Cryptographie à base de
logarithmes discrets:
le cas des corps finis
La difficulté
supposée du logarithme discret dans des
groupes finis, ou ses variantes les hypothèses
Diffie-Hellman calculatoires ou décisionnelles,
ont inspiré de nombreux schémas cryptographiques
depuis maintenant une trentaine d'année. Des
résultats de Shoup, d'abord en 1997 sur la
difficulté prouvée de ces problèmes
lorsque considérés en toute
généricité, ensuite en 1998 sur
l'existence de schémas de chiffrement
asymétriques efficaces et prouvés sûrs
face à des attaquants adaptatifs, ont permis,
parmi d'autres, d'apporter une assise théorique
remarquable à cette cryptographie.
Reste cependant à mettre en pratique !
C'est-à-dire choisir un groupe précis
et s'assurer tant que possible jusqu'à quel point
les hypothèses théoriques y sont
réalisées. Nous explorons ainsi ici
le premier choix naturel, les groupes multiplicatifs
définis par des corps finis.
Pour ces groupes, des algorithmes de complexité
sous-exponentielle pour le calcul de logarithmes discrets
sont connus, différents selon que le corps est de
petite caractéristique (typiquement GF(2^n)),
de moyenne caractéristique (typiquement GF(p^30))
ou de grande caractéristique (typiquement GF(p)), mais tous
de type index-calculus. Ce dernier point de vue,
unifié, nous permet d'introduire dans
cet exposé les améliorations
principales que nous avons obtenus en collaboration et qui
ont été concrètement mis en oeuvre
pour des corps finis de taille conséquente :
GF(2^607) ou GF(2^613) avec A. Joux en septembre,
GF(370801^18) avec F. Vercauteren cet été ou
encore GF(p) avec p de 130 chiffres décimaux avec
A. Joux en juin.