouz, sera un jour férié officiel. Il leur est également accordée la nationalité syrienne, alors qu’environ 20 % des Kurdes en avaient été privés à la suite d’un recensement controversé en 1962.
18 janvier 2026. Nigeria. Nouvelle vague d’enlèvements. Ce jour, plus de 160 personnes ont été kidnappées au cours d’une attaque menée par des gangs armés visant deux églises dans le village de Kurmin Wali, dans le district à majorité chrétienne de Kajuru (nord du Nigeria). La police de l’Etat de Kaduna n’a pas confirmé l’attaque, affirmant qu’il n’y avait « aucune information faisant état d’une attaque ou d’un enlèvement ». Par ailleurs, les 303 élèves et 12 enseignants qui avaient été enlevés à l’école primaire et secondaire catholique St. Mary’s de Papiri, dans l’Etat du Niger, le 21 novembre 2025, ont été libérés. En réaction à cette attaque massive, le président nigérian, Bola Tinubu, avait déclaré fin novembre l’état d’urgence et lancé le recrutement de militaires et de policiers. Ces enlèvements, traditionnellement commis par des gangs criminels qui exigent en échange une rançon, sont fréquents au Nigeria.
19 janvier 2026. Soudan. La CPI dénonce la commission par les FSR de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité ». La procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé ce jour que, d’après l’enquête menée par le Bureau du Procureur, « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » ont été commis lors de la prise de la ville d’El-Fasher, au Darfour, par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) en octobre 2025. Plus précisément, l’enquête a révélé « une campagne organisée et calculée » de « massacres » et de « tortures collectives » contre les communautés non arabes, ainsi que des « tentatives de dissimulation des crimes par l’aménagement de fosses communes ». Des images analysées par la Cour montrent également les paramilitaires « célébrant des exécutions directes et profanant des corps ».
20 janvier 2026. Israël. Destruction du site de l’UNRWA à Jérusalem-Est. Israël a commencé ce jour la destruction, à l’aide de bulldozers, du quartier général de l’Agence des Nations unies chargée de l’assistance aux réfugiés palestiniens (UNRWA) dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, sous la surveillance de législateurs et d’un membre du gouvernement. Rappelant l’avis consultatif rendu le 22 octobre 2025 par la Cour internationale de justice (CIJ) et les obligations d’Israël au titre de la Charte des Nations unies et de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies, le Commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont condamné cette destruction. Ce dernier a, d’après son porte-parole, également exhorté le gouvernement israélien à « cesser immédiatement la démolition du complexe (…) et à restituer et restaurer sans délai ce complexe et les autres locaux de l’UNRWA aux Nations unies ». Philippe Lazzarini a en outre rappelé que, dans son arrêt, la CIJ avait non seulement réaffirmé qu’Israël est obligé, en vertu du droit international, de faciliter les opérations de l’UNRWA, de ne pas les entraver ou de les empêcher, mais également qu’Israël n’a pas compétence sur Jérusalem-Est. Il a également précisé, à la suite de déclarations du gouvernement israélien, que celui-ci « ne possède pas ou n’a pas de droits sur la propriété qui abrite le complexe de l’UNRWA à Sheikh Jarrah (…) il n’y a jamais eu de transfert de propriété », ces terres étant louées par l’UNRWA au gouvernement de la Jordanie depuis 1952. En parallèle, le Bureau des droits de l’Homme de l’ONU dans les Territoires palestiniens occupés a déploré la poursuite de l’expansion illégale des colonies dans la zone E1, au nord-est de Jérusalem, « menaçant la continuité territoriale et démographique palestinienne » entre Jérusalem-Est, Ramallah et Bethléem, et renforçant ainsi « la ségrégation » et les déplacements forcés. Selon le journal Haaretz, le site de l’UNRWA pourrait, à terme, servir à la construction d’une nouvelle colonie juive de plus de 1 400 logements.
