L’Allemagne compte 82,5 millions d’habitants pour environ 4 millions d’agents public dont 12% au niveau central (Bund).
En Allemagne, la volonté de mettre en place un nouveau management public a émergé plutôt tardivement vis-à-vis de bon nombre d’autres pays de l’Union Européenne. La réunification, sur fond de crise financière et de mondialisation, a cependant constitué un contexte favorable à l’émergence de nouvelles réformes administratives et à la réflexion sur le rôle des administrations.
Dans le courant des années 80, l’Allemagne a progressivement privatisé une large part de son secteur public de production en visant alors la réduction de ses dépenses publiques. A la fin des années 90, le programme « Moderner straat, moderner verwalfung », initié et piloté par le ministre de l’intérieur, veut créer une logique de concurrence pour rendre le service public efficace au citoyen et à l’entreprise. Si ce programme de « l’Etat activateur » ne concerne que le niveau fédéral, il devait pouvoir se décliner ensuite à tous les autres niveaux de l’administration. Un des objectifs clairement affiché alors est de réduire le nombre des fonctionnaires pour réduire les dépenses de l’Etat. Quatre axes forts sont promus : mieux clarifier la relation politique / administration, rendre plus autonomes en moyens de fonctionnement les unités administratives, mettre en place des outils de contrôle et d’évaluation, le tout dans une logique finale visant la satisfaction du citoyen - usager. En parallèle à cela, une loi-cadre en 1997 a réformé partiellement le statut des fonctionnaires. Ses dispositions sont restées cependant relativement peu mises en œuvre.
Une enquête, réalisée en 2000, a montré que la population souhaitait que les agents publics soient payés en fonction de la qualité de leurs prestations réalisées. Cette enquête a donné au gouvernement du poids pour mener à bien les réformes en matière de management public. Le « Neues SteuerungsModell-NSM », version allemande du New Public Management, commence à devenir une réalité, surtout dans les communes. Il repose sur deux axes principaux : l’ouverture des administrations sur les citoyens et sur le marché d’une part, sur la réforme des structures et des processus internes d’autre part.
Les communes allemandes ont étés les premières à s’impliquer dans la modernisation active de l’administration en développant de nouvelles formes de management et de participation citoyenne alors que les Länder et le Bund s’y sont engagés plus tardivement. La part des communes allemandes ayant introduit le « nouveau modèle de management » dépasse désormais les 95%. Les mesures visent en priorité une efficacité accrue de l’administration dont l’un des aspects est la réduction des coûts, avec l’introduction de calculs « coûts / prestations effectuées », et la mise en place de contrôles de gestion et de suivis de budgets.
Une nouvelle convention collective, signée en octobre 2005, qui concerne les employés et ouvriers de l’administration, introduit certaines réformes en matière de relation au travail : le TVöD (Tarifvertrag öffentlichen Dienstes) veut permettre de mieux prendre en compte la performance.
Dans les faits, on constate que les services publics allemands sont en forte mutation sous les effets conjugués de la réunification, des réformes de 1997 et de 2005, de la volonté de réduction des effectifs. Cela dit, ces évolutions se réalisent cependant sans conflits majeurs et la mise en œuvre du NSM (certes encore partielle) commence à devenir une réalité.
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