2025, deuxième quinzaine de décembre, Solene Fogret
16 décembre 2025. République démocratique du Congo. Meurtres de civils par une milice ethnique. Des combattants Mobondo de l’ethnie Yaka ont mené, le 23 novembre 2025, une attaque contre le village de Nkana, dans le territoire de Kwamouth, à l’ouest de la République démocratique du Congo. 22 civils, principalement de l’ethnie Teke et parmi lesquels quatre femmes et quatre enfants, seraient décédés. D’après des villageois, l’attaque a été menée en représailles après que les combattants ont accusé les Teke de Nkana de refuser d’installer un nouveau chef coutumier Yaka. A la suite de l’attaque, les autorités congolaises ont déployé des militaires dans la région et annoncé l’ouverture d’une enquête. Mais en dehors de déploiements militaires périodiques, aucune présence sécuritaire permanente n’a été établie. Ainsi, depuis juin 2023, la milice Mobondo a mené plusieurs attaques similaires à l’encontre des Teke. Ces derniers ont historiquement possédé une grande partie des terres et des titres coutumiers du territoire de Kwamouth, qui fait partie du plateau de Bateke (littéralement « le plateau du peuple Teke »), tandis que les autres communautés, parmi lesquelles les Yaka, ont formé la main-d’œuvre agricole des propriétaires fonciers ou sont devenus agriculteurs en échange d’une taxe versée aux chefs coutumiers Teke.
(https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/16/rd-congo-une-milice-a-massacre-des-civils-pres-de-kinshasa)
16 décembre 2025. Gaza. Bilan des journalistes tués par Israël depuis 2023. D’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, entre octobre 2023 et la mi-décembre 2025, 289 journalistes sont décédés dans le cadre des opérations militaires israéliennes à Gaza et plus de 200 journalistes palestiniens ont été arrêtés. Parmi ces derniers, de nombreux sont toujours détenus dans des conditions arbitraires et la plupart ont été placés en détention administrative. Comme le rappelle le Haut-Commissariat, dans le contexte de l’occupation israélienne de la Palestine, un tel placement « entraîne une privation arbitraire de liberté et expose les détenus à la torture et à d’autres mauvais traitements, ainsi qu’à des disparitions forcées ». Il ajoute que « tout porte à croire que des journalistes palestiniens ont été délibérément pris pour cible en raison de leur travail ». En outre, les forces de sécurité et militaires israéliennes ont arrêté au moins 202 journalistes palestiniens à Gaza et en Cisjordanie entre le 7 octobre 2023 et le 31 octobre 2025, selon le Syndicat des journalistes palestiniens, dont 41 étaient toujours détenus à cette dernière date. Le Haut-Commissariat note également que, depuis le 7 octobre 2023, la répression contre les défenseurs des droits humains, les militants anti-occupation et la société civile palestinienne s’est intensifiée, non seulement de la part d’Israël mais également de l’Autorité palestinienne. En effet, en Cisjordanie, cette dernière a restreint l’espace civique « par l’usage excessif de la force, des détentions arbitraires et des actes de torture contre journalistes et défenseurs des droits humains ».
(https://news.un.org/fr/story/2025/12/1158099)
16 décembre 2025. Belgique. Action en référé contre SWIFT. L’Association des juristes pour le respect du droit international a introduit ce jour une action en référé devant le tribunal de première instance de Nivelles contre SWIFT, une société belge qui assure les communications financières mondiales et contrôle les échanges financiers transfrontaliers. Il est demandé au tribunal que soit ordonnée « la suspension ciblée de l’accès au réseau SWIFT pour plusieurs banques israéliennes impliquées dans le financement de projets ou d’opérations susceptibles de constituer des crimes internationaux ».