(https://news.un.org/fr/story/2026/01/1158255)
21 janvier 2026. Colombie. Examen de la Colombie par le Comité des droits de l’enfant. Le Comité a tout d’abord salué l’adoption par la Colombie de réformes juridiques, la mise en place de politiques publiques et la création d’institutions visant à garantir les droits des enfants. La délégation colombienne a notamment insisté sur l’adoption de « réformes institutionnelles qui visent à garantir une prise en charge rapide et adaptée sur l’ensemble du territoire national, en intégrant des approches différenciées afin de reconnaître la diversité ethnique, culturelle et territoriale, ainsi que les besoins spécifiques des enfants et des adolescents handicapés, victimes de violence, migrants ou déplacés ». Toutefois, le Comité a relevé une persistance de la violence structurelle et de la violence sexuelle. De plus, la « mise en œuvre inégale de l’accord de paix de 2016 » permet aux groupes armés qui persistent dans les zones rurales de continuer à recruter des enfants, notamment autochtones. S’agissant de ces derniers, le Comité a également relevé que 20 % ne sont pas enregistrés à l’état civil. Par ailleurs, le Comité s’est dit frappé par les difficultés que les enfants de certains quartiers éprouvent à accéder à des soins de santé de qualité. De même, tous les enfants n’accèdent pas au système scolaire dans les mêmes conditions d’égalité, cela concernant en particulier les enfants handicapés.
21 janvier 2026. Israël. Multiples attaques au Liban. Malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, l’armée israélienne a mené ce jour une attaque contre quatre postes-frontières situés près de Hermel, dans le nord-est du Liban, assurant qu’ils étaient utilisés par le Hezbollah pour du « trafic d’armes ». Plus tôt dans la journée, Israël avait visé, dans une première attaque, deux voitures – l’une près de Saïda et l’autre près de Sour – puis, dans une seconde attaque, plusieurs secteurs du sud du Liban, détruisant des bâtiments dans cinq villages – Qanarit, Kfour, Jarjouaa, Kharayeb et Ansar. D’après le ministère libanais de la Santé, la première attaque a fait deux morts et la seconde 19 blessés. Ces actions interviennent alors que l’armée libanaise a annoncé, début janvier, avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans le sud du pays, entre la frontière israélienne et le fleuve Litani.
22 janvier 2026. Israël. Attaque contre l’Université de Birzeit. Des experts de l’ONU ont dénoncé le fait que, le 6 janvier 2026, des soldats israéliens ont « pris d’assaut » le campus de l’Université de Birzeit, en Cisjordanie occupée, alors que plus de 8 000 étudiants étaient présents. Les soldats auraient brisé la porte principale de l’université avant de « tirer sans discernement » sur le campus, usant de balles réelles, de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Au moins 41 personnes ont été blessées. Cette attaque a coïncidé avec une manifestation syndicale étudiante visant à lutter contre la violence à l’égard des prisonniers palestiniens et le système de détention politique de masse d’Israël. Les experts estiment qu’il s’agit d’une « politique systématique » : « l’intimidation et la criminalisation de la vie étudiante sont des outils utilisés pour saper le droit à l’éducation ». L’ONU reconnaît le terme de scholasticide pour décrire « la destruction systématique de l’éducation [palestinienne] par le biais d’attaques contre des étudiants, des éducateurs et des infrastructures académiques ». Cette « violation manifeste du droit international humanitaire » était la 26ème attaque contre l’université depuis 2002. Par ailleurs, entre octobre 2023 et décembre 2025, l’armée israélienne a tué 37 étudiants et en a blessé 259 autres en Cisjordanie. Elle a également détenu 463 étudiants – dont 148 de l’Université de Birzeit – et 27 membres du personnel de l’enseignement supérieur, majoritairement en détention administrative.
22 janvier 2026. Afghanistan. Adoption d’un nouveau « Code de procédure pénale pour les tribunaux ». Les Talibans ont adopté, début janvier 2026, un Code de procédure pénale qui viole les normes internationales relatives aux droits de l’Homme et les principes fondamentaux du procès équitable.
Tout d’abord, le Code légalise la discrimination à l’égard des minorités religieuses et restreint la liberté de pensée en qualifiant les Hanafites – qui sont par ailleurs interdits d’abandonner leur croyance, au risque d’être condamnés à deux ans d’emprisonnement – comme des musulmans et ceux qui se rattachent à d’autres écoles sunnites ou à d’autres croyances comme des « hérétiques ». La « moquerie » des décisions islamiques est punie de deux ans d’emprisonnement, les juges disposant d’un pouvoir discrétionnaire pour déterminer quels actes peuvent constituer de telles moqueries. Le bid’ah, soit l’innovation religieuse, est passible de dix ans de prison. Dans « l’intérêt public », le meurtre de ceux qui « défendent de fausses croyances contraires à l’islam » ou qui « invitent d’autres personnes à de telles croyances », est permis avec l’autorisation de l’« imam ».
