Axe Neurodégénératif

L’Unité s’est positionnée clairement sur la thématique de l’épidémiologie des démences en zones tropicales et ses travaux ont émergé sur la scène internationale. Elle mobilise également son expertise de l’épidémiologie de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) pour des investigations scientifiques à l’échelle internationale, avec un focus tropical.

EPIDEMIOLOGIE DES DEMENCES
Les études ont été focalisées principalement sur l’Afrique sub-saharienne, en République Centrafricaine (RCA) et au Congo. Lorsque l’Unité s’est intéressée à cette pathologie, une seule étude était disponible et montrait, en utilisant la même méthodologie, une prévalence très faible des démences comparativement aux Etats-Unis. Nous avons d’abord cherché à confirmer ou à infirmer ce constat, et à comparer la prévalence des démences et troubles cognitifs dans les zones urbaines et rurales, ainsi que d’y investiguer différents facteurs associés.
Parallèlement, nos études à méthodes mixtes (quantitative et qualitative) ont permis d’étudier les représentations socioculturelles des démences. Le concept biomédical de démence est en général inconnu de la population et aucun mot n’existe pour le décrire dans les langues locales, même si le phénomène est reconnu. Cependant, il est toujours perçu comme part du vieillissement normal.
La recherche de facteurs nutritionnels associés aux troubles cognitifs dans ces zones a montré une forte association entre les démences et la dénutrition. Du côté psychosocial, une personnalité dépendante était associée à la présence de troubles cognitifs, et le vécu des évènements de vie traumatisants était associé à la présence de troubles cognitifs mais pas de démence. Des liens entre la présence d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) et la présence de troubles cognitifs ont été décrits dans des pays à revenus élevés voire intermédiaires. Une association a été retrouvée entre la présence d’un index de pression systolique (IPS) pathologique, marqueur d’AOMI.
Un suivi (de 3 ans) des malades a permis de définir le risque de décès lié à la démence et de mener des enquêtes anthropologiques approfondies sur le stigma des personnes démentes.

EPIDEMIOLOGIE DE LA SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE
Moteurs de l’expertise de l’Unité sur l’épidémiologie de cette affection, plusieurs travaux ont été menés dans le contexte national Français et Européen. Il est important d’en faire état car ils constituent la base de l’extension au niveau international : (i) mise en place du premier registre français des cas de SLA (en Limousin) et réalisation de travaux pronostiques dans le cadre du registre, (ii) travaux collaboratifs concernant la description des facteurs de risque environnementaux de la maladie ou liés aux modes de vie, (iii) renforcement de la position de l’Unité au sein du consortium Eurals (consortium Pan-Européen des registres de SLA).
L’équipe a été en mesure de déployer progressivement cette expertise spécifique dans le champ international, avec un focus tropical :
(i) Le lien entre l’origine ancestrale des populations humaines et la survenue de la pathologie au niveau mondial a été investigué au travers d’une méta-analyse considérant l’incidence de la maladie décrite par les études en population générale. Ce travail a mis en évidence l’homogénéité des données d’incidence dans les populations d’origine Européenne et des différences significatives entre les données d’Europe du Nord, d’Asie de l’Est et d’Asie du Sud.
(ii) la variabilité à l’échelon mondial des caractéristiques démographiques et cliniques et de survie des patients ont mis en évidence une hétérogénéité de la SLA lors du début de la maladie, lors du diagnostic, en termes de survenue des comorbidités et en termes de survie. Le sous-continent était la source majeure de l’hétérogénéité des données.
(iii) Devant la faiblesse des données disponibles concernant des patients atteints de SLA sur le continent Africain, un travail a été mené montrant que la SLA semble toucher davantage les sujets plus jeunes, se présentant fréquemment sous une forme juvénile.
D’autres travaux concernant l’épidémiologie mondiale de la SLA sont en cours concernant l’impact des populations de référence sur les données d’incidence standardisées produites, concernant la compréhension de la variabilité du sex-ratio (homme femme) et son lien avec l’origine ancestrale des populations.

—– Revenir à la page Axes scientifiques —–

COORDINATION

Philippe COURATIER

PU PH – Co-responsable de l’axe Neurodégénératif

Benoit MARIN

PU PH , Co-responsable de l’axe Neurodégératif

—————————————————-

Chercheu(se)s impliqué(e)s

Programmes de recherche

Doctorats en cours et soutenus

Publications Colloques Posters

—————————————————-


--
© UMR Inserm 1094 NET - 2 rue du Dr Marcland, 87025 LIMOGES Cedex - Tél. : 05 55 43 58 20 - Fax : 05 55 43 58 21