« Mettre au monde le monde ». Sur la relation entre sémiotique de la production  et production sémiotique https://www.unilim.fr/actes-semiotiques/3213 Le concept de production sémiotique admet au moins une double déclinaison. En premier lieu, et historiquement, il concerne la praxis responsable de la réalisation d’objets qui rentrent dans le domaine de la sémiotique. En d’autres termes, c’est en fonction de la reconnaissance du caractère sémiotique du produit que l’on étudie le parcours historique qui en est à l’origine ; parcours qui, en fonction de cette origine, est pour cela même d’intérêt sémiotique, en tant que « production ». Par exemple, il s’agit de partir d’une œuvre et, une fois qu’elle a assumé le statut de « texte », d’y étudier le travail de l’artiste. En deuxième lieu, on entend par « production » un ensemble d’opérations qui président à la construction sémiotique d’un objet. Or, ce dernier ensemble d’opérations devrait recevoir une formalisation sémiotique qui rende compte du processus de production qui préside à l’achèvement de l’état du produit (et qui est déjà entièrement interne à l’ordre du sémiotique). Si le produit dont il est question est le texte-énoncé (et d’ailleurs cela ne pourrait pas être autrement), alors une théorie de la production coïncide pour l’essentiel avec une théorie de l’énonciation – c’est d’ailleurs ce que Greimas et Courtés remarquaient dans le Dictionnaire, à l’entrée « production ». A partir de cette double déclinaison, une duplicité intéressante découle : un même objet-texte peut donner accès à deux théories de la production, l’une à vocation « exogonique » et l’autre à vocation « endogonique ». La première permet la convocation des pratiques de production historiquement attestées (et par là même, l’étude empirique des pratiques elles-mêmes) ; la seconde conduit à la définition formelle du concept de praxis en sémiotique (à travers un travail fondamental sur la praxis énonciative, travail qui est bien loin d’être terminé). Toutefois, ce hiatus constitue aussi la possibilité d’une connexion. La discussion générale sur le concept de « pratique » demande donc un « nouement » : il sera question de garder ensemble pratiques historiques et modèles sémiotiques, afin d’en évaluer les relations possibles. Pour l’instant, et en exploration, on peut vérifier cet ensemble de problèmes à partir de deux exemples relevants. Le premier est le cas de la notation musicale contemporaine et des phénomènes concernés, entre composition, notation et exécution. Le deuxième exemple sera avancé à partir de quelques compositions d’Alighiero Boetti, dans lesquelles la relation entre projet et réalisation semble suivre des parcours analogues à ceux de la notation musicale. The article discusses the relation between a semiotic of production and the semiotic production. The first term indicates a theoretical enquiry into a semiotical discussion of practices, the second the object of this theoretical effort. Is it possible to study practices using the same methodologies defined for other « objects » more traditionally considered by semiotics (i.e. textuality) ? Or may not this new object to be studied prompt for a radical change in some of the epistemological tenets of the discipline ? In order to develop this point, the paper discusses some recent contributions by Jacques Fontanille, in which the French semiotician assumes that a hierarchy of multiple levels can, on one side, take into account the new dimensions that the study of practices introduces into a semiotic epistemology, while, on the other side, it still preserves a local validity the « classic » textual approach. It is then suggested that Fontanille's propositions can be integrated with Eco's so-called theory of modes of semiotical production, introduced in the Trattato di semiotica generale (1975). Eco's categories fully develop a semiotical description of practices, and they provide a still to be discovered framework for a semiotic of praxis. In order to analytically test the validity of the Eco's proposal in the perspective of Fontanille's hierarchical context, some works of Alighiero Boetti (one of the most relevant Italian artists in the last thirty years) are the discussed. These works represent an interesting theoretical challenge as in some way seems to be objects (so that they can be also more traditionally thought as artistic « texts ») created to simply demonstrate the practice instantiating them. Rubriques 2006 Arts du faire fr Sat, 04 May 2013 08:07:37 +0200 Sat, 04 May 2013 08:10:46 +0200 https://www.unilim.fr/actes-semiotiques/3213 0