Alexis Raynaud : « On a tous la même envie, c’est d’aider les autres étudiants  »



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Alexis Raynaud, 21 ans, est en troisième année de médecine et cumule plusieurs fonctions : Vice-Président étudiant adjoint de l’université, et responsable du tutorat santé. C’est au titre de cette dernière qualité que nous l’avons rencontré afin qu’il nous parle du tutorat mis en place lors de la première année des études de santé.

Depuis quand êtes-vous responsable du tutorat santé ?

Depuis septembre 2016. En deuxième année de médecine, j’étais uniquement tuteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à faire du tutorat ?

J’en ai bénéficié moi-même en 1ère année. J’ai eu la chance d’avoir un parrain qui était très présent pour moi et qui était membre du bureau du tutorat. Cela m’a vraiment donné envie de faire la même chose, de rendre ce que l’on m’avait donné. On est comme une famille. On a tous la même envie, c’est d’aider les autres étudiants gratuitement.

En quoi consistent les cours de soutien ?

Il s’agit soit de travaux dirigés, soit de colles, en alternance une semaine sur deux.

Comment préparez-vous les TD et les colles ?

Il y a d’abord une préparation personnelle, puis on se voit entre tuteurs pour faire une préparation commune. Après s’être mis d’accord, on va en séance. On varie de plus en plus nos supports de cours en essayant d’y inclure des powerpoints, des vidéos, des quizz, des tests sur téléphone pour s’adapter à la culture des étudiants. Le but n’est pas de reproduire le cours que le prof a fait le matin, sinon ça ne sert à rien. Les étudiants sont plus à l’aise pour nous poser des questions qu’avec le professeur, même si à Limoges, les enseignants sont très accessibles. Le tutorat a lieu tous les soirs dans 3 amphis. Par ailleurs, pour travailler de manière plus individuelle, nous proposons tous les jeudis une permanence de 12h à 13h. 2 tuteurs de chaque matière sont là pour répondre aux questions des étudiants.

Comment vous répartissez-vous les matières ?

Le bureau du tutorat va « mandater » les référents de matières qui vont être responsables du recrutement de leur équipe. A la rentrée des 2èmes années, on demande qui est intéressé pour devenir tuteur. Ils nous envoient une lettre de motivation et leurs relevés de notes, puis on leur fait passer des entretiens. On analyse à la fois la motivation, la compétence mais surtout la pédagogie pour savoir si la personne va être capable ou non de transmettre son savoir. 500 personnes suivent les cours de soutien tous les soirs.

Vos professeurs interviennent-ils ?

Nous sommes chapotés par le professeur Franck Sturtz, responsable du tutorat au sein des Facultés de Médecine et de Pharmacie. Chaque référent contacte le professeur de sa matière pour travailler en collaboration. Il lui fait valider le contenu qu’il va proposer au PACES la semaine d’après. Cela passe par des méls mais aussi par des réunions. Nous échangeons beaucoup avec nos enseignants et cela les aide aussi à adapter leurs cours.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Étant donné que je suis membre du bureau, référent dans deux matières, chimie et santé publique, mon problème actuellement c’est la gestion du temps. Et puis au début, il y a la gestion du stress, savoir parler devant un amphi de 400 étudiants, être compréhensible et pédagogue pour pouvoir transmettre au mieux ses connaissances aux étudiants de première année. On ne devient pas tuteur du jour au lendemain et chaque séance permet de s’améliorer encore et toujours.

Quel est le pourcentage de réussite ?

89% des étudiants qui ont eu le concours de 1ère année ont bénéficié de nos services. Il y a 71 tuteurs pour 820 étudiants inscrits au tutorat.

Qu’est-ce qui vous différencie des prépas privées ?

Notre disponibilité et accessibilité quotidienne, les partiels blancs dans les conditions très proches du concours, la collaboration et le soutien des professeurs, notre dévouement, les mises en situations réelles dans les locaux.

Le tutorat santé a obtenu l’Agrément or.

Oui. Ce label est décerné par les associations nationales des étudiants en médecine et en pharmacie de France et soutenu par le ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Je ne retiens que des points positifs. D’abord, parce que toutes ces difficultés se sont transformées en avantage dans la mesure où dorénavant je sais parler devant un amphi, je peux donc transposer cette situation dans n’importe quelle circonstance. Il faut savoir organiser son travail ; d’autant plus lorsqu’on est référent : il faut gérer une équipe (pour ma part, une quinzaine de personnes), répartir les heures. Et puis je retiens surtout les valeurs qui nous sont transmises : l’égalité des chances, l’altruisme et le travail d’équipe.

Propos recueillis par Diane Daïan

 

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