16 décembre 2025. Venezuela. Blocus maritime imposé par les Etats-Unis. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a déclaré ce jour, par un message sur son réseau social, Truth Social, que l’armée américaine organisait le blocus maritime « total » du Venezuela, pour empêcher toute circulation des navires pétroliers du pays, frappés de sanctions depuis 2019. Affirmant vouloir lutter contre le « régime illégitime » de Nicolás Maduro, qui financerait, selon lui, « le terrorisme de la drogue, le trafic d’êtres humains, le meurtre et le kidnapping » et serait à la tête d’un cartel de drogue, Donald Trump avait déjà, en novembre 2025, désigné certains membres du gouvernement vénézuélien et le Président comme appartenant à une « organisation terroriste étrangère », à savoir le Cartel de los Soles. D’après de nombreux experts, ce cartel ne formerait pas un réel groupe organisé et hiérarchisé mais plutôt un réseau de cellules. De plus, Donald Trump aurait pour réelle intention de mettre fin au régime de Nicolás Maduro dans le but de s’emparer des ressources pétrolières du pays. Des experts de l’ONU ont dénoncé ce blocus le 24 décembre, affirmant qu’il constitue « une agression » au sens de la résolution 3314 de l’Assemblée générale de l’ONU. Depuis début septembre 2025, les Etats-Unis ont mené 28 frappes contre des navires civils vénézuéliens, menant au décès de 104 individus suspectés par Donald Trump d’être impliqués dans le trafic de drogue aux Etats-Unis par la mer. A nouveau, de nombreux experts ont établi que la part du Venezuela dans les exportations de drogue aux Etats-Unis est infime, contrairement notamment à celle du Mexique. Le 31 octobre 2025, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, avait affirmé que ces frappes « violent le droit international relatif aux droits humains » et constituent plus précisément des « exécutions extrajudiciaires ». En effet, « aucune des personnes se trouvant à bord des bateaux visés ne semblait représenter une menace imminente pour la vie d’autrui ou justifier autrement le recours à la force armée létale à leur encontre en vertu du droit international ».
17 décembre 2025. Gaza. Nouveau système d’enregistrement entravant les ONG. De hauts responsables des Nations unies et plus de 200 organisations humanitaires locales et internationales opérant dans le Territoire palestinien occupé ont averti ce jour que le nouveau système d’enregistrement des ONG internationales, mis en place au début de l’année 2025 par le gouvernement israélien, risque d’entraîner la radiation de dizaines d’organisations d’ici la fin du mois de décembre. Ainsi, fin novembre, 14 dossiers avaient déjà été rejetés, dont celui de Save the Children, une des principales organisations qui vient en aide aux enfants à Gaza. La procédure, qui relève désormais du ministère de la Diaspora et de la Lutte contre l’antisémitisme, prévoit que les ONG internationales doivent transmettre aux autorités israéliennes les listes de leur personnel palestinien et ne conduire aucune activité considérée comme délégitimant l’Etat d’Israël. Les ONG ont qualifié ce dernier critère de « flou et politisé ». Une ONG radiée s’est ainsi vu reprocher d’avoir utilisé le mot « génocide » pour décrire le conflit à Gaza et d’autres l’ont été après avoir été accusées d’« affiliation terroriste ». De plus, certaines ONG ont été réenregistrées alors qu’elles n’avaient pas partagé la liste de leur personnel palestinien. Sur la centaine d’ONG concernées par la nouvelle procédure, la moitié ont refusé de présenter un dossier, estimant que cela violait les principes humanitaires ; une partie de celles qui l’ont transmis ont toutefois refusé de fournir la liste de leurs employés, par crainte d’une utilisation de ces données. Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), qui fait partie du comité chargé d’étudier les dossiers, affirme que le nouveau mécanisme vise à garantir que l’aide humanitaire « parvienne directement à la population civile et non au Hamas ». Il promeut également l’idée que les agences des Nations unies actives à Gaza – à l’exclusion de l’UNRWA – pourraient prendre le relais des ONG bannies. Mais le personnel des Nations unies est réduit dans l’enclave : dans leur communiqué, les ONG ont rappelé qu’elles « gèrent ou soutiennent à Gaza la majorité des hôpitaux de campagne, des dispositifs d’abris d’urgence, des services d’eau et d’assainissement, ainsi que des activités de lutte contre les mines » ; sans elles, « un tiers des établissements de santé » pourrait fermer.
