Dans la même rubrique Bibliographie
Techniques
Neurochirurgie fonctionnelle
Enfant
Infectieux
Pathologie rachis moelle nerf
Vous êtes ici : Acceuil > Manuel & Thèses > Manuel de neurochirurgie

Tumeurs cérébrales

Publié le : 5 octobre 2006
Par : Gilbert DECHAMBENOIT
 Imprimer l'article
 Envoyer l'article par mail
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)


TUMEURS CÉRÉBRALES, p1
GLIOMES, p2
OLIGODENDROGLIOME, p3
ÉPENDYMOMES, p4
PAPILLOME DES PLEXUS CHOROÏDES, p5
MÉNINGIOMES, p6
MÉTASTASES CÉRÉBRALES, p7
TUMEURS DE LA RÉGION HYPOPHYSAIRE, p8
ADÉNOMES HYPOPHYSAIRES, p9
ADÉNOME A PROLACTINE, p10
ADÉNOME A GH : ACROMÉGALIE, p11
ADÉNOMES GONADOTROPES, p13
ADÉNOMES NON FONCTIONNELS, p14
ADÉNOMES CORTICOTROPES (Maladie de CUSHING), p15
CRÂNIOPHARYNGIOME, p16
KYSTE COLLOÏDE du 3 ème ventricule (V3), p17
TUMEURS DE LA RÉGION PINÉALE, p18
TUMEURS DE L’ANGLE PONTO-CÉRÉBELLEUX, p19
ASTROCYTOME DU CERVELET, p20
MÉDULLOBLASTOME, p21
HÉMANGIOBLASTOME de la FOSSE POSTÉRIEURE, p22
GLIOMES DU TRONC CÉRÉBRAL, p23
LYMPHOMES PRIMITIFS CÉRÉBRAUX, p24
TUMEURS DES VOIES OPTIQUES, p25
MÉNINGIOMES DU NERF OPTIQUE, p26
TUMEURS DE L’ORBITE, p27
TUMEURS DU CRÂNE, p28

ADÉNOME A PROLACTINE


Les adénomes à prolactine (PRL) représentent 40% des tumeurs hypophysaires.

PHYSIOLOGIE
La PRL est une hormone polypeptidique sécrétée à un taux sérique de 10 ng/ml. Elle suit un cycle nycthéméral avec une augmentation sécrétoire la nuit. La demi- vie est de 20 à 30 mn. La sécrétion augmente au cours de la grossesse (jusqu’à 200ng/l), dans le post partum et lors de la succion. Elle est stimulée par le TRH, la sérotonine, les neuroleptiques. et inhibée par la dopamine, la bromocriptine. Elle intervient dans la lactation en synergie avec les œstroprogestatifs en agissant sur la galactopoïèse.

CLINIQUE
1- Chez la femme (âge moyen, 28 ans)

  • aménorrhée I ou II, spanioménorrhée, retard de couche, aménorrhée post pilule
  • galactorrhée (85%) elle peut être spontanée ou doit être recherchée par la pression (quelquefois forte) du mamelon
  • prise de poids, supérieur à 5 kg (45%)
  • stérilité (30%).
  • Le syndrome tumoral (40%)
  • association possible à un syndrome acromégalique.

2 - Chez l’homme (15%) (âge moyen, 35 ans)

  • syndrome tumoral (70%)
  • baisse de la libido et/ou impuissance, stérilité, hypopituitarisme
  • galactorrhée inconstante, associée ou non à une gynécomastie (30%).

3 - Chez l’enfant, la tumeur est souvent invasive et récidivante :

  • avant la puberté : arrêt brutal de la croissance, impubérisme, syndrome tumoral
  • après la puberté : chez la fille, aménorrhée I ou II parfois galactorrhée ; chez le garçon, hypogonadisme hypo- gonadotrophique, syndrome tumoral.

PARACLINIQUE
1 - IRM, TDM.  Radiographie du crâne en l’absence de ces 2 examens.
2 - Dosage PRL (taux normal : entre 3 et 25 ng/ml). On note une augmentation du taux (pouvant atteindre 10.000 ng /ml). Il existe une relation proportionnelle entre le volume tumoral et le taux de sécrétion. Des difficultés diagnostiques peuvent surgir lorsque la TDM/IRM parait normale et le taux de PRL modérément élevé. Un taux inférieur à 150 ng/ml évoque soit un adénome à PRL soit une hyperprolactinémie non tumorale. Il convient alors de faire des tests dynamiques.
3 - Tests dynamiques (tests non formels) :

  • u TRH et au Primpéran* : absence d’augmentation

4 - Bilan des autres axes endocriniens.

Hyperprolactinémie ne signifie pas forcément adénome, d’autres origines doivent être envisagées :

  • médicamenteux +++ (Aldomet*, Primpéran*, cimétidine, neuroleptiques)
  • réactionnelle à une compression tumorale de voisinage par diminution du PIF d’origine hypothalamique (crâniopharyngiome,...)
  • associée à une hypothyroïdie, une sarcoïdose, une insuffisance rénale, une selle turcique vide (mais il peut exister un microadénome associé), .un SOPK,...
  • post-pilule ou au cours d’une grossesse
  • fonctionnelle (primaire). Il existe aussi des syndromes aménorrhée-galactorrhée sans hyperprolactinémie (23 %).

TRAITEMENT
Médical . Bromocriptine : traitement substitutif, à vie, non curatif, ayant une action antitumorale. La dose moyenne est de 5 à 10 mg/j. L’augmentation des doses doit être progressive. Le traitement peut ne pas être supporté à cause des effets secondaires (digestifs, ...). Il existe - mais elles sont rares- des résistances avec quelquefois une augmentation paradoxale de la PRL et /ou du volume tumoral. Le pergolide paraît être mieux toléré. Chirurgical. Adénomectomie sélective (voie transphénoïdale) ou tumorectomie par voie” ptérionale”, sous frontale.
Radiothérapie. Rarement indiquée (récidive et résistance au traitement médical). Critères de guérison : PRL < 30 ng/ml, régularité du cycle génital, ovulation avec possibilité de grossesse. La stratégie suivante peut être proposée :

  • microadénome : bromocriptine ou pergolide (surveillance du champ visuel, prolactinémie et TDM/IRM).L’alternative chirurgicale peut être proposée en fonction du désir du patient du fait d’un refus d’un traitement à vie et bien entendu s’il existe une résistance.
  • macroadénome : bromocriptine ou pergolide
  • grossesse : bromocriptine + surveillance. Dans le cadre des macroadénomes hypophysaires avec expansion suprasellaire, la bromocriptine prescrite en pré-opératoire peut entraîner une réduction du volume tumoral et faciliter le geste chirurgical. Une prescription longue (environ un an) de bromocriptine rend le geste d’exérèse difficile (fibrose, difficulté de distinguer tissu tumoral et tissu sain)

Résultat de la chirurgie. Il est fonction

  • du volume :
    • pour les microadénomes : efficacité dans 80 à 90 % des cas
    • pour les macroadénomes, 65 %
  • et du taux de PRL : 85 % guérison si PRL < 200 ng/ml et 25% si PRL >200ng/ml.

“Chirurgie pour microadénome avec PRL < 200 ng/ml = 95 % guérison”. Le taux de récurrence à 10 ans varie entre 20 et 25% (Laws).

(JPEG)