Philippe Lugherini, Président et Directeur général de Cilas : « XLIM est un laboratoire de référence mondiale »



L’institut de recherche XLIM, unité mixte de recherche sous la tutelle du Centre National de la Recherche Scientifique et de l’Université de Limoges, et l’industriel CILAS (Compagnie photo-philippe-lugherini-president-et-directeur-general-de-cilasIndustrielle des LASers) ont inauguré la création du laboratoire commun X-LAS le 24 novembre 2016. Rencontre avec Philippe Lugherini, Président et Directeur général de Cilas.

Pourquoi ce mariage ?

Cela fait 10 ans que nous travaillons ensemble et que nous travaillons avec une suite de succès remarquable. Ce mariage est apparu comme logique. XLIM est réellement un laboratoire de référence mondiale dans le domaine des hyperfréquences et de lasers. Les travaux que nous menons avec XLIM sont absolument de classe internationale.

Un exemple de ce que vous comptez accomplir ensemble ?

Faire des lasers ultras puissants de la manière la plus intelligente possible. Et je vous laisse imaginer ce que l’on fait avec des lasers très puissants dans le domaine de la sécurité et de la défense c’est-à-dire avec des lasers qui seraient utilisés par les militaires pour neutraliser les menaces à distance.

Aujourd’hui à très court terme, on saurait fournir des lasers de neutralisation de puissance modérée pour des petites applications, pour éteindre des systèmes d’éclairage, dégager des vitrages, et bien d’autres choses.

Vous avez également des projets dans le transport d’énergie ?

Oui :

  • Le transport d’énergie de l’espace vers le sol -> l’idée est de suralimenter des panneaux solaires au sol à partir d’une énergie qui viendrait de l’espace. Il y a deux conversions distinctes : on prend de l’énergie solaire, on en fait de l’électricité, on alimente un laser, on éclaire un panneau solaire au sol. Cela sert à amener de l’énergie dans une zone non connectée ou mal connectée, comme une zone désertique.
  • Le transport d’énergie du sol vers un objet volant (un drone) dont les batteries seraient automatiquement rechargées par un éclairage depuis le sol.

Par ailleurs, nous travaillons sur un projet européen appelé Clean Space. C’est même l’origine de nos relations avec XLIM. Si l’on imagine des lasers impulsionnels très énergétiques et qu’on braque ces lasers vers des débris spatiaux, on va légèrement modifier leur vitesse. Ils vont être  ralenti, descendre en altitude, frotter dans l’atmosphère, et ils vont finir par se consumer. C’est l’une des idées valides pour gérer les problèmes de débris spatiaux.

Ce projet a démontré que la solution était faisable ; il est en très bonne position  dans le catalogue des solutions à apporter vis-à-vis du problème des débris; mais globalement, l’ensemble des solutions possibles pour traiter ce problème est un enjeu financier extraordinaire et les décisions sont difficiles à prendre.

Comment est-on placé en France par rapport à ce projet ? Est-ce qu’il y a de la concurrence au niveau des autres pays ?

On peut dire que ce que nous avons réalisé avec XLIM est très bien placé.

Toutes les agences spatiales du monde sont préoccupées par cette problématique-là.

Qu’est-ce que cela vous apporte de travailler avec un laboratoire ?

Sans remonter très loin, il a pu y avoir une période en France au cours de laquelle l’innovation était une affaire d’ingénierie, dans laquelle on accommodait des technologies existantes. Ce modèle conservateur est aujourd’hui en échec. Il faut aller chercher davantage d’innovations et de résultats scientifiques, pour avoir une innovation pertinente et compétitive sur le marché. Et il faut aller les chercher dans une multitude de domaine. L’option où nous aurions nous-même nos laboratoires compétents sur tous les sujets est absolument inconcevable. Il faut donc aller chercher là où cela existe. Si nous mettons deux chercheurs sur une thématique quelle qu’elle soit, ils seront beaucoup moins intelligents que si on les met dans un laboratoire beaucoup plus vaste et beaucoup plus structuré et qui travaille sur la thématique. Il n’y a pas d’autres solutions que de travailler en collaboration avec tous les laboratoires qui contribuent à nos réalisations.

Crédit photo Le Populaire du Centre


> Découvrir l’interview de Vincent Kermène, co-directeur du laboratoire commun X-LAS

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