18 décembre 2025. Etats-Unis. Nouvelles sanctions contre des juges de la CPI. La Cour pénale internationale a condamné ce jour les nouvelles sanctions imposées par les Etats-Unis à l’encontre de deux juges de sa Chambre d’appel : le juge Gocha Lordkipanidze (Géorgie) et le juge Erdenebalsuren Damdin (Mongolie).
18 décembre 2025. Union européenne. Responsabilité de Frontex en cas de refoulement. La Grande chambre de la Cour de justice de l’Union européenne a rendu ce jour deux arrêts, opposant plusieurs réfugiés à l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Dans la première affaire, le Tribunal avait rejeté le recours en indemnité du requérant, estimant qu’il ne présentait pas suffisamment de preuves démontrant, de manière concluante, sa présence lors de l’opération de renvoi sommaire – il aurait été reconduit en mer seulement quelques heures après son arrivée sur une île grecque, sans avoir eu la possibilité de déposer une demande de protection internationale – et, partant, la réalité du préjudice invoqué. La Cour affirme que, afin de ne pas « porter atteinte à l’effectivité de la protection juridictionnelle des droits qui sont conférés aux particuliers », « lorsque l’application des règles en matière de charge et d’administration de la preuve ne permet exceptionnellement pas d’assurer la protection juridictionnelle effective du requérant, le Tribunal doit exercer lesdits pouvoirs pour compléter les éléments d’information dont il dispose ». Les victimes d’une opération de renvoi sommaire étant en « grande vulnérabilité », ils ne peuvent « que très difficilement » « recueillir des éléments de preuve » et ne sont donc contraints d’« apporter [qu’]un commencement de preuve ». Dans la deuxième affaire, le Tribunal avait rejeté le recours en indemnité des requérants, estimant que Frontex avait, en l’espèce – dans le cadre d’une opération conjointe de renvoi –, seulement pour mission d’apporter un soutien technique et opérationnel aux Etats membres, et non d’examiner le bien-fondé des décisions de retour. La Cour rejette cette conclusion en affirmant que Frontex doit « vérifier l’existence de décisions de retour individuelles exécutoires » adoptées à l’égard des personnes visées par une opération de retour conjointe qu’elle coordonne. Elle ajoute que c’est également à tort que le Tribunal a considéré que « d’éventuelles violations de droits fondamentaux commises lors d’un vol de retour » « relèveraient de la seule responsabilité de l’Etat membre hôte ».
19 décembre 2025. Soudan. Attaque contre des Casques bleus. Les membres du Conseil de sécurité ont condamné ce jour les attaques menées par drones, le 13 décembre 2025, contre la base de soutien logistique des Nations unies à Kadougli, dans le Kordofan méridional, qui ont fait six morts et neuf blessés parmi les soldats de la paix bangladais de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA). Ils ont rappelé que les attaques visant les Casques bleus peuvent constituer des crimes de guerre.
19 décembre 2025. France. Procès Lafarge. Dans le cadre du procès Lafarge, qui se tient depuis le 4 novembre 2025, le procureur a requis contre Firas Tlass, qui aurait été omniprésent dans les arrangements financiers, Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, Bruno Pescheux, directeur de la filiale de Lafarge en Syrie, et Christian Herrault, directeur général adjoint de Lafarge, des peines d’emprisonnement fermes comprises entre cinq et huit ans, des peines d’amende de 225 000 €, ainsi que, pour les trois derniers, d’importantes confiscations et des interdictions d’exercice. Il a requis contre les autres accusés des peines d’emprisonnement comprises entre 18 mois et trois ans et des peines d’amende comprises entre 4 000 € et 80 000 €.
23 octobre 2025. Belgique. Affaire Afrique du Sud c/ Israël devant la Cour internationale de justice. La Belgique a déposé ce jour une déclaration d’intervention dans le cadre de l’affaire de l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza, opposant l’Afrique du Sud à Israël. Elle est le quinzième Etat à déposer une telle déclaration dans cette affaire.