Ensuite, le Code intensifie la violence à l’égard des enfants et des femmes. Il n’interdit certaines formes de violence physique à l’encontre des enfants que lorsqu’elles sont commises par des enseignants, en particulier lorsqu’elles entraînent une « fracture osseuse », la sanction se limitant alors au renvoi de l’enseignant. En revanche, un enfant qui manque de respect à ses parents risque dix coups de fouet et cinq mois de prison. Cette sanction de la flagellation, qui constitue un châtiment corporel et un traitement dégradant, est prescrite à de nombreuses autres reprises dans le Code. En ce qui concerne la violence à l’égard des femmes, si elles parviennent à prouver qu’un acte violent de la part de leur mari leur a causé des blessures telles que des ecchymoses ou des fractures, ce dernier sera condamné à 15 jours d’emprisonnement. Parallèlement, certaines peines corporelles peuvent être exécutées par le « mari » et le « maître », ce qui légalise la violence domestique. Par ailleurs, si une femme se rend à plusieurs reprises chez son père ou ses proches sans son mari et refuse de rentrer malgré les demandes de ce dernier, cette femme et tout proche qui l’a convaincue de rester encourent trois mois d’emprisonnement. Cette disposition, en particulier dans le cas des femmes qui fuient la violence de leur mari, les expose à la poursuite de celle-ci.
Le Code instaure également une stratification sociale en divisant la société en quatre catégories : « les savants » (ulama), « l’élite » (ashraf), « la classe moyenne » et « la classe inférieure ». Ainsi, en violation du principe d’égalité devant la loi, un crime commis par un érudit religieux peut ne donner lieu qu’à une sorte de rappel à la loi, mais entraîner une peine d’emprisonnement et des châtiments corporels lorsqu’il est commis par un individu appartenant à « la classe inférieure ». Le Code légitime également l’esclavage en mentionnant le mot « esclave » (ghulam) à plusieurs reprises, par exemple lorsqu’il précise qu’une certaine peine peut être appliqué « que le criminel soit libre ou esclave ».
Par ailleurs, le Code viole de nombreux principes du procès équitable, comme lorsqu’il ne garantit pas le droit d’accès à un avocat de la défense, ou comme lorsqu’il institue le témoignage comme mode principal de preuve en éliminant le processus d’enquête indépendant.
En outre, le Code réduit drastiquement les libertés individuelles en criminalisant la « danse » et le fait d’en être spectateur – actes passibles de deux mois de prison – et viole le principe de légalité des délits et des peines en ne définissant pas ces infractions de manière précise. De même, la sanction de destruction des « lieux de corruption » risque de faire l’objet d’une interprétation large et ainsi de s’appliquer à des lieux tels que les salons de coiffure et les salons de beauté. L’atteinte à la sphère intime atteint son paroxysme avec la pénalisation de la sodomie, passible de deux ans de prison ou, en cas de récidive, de la peine de mort.
Enfin, le Code incrimine le fait de s’opposer aux Talibans : est considérée comme criminelle toute personne qui accomplit un « mubah », c’est-à-dire un acte autorisé par le droit musulman (ni interdit, ni obligatoire), qui a été interdit par les Talibans, par exemple l’éducation des femmes. De même, le fait d’insulter les Talibans est passible de 20 coups de fouet et six mois d’emprisonnement.
26 janvier 2026. Ethiopie. Examen de l’Ethiopie par le Comité des droits de l’enfant. Le Comité a tout d’abord salué les progrès accomplis par l’Ethiopie afin de garantir les droits des enfants. La délégation éthiopienne a notamment pointé les réformes dans les domaines du travail, de la traite, du droit de la famille, de l’adoption et de la protection des réfugiés. Toutefois, le Comité a fait état d’un manque de cadre juridique adéquat garantissant la protection effective des enfants victimes. Il a également relevé la persistance de discriminations et d’inégalités fondées sur le genre, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle ou le handicap des enfants. De plus, tout en saluant les progrès dans la lutte contre les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants, le Comité a noté que des infanticides sont toujours pratiqués dans certaines zones reculées. La délégation a souligné que le gouvernement a instauré un plan d’action pour mettre un terme aux mutilations génitales féminines, aux mariages précoces ou forcés et aux autres pratiques préjudiciables aux enfants d’ici à 2030.
