Axe Neuroparasitoses

Cet axe concerne deux parasitoses du système nerveux central, la toxoplasmose et la trypanosomose humaine africaine (THA ou maladie du sommeil), cette dernière étant une thématique historique de l’équipe.

LA TOXOPLASMOSE

Il s’agit du thème central de la recherche en neuroparasitologie dans l’équipe avec une reconnaissance internationale à l’origine de nombreuses collaborations grâce à la mise au point d’une technique de génotypage par microsatellites des souches du parasite à l’origine de la toxoplasmose, Toxoplasma gondii. Cette technique a été implantée avec succès dans des laboratoires de tous les continents (USA, Brésil, Colombie, Afrique du Sud, Finlande et Chine). Une collaboration initiée en 2010 avec le National Institutes of Health (NIH, USA) a permis le séquençage complet du génome de 62 souches de référence et a abouti à une publication dans la prestigieuse revue Nature and Communications en 2016.. Des collaborations diverses ont permis la découverte des génotypes circulant dans des zones jusque-là peu explorées telles que la Turquie ou l’Ethiopie.

Parallèlement, notre activité de Centre National de Référence pour la toxoplasmose contribue à la découverte de nouveaux génotypes associés à des zones tropicales telles que la Polynésie Française ou les Caraïbes. Notre équipe s’est plus directement impliquée dans l’isolement des souches sur le terrain à partir d’animaux sauvages et domestiques au Gabon mais également en Amérique du Sud (Guyane française et Brésil). La diversification géographique des souches obtenues par notre équipe et d’autres collaborateurs dans le monde a permis la réalisation d’une étude sur la phylogéographie de T. gondii qui a montré que le lieu de naissance de la population actuelle du parasite se trouvait en Amérique du Sud. Les travaux ont également mis en évidence à une échelle locale, en Guyane française, l’influence de l’homme et de l’environnement sur la structure de la population parasitaire avec un appauvrissement de la diversité en zone anthropisée et le risque d’introduction de souches provenant de l’environnement sauvage, potentiellement plus pathogènes, dans ces zones.

L’infection chronique par T. gondii est de plus en plus décrite comme pouvant être associée à des désordres neurologiques. Notre méta-analyse sur toxoplasmose et épilepsie a permis de montrer que la toxoplasmose pouvait effectivement être associée à l’épilepsie. En revanche, aucune association entre toxoplasmose et démence en Afrique tropicale n’a été trouvée. Nous avons également coordonné un projet hospitalier de recherche clinique (PHRC) dans les Antilles françaises et en Guyane qui a montré que la sensibilité de la PCR n’était pas satisfaisante dans le diagnostic de l’encéphalite toxoplasmique à partir du sang de patients atteints du VIH/SIDA, contrairement à ce qui a été suggéré au Brésil, mais qu’elle augmentait avec la sévérité de la maladie.

LA TRYPANOSOME HUMAINE AFRICAINE (THA, OU « MALADIE DU SOMMEIL »)

Le premier objectif (à long terme) est d’améliorer les soins donnés aux patients atteints de maladie du sommeil en recherchant des marqueurs de stade utilisables de façon simple sur le terrain. Les objectifs spécifiques sont de mener une étude de cohorte prospective en Angola permettant l’inclusion d’au moins 250 patients et 250 suspects sérologiques suivis jusqu’à la confirmation parasitologique de la rechute ou de la guérison pendant une période de 24 mois maximum.

Pour chacun de ces sujets une biobanque a été constituée et contient des échantillons biologiques de sérum, plasma, LCR, et urines prélevés à chaque temps de suivi : inclusion, suivi à 6 mois, à 12 mois, à 18 mois et à 24 mois. Des activités de contrôle supplémentaires ont été organisées pour l’évaluation de la performance d’un prototype de test de diagnostic rapide pour la détection de Trypanosoma brucei gambiense dans le sang humain en Angola.

Le second objectif concerne l‘étude des facteurs immunitaires caractéristiques du stade I et II de la maladie du sommeil; Il s’agit d’identifier de nouveaux marqueurs de stade en utilisant d’une part la collection biologique de patients angolais et d’autre part en faisant appel à la spectrométrie de masse, outil plus sensible et plus rapide que les méthodes de screening utilisés jusqu’à présent. Parallèlement à ce projet d’identification de marqueurs de stade, la prise en charge thérapeutique des populations et l’assainissement des réservoirs animaux est toujours un enjeu dans le contrôle de la maladie du sommeil.

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