(https://www.icj-cij.org/sites/default/files/case-related/192/192-20251223-pre-01-00-fr.pdf)
23 décembre 2025. Ukraine. Nouvelle proposition de plan de paix. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dévoilé ce jour le dernier plan de paix, en 20 points, négocié par l’Ukraine et les Etats-Unis et envoyé à la Russie pour avis. Ce plan, qui prévoit la réaffirmation de la souveraineté de l’Ukraine, constitue « un accord de non-agression total et inconditionnel entre la Russie et l’Ukraine », mais également envers l’Europe. Il prévoit que la ligne de front actuelle soit gelée dans les oblasts de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson, et que la Russie retire ses troupes des oblasts de Dnipropetrovsk, Mykolaïv, Soumy et Kharkiv. Des forces internationales veilleront au respect de ces mesures et un groupe de travail précisera les potentielles futures zones démilitarisées, qualifiées de « zones économiques spéciales », notamment envisagées dans la partie du Donbass contrôlée par l’Ukraine. Toutefois, si la décision est prise d’établir une telle zone, « elle devra recevoir une approbation spéciale du Parlement ukrainien ou faire l’objet d’un référendum ». En outre, et contrairement au précédent plan, sont envisagées la libération de « tous les civils et otages détenus, y compris les enfants et les prisonniers politiques », ainsi que de « tous les prisonniers de guerre restants, y compris ceux condamnés en Russie de 2014 à ce jour ». De plus, le plan prévoit que l’Ukraine intègre l’UE, conserve un effectif de 800 000 soldats en temps de paix, demeure un Etat non nucléaire, et organise des élections dès que possible après la signature de l’accord. La centrale nucléaire de Zaporijia sera quant à elle gérée conjointement par l’Ukraine, les Etats-Unis et la Russie. Par ailleurs, l’Ukraine recevra « de solides garanties de sécurité » de la part des Etats-Unis, de l’OTAN et des Etats européens signataires, notamment des garanties calquées sur l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord. De plus, le plan prévoit la conclusion d’un accord de libre-échange entre l’Ukraine et les Etats-Unis et « un solide programme mondial de développement » portant, entre autres, sur l’extraction de minerais et de ressources naturelles, et une large coopération des Etats-Unis et des entreprises américaines. Enfin, « la mise en œuvre de ce plan sera surveillée et garantie par un conseil de paix présidé par le président Donald Trump » et dont feront partie « l’Ukraine, l’Europe, l’OTAN, la Russie et les Etats-Unis ».
24 décembre 2025. Algérie. Loi criminalisant la colonisation française. Les députés algériens ont adopté ce jour une proposition de loi visant à « criminaliser la colonisation française », qui qualifie le système colonial de « crime d’Etat imprescriptible », engageant la responsabilité pleine et entière de la France, et exige de cette dernière des « réparations intégrales » et des « excuses formelles ». Le ministère des Affaires étrangères français a dénoncé « une initiative manifestement hostile, à la fois à la volonté de reprise du dialogue franco-algérien, et à un travail serein sur les enjeux mémoriels ». Tandis que l’Algérie est traditionnellement décrite comme une « création de la France », la nouvelle loi rappelle qu’avant 1830 elle était une entité politique organisée, signataire de nombreux traités internationaux. En conséquence, l’invasion française du 14 juin 1830, puis les 132 ans de domination coloniale, constituent une « violation flagrante et continue du droit international » ayant instauré un système de « dépossession », d’« oppression » et d’« exclusion », jusqu’aux accords d’Evian signés le 18 mars 1962. Le texte liste les massacres collectifs commis, notamment ceux du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, qui sont à l’origine de plus de 45 000 morts selon des historiens algériens ; l’« extermination » de tribus par enfumades, incendies de villages, « tortures systématiques et violences sexuelles institutionnalisées » ; les spoliations foncières massives ; les déplacements forcés de populations ; et les essais nucléaires et chimiques dans le Sahara, dont les conséquences sanitaires et environnementales perdurent. Le texte introduit également la notion de « haute trahison » pour toute « collaboration passée » avec l’administration coloniale, consacrant la figure du moudjahid (titre des combattants du Front de libération nationale pendant la guerre d’Algérie) comme pilier de l’identité nationale. Par ailleurs, le texte exige que la France répare l’ensemble des dommages matériels, humains et environnementaux, incluant notamment la rétrocession des archives nationales emportées après l’indépendance, des biens culturels spoliés et des restes mortuaires des résistants algériens. Enfin, le texte criminalise toute « glorification », « justification » ou « apologie du colonialisme ».
24 décembre 2025. Afghanistan. Expulsion de familles d’Iran et du Pakistan. 745 familles sont retournées en Afghanistan ce jour : 3 295 personnes sont entrées dans le pays depuis le Pakistan, en passant par les postes frontaliers de Torkham, Spin Boldak et Bahramcha ; 217 sont revenues d’Iran via les points de passage de la route Islam Qala et Silk Road.
(https://kabulnow.com/2025/12/continued-return-of-migrants-745-families-enter-afghanistan-in-one-day/)
25 décembre 2025. Israël. Condamnation par des Etats de l’établissement de nouvelles colonies en Cisjordanie. Quatorze Etats, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, le Canada et le Japon, ont appelé Israël à « cesser l’expansion des colonies », réaffirmant leur « engagement indéfectible en faveur d’une paix globale, juste et durable fondée sur la solution à deux Etats », en réaction à l’approbation par Israël, le 21 décembre, de l’installation de 19 colonies en Cisjordanie, portant à 69 le nombre total d’implantations ayant obtenu une telle approbation ces trois dernières années. Ces colonies sont justifiées par la nécessité de « répondre aux menaces sécuritaires auxquelles Israël est confronté » et de « bloqu[er] l’établissement d’un Etat palestinien terroriste ».
25 décembre 2025. Etats-Unis. Expulsion de migrants vers les Palaos. Les Etats-Unis ont conclu un accord avec l’archipel des Palaos, ces derniers s’engageant à accueillir jusqu’à 75 ressortissants de pays tiers se trouvant actuellement aux Etats-Unis. Les candidats devront avoir un casier judiciaire vierge et le gouvernement se réservera le droit de refuser ou non certains individus, chaque cas étant étudié individuellement. En contrepartie, les Etats-Unis s’engagent à verser à l’archipel 7,5 millions de dollars, auxquels viennent s’ajouter six millions destinés au financement du système de retraite de la fonction publique et deux millions destinés au maintien de l’ordre. Situé à environ 800 km à l’est des Philippines, l’archipel compte seulement 20 000 habitants, répartis sur des centaines d’îles volcaniques et d’atolls coralliens. Les Etats-Unis ont récemment conclu des accords similaires avec le Honduras, l’Ouganda, le Belize, le Paraguay, ou encore le Salvador.
25 décembre 2025. Nigeria. Frappes controversées contre l’EI. Les Etats-Unis ont mené ce jour des frappes au Nigeria, avec l’appui du gouvernement nigérian, visant des membres de l’Etat islamique (EI) venus du Sahel pour collaborer avec le groupe djihadiste local Lakurawa et des gangs, qualifiés de « bandits ». Ces derniers constituent traditionnellement la principale cause d’insécurité dans la région : ils pillent les villages, extorquent les habitants et procèdent à des enlèvements contre rançon. Toutefois, le lieu des frappes, dans l’Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du Nigeria, a intrigué certains analystes car l’insurrection djihadiste est principalement concentrée dans le nord-est du pays. De plus, l’existence de lien entre la branche sahélienne de l’EI et le groupe Lakurawa n’est pas admise par tous les chercheurs, certains précisant que ce groupe désigne en réalité plusieurs groupes de combattants armés dans le nord-ouest du Nigeria.
27 décembre 2025. Thaïlande et Cambodge. Nouveau cessez-le-feu. La Thaïlande et le Cambodge se sont accordés pour mettre fin, à compter de ce jour, au conflit frontalier qui les oppose de longue date. Les affrontements avaient repris en juillet 2025 et avaient alors fait 43 morts en cinq jours avant qu’une trêve ne soit conclue. Un accord de cessez-le-feu avait été signé le 26 octobre, mais avait été suspendu quelques semaines plus tard par la Thaïlande après que plusieurs de ses soldats ont été blessés dans l’explosion d’une mine à la frontière. Selon les derniers bilans officiels, 47 personnes ont été tuées au cours des trois dernières semaines : 26 du côté thaïlandais et 21 du côté cambodgien. En outre, près d’un million de personnes ont été déplacées. L’accord prévoit le retour des « civils résidant dans les zones frontalières affectées (…) dans les plus brefs délais, sans obstruction, et en toute sécurité et dignité », le gel des positions militaires, le déminage des zones frontalières, une coopération policière pour lutter contre la cybercriminalité, et la libération par la Thaïlande de 18 soldats cambodgiens après 72 heures de cessez-le-feu effectif. Toutefois, l’accord ne règle pas le nœud du conflit : la démarcation de la frontière et la question de la souveraineté sur plusieurs temples anciens.
29 décembre 2025. Somaliland. Reconnaissance du Somaliland par Israël. Le Conseil de sécurité de l’ONU a réaffirmé ce jour « le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’indépendance politique et de l’unité de la Somalie » en réaction à la reconnaissance, le 26 décembre 2025, par Israël, du Somaliland, en contrepartie de sa propre reconnaissance par ce dernier. Il s’agit de la première reconnaissance officielle du Somaliland, qui a fait sécession de la Somalie en 1991. Le gouvernement somalien et d’autres pays de la région, dont l’Egypte, la Jordanie, Djibouti, l’Arabie saoudite et la Turquie, ont condamné cette reconnaissance, susceptible de porter atteinte à la souveraineté somalienne, de déstabiliser la région et de renforcer des groupes terroristes tels qu’Al-Chabab. Le Somaliland, qui compte environ cinq millions d’habitants, a mis en place de nombreuses institutions étatiques, notamment un parlement élu, une monnaie, un drapeau, une armée et une police.
(https://news.un.org/fr/story/2025/12/1158157)
30 décembre 2025. République démocratique du Congo. Explosion des abus sexuels commis sur des enfants. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a alerté ce jour sur le fait que, entre janvier et septembre 2025, plus de 35 000 agressions sexuelles sur des enfants ont été recensées en République démocratique du Congo. Ce nombre est en constante augmentation : l’an passé, près de 45 000 cas avaient été recensés, soit trois fois plus qu’en 2022. Outre les conflits armés, la pauvreté et l’impunité en sont les principaux facteurs ; les viols sont également commis au sein des foyers par des proches ou des connaissances. Ces abus sont commis dans toutes les provinces, bien que les provinces orientales du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri concentrent la majorité des cas. Les principaux auteurs sont des groupes armés non étatiques. Les filles, et principalement les adolescentes, sont particulièrement touchées : elles représentaient 47 % des survivants de ces violences en 2024, contre 27 % en 2022. L’accès restreint aux soins, causé par l’éloignement des établissements de santé, leur coût et l’absence de sécurité, expose de plus en plus les victimes à des grossesses non désirées, des risques accrus de contracter le VIH ou d’autres infections sexuellement transmissibles, de graves conséquences psychologiques, et un rejet social.
(https://news.un.org/fr/story/2025/12/1158158)
31 décembre 2025. Venezuela. Première frappe des Etats-Unis sur le territoire vénézuélien. Selon le New York Times et la chaîne CNN, la CIA a procédé au mois de décembre 2025 à une frappe de drone visant un entrepôt utilisé par le gang Tren de Aragua pour stocker de la drogue à destination des Etats-Unis, d’après les informations des services américains. Cette frappe, qui n’aurait fait que des dégâts matériels, est la première confirmée sur le territoire vénézuélien, constituant une agression au sens de la résolution 3314 de l’Assemblée générale de l’ONU. Selon le président colombien, Gustavo Petro, l’entrepôt, situé dans le port de Maracaibo, dans l’ouest du Venezuela, était « une fabrique de cocaïne » appartenant à l’Armée de libération nationale, une guérilla colombienne qui contrôle en partie la région productrice de cocaïne du Catatumbo, frontalière du Venezuela.
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