26 janvier 2026. France. Large opération de lutte contre la traite d’êtres humains. L’opération Liberterra III, menée entre le 10 et le 21 novembre 2025 par plus de 14 000 agents et coordonnée par INTERPOL, a permis de secourir 4 400 victimes potentielles de la traite d’êtres humains et de localiser 12 992 migrants en situation irrégulière. 3 744 personnes dans 119 pays ont été arrêtées, dont plus de 1 800 pour traite d’êtres humains et trafic de migrants. Il ressort notamment de l’opération que les escroqueries reposant sur la traite d’êtres humains demeurent très préoccupantes en Asie et en Afrique. De plus, bien que l’exploitation sexuelle reste très importante, le travail et la criminalité forcés sont en forte hausse, et des cas d’esclavage domestique et de prélèvement d’organes ont également été détectés. En outre, certaines affaires concernent des victimes originaires d’Amérique ou d’Asie se trouvant en Afrique, ce qui démontre un changement dans les dynamiques de la traite d’êtres humains par rapport aux filières historiquement observées de personnes africaines victimes de traite à l’étranger. Enfin, les tendances migratoires en Amérique se sont largement inversées : les ressortissants d’Amérique du Sud retournent désormais vers le sud en passant par l’Amérique centrale.
27 janvier 2026. Iran. Conséquences de la grave répression des manifestations. Alors que les manifestations qui ont débuté en Iran le 28 décembre 2025 ont fait l’objet d’une grave répression, Human Rights Activists News Agency, l’agence de presse de l’ONG Human Rights Activists in Iran, a fait état, ce jour, d’au moins 6 126 personnes tuées et de plus de 41 800 arrêtées. Elle a précisé que les chiffres réels pourraient être bien plus élevés, la coupure d’internet par le régime iranien – depuis le 8 janvier – compliquant les décomptes. Parmi les personnes décédées, l’ONG compte au moins 5 777 manifestants, 214 forces affiliées au gouvernement, 86 enfants et 49 civils qui ne manifestaient pas. Selon Mai Sato, Rapporteure spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Iran, « il pourrait y avoir des dizaines de milliers de victimes ». Elle ajoute que les autorités tenteraient « d’augmenter artificiellement le nombre de victimes parmi les forces de sécurité ». En effet, lorsqu’elles se rendent à l’hôpital ou à la morgue pour récupérer les corps de leurs proches, les familles doivent payer une somme exorbitante ou accepter de signer un document indiquant que la victime était membre des forces de sécurité.
L’ONG Iran Human Rights avait déjà dénoncé le fait que les manifestants sont qualifiés par le régime et les institutions judiciaires d’« agents terroristes » et que le procureur général iranien a déclaré qu’ils seraient tous jugés « sans clémence, merci ou compromis » pour moharebeh (inimitié contre Dieu), une infraction passible de la peine de mort. Elle dénonce à présent le fait que des milliers de manifestants ont disparu, détenus au secret ou décédés, le nombre de corps non identifiés et de fosses communes ayant fortement intensifié les craintes concernant le sort des détenus et leurs éventuelles exécutions extrajudiciaires. Un avocat de Téhéran a déclaré à l’ONG que « seuls les détenus que les fonctionnaires judiciaires considèrent comme faisant face à des accusations plus légères sont autorisés à entrer en contact avec leur famille » ; les autres « n’ont pas accès à des avocats, sont soumis à la torture et courent un risque sérieux d’exécutions secrètes ». Depuis 2015, l’article 48 du Code de procédure pénale iranien limite le droit pour les suspects de demander un avocat de leur choix dans la phase de mise en état lorsqu’ils sont accusés de « crimes contre la sécurité intérieure ou extérieure », accusation portée contre la majorité des manifestants aujourd’hui. Par ailleurs, Iran Human Rights a reçu des informations selon lesquelles les forces de sécurité auraient fait une descente dans certains établissements médicaux et abris informels pour les blessés afin d’arrêter le personnel médical.
En réaction à ces crimes, le Conseil de l’Union européenne est parvenu, le 29 janvier, à un accord pour désigner les Gardiens de la révolution iraniens comme « organisation terroriste ». Les forces armées iraniennes ont qualifié cette décision d’« irresponsable » et de « malveillante ». Le Conseil a également pris des sanctions – interdiction d’entrer dans l’Union européenne et gel des avoirs sur le territoire – à l’encontre de 21 entités et individus iraniens, dont le ministre de l’Intérieur, le procureur général, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution.
