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Infectieux

Publié le : 19 octobre 2006
Par : Gilbert DECHAMBENOIT
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SUPPURATIONS INTRACRÂNIENNES, p1
EMPYÈME SOUS -DURAL, p2
MÉNINGITES BACTÉRIENNES, p3
TOXOPLASMOSE, p4
KYSTE HYDATIQUE (échinococcose), p5
CYSTICERCOSE, p6

CYSTICERCOSE


La cysticercose est une des plus fréquentes parasitoses du système nerveux central. Elle est très répandue en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique de l’Est et de Sud, en Inde. 60 à 90 % des patients atteints de cysticercose présentent des loca -lisations dans le système nerveux central (parenchymateuses, arachnoïdiennes ou ventriculaires).

PARASITOLOGIE
La cysticercose est due à l’infestation accidentelle de l’homme - en général les adultes jeunes, sans prédominance de sexe - par la larve (Cysticercosus cellulosae) de Taenia solium en ingérant de la viande de porc (ou de sanglier), mal cuite, contaminée par des kystes de cysticerques. Le cysticerque est une larve de forme kystique, de 5 à 15 mm de diamètre, comprenant une tête ou scolex, un corps reliant la tête à une vésicule caudale remplie de liquide. Les larves traversent la paroi gastrique puis par voie sanguine atteignent les globes oculaires, le système nerveux ; plus rarement la peau et les muscles. Elles vont ensuite s’enkyster puis se calcifier (forme de guérison naturelle). La mort de la larve correspond à une dégénérescence qui ne survient souvent que plusieurs années après l’infestation et peut s’accompagner d’une réaction inflammatoire importante.

NEUROPATHOLOGIE
On distingue la :

  • cysticercose des espaces sous-arachnoïdiens (racé- meuse) la plus fréquente, et ventriculaires
  • cysticercose intraparenchymateuse (35%), liée à des larves calcifiées, à des kystes uniques ou le plus souvent multiples.

Ces formes peuvent coexister. Les atteintes médullaires sont rares pouvant donner des tableaux de compression médullaires. L’intervalle entre la date de l’infestation et l’apparition des premiers symptômes varie de quelques mois à plusieurs dizaines d’années.

CLINIQUE
Elle est non spécifique.
1 - Épilepsie (50%) partielle une fois sur deux.
2 - Hydrocéphalie (55%) tri ou quadriventriculaire. HTIC.
3 - Aspects pseudo tumoraux (10%) avec signes déficitaires focalisés (souvent liés à des endartérites inflammatoires).
4 - Méningo-encéphalite (5%), aiguë ou chronique.

PARACLINIQUE
1 - TDM : hypodensités kystiques mal limitées avec prise de contraste, oedème péri-lésionnel. Calcifications en anneaux dans les formes précoces, calcifications nodulaires ensuite puis en masse dans les formes séquellaires. Hydrocéphalie.
- IRM : lésions kystiques punctiformes hypointenses nodulaires ou micronodulaires en T2. Intérêt pour les formes ventriculaires.
2 - Examens immunologiques (sérum et LCS) : ELISA et WESTERN BLOT (ELB). Ils définissent le type évolutif de la maladie (forme évolutive avec ou sans vésicule, forme calcifiée). Les résultats sont aléatoires, en raison de la bonne tolérance du tissu nerveux à ces formes larvaires.
3 - Radiographie du crâne : kystes ovalaires calcifiés. Ceux -ci peuvent s’observer aussi dans les muscles (aspect en grain de riz).

TRAITEMENT
Médical
Praziquantel. Il n’agit que sur les formes kystiques, les formes calcifiées n’exigeant pas de traitement antiparasitaire. Posologie : 50 mg/kg/jour par cures de 2 à 3 semaines associées à une corticothérapie (20 à 40 mg/jour) pendant les premiers jours. Ce traitement est poursuivi jusqu’à amélioration ou disparition des signes cliniques et radiologiques.
Résultat : 90% de guérison dans les formes parenchymateuses.
Albendazole : 15mg/kg/j.
Un traitement antiépileptique est associé.

Chirurgie . Elle est réservée aux formes intraventriculaires susceptibles d’entraîner une hydrocéphalie et une HTIC aiguë.Le traitement médical doit être associé.