(https://www.iranhr.net/en/articles/8576/)
27 janvier 2026. Pays-Bas. Condamnation pour trafic d’êtres humains en Libye. L’Erythréen Amanuel Walid, également connu sous le nom de Tewelde Goitom, a été condamné ce jour à 20 ans de prison par la justice néerlandaise pour le « traitement particulièrement cruel, violent et dégradant que l’accusé et ses complices ont infligé aux migrants » en Libye. Il était accusé d’avoir dirigé un réseau criminel international impliqué dans le trafic d’êtres humains, la prise d’otages, l’extorsion, la torture et les violences sexuelles. Ces actes auraient été commis à l’encontre de réfugiés érythréens, en Libye, entre 2014 et 2018. Condamné en Ethiopie pour trafic d’êtres humains, il avait été extradé vers les Pays-Bas en octobre 2022. Le procureur avait précisé que les accusations ne sont pas les mêmes qu’en Ethiopie car elles concernent des victimes différentes.
(https://www.justiceinfo.net/fr/154785-sans-la-moindre-humanite.html)
29 janvier 2026. Bulgarie. Arrestation de membres d’un réseau de trafic de migrants. Une enquête menée par la Bulgarie, en coopération avec la police grecque et avec le soutien d’Europol, a conduit au démantèlement d’un réseau criminel organisé impliqué dans le trafic de migrants depuis la Turquie vers l’Europe occidentale, via la Bulgarie, la Serbie et la Roumanie. Cette opération a conduit à l’arrestation de 16 suspects.
31 janvier 2026. Israël. Rapport sur les tortures des Palestiniens dans les prisons israéliennes. L’ONG B’Tselem a publié en janvier 2026 son rapport « Living Hell », qui fournit des chiffres actualisés et de nouveaux témoignages de 21 Palestiniens libérés des prisons israéliennes au cours des derniers mois. Il ressort du rapport que « les prisons israéliennes continuent de fonctionner comme un réseau de camps de torture pour les Palestiniens, avec des abus systématiques encore plus étendus qu’auparavant ». De nombreux prisonniers décrivent avoir subi ou été témoins de graves violences et abus sexuels, y compris des viols – des hommes ayant également été menacés de viol par des femmes soldats – et des mutilations génitales. D’après plusieurs témoignages, les soldats israéliens auraient laissé des chiens attaquer les prisonniers alors qu’ils étaient nus. Ils leur auraient également refusé des soins médicaux : « Environ 200 personnes, moi y compris, avons eu la gale et nous nous sommes grattés jusqu’à ce que nous saignions. Quand nous avons demandé un traitement, ils nous ont dit : « Vous n’avez encore rien vu » […] le médecin nous a également battus. Il y a aussi eu des cas où les dents des prisonniers étaient cassées ». Un autre prisonnier a subi de graves tortures ayant causé des lésions irréparables : « Pendant l’interrogatoire, les soldats ont éteint des cigarettes sur mon corps, m’ont versé de l’acide chlorhydrique et m’ont brûlé le dos avec un briquet. A cause des brûlures, j’ai perdu la vue de mon œil gauche ». D’après un autre prisonnier : « Les conditions à la prison d’Ofer étaient encore plus difficiles qu’à Sde Teiman. […] L’interrogateur a dit qu’il s’appelait « Captain Hell ». C’était vraiment l’enfer. Il nous dirait : « Bienvenue en enfer » ». Les tortures sont également psychologiques : « Ils m’ont traîné le long du sol et m’ont mis dans une cellule étroite […] pendant plusieurs jours, complètement isolé, sans nourriture et sans presque aucune eau » ; « Ils ont essayé de nous effrayer et de nous briser l’esprit tout le temps. […] Les soldats ont fait de moi un « shawish », responsable des autres détenus, et m’ont ordonné de les gifler. Ils m’ont dit : « Si vous ne battez pas les détenus, nous vous battrons ». Quand j’ai giflé les détenus, je me suis excusé auprès d’eux. Les soldats m’ont frappé et m’ont maudit de toute façon ».
(https://www.btselem.org/publications/202601_living_hell/testimony_of_tamer_qarmut)
BP 23204
87032 Limoges - France
Tél. +33 (5) 05 55 